je suis un soldat - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > je suis un soldat

je suis un soldat

France, Belgique - 2015 - 1h37
sorti en France le 18 novembre 2015
Un Certain regard Cannes 2015
produit par Michel Feller et Dominique Besnehard
film - film francophone
de

Laurent Larivière

scénario : Laurent Larivière, François Decodts
direction de la photographie : David Chizallet
musique ou chansons : Martin Wheeler
avec : Louise Bourgoin (Sandrine), Jean-Hugues Anglade (Henri), Anne Benoit (Martine), Laurent Capelluto (Pierre), Nina Meurisse (Audrey), Nathanaël Maïni (Tony), Angelo Bison (Robert), Thomas Scimeca (Fabien), Eva-Luuna Mathues (Lola), Isabelle Malin (femme de l'entretien d'embauche), Vittoria Scognamiglio (cliente au chien pelé), Jocelyne Desverchere (femme de l’animalerie), Fatima Souhalia-Manet (maîtresse d’Henri), Stéphanie Blanchoud (cliente déçue), Eloïse Vereecken (jeune chef de Martine), Thibaud Paligot (agent immobilier), Patrick Lambert (homme à la ferme), Philippe Resimont (Daniel, le client d'Henri), Jean-Benoît Ugeux (dragueur chez Roberto), Izabella Karolczuk (Lorna, la trafiquante polonaise), Nicolas Janssens (Zadec, le trafiquant polonais)
séances : semaine du mercredi 18 novembre 2015
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
16:30
18:30
21:00
18:30
21:00
18:30
21:00
11:00
14:00
16:00
18:30
21:00
11:00
14:00
16:00
18:30
21:00
18:30
21:00
18:30
21:00
séances : semaine du mercredi 25 novembre 2015
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 1er
16:00
18:30
20:30
18:30
20:30
20:30
11:00
14:00
18:30
14:00
18:30
20:30
18:30
20:30

synopsis

Sandrine, trente ans, est obligée de retourner vivre chez sa mère à Roubaix. Sans emploi, elle accepte de travailler pour son oncle dans un chenil qui s’avère être la plaque tournante d’un trafic de chiens venus des pays de l’est. Elle acquiert rapidement autorité et respect dans ce milieu d’hommes et gagne l’argent qui manque à sa liberté. Mais parfois les bons soldats cessent d’obéir...

notes de production

Présenté à Un Certain regard (1) au Festival de Cannes 2015, Je suis un soldat est le premier long métrage de Laurent Larivière, qui a par ailleurs réalisé des courts et moyens-métrages, dont les plus connus (J’ai pris la foudre (2) et Les Larmes) (3) ont été très remarqués : n’ayant pas fait d’école de cinéma, les court-métrages ont été le lieu de mon apprentissage. Dans chacun d’eux, il est question d’une libération : il s’agit toujours pour le personnage principal de résoudre une énigme intime qui lui permette d’accéder à une conscience nouvelle. Mais dans Je suis un soldat, l’héroïne affronte pour la première fois le monde réel. Je progresse.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_certain_regard
(2) http://www.unifrance.org/film/27995/j-ai-pris-la-foudre
(3) http://www.laurentlariviere.fr/Site/les_larmes.html

Dans Je suis un soldat, Louise Bourgoin se glisse dans la peau de Sandrine, une chômeuse de trente ans contrainte de retourner vivre chez sa mère à Roubaix. Le film traite ainsi d’un sujet très en phase avec notre société touchée par la crise, à savoir ce sentiment d’échec qui pousse quelqu’un à revenir chez sa famille après avoir tenté de se construire ailleurs. La famille devient donc, de manière presque paradoxale, un lieu de déperdition.

Le cinéma est d’ailleurs friand de ce type de thématique, à l’image de Lonesome Jim (4) voyant un Casey Affleck déprimé de retour dans son village après avoir tenté de faire sa vie à New-York ; Two lovers (5) où Joaquin Phoenix est lui aussi revenu chez ses parents après une rupture amoureuse ; ou enfin De rouille et d’os (6), dans lequel Matthias Schoenaerts incarne un boxeur à la rue obligé de vivre chez sa sœur dans le sud de la France.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lonesome_Jim
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Two_Lovers
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film963

Je suis un soldat se centre sur un fait méconnu des gens : les trafics d’animaux de compagnie (7). Le metteur en scène explique cependant qu’il ne voulait pas en faire le sujet central du film mais plutôt un cadre propice à suivre les trajectoires des personnages et qui serait symptomatique de leur violence. Il s’agit tout de même d’une réalité très cruelle puisque ce trafic se situe au 3ème rang mondial des trafics après celui de la drogue et des armes. Il représenterait 15 milliards d’euros. La France est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre d’animaux domestiques avec notamment 8 millions de chiens... Et seuls 150 000 chiens des 600 000 vendus chaque année en France proviendraient d’un élevage français déclaré, laissant ainsi de la marge pour les importations des pays de l’Est où il existe de véritables usines à chiots.
(7) http://www.30millionsdamis.fr/la-fondation/nos-combats/faire-cesser-les-trafics-danimaux/

Le personnage de Sandrine parvient à s’imposer dans ce monde marginal d’hommes et en profite pour organiser son propre trafic : en faisant cela, Sandrine pense gagner sa liberté. Mais elle fait le mauvais choix. Ce qu’elle prend pour son salut n’est qu’un pas de plus vers l’autodestruction. Sandrine se bat sur tous les fronts - contre ses origines, contre les circonstances et contre la réalité du monde- mais elle ne dispose que d’armes fragiles. Seuls, son instinct et sa force intérieure finiront par triompher de la confusion dans lequel elle se débat à ce moment précis. Comme si pour elle, le monde était doté d’une hostilité de principe, commente Laurent Larivière.

