possession - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > possession

possession

France, Allemagne - 1981 - 2h05
sorti en France le 27 mai 1981
Prix d'interprétation féminine (Isabelle Adjani) Cannes 1981 - César 1982 de la meilleure actrice (Isabelle Adjani)
interdit aux moins de 16 ans
film - film francophone
de

Andrzej Zulawski

scénario : Frederic Tuten, Andrzej Zulawski
direction de la photographie : Bruno Nuytten
musique ou chansons : Andrzej Korzynski
avec : Isabelle Adjani (Anna / Helen), Sam Neill (Mark), Margit Carstensen (Margit Gluckmeister), Heinz Bennent (Heinrich), Johanna Hofer (la mère de Heinrich), Carl Duering (le détéctive), Shaun Lawton (Zimmermann), Leslie Malton (Sara), Michael Hogben (Bob)
séances : semaine du mercredi 25 novembre 2015
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 1er
18:30*
séance spéciale :
* soirée : "visites diaboliques" - couplé avec "L'Exorciste", en présence de Frank Lafond, auteur du "dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - dans le cadre du festival "Le Rayon Fantastique" organisé en partenariat avec Hidden Circle, La Nef, le Pôle Image Magelis et le Lisa
séances : semaine du mercredi 23 mars 2016
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : hommage à Andrzej Zulawski - film présenté en version anglaise sous-titrée - couplé avec "L'Important c'est d'aimer" - tarif préférentiel 2 films = 7 € - soirée animée avec Hidden circle

synopsis

Mark retourne chez lui à Berlin alors que sa femme, Anna, décide de le quitter. Il la soupçonne d'avoir un amant en la personne de Heinrich, un illuminé adepte du New Age. Mais celui-ci lui affirme qu'elle l'a aussi quitté pour un autre. Alors que les rapports de Mark avec sa femme deviennent de plus en plus tendus, il se rend compte que le nouvel amant de cette dernière n'est pas humain...

notes de production

Andrzej Zulawski écrit Possession en 1978 alors qu’il est en plein divorce avec sa première femme. Il ne reprendra le scénario qu’en 1980 pour le tourner. Il utilisera le même procédé pour expulser de sa mémoire son divorce avec Sophie Marceau à travers le film La Fidélité (1).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fid%C3%A9lit%C3%A9

Ce film a été tourné à Berlin. Le réalisateur l’a écrit au cours d’un divorce douloureux. Cette œuvre est charnière dans la carrière du cinéaste, après la décision du gouvernement polonais d’arrêter le tournage de son film d’anticipation Sur le Globe d’argent (2) neuf jours avant la fin. Ennuyé par les autorités et passé in extremis à l’Ouest grâce à un ami français travaillant à la Paramount (3), Żuławski finalise le scénario de Possession dans un hôtel de New York sous l’effet de l’alcool. Il refuse de situer le cadre de sa fiction aux États-Unis et exprime le souhait de tourner le film au plus près de son pays d’origine : là où la frontière entre le monde capitaliste et communiste est la plus visible. Le choix de Berlin, au pied du Mur (4), s’impose.
Żuławski ne voit, dès le départ, qu’Isabelle Adjani pour interpréter le rôle principal mais elle le refuse dans un premier temps. Son compagnon d’alors Bruno Nuytten (5), engagé comme directeur de la photographie sur le film, réussit toutefois à la convaincre.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_le_globe_d%E2%80%99argent
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paramount_Pictures
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_de_Berlin
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1224

La créature tentaculaire dont il est question dans le film a été créée par Carlo Rambaldi (6), sculpteur italien, également père de King Kong (7), des extra-terrestres de Rencontres du troisième type (8) et d’E.T. (9). Żuławski n’était pas d’accord avec Rambaldi quant à son aspect, aussi a-t-elle été partiellement modifiée à la dernière minute, quelques heures avant le début du tournage des scènes correspondantes.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Carlo_Rambaldi
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/King_Kong_%28film,_1976%29
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rencontres_du_troisi%C3%A8me_type
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/E.T._l’extra-terrestre

