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miss hokusai

ciné môme
Sarusuberi: miss Hokusai
Japon - 2015 - 1h33
sorti en France le 2 septembre 2015
Prix du jury Annecy 2015
à voir en famille, accessible aux enfants à partir de 8 ans
film d'animation - version originale sous-titrée en français
de

Keiichi Hara

scénario : Miho Maruo
d'après l'oeuvre de : Hinako Sugiura
direction de la photographie : Koji Tanaka
musique ou chansons : Harumi Fuuki, (chansons du film) Sheena Ringo
voix : Yutaka Matsushige (Katsushika Hokusaï), Anne Watanabe (O-Ei), Kumiko Aso (Sayogoromo), Gaku Hamada (Ikeda Zenjirô), Jun Miho (Koto), Shion Shimizu (O-Nao), Danshun Tatekawa (Manjidô), Michitaka Tsutsui (Iwakubo Hatsugorô)
séances : semaine du mercredi 4 novembre 2015
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
14:00
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séances : semaine du mercredi 11 novembre 2015
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
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synopsis

En 1814, Hokusaï est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’Edo (l’actuelle Tokyo), enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le "fou du dessin", comme il se plaisait lui-même à se nommer et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique...

notes de production

Miss Hokusai est une adaptation du manga historique Sarusuberi écrit et dessiné par la mangaka Hinako Sugiura (également historienne spécialiste de la période Edo) (1). Keiichi Hara connaissait ce manga et y avait puisé de l’inspiration dès ses films précédents (notamment pour une apparition de dragon dans Un été avec Coo) (2). Keiichi Hara écrit les grandes lignes du scénario du film avant de les remettre à la scénariste Miho Maruo, qui écrit le scénario complet. Le manga d’origine prend la forme d’une série de récits sans continuité narrative entre eux, chacun centré sur un personnage différent. Le film devant donc brasser beaucoup d’éléments différents, Keiichi Hara choisit de se concentrer sur le personnage d’O-Ei et notamment sur sa relation avec sa petite sœur O-Nao : les relations familiales fournissent ainsi une cohérence à l’ensemble.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_d%27Edo
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_%C3%A9t%C3%A9_avec_Coo

Certaines scènes sont des inventions faites pour le film : c’est le cas de la scène où O-Nao joue dans la neige et de la fin du film. De même, Keiichi Hara dispose d’une certaine liberté dans le traitement du personnage d’O-Ei, dont on sait peu de choses, même s’il se base beaucoup sur le manga2. Keiichi Hara, en se fondant sur le travail de Hinao Siugura, estime que les femmes de la classe populaire à laquelle appartenait O-Ei étaient moins soumises à une pression sociale visant à imposer certains modèles de comportement et disposaient de ce fait d’une liberté accrue, contrairement à ce qui se passa ensuite après la restauration Meiji (3) en 1868.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_de_Meiji

En termes de graphisme, Keiichi Hara ne cherche pas à adapter les estampes (4) de Hokusai à l’écran, même si certaines apparaissent à l’image. Il se concentre sur la vie de deux peintres, le père et la fille, et des gens qu’ils fréquentent, pendant la période Edo.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ukiyo-e

Comment montrer la personnalité de la fille du célèbre Maître ? C’est la question que s’est posée Yoshimi Itazu. Il a façonné avec ses crayons et ses encres, une femme proche de notre époque contemporaine. Le dessinateur du personnage animé de Miss Hokusai a voulu incarner un personnage volontaire. De gros sourcils, des expressions chafouines, un regard intense, à l’image d’une jeune femme talentueuse qui ne veut pas tout céder. Rebelle dans cette époque où la femme japonaise, comme la femme européenne, doit obéir à des codes où l’homme a beaucoup plus de droits...
http://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/animation-jeunesse/miss-hokusai-le-secret-le-mieux-garde-du-grand-maitre-japonais-222443

La reconstitution historique de l’époque d’Edo, période à laquelle vivent les personnages du film, passe entre autres par un travail sur l’univers sonore afin d’évoquer les sols et les chaussures en bois ou les froissements des kimonos.

La musique du film est composée par Narumi Fuuki, avec qui Keiichi Hara avait déjà travaillé pour son film précédent, L’Aube d’un cinéaste. Deux scènes du film recourent à une musique rock comprenant des guitares électriques, sonorités naturellement anachroniques pour la période Edo, mais qui permettent de présenter la personnalité d’O-Ei. Cela a été inspiré à Keiichi Hara par le fait que Hinako Siugura, l’auteure du manga d’origine, aimait dessiner en écoutant du rock.

Au Japon, le Japan times (5), quotidien japonais en anglais, livre une très bonne critique du film. Marc Schilling apprécie les graphismes élaborant une évocation merveilleusement détaillée de la période Edo, la fidélité au manga et le travail de documentation sur la période, mais aussi le parti pris du fantastique mettant en scène les croyances de l’époque et le soin apporté par Hara à la représentation des relations entre les personnages, qui confère une profondeur émotionnelle au film sans reprendre la sentimentalité conventionnelle ou les intrigues amoureuses impeccablement ficelées fréquentes dans les films d’animation japonais commerciaux.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Japan_Times

À sa sortie en France, Miss Hokusai reçoit un très bon accueil dans la presse...
Les revues spécialisées de cinéma font en général bon accueil au film. Dans Les Cahiers du cinéma (6), Stéphane du Mesnildot estime que le film confirme le talent d’un cinéaste minutieux, bâtissant une œuvre personnelle en marge des épopées guerrières ou mecha de ses pairs. Même avis de la part de Yann Lebecque dans L’Écran fantastique (7) : le réalisateur lui paraît plus sûr que lors de ses deux précédentes tentatives, son trait s’affirme, sa réalisation se fluidifie. Mais dans Positif (8), Bernard Génin, tout en reconnaissant qu’on apprend pas mal de choses dans le film, le trouve ordinaire dans le graphisme comme dans l’animation...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Miss_Hokusai
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cahiers_du_cin%C3%A9ma
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89cran_fantastique
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Positif_(revue)

Miss Hokusai a reçu le prix du jury au 39ème festival international du film d’animation d’Annecy (9). Établi en 1960, ce festival propre au monde de l’animation en est le plus vieux et le plus célèbre. Le métrage de Keiichi Hara était en compétition pour le prix de Cristal (la plus haute récompense que l’on puisse gagner), avec deux autres films : The Case of Hana & Alice (10) et Avril et le monde truqué (11). C’est ce dernier qui gagna le prix de Cristal.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_d%27animation_d%27Annecy
(10) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=237546.html
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_et_le_Monde_truqu%C3%A9

Le réalisateur Keiichi Hara a beaucoup travaillé sur des séries télévisuelles familiales populaires, telles que Doraemon (12), icône culturelle majeure de la pop-culture japonaise et plus spécialement Crayon Shin-chan (13), pour laquelle il a été réalisateur de la série de 1996 à 2004. Hara s’est ensuite tourné vers le cinéma indépendant pour se consacrer à des projets plus personnels. À propos de l’adaptation cinématographique de Sarusuberi dans Miss Hokusai, Hara commente : cela décrit la réalité et la fantaisie, et la vie dans ses nombreux aspects, beaucoup de choses très banales qui se déroulent au fil des saisons, donc je sentais que je pouvais en faire un film visuellement divertissant.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Doraemon
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shin-chan

Yoshimi Itazu (14), le responsable du design du personnage de O-Ei, la fille du célèbre peintre, s’est demandé comment dévoiler la personnalité de celle-ci à travers ses dessins crayonnés. Il a décidé d’en faire une femme proche de notre époque contemporaine avec un caractère fort. Il lui a fait de gros sourcils, des expressions chafouines, un regard intense, à l’image d’une jeune femme talentueuse qui n’a pas voulu tout céder. Rebelle dans cette époque où la femme japonaise, comme la femme européenne, devait obéir à des codes où l’homme a beaucoup plus de droits.
(14) http://www.imdb.com/name/nm2844329/

Bien qu’attestée historiquement, très peu de gens ont connaissance de l’existence de la troisième fille de Hokusai qui l’assista toute sa vie. Ce film d’animation réhabilite une fois pour toutes le talent de cette femme obstinée. Sans jamais avoir été créditée de ses œuvres, O-Ei Hokusai a très souvent dessiné à la place de son père, passant des journées entières dans leur maison-atelier. Son travail avec celui de son père fascinera une génération d’artistes, de Degas (15) à Monet (16), en passant par Van Gogh (17), Klimt (18), Debussy (19) et Baudelaire (20).
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Degas
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Monet
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_van_Gogh
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Klimt
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Debussy
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Baudelaire

Connue sous le nom de La Grande vague de Kanagawa (21), cette toile iconique qui est rentrée dans la culture populaire mondiale est l’œuvre de Katsushika Hokusai (22). Cet homme est considéré comme l’un des plus grands artistes japonais de tous les temps. Cependant, Hokusai n’est que l’un des trente noms qu’il a utilisé durant sa longue vie. En 1814, l’année où le film Miss Hokusai se déroule, il utilisait principalement ce pseudonyme et comme c’était la période où il a réalisé ses œuvres les plus importantes, Hokusai deviendra le nom de référence sous lequel il deviendra célèbre dans le monde.
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Vague_de_Kanagawa
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hokusai
Katsushika Hokusai (1760-1849) est probablement l’un des artistes japonais les plus connus au monde. Sa fameuse série d’estampes intitulée Les Trente-six vues du mont Fuji (23) dont fait partie La Grande vague de Kanagawa est si célèbre qu’elles sont régulièrement utilisées dans la publicité. Cependant, si ce n’est quelques spécialistes, très peu de gens savent que sa fille, O-Ei, était aussi talentueuse que son père...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/miss-hokusai,336782
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Trente-six_vues_du_mont_Fuji

Dès les premières images, le film de Keiichi Hara surprend par sa modernité. Les chefs d’œuvres, des studios Ghibli (24), nous ont habitués à une certaine idée du cinéma d’animation japonais, caractérisé par une qualité de dessin-cinéma (en opposition au style de dessin présent dans les séries animés) : une animation ampoulée, ainsi qu’une bande originale écrite pour le film, par un compositeur. Dans Miss Hokusai, le réalisateur fait le pari de métisser les esthétiques cinématographiques et sérielles. Ainsi, les dessins semblent provenir tout droit d’un héritage télévisuel (un coup de crayon plus brut, aiguisé, sec), tout en gardant la finition délicate caractéristique des films d’animations. Le même traitement est réservé à l’animation des personnages et à celle des décors ; lorsque les scènes de vie quotidiennes d’O-Ei et d’Hokusai possèdent l’animation, saccadée et ferme, des animes (les séries d’animation adaptées de manga, comme One piece (25), Naruto (26) ou Dragon ball Z) (27), les séquences fantastiques ou artistiques du film (celles dans lesquelles le talent des personnages s’exprime) apparaissent fluides et douces, et paradoxalement aussi plus réalistes. La bande originale, quant à elle, est un savant mélange de style, basculant de la composition classique aux teintes plus rock, tout en restant systématiquement dans le ton. Keiichi Hara transgresse le style classique du cinéma d’animation japonais pour y apporter la rudesse des animes, faisant de Miss Hokusai une expérience esthétique bâtarde qui, même s’il pouvait rebuter certaines personnes, possède un charme intact, satisfaisant amplement notre soif d’originalité...
http://www.artctualite.com/miss-hokusai-2015-de-keiichi-hara/
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Studio_Ghibli
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_%C3%A9pisodes_de_One_Piece
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/Naruto
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dragon_Ball_Z

Entretien avec Hara Keiichi
Comment avez-vous découvert "Sarusuberi", l’œuvre de la mangaka Sugiura Hinako, et de quelle manière avez-vous abordé son adaptation en film d’animation ?
"Sarusuberi" est une suite d’histoires indépendantes racontant l’histoire d’O-Ei, la fille de Hokusai. Pour le film, je me suis intéressé à la partie qui met en scène la relation de la jeune femme avec sa petite sœur O-Nao qui est atteinte de cécité. J’ai décidé que ce passage serait le cœur de mon récit. C’est à partir de cette base que j’ai greffé d’autres épisodes du manga, ainsi que quelques histoires de mon invention...
http://eastasia.fr/2015/08/22/entretien-avec-hara-keiichi-miss-hokusai-en-salles-le-02092015/
et aussi
http://www.courte-focale.fr/cinema/entretiens/keiichi-hara-miss-hokusai/

Keiichi Hara
https://fr.wikipedia.org/wiki/Keiichi_Hara

Miho Maruo
http://www.imdb.com/name/nm1098505/

Hinako Sugiura
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hinako_Sugiura

Sheena Ringo
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ringo_Shiina

Yutaka Matsushige
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yutaka_Matsushige

Anne Watanabe
http://www.imdb.com/name/nm3174747/

Kumiko Aso
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kumiko_As%C5%8D

Gaku Hamada
http://www.imdb.com/name/nm1204924/

Jun Miho
http://www.imdb.com/name/nm0586249/

Danshun Tatekawa
http://www.imdb.com/name/nm2883533/

Michitaka Tsutsui
http://www.imdb.com/name/nm0875487/

extrait(s) de presse

Le Monde - Inventif, raffiné, soucieux de toujours rendre à Hokusai père et fille l’art et l’âme qui leur appartiennent, Miss Hokusai pose sur les douleurs intériorisées et el génie créateur le juste trait de lumière qui suffit à préserver leur mystère.
Les Inrocks - (...) un récit où, malgré les apparences, le contemplatif prend le pas sur l'humain. Cela contribue au charme prenant de cette oeuvre antiromantique qui (...) préfère l'allusion et l'illusion aux affres lyriques de la création.
L'Express - Keiichi Hara propose une splendide promenade au coeur de la peinture nippone. (...) Dans ce film esquisse, balade dans l'art pictural nippon, hommage graphique, sensible et virtuose adressé par un autre contemporain nourri des mêmes références.
Libération - La force de "Miss Hokusaï" repose dans sa langueur, ses hésitations dans le portrait impressionniste d’une femme disparue des mémoires.
Première - Pour raconter cette histoire forte et touchante, Keiichi Hara ("Colorful") utilise magistralement les ressources de l’animation, tout en décrivant, avec une précision documentaire, la vie quotidienne des Japonais au début du XIXe siècle.
Télérama - Superbe portrait d'une émancipée, "Miss Hokusaï" est aussi une célébration de l'art et de ses pouvoirs magiques.
Tf1 news - En adaptant l'une des œuvres les plus célèbres de Hinako Sugiura, Keiichi Hara révèle une histoire vraie, méconnue et passionnante, d'imposture artistique (comment Hokusaï s'appropriait les œuvres de sa fille en les signant).
àVoir-àLire - Lentement mais sûrement, Keiichi Hara creuse son sillon dans le manga contemporain. (...) Miss Hokusai confirme tout le raffinement et l’élégance du réalisateur.