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ni le ciel ni la terre

France, Belgique - 2015 - 1h40
sorti en France le 30 septembre 2015
Semaine de la critique Cannes 2015
film - film francophone
de

Clément Cogitore

scénario : Clément Cogitore, Thomas Bidegain
direction de la photographie : Sylvain Verdet
musique ou chansons : Eric Bentz, François-Eudes Chanfrault
avec : Jérémie Renier (Antares Bonnassieu), Kévin Azaïs (William Denis), Swann Arlaud (Jérémie Lernowski), Marc Robert (Jean-Baptiste Frering), Finnegan Oldfield (Patrick Mercier), Clément Bresson (Etienne Baxer), Sâm Mirhosseini (Khalil Khan), Edouard Court (Benjamin Juillard), Christophe Tek (Stéphane Boissel), Steve Tientcheu (Oscar Varennes)
séances : semaine du mercredi 4 novembre 2015
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
14:00
20:30
18:30
21:00
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séances : semaine du mercredi 11 novembre 2015
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
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synopsis

Afghanistan 2014. A l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan. Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Une nuit, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée...

notes de production

Le projet est né dans une gare, devant une affiche de personnes disparues. Clément Cogitore, le réalisateur, a tout de suite pensé que ces personnes avaient en fait été assassinées ou qu’elles étaient parties refaire leur vie très loin. Pour lui, personne ne disparait vraiment. Clément Cogitore s’est quand même demandé ce qu’il se passerait si elles avaient disparu de la surface de la terre. Le réalisateur explique : j’ai eu envie de faire une sorte de polar métaphysique pour parler de la disparition, traiter du deuil par l’irrationnel.

Clément Cogitore a commencé sa carrière dans le cinéma en tant que plasticien. Son travail questionne les croyances, rituels et récits qui construisent nos communautés. Il a surtout réalisé des courts-métrages et des documentaires qui ont été présentés lors de nombreux festivals internationaux. Ni le ciel ni la terre est donc son premier long-métrage. Il a, via ce film, voulu confronter son univers visuel à un récit haletant.

Le film a commencé à être écrit en 2010. La forme de Ni le ciel ni la terre a été rapidement trouvée, mais il a quand même fallu deux ans pour aboutir aux questions de rythme, de dramaturgie et d’évolution des personnages. Pour le scénario, Clément Cogitore s’est documenté sur la guerre en Afghanistan (1), le travail de l’armée avec les populations locales, l’utilisation des armes et les technologies numériques. Il a aussi regardé des vidéos de soldats préparant leurs opérations et a eu des entretiens avec des militaires.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Afghanistan_(2001-2014)

Le choix de Jérémie Renier pour interpréter le capitaine Antarès Bonassieu a été immédiat. Pour le cinéaste, il s’agit d’un comédien qui sait se réinventer à chaque rôle et peut se mettre dans la peau de personnages totalement différents, comme Claude François (2), Pierre Bergé (3) et ici un soldat d’Afghanistan. Pour son rôle dans Ni le ciel ni la terre, l’enjeu pour Renier a été de rendre le personnage d’Antarès attachant. Ce qui n’est pas évident dans un film de guerre.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cloclo_(film)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Laurent_(film)

L’intrigue se passe en Afghanistan, mais pour ne pas mettre en danger l’équipe du film, le réalisateur a choisi de tourner Ni le ciel ni la terre au Maroc, dans les montagnes de l’Atlas. Un décor quand même très ressemblant à l’Afghanistan.

Le film a été tourné avec du matériel utilisé par l’armée, c’est-à-dire une vraie caméra thermique et de vrais viseurs infrarouges, pour être au plus près de la réalité. Ni le ciel ni la terre a aussi été filmé en lumières naturelles par choix esthétique. Toute la lumière du long-métrage tenait dans un sac à dos. La caméra était très légère pour pouvoir la tenir sur l’épaule. Le réalisateur explique : je voulais être à hauteur des soldats, dans une énergie de proximité, chaotique.

Pour son personnage d’Antarès, Jérémie Renier a dû faire pas mal de musculation et se durcir les traits. Ni le ciel ni la terre est un film physiquement pas facile a expliqué l’acteur lors du festival de Cannes 2015. Les acteurs ont été coachés et ont dû porter 40 kilos de matériel sous 40 degrés, dans le désert, 12 heures par jour.

Pour se mettre plus facilement dans la peau de son personnage, Jérémie Renier a demandé aux acteurs de l’appeler Capitaine en dehors du plateau. Les membres du film s’appelaient aussi tous par leur nom de personnage.

Dans le film, Jérémie Renier est entouré de comédiens prometteurs de la nouvelle génération comme Kévin Azaïs, Swann Arlaud ou encore Finnegan Oldfield. Le réalisateur, Clément Cogitore, a aussi fait appel à des acteurs non professionnels pour jouer les villageois afghans.

Ce n’est pas la première fois que Jérémie Renier doit se mettre dans la peau d’un soldat. En 2014, l’acteur avait déjà dû jouer le rôle d’un légionnaire tête brûlée dans le film Le Grand homme (4). Une première expérience de la guerre, mais un tournage beaucoup moins physique que celui de Ni le ciel ni la terre.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Homme

Un tournage dans les montagnes de l’Atlas (5) n’est pas de tout repos. Clément Cogitore a essayé d’intégrer les obstacles rencontrés (une tempête de sable, des coulées de boue, des caisses de matériel ou des voitures perdues, des scorpions, etc.) au film afin d’obtenir un degré d’authenticité se rapprochant du documentaire.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Atlas_(massif)

Clément Cogitore a choisi d’utiliser de la musique sacrée, presque médiévale. Notamment le Chant des sibylles (6) qui était interprété, dans la civilisation grecque, par les femmes lors de la séance de divination. Il a aussi intégré à son film de la musique électronique. Un mélange assez particulier, mais le réalisateur explique : je vois dans ces dispositifs-là la résurgence de rites très anciens.
(6) http://www.decaelis.fr/fr/programmes/11

Entretien avec Clément Cogitore
Pourquoi le contexte de la guerre ?
Parce que la guerre, c’est des hommes directement confrontés à la mort. Et je voulais raconter l’art de la guerre aujourd’hui, qui utilise les nouvelles technologies pour être dans un contrôle absolu des corps et du paysage qui passe souvent par l’image. Comment le principe de la disparition, de ce manque, peut-il survenir dans un tel dispositif ? Quels enjeux cela soulève-t-il ? La manière dont nous faisons la guerre raconte aussi qui nous sommes...
http://www.gncr.fr/films-soutenus/ni-le-ciel-ni-la-terre
et aussi
"Ni le ciel ni la terre" est au croisement de plusieurs genres. Comment est né le désir premier de ce film ?
L’idée première m’est venue un jour dans une gare, devant une affiche de personnes disparues. Je me suis dit que ces personnes n’avaient pas disparu, qu’elles avaient été assassinées ou qu’elles avaient refait leurs vies très loin, mais que dans ce bas monde personne ne disparaissait jamais vraiment. Ces personnes manquaient simplement à la communauté humaine.
Je me suis demandé ce qu’il se passerait si ces personnes avaient vraiment, purement et simplement, disparu de la surface de la terre. Et j’ai eu envie de faire une sorte de polar métaphysique pour parler de la disparition, traiter du deuil par l’irrationnel...

http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/ni-le-ciel-ni-la-terre,339640

Clément Cogitore
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_Cogitore

Thomas Bidegain
voir fiche du film De rouille et d’os
http://www.citebd.org/spip.php?film963
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Bidegain

Sylvain Verdet
http://www.imdb.com/name/nm1857490/

François-Eudes Chanfrault
voir fiche du film Vinyan
http://www.citebd.org/spip.php?film202
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Eudes_Chanfrault

Jérémie Renier
voir fiche du film Le Gamin au vélo
http://www.citebd.org/spip.php?film615

Kévin Azaïs
voir fiche du film Les Combattants
http://www.citebd.org/spip.php?film1316
https://fr.wikipedia.org/wiki/K%C3%A9vin_Aza%C3%AFs

Swann Arlaud
Né en 1981 à Fontenay-aux-Roses.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Swann_Arlaud

Marc Robert
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/320083/marc-robert

Finnegan Oldfield
voir fiche du film Bang gang, une histoire d’amour moderne
http://www.citebd.org/spip.php?film1521
http://www.imdb.com/name/nm2028613/

Edouard Court
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/395786/edouard-court

Christophe Tek
http://www.imdb.com/name/nm5653655/

Steve Tientcheu
voir fiche du film Les Combattants
http://www.citebd.org/spip.php?film1316
http://www.imdb.com/name/nm4782158/

extrait(s) de presse

Libération - Ce premier film séduisant par sa manière de se concevoir à rebours des canons français en matière de coup d’essai d’auteur, exalte avec un magnétisme tendu combien s’impose (...) la nécessité supérieure d’un récit.
àVoir-àLire - Ce premier long métrage frappe par son aptitude à mêler drame de guerre et fantastique. Une révélation.
Critikat - Dans ce beau film fantastique et mystique, Clément Cogitore parvient à nous questionner sur les limites du voir et du cinéma.
Elle - Un premier film français qui confine à l’irrationnel avec Jérémie Renier frémissant de justesse dans son rôle de commandant.
La Croix - Si la chute peut laisser sur leur faim les spectateurs peu ou prou cartésiens, le film séduit par son atmosphère austère, intense et énigmatique. Bardés d’armes et de certitudes, les militaires vacillent, campés par des acteurs talentueux.
Le Monde - Dans un premier long-métrage envoûtant, qui flirte avec la métaphysique, le cubisme et le fantastique, Clément Cogitore filme un régiment français en perdition.
Mad movies - Des soldats stationnés dans les zones tribales disparaissent sans raison : c’est bien ce que raconte le premier long-métrage de Clément Cogitore, mais celui-ci va plus loin en dressant des correspondances inattendues entre le quotidien bidasse et les frissons de l’invisible. D’où le drame personnel vécu par l’officier interprété avec talent par Jérémie Rénier.
Télérama - On pourrait croire à un suspense à la Agatha Christie : Dix Petits Nègres en Afghanistan. On en est loin. Ce premier long métrage étonnant est bien un ­polar, mais où les faits se défont, où la raison déraisonne.