l’exorciste - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > l’exorciste

l’exorciste

The Exorcist
Usa - 1973 - 2h07
sorti en France le 11 septembre 1974
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

William Friedkin

scénario : William Peter Blatty
d'après l'oeuvre de : William Peter Blatty
direction de la photographie : Owen Roizman, Billy Williams (séquence en Irak)
musique ou chansons : Krzysztof Penderecki, Hans Werner Henze, George Crumb, Anton Webern, Mike Oldfield, David Borden, Jack Nitzsche, Steve Boeddeker
avec : Ellen Burstyn (Chris MacNeil), Max von Sydow (père Lankester Merrin), Lee J. Cobb (lieutenant William « Bill » Kinderman), Kitty Winn (Sharon Spencer), Jack MacGowran (Burke Dennings), Jason Miller (père Damien Karras), Linda Blair (Regan Theresa MacNeil), William O'Malley (père Joseph Dyer), Barton Heyman (Dr Klein), Peter Masterson (Dr Barringer), Robert Symonds (Dr Taney), Arthur Storch (le psychiatre), Révérend Thomas Bermingham (Tom), Rudolf Schündler (Karl), Vasiliki Maliaros (mère du père Karras), Títos Vandís (oncle du père Karras)
voix : Mercedes McCambridge (Pazuzu)
séances : semaine du mercredi 25 novembre 2015
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 1er
21:00*
séance spéciale :
* soirée : "visites diaboliques" - couplé avec "Possession", en présence de Frank Lafond, auteur du "dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - dans le cadre du festival "Le Rayon Fantastique" organisé en partenariat avec Hidden Circle, La Nef, le Pôle Image Magelis et le Lisa

synopsis

En Irak, le Père Merrin est profondément troublé par la découverte d'une figurine du démon Pazuzu et les visions macabres qui s'ensuivent. Parallèlement, à Washington, la maison de l'actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : celle-ci est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge. Quelques jours plus tard, une réception organisée par Chris est troublée par l'arrivée de Regan, qui profère des menaces de mort à l'encontre du réalisateur Burke Dennings. Les crises se font de plus en plus fréquentes. En proie à des spasmes violents, l'adolescente devient méconnaissable. Chris fait appel à un exorciste...

notes de production

L’Exorciste est l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire avec 402 500 000 $ de recettes dans le monde entier. Il est également considéré comme un classique du cinéma d’horreur, et l’American film institute (1) l’a classé 3e meilleur thriller derrière Psychose (2) et Les Dents de la mer (3). Il a reçu 2 Oscar (4) et 4 Golden Globe (5).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/American_Film_Institute
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_%28film%29
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film1347
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/46e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_Oscars
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/31e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_Golden_Globes

L’histoire de ce film se base sur des faits inexacts publiés dans l’édition du 20 aout 1949 du Washington post (6). En effet, alors que William Peter Blatty n’est encore qu’étudiant, il tombe sur un article relatant un cas d’exorcisme sur un garçon de 14 ans en 1949 dans le Maryland (7). Il se met alors à écrire sur le sujet. Le livre (8) se vend à 13 millions d’exemplaires, seulement aux États-Unis.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Washington_Post
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maryland
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Exorciste_%28roman%29

Alfred Hitchcock (9) refuse d’acquérir les droits du livre et par conséquent de le réaliser. Stanley Kubrick (10) est approché et accepte le projet, à la condition de le produire lui-même, ce que la production refuse. À leur tour Arthur Penn (11), Peter Bogdanovich (12), Mike Nichols (13) et John Boorman (14) (qui réalisera L’Exorciste 2 : l’hérétique) déclinent la proposition qui leur a été faite. William Peter Blatty soumet alors le nom de William Friedkin qui vient de réaliser French connection (15). Le succès du film encourage le studio à l’engager.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Hitchcock
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanley_Kubrick
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Penn
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Bogdanovich
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Nichols
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film1421
(15) http://www.citebd.org/spip.php?film1551

Le rôle de Chris MacNeil est proposé à Shirley MacLaine (16), amie de William Peter Blatty, qui le refuse en raison d’un précédent engagement à une œuvre similaire, Possession meurtrière (17). Jane Fonda (18) est ensuite contactée et décrit le projet comme un tas de merde capitaliste. Audrey Hepburn (19), qui a pourtant mis un terme à sa carrière en 1968, accepte dans un premier temps le rôle à condition que le film soit tourné à Rome. Anne Bancroft (20), à son tour, décline la proposition qu’il lui est faite en raison de sa grossesse. Geraldine Page (21) et Barbra Streisand (22) ne sont pas intéressées. Ellen Burstyn (23), tout juste nommée aux Oscar pour son interprétation dans La Dernière séance (24), accepte à la condition que son personnage n’ait pas à dire Je crois au diable.
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shirley_MacLaine
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Possession_meurtri%C3%A8re
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Fonda
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Audrey_Hepburn
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Bancroft
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Geraldine_Page
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbra_Streisand
(23) http://www.citebd.org/spip.php?film917
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Derni%C3%A8re_S%C3%A9ance_%28film%29

Pour le rôle de Regan MacNeil, plusieurs actrices sont envisagées. Pamelyn Ferdyn (25) est jugée trop connue par les producteurs. Les parents de la jeune Denise Nickerson (26), qui vient de tourner Charlie et la chocolaterie (27) de Mel Stuart, sont troublés par l’histoire et refusent. April Winchell (28) est ensuite choisie et prête pour jouer le rôle mais à la suite de son hospitalisation pour une grave infection rénale, elle ne peut accepter. William Friedkin rencontre près de 500 actrices de 11 à 15 ans. Linda Blair, actrice depuis l’âge de 6 ans, se présente accompagnée de sa mère. Elle était intelligente, spontanée, attachante. Aucune des six candidates en lice à l’époque ne lui venait à la cheville. J’ai su qu’elle conviendrait parfaitement, qu’elle possédait une mentalité susceptible de l’intégrer à ce personnage sans qu’elle en soit traumatisée psychologiquement pense le réalisateur, qui engage la jeune actrice.
(25) http://www.imdb.com/name/nm0272244/
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/Denise_Nickerson
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_et_la_Chocolaterie_%28film,_1971%29
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/April_Winchell

Warner bros (29) soumet le nom de Marlon Brando (30) pour interpréter le Père Merrin, mais Friedkin s’y oppose, l’acteur étant trop connu. Le rôle revient à Max von Sydow. Paul Newman (31) et Jack Nicholson (32) sont contactés pour jouer le Père Karras, mais le réalisateur préfère Jason Miller, acteur sans aucune expérience au cinéma. Le père Dyer est interprété par un véritable homme de foi : William O’Malley. Jésuite, enseignant, écrivain et...acteur, il est initialement embauché sur le projet en tant que conseiller technique, et se voit proposer le rôle du prêtre ami de Damien Karras. Il ne reprendra toutefois pas son rôle dans L’Exorciste, la suite, remplacé par l’acteur Ed Flanders. L’Exorciste reste sa seule expérience au cinéma.
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Warner_Bros.
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/Marlon_Brando
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Newman
(32) http://www.citebd.org/spip.php?film859

Réticente à laisser une enfant proférer des injures aussi crues, la production décida de confier la voix du démon dont est possédée la petite Regan à l’actrice Mercedes McCambridge (33), alcoolique repentie. Pour ce doublage, elle s’est beaucoup investie moralement : elle s’est remise à boire et à fumer pour obtenir cette voix très grave. Afin de rentrer dans le personnage de Regan, elle a demandé à être attachée à une chaise.
(33) http://www.citebd.org/spip.php?film1357
Cette contribution qui devait rester au départ pratiquement anonyme donna lieu à un litige car, devant le succès colossal du film, Mercedes McCambridge exigea que sa participation à L’Exorciste fût clairement indiquée...
Images et loisirs

L’affiche du film qui annonce la couleur est venue de William Friedkin qui s’est inspiré d’un tableau. Il le dit lui-même : il est possible que certains mouvements picturaux aient eu une influence sur moi, mais jamais de manière consciente. La seule peinture qui ait jamais influencée directement l’un de mes films, c’est ce Magritte : "L’Empire des lumières" (34). J’ai su lorsque j’ai vu cette toile que je devais recréer, pour la scène où le prêtre arrive près de la maison des Mac Neil dans L’Exorciste, l’ambiance qui s’en dégageait. J’ai donc choisi une maison donnant sur une rue illuminée par le même type de réverbère, et j’ai fait éclairer la scène de manière similaire. Je n’ai pas copié ce tableau. Je m’en suis seulement inspiré pour ce qui reste aujourd’hui comme l’un des plans les plus mémorables du film.
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Empire_des_lumi%C3%A8res

Le réalisateur avait dans un premier temps confié la musique du film au compositeur Lalo Schifrin (35) qui enregistra même sa partition. Mais, mécontent du résultat lors des sessions d’enregistrement, William Friedkin rejette tout le travail de Schifrin et se tourne vers des musiques pré-existantes. Schifrin prit d’une certaine façon sa revanche sur cette malheureuse expérience en composant 6 ans plus tard, la musique d’Amityville : la maison du diable (36) qui connut un grand succès et obtint une nomination à l’Oscar de la meilleure musique.
(35) http://www.citebd.org/spip.php?film1250
(36) https://fr.wikipedia.org/wiki/Amityville_:_La_Maison_du_diable

William Friedkin choisit dans le copieux catalogue musical du label Virgin (37), pour le thème principal, un extrait de l’album Tubular bells (38) de Mike Oldfield dont l’utilisation dans ce film a donné un coup de pouce inespéré à la carrière d’Oldfield et au label, la toute jeune Virgin, fondée par Richard Branson. Ce thème, froid et lancinant, a exercé une certaine influence sur la musique de films du genre, notamment sur celle composée par John Carpenter pour bon nombre de ses propres réalisations.
(37) https://fr.wikipedia.org/wiki/Virgin_Records
(38) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tubular_Bells
Les autres musiques incluent Ramblin’ man interprété par The Allman brothers band (39), Polymorphia et Kanon for orchestra and tape composés par Krzysztof Penderecki (40), Five pieces for orchestra opus 10 composé par Anton Webern (41), Fantasia for strings composé par Hans Werner Henze (42), Night of the electric insects composé par George Crumb (43) et The Windharp composé par Harry Bee.
(39) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Allman_Brothers_Band
(40) https://fr.wikipedia.org/wiki/Krzysztof_Penderecki
(41) https://fr.wikipedia.org/wiki/Anton_Webern
(42) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Werner_Henze
(43) https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Crumb

L’Exorciste sort le 25 décembre 1973 aux États-Unis. Les critiques américaines sont partagées. Stanley Kauffmann, rédacteur pour The New republic (44), écrit : c’est le film le plus effrayant que j’ai vu depuis des années - le seul film effrayant que j’ai vu depuis des années… Si vous voulez être ébranlé - allez voir L’Exorciste.
Joe Dante (45) reconnait lui aussi un film surprenant et destiné à devenir un classique du cinéma d’horreur. Il sera profondément troublant pour tous les publics, en particulier les plus sensibles et ceux qui ont tendance à « vivre » les films qu’ils voient… Il n’y a jamais eu rien de tel à l’écran.
(44) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_New_Republic
(45) http://www.citebd.org/spip.php?film928

Toutefois, Vincent Canby du New York times (46) décrit le film comme une ânerie avec de grotesques effets spéciaux. Andrew Sarris du Village voice (47) pense que le réalisateur est incapable de fournir assez d’informations visuelles sur les personnages. L’Exorciste réussit à divertir mais en réalité c’est un film vraiment mauvais. Jon Landau du Rolling stone (48) le considère comme un film pornographique religieux qui essaye de copier Cecil B. DeMille (49).
(46) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_New_York_Times
(47) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Village_Voice
(48) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rolling_Stone
(49) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cecil_B._DeMille

Au delà de sa dimension fantastique, le film peut aussi s’interpréter comme une réflexion sur la difficulté à aimer les personnes en état de déchéance physique, suscitant chez leurs proches à la fois la pitié et le dégoût, de même qu’un sentiment de culpabilité. C’est le cas de la mère du père Karras, qui vieillit dans la misère et finit dans un hospice misérable, et surtout de Regan, se transformant en démon répugnant. Le père Karras, rongé par le remords d’avoir abandonné à la fois sa mère et son confrère, finira par dénier toute humanité à Regan, la rouant de coups. Il ne pourra expier cette triple faute que par le sacrifice de sa vie.

En 2001, L’Exorciste ressort dans une version retravaillée. Certains passages du film sont affublés d’effets optiques confirmant davantage la présence de démon dans la maison, par exemple lorsque Chris MacNeil arrive dans la cuisine au moment d’une panne de courant, on peut désormais apercevoir le visage de Pazuzu (50) sur la hotte, à droite de l’image. Le film comporte aussi quelques suppléments parmi lesquels :
Regan passe une première visite médicale pendant que sa mère fait du tricot dans la salle d’attente. Durant les tests, la jeune fille commence à manifester des troubles du comportement. Peu après, le Dr Klein affirme à Chris que Regan a juste besoin d’un traitement.
Regan descend les escaliers comme une araignée en vomissant du sang.
Peu avant de commencer le procédé d’exorcisme sur Regan, le père Merrin demande à Chris quel est le second prénom de la jeune fille.
La fin du film est présentée désormais telle qu’elle est dans le livre : le père Dyer rend la médaille de Karras à Chris (alors que dans la première version, il la garde) et retrouve le lieutenant Kinderman devant la porte d’entrée de la maison, peu après le départ de la famille. Kinderman demande des nouvelles de Regan puis propose à Dyer, comme il l’avait fait avec le père Karras, des places de cinéma.
Le film se termine sur un dernier plan montrant la fenêtre de la chambre de Regan avec l’appel à la prière musulmane en bruit de fond, indiquant que le démon est toujours là et que seul Dieu peut nous protéger du Mal.
(50) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pazuzu

Le film, considéré comme un classique du cinéma d’horreur, a souvent été parodié. Outre la parodie de 1990,Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ? (51), on peut citer, par exemple, plusieurs sketchs des Guignols de l’info (52). La première fois en 1991 dans un sketch sur le racisme, mettant en scène Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing et Édith Cresson. Un deuxième sketch, plusieurs années plus tard met en scène la marionnette de François Hollande, incarnant l’exorciste, tente de libérer Lionel Jospin de l’emprise du démon (qui le rend chiant) en lui récitant des blagues de toto. Le sketch se termine sur le thème de Mike Oldfield avec l’arrivée de Sylviane, la femme de Jospin, un livre d’Alain Minc à la main.
La scène de l’exorcisme est également parodiée au début de Scary movie 2 (53). Dans cette scène, c’est James Woods qui joue le rôle du prêtre, rôle tenu dans la version originale par Max von Sydow. La parodie de L’Exorciste dans Scary movie 2 peut être considérée comme un sketch. Son lien avec la suite du deuxième épisode de la série humoristique est délaissé pour une intrigue parodiant largement dans l’histoire principale le film Hantise (54).
(51) https://fr.wikipedia.org/wiki/Y_a-t-il_un_exorciste_pour_sauver_le_monde_%3F
(52) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Guignols_de_l%27info
(53) https://fr.wikipedia.org/wiki/Scary_Movie_2
(54) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hantise_(film,_1999)

La saga L’Exorciste est composée de trois films et d’une préquelle (55). Après le succès du premier film, une suite est envisagée par le studio. L’Exorciste 2 : l’hérétique sort ainsi quatre ans après. Mais l’équipe technique et la distribution y sont majoritairement opposés. William Friedkin et William Peter Blatty se rencontrent néanmoins pour développer une idée à filmer, mais finalement y renoncent. Ellen Burstyn refuse le projet, tout comme Linda Blair. La Warner pense à Melissa Sue Anderson (56), Rosanna Arquette (57), Jamie Lee Curtis (58), Jodie Foster (59), Mariel Hemingway (60), Helen Hunt (61), Jennifer Jason Leigh (62), Kristy McNichol (63), Tatum O’Neal (64) ou encore Brooke Shields (65) comme remplaçante. Mais Linda Blair revient finalement sur sa décision, qu’elle regrettera après avoir lu la première version du scénario. Après cinq réécritures, ce n’était plus du tout la même chose. C’est l’une des plus grandes déceptions de ma carrière. La jeune comédienne a pour partenaire Louise Fletcher et Richard Burton, ainsi que Max von Sydow. Réalisé par John Boorman, le film est un échec critique et commercial, avec seulement 30 749 142 $. William Peter Blatty le trouve très mauvais et William Friedkin, après en avoir vu seulement 30 minutes, calomnieux et horrible. Seule la journaliste Pauline Kael (66) le préfère à l’original.
(55) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9quelle
(56) https://fr.wikipedia.org/wiki/Melissa_Sue_Anderson
(57) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rosanna_Arquette
(58) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jamie_Lee_Curtis
(59) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jodie_Foster
(60) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariel_Hemingway
(61) https://fr.wikipedia.org/wiki/Helen_Hunt
(62) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jennifer_Jason_Leigh
(63) http://www.citebd.org/spip.php?film1365
(64) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tatum_O%27Neal
(65)https://fr.wikipedia.org/wiki/Brooke_Shields
(66) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Kael

En 2004, une préquelle intitulée L’Exorciste : au commencement est réalisée. John Frankenheimer (67) refuse de le diriger un mois avant sa mort. Paul Schrader (68) est alors chargé par Morgan creek productions (69) de le remplacer, mais il est renvoyé par le studio invoquant un manque de sang et de violence dans les images tournées par celui-ci. Renny Harlin accepte de le remplacer et re-filme pratiquement la totalité des scènes. Il commente : je suis un fan inconditionnel du cinéma d’horreur. C’est avec lui que j’ai démarré, et c’est un genre que j’ai toujours aimé et admiré. Le premier Exorciste est à l’évidence l’un des titres les plus marquants du genre. C’est aussi l’un de mes films favoris, et je ne pouvais laisser passer cette occasion. Il est prévu que la version de Paul Schrader sorte directement en vidéo, en tant que supplément de celle mise en scène par Harlin. Mais l’idée est rejetée par le studio après l’échec du film avec 41 814 863 $ de recettes pour un budget de 80 000 000 $. La version de Paul Schrader ressort dans différents festivals, ainsi que dans quelques pays sous le titre Dominion : prequel to the exorcist. Les critiques sont pour la plupart négatives et des deux films, la version Schrader est la préférée. William Peter Blatty est du même avis et décris Dominon comme un beau film, un classique, une élégante pièce de travail. Linda Blair, quant à elle, se déclare choquée lorsqu’elle découvre que Warner utilise son image et sa voix pour la promotion du film sans son autorisation.
(67) http://www.citebd.org/spip.php?film1381
(68) http://www.citebd.org/spip.php?film1382
(69) https://fr.wikipedia.org/wiki/Morgan_Creek_Productions

La saga L’Exorciste est composée de cinq films, le quatrième étant une préquelle du premier. Le dernier (Dominion : prequel to the exorcist) tourné avant le quatrième volet, est issu d’un projet refusé par les producteurs et ne fait donc pas partie de la série.
1973
L’Exorciste de William Friedkin
1977
L’Exorciste 2 : l’hérétique de John Boorman
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exorciste_2_:_L%27H%C3%A9r%C3%A9tique
1990
L’Exorciste 3 de William Peter Blatty
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exorciste,_la_suite
2004
L’Exorciste : au commencement de Renny Harlin
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exorciste_:_Au_commencement
2005
Dominion : prequel to the exorcist de Paul Schrader
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominion:_Prequel_to_the_Exorcist

anecdotes
- Le tournage s’est déroulé du 14 août 1972 au 20 juillet 1973 aux studios Warner bros. de Burbank, New York et Georgetown (Washington D.C.), ainsi que Hatra et Mossoul, en Irak.
- l’équipe a utilisé des bruits de cochon qu’on égorge pour le moment où le démon sort du corps de Regan.
- la scène où Regan vomit sur le Père Karras était une erreur : le vomit aurait dû arriver sur le torse de l’acteur, le projecteur était dévié. Le dégout du personnage est donc authentique. L’acteur a d’ailleurs avoué avoir détesté ça.
- à sa sortie, le film a été accusé, par des fanatiques religieux, de faire l’éloge de Satan. L’actrice Linda Blair était donc en permanence avec des gardes du corps pendant 6 mois.
- pour que les souffles glacials des acteurs soient réels, la chambre a été réfrigérée et l’actrice Linda Blair a avoué qu’elle ne supporte pas le froid depuis ce film.
- pendant le film, on voit des images subliminales d’un démon à tête blanche qui sont en fait des essais de maquillages rejetés pour le visage de Linda Blair.
- étant donné que le réalisateur cherchait des acteurs compétents, il a d’abord voulu faire un casting avec des personnes de petite taille.
- Linda Blair et la doubleuse de la voix du démon Mercedes McCambridge ne se sont jamais rencontrées.
- certains mouvements distincts nécessitaient des lits différents, trois lits ont donc été construits pour les besoins du tournage.
- la vraie mère de Linda Blair joue dans le film : c’est l’infirmière qui entre dans le bureau après l’artériographie.
- Al Pacino était aussi parmi les prétendants pour le rôle du père Karras.
- le démon qui habite Regan s’appelle Pazuzu, mais il n’est pas nommé ainsi une seule fois dans le film. De plus, durant un dialogue avec le père Karras, il ment et affirme être le Diable.
- dans la scène originale de la marche de l’araignée, Regan sortait une longue langue de serpent et essayait d’attraper Sharon.
- il y a deux erreurs de montage quant à l’utilisation d’une cigarette : le père Karras tient une cigarette puis la donne au prêtre avec qui il discute ; dans le plan suivant la cigarette allumée est toujours dans sa main droite. Chris MacNeil demande une cigarette au père Karras, la consomme puis la jette et l’écrase par terre ; puis elle discute sans cigarette à la main et soudain elle est perçue en train de fumer une cigarette.

Le réalisateur de French connection connaît la musique : son travail de mise en scène est constamment efficace ; les acteurs parfaits, la bande son exceptionnellement travaillée. L’Exorciste constitue - au premier degré - l’un des meilleurs films de terreur jamais réalisés, et l’on peut s’arrêter aux limites du consensus : fantastique = fantaisie pure ; personne ne croit vraiment que Dracula existe...
Jacques Zimmer in La Revue du cinéma n° 290 (novembre 1974)

... L’Exorciste, film-boutoir, est le dernier, et le plus fort, catalyseur de cette conscience collective du retour au surnaturel et à l’épouvante irrationnelle qui submergent désormais une grande partie du monde occidental et des Usa en particulier. Pourtant William Friedkin se refuse à être l’exorciste de la mauvaise conscience américaine que les extrapolateurs professionnels ont voulu voir : son film est une séance de spiritisme un peu mouvementée, au premier degré, par ailleurs très crédible et respectant toutes les données scientifiques et religieuses d’un tel cas, et je doute que les spectateurs y voient autre chose qu’un défoulement collectif accordé par un cinéma qui ne s’embarrasse pas de trop de scrupules. De toute façon, l’horreur dégorgée par L’Exorciste ne me semble pas plus condamnable que la violence à haute dose des films de Sergio Leone ou de Peckinpah. Dans les salles, après la tension nerveuse et silencieuse des séquences, les gens se soulagent d’un rire mi-gêné, mi-surpris : c’est bien foutu, mais on ne me la fait pas !
En définitive, faut-il s’inquiéter plus des résultats que des moyens employés ? Faut-il brûler le démons Blatty et Friedkin (attention, ils sont forts !) ? Ou tenter à nouveau d’exorciser le public par de petits contre-poisons plus ou moins inefficaces ? Une chose est sûre : L’Exorciste aura beaucoup d’enfants (il en a déjà, aux Usa et en Italie). Le succès engendre toujours ses propres démons.
Max Tessier in Ecran 74 n° 30 (novembre 1974)

... Le dénouement de L’Exorciste n’est ni pessimiste ni manichéen, mais d’une parfaite orthodoxie. Il témoigne encore de de la réalité de la menace et de la nécessité du combat. Il est un présage favorable quant aux victoires futures d’une bataille sans fin mais non sans finalité. L’apparence de son inachèvement ne remet aucunement en question la supériorité de la justice divine ; bien au contraire, elle lui ouvre l’étendue de son impérialisme. Car c’est une seconde erreur que de pas remarquer que cette lutte permanente est une lutte inégale, que le vainqueur y est prédestiné et que le vaincu y est un vaincu par essence. Cet avantage fonde sa nécessité. Quelle que soit sa dureté, si grandes soient les souffrances et les sacrifices qu’il entraîne, il doit être mené pour le triomphe nécessaire du Bien. En donnant au prêtre un baiser qui est, qui ne peut être qu’un baiser de remerciement et de confiance, Regan manifeste instinctivement, depuis la profondeur de son être, qu’elle reconnaît cette hiérarchie et cette exigence. Jusqu’au dernier plan, L’Exorciste reste un modèle de stratégie et de morale policières, le compte-rendu plat et édifiant d’une opération pour le maintien de l’Ordre.
Louis Seguin in Positif n° 164 (décembre 1974)

William Friedkin
voir fiche du film French connection
http://www.citebd.org/spip.php?film1551

William Peter Blatty
Né le 7 janvier 1928 à New York.
https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Peter_Blatty

Owen Roizman
voir fiche du film French connection
http://www.citebd.org/spip.php?film1551

Billy Williams
Né William D. Williams le 3 juin 1929 à Londres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Billy_Williams_(directeur_de_la_photographie)

Krzysztof Penderecki
Né à Dębica (Pologne) le 23 novembre 1933.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Krzysztof_Penderecki

Hans Werner Henze
Né le 1er juillet 1926 à Gütersloh (Allemagne), décédé le 27 octobre 2012 à Dresde.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Werner_Henze

George Crumb
Né le 24 octobre 1929 à Charleston.
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Crumb

Anton Webern
Né Anton Friedrich Wilhelm von Webern le 3 décembre 1883 à Vienne, décédé le 15 septembre 1945 à Mittersill.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anton_Webern

Mike Oldfield
Né le 15 mai 1953 à Reading (Gb).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Oldfield

David Borden
https://en.wikipedia.org/wiki/David_Borden

Jack Nitzsche
voir fiche du film Blue collar
http://www.citebd.org/spip.php?film1382

Steve Boeddeker
http://www.imdb.com/name/nm0006655/

Ellen Burstyn
voir fiche du film Alice n’est plus ici
http://www.citebd.org/spip.php?film917

Max von Sydow
voir fiche du film Shutter island
http://www.citebd.org/spip.php?film578

Lee J. Cobb
voir fiche du film 12 hommes en colère
http://www.citebd.org/spip.php?film512

Kitty Winn
Née le 21 février 1944 à Washington.
http://www.imdb.com/name/nm0935345/

Jack MacGowran
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_MacGowran
http://www.citebd.org/spip.php?film378

Jason Miller
Né John Anthony Miller le 22 avril 1939 à New York, décédé le 13 mai 2001 à Scranton (Pennsylvanie).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jason_Miller_(acteur)

Linda Blair
Née le 22 janvier 1959 à Saint-Louis (Missouri).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Linda_Blair

Mercedes McCambridge
voir fiche du film Johnny guitare
http://www.citebd.org/spip.php?film1357

William O’Malley
http://www.imdb.com/name/nm0641780/

Barton Heyman
Né le 24 janvier 1937 à Washington, décédé le 15 mai 1996 à New York.
http://www.imdb.com/name/nm0382263/

Peter Masterson
Né le 1er juin 1934 à Houston.
http://www.imdb.com/name/nm0557751/

Robert Symonds
Né le 1er décembre 1926 à Bristow (Oklahoma), décédé le 23 août 2007 à Los Angeles.
http://www.imdb.com/name/nm0843367/

Arthur Storch
Né le 29 juin 1925 à New York où il est décédé le 5 mars 2013.
http://www.imdb.com/name/nm0832407/

Rudolf Schündler
Né Rudolf Ernst Paul Schündler le 17 avril 1906 à Leipzig, décédé le 12 décembre 1988 à Munich.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Sch%C3%BCndler

Vasiliki Maliaros
Née le 16 octobre 1883 à Athènes, décédée le 9 février 1973 à New York.
http://www.imdb.com/name/nm0539518/

Títos Vandís
Né le 7 novembre 1917 à Thessalonique, décédé le 23 février 2003 à Athènes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%ADtos_Vand%C3%ADs

extrait(s) de presse

Chronic' art - William Friedkin était à cette époque capable de nous donner la chair de poule devant le moindre de ses plans (...), portés par une beauté et une profondeur rarement égalées dans le cinéma fantastique.
Télérama - Que vous ayez ou non vu le film, précipitez-vous, il n'a pas pris une ride. Aujourd'hui comme hier, le réalisme quasi documentaire de cette histoire de possession saisit à la gorge.
Le Monde - Le film faisait peur en 1973. Il reste toujours aussi inquiétant.
Le Parisien - Vingt-quatre ans après, ce film (...) n'a rien perdu de sa puissance maléfique et provoque toujours le même effroi.
Libération - Quelque chose de dévorant et d'irréductible à la simple artificialité du fantastique traverse le film, la certitude que le Mal existe et qu'il peut s'incarner au cœur même d'un foyer tranquille.
Critikju - A une époque où la norme cinématographique est de prendre son spectateur par la main pour mieux lui imposer une morale simpliste, la profonde ambiguïté de "L’Exorciste" reste d’une subversion salvatrice.