Ce film a été remonté pour la sortie en salles aux États-Unis et interdit de diffusion en Grande-Bretagne (interdit aux moins de 18 ans en France à sa sortie). Il n’a été distribué en Allemagne, son pays de tournage, qu’en 2009.
Plus de 20 ans après la sortie de Possession, Isabelle Adjani dit regretter ce film lors d’un entretien pour Studio magazine (10) en 2002 : je dois à la mystique d’Andrzej Żuławski de m’avoir révélé des choses que je ne voudrais jamais avoir découvertes... Possession, c’était un film infaisable, et ce que j’ai fait dans ce film était tout aussi infaisable. Pourtant, je l’ai fait et ce qui s’est passé sur ce film m’a coûté tellement cher... Malgré tous les prix, tous les honneurs qui me sont revenus, jamais plus un traumatisme comme celui-là, même pas... en cauchemar !
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Studio_magazine

Véritable tour de force pour les acteurs, tant ils donnent une prestation physique, hallucinée, hystérique et violente, Possession est considéré comme une allégorie sur le double : intime, amoureux, sexuel, spirituel et politique (les travellings répétés sur le Mur de Berlin en sont un exemple). On peut y voir une critique virulente du communisme et du totalitarisme qui installent un climat de paranoïa, poussent à l’action irraisonnée ou irrationnelle, contrôlent la vie privée et détruisent les individus dans lesquels ils s’immiscent de manière démoniaque. Au début, Marc, le protagoniste, rentre d’un long voyage et retrouve sa femme transformée. Il demande à sa direction un congé spécial pour s’occuper de sa famille et tout laisse à penser qu’il travaille pour une police secrète. Marc et Anna, son épouse, voient ensuite émerger au fil du récit leurs doubles dociles et effrayants, Marc 2 et Anna 2, incarnations tétanisantes d’un idéal totalitaire.

Ce film a été comparé à Chromosome 3 (11) de David Cronenberg, Répulsion (12), Rosemary’s baby (13) et Le Locataire (14) de Roman Polanski, L’Ange exterminateur (15) de Luis Buñuel ou encore Les Diables (16) de Ken Russell.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chromosome_3
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1145
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1471
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Locataire_%28film%29
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Ange_exterminateur
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Diables_%28film,_1971%29

Michael Brooke de Sight & sound (17) explique que ce film a été, selon lui, catalogué à tort comme film d’horreur alors que le fantastique et l’épouvante servent de prétexte pour brosser un portrait viscéral et frappant de la désintégration du couple en particulier et des relations entre les individus en général. Brooke inscrit ce film dans la lignée de The Brood de Cronenberg, Tourments (18) de Buñuel, Scènes de la vie conjugale (19) d’Ingmar Bergman, Malina (20) de Werner Schroeter et Antichrist (21) de Lars von Trier qui en dénote l’influence.
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sight_and_Sound
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tourments_%28film,_1953%29
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sc%C3%A8nes_de_la_vie_conjugale
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Malina_%28film,_1991%29
(21) http://www.citebd.org/spip.php?film19

Sur le site du Nouvel observateur (22), Jean-Baptiste Thoret (23) affirme que Possession est sûrement le chef d’œuvre de son auteur et y voit une fable à plusieurs niveaux de lecture dont une critique déguisée et violente des États de l’ex bloc de l’Est dans leur capacité à engendrer des monstres.
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Obs
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Thoret
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc_de_l’Est

Je n’ai jamais voulu venir à Cannes, j’ai protesté auprès de mes producteurs... J’ai le pouvoir de dire non quand je fais un film ; après, le sort de ce film n’est plus tout à fait dans mes mains. Jamais je n’avais l’idée de faire un film festivalesque... Le film est fait pour les gens ; mais Cannes ce ne sont pas les gens ; c’est une atmosphère très spéciale, et ce sont des buts et des intérêts très spéciaux...
Andrzej Zulawski in Images et loisirs

... Possession, avatar fantasmatique d’un cinéaste mystique de génie qui redonne un sens au mot cinéma, antiréaliste, hanté Dieu et le Diable, est un film qui, sans aucun doute, fera hurler - les profanes et les initiés - par son agression permanente des codes auxquels nous répondons d’ordinaire. Nul doute aussi qu’il s’agit là du film le plus pur, le plus personnel de Zulawski, nouveau polonais déraciné (comme ses confrères Polanski (25), ou Borowczyk (26), mais pas encore affaibli par la facilité occidentale) depuis l’énigmatique et inquiétant exorcisme de sa jeunesse dans La Troisième partie de la nuit (27). A lui de voir jusqu’où il peut aller trop loin, s’il n’y est pas déjà arrivé... Alea jacta est (28).
Max Tessier in La Revue du cinéma n° 361 (mai 1981)
(25) http://www.citebd.org/spip.php?film1145
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/Walerian_Borowczyk
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Troisi%C3%A8me_Partie_de_la_nuit
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alea_jacta_est

... Tendresse dans la pire violence des sentiments ; violence angoissée dans la frénétique quête d’amour, quête d’absolu, avec des personnages qui n’hésitent pas à tenter le saut dans l’inconnu. Déchirant et grave. Rare et exceptionnel qu’un cinéaste ose aller si loin, dans ce que peut exprimer le cinéma, avec des acteurs, des sons, des lumières, des musiques.
Hubert Niogret in Positif n° 2444/245 (juillet/août 1981)

... Un film sur Dieu, dit l’auteur. Mais plus qu’en réponses, c’est en question que le film fourmille, et son spiritualisme est celui d’un écorché qui multiplie les raisons de s’interroger. Ainsi les lieux obsessionnels du cinéaste sont à nouveaux parcourus avec excès, frénésie, violence : l’appartement vide, l’escalier, le souterrain ; ses thèmes aussi : le double, la rédemption, l’amour, le sexe. Mise en scène et interprétation sont enfin d’une grande maîtrise et contribuent de manière capitale à constituer le sens d’un scénario qui, sans elles, ne seraient probablement qu’un texte abscons. Ici toute l’intensité est dans le vu ; et il y a fort à parier que si la rationalité immédiate échappe souvent, la force d’évocation du spectacle laissera par contre des traces spécifiques, d’un autre genre, et non moins profondes.
Jean-Louis Cros in La Saison cinématographique 1981

Andrzej Zulawski
voir fiche du film L’Important c’est d’aimer
http://www.citebd.org/spip.php?film888

Frederic Tuten
http://www.imdb.com/name/nm0878292/

Bruno Nuytten
voir fiche du film Garde à vue
http://www.citebd.org/spip.php?film1224

Andrzej Korzynski
http://www.imdb.com/name/nm0466863/

Isabelle Adjani
Née le 27 juin 1955 à Paris.
Sa prestation dans dans La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca à Reims avec la troupe de Robert Hossein m’a laissé un souvenir inoubliable...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Adjani

Sam Neill
Né Nigel John Dermot Neill le 14 septembre 1947 à Omagh (Irlande).
Un Damien très inquiétant dans La Malédiction finale...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_Neill

Margit Carstensen
Née à Kiel le 29 février 1940.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Margit_Carstensen

Heinz Bennent
voir fiche du film Le Dernier métro
http://www.citebd.org/spip.php?film1412

Johanna Hofer
Née Johanna Stern le 30 juillet 1896 à Berlin, décédée le 30 juin 1988 à Munich.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Johanna_Hofer

Carl Duering
http://www.imdb.com/name/nm0240268/

Shaun Lawton
https://fr.wikipedia.org/wiki/Shaun_Lawton

Leslie Malton
http://www.imdb.com/name/nm0540804/

extrait(s) de presse

Télérama - Le décor de Berlin à l'époque du Mur, la ­superbe lumière de Bruno Nuytten et la « plastique » des comédiens, unis dans une sorte de pâleur fantomatique, tout compose un univers parfaitement cohérent, et très marquant aujourd'hui encore.
Courte focale - Ce qui tend à qualifier le film de « névrotique » provient clairement de la faculté de Zulawski à faire ressentir les déchirements intimes d’un couple par sa narration et sa mise en scène...
Filmosphère - ... le film se révèle d’une profondeur inattendue, une oeuvre insondable sur la folie, sur l’amour, et sur la possession bien sur...
Arte - "Possession" est un film monstre dans tous les sens du terme. Il est impossible de le définir comme un film d’horreur, même s’il emprunte les images saisissantes et l’atmosphère du cinéma gore européen, et baigne dans un climat angoissant, chargé de visions hyperréalistes et fascinantes, à l’instar des films de Polanski, Argento et quelques autres...
Cinéma fantastique - Possession" est une des ces œuvres qui laisse des traces indélébiles longtemps après son visionnage...
Penser le cinéma - Zulawski place singulièrement l’horreur de son film à l’aune d’une métaphore monumentale – et murale donc. La ville berlinoise et son mur monstrueux territorialise le Mal...
Cinésthésies - Rares sont les films à atteindre, avec la même férocité que Possession, de tels niveaux d’intensité...
Dvd classik - L'intrigue de "Possession" repose sur un classique triangle amoureux. Mais chez