Les personnages composant la famille de Sandrine ont tous une complexité à laquelle Laurent Larivière tenait beaucoup. Ils ne font pas que subir le système, ce sont aussi des gens qui se battent et sont capables de solidarité. Tout le film est construit sur ce paradoxe, comme en témoigne cette scène où le frère de Sandrine se met à démolir les murs de la maison qu’il ne parvient pas à terminer. Le metteur en scène ajoute : Sandrine parvient à le calmer en entamant à son tour les fondations de la construction. Elle lui sert d’effet miroir. Et vice-versa. Car c’est une délicate question posée à Sandrine qui s’en sort dorénavant en trafiquant. D’où une seconde interrogation qui en découle : jusqu’où est-on prêt à aller pour trouver une place dans la société ? Leurs situations se font écho, chacun y apportant des réponses différentes.

Dans le film, nous pouvons entendre la chanson des années soixante de Johnny Hallyday Quand revient la nuit (8), dont le texte parle de lui-même (Je suis un soldat, comme d’autres là- bas, j’attends le jour, qui verra mon retour...).
(8) https://www.youtube.com/watch?v=-39O5TdNxWg

En préparant le film, Laurent Larivière avait en tête le travail des frères Dardenne (9) pour leur représentation très concrète de la réalité, mais aussi James Gray (10) pour le côté plus spectaculaire de certaines scènes.
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1254
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Gray_(r%C3%A9alisateur)

Louise Bourgoin, l’interprète de Sandrine, le personnage principal, a beaucoup contribué à la naissance du projet : elle était venue voir un de mes spectacles au théâtre et j’ai découvert quelqu’un de très différent de la projection que je m’en étais faite. Nous sommes devenus amis. Elle et moi venons du même milieu social. Mes préoccupations faisaient écho en elle. J’ai vraiment écrit mon scénario en pensant à Louise : je pressentais qu’elle avait une colère à exprimer qu’on ne lui avait encore jamais vue à l’époque au cinéma. Je ne voulais pas qu’elle se sente obligée de quoi que ce soit. Elle m’a demandé d’en lire une version un jour et m’a rappelé, enthousiaste. C’est seulement là que je lui ai avoué avoir écrit le rôle pour elle, se souvient Laurent Larivière.

Entretien avec Laurent Larivière
"Je suis un soldat" traite d’un sujet très contemporain.
J’avais envie de parler de la honte sociale et de ce sentiment d’échec qui pousse quelqu’un à revenir dans le giron familial après avoir tenté, sans succès, de se construire un avenir meilleur ailleurs. Dans le film, loin du refuge escompté, la famille devient paradoxalement le lieu d’un affrontement et d’une déperdition...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/je-suis-un-soldat,339453

Laurent Larivière
Né le 14 mai 1972 à Montpellier.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Larivi%C3%A8re

François Decodts
http://www.imdb.com/name/nm1244414/

David Chizallet
voir fiche du film Mustang
http://www.citebd.org/spip.php?film1536

Martin Wheeler
http://www.imdb.com/name/nm0923915/

Louise Bourgoin
voir fiche du film Tirez la langue, mademoiselle
http://www.citebd.org/spip.php?film1131

Jean-Hugues Anglade
Né le 29 juillet 1955 à Thouars (Deux-Sèvres).
Président du jury au Festival du film francophone d’Angoulême 2015...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Hugues_Anglade

Anne Benoit
voir fiche du film Louise Wimmer
http://www.citebd.org/spip.php?film773

Laurent Capelluto
voir fiche du film l’Enquête
http://www.citebd.org/spip.php?film1396

Nina Meurisse
voir fiche du film Lulu, femme nue
http://www.citebd.org/spip.php?film1185

Nathanaël Maïni
voir fiche du film Fidelio, l’odyssée d’Alice
http://www.citebd.org/spip.php?film1373

Angelo Bison
http://www.imdb.com/name/nm0084270/

Thomas Scimeca
voir fiche du film Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland
http://www.citebd.org/spip.php?film1449

Isabelle Malin
http://www.imdb.com/name/nm0539634/

Vittoria Scognamiglio
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vittoria_Scognamiglio

Jocelyne Desverchère
voir fiche du film L’Astragale
http://www.citebd.org/spip.php?film1447

Stéphanie Blanchoud
http://fr.musique.wikia.com/wiki/St%C3%A9phanie_Blanchoud

Thibaud Paligot
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/513375-thibaud-paligot.html

extrait(s) de presse

Cinéséries - Louise Bourgoin s’y révèle comme on l’a rarement vue : impliquée toute entière par le corps, la fougue, le désir et la force...
Cinéma teaser - Laurent Larivière a montré un vrai talent pour filmer tout un monde interlope et en faire l’alibi d’un remarquable thriller du quotidien.
Film de culte - ... l'essai reste prometteur et l'on devrait revoir Laurent Larivière au générique d'un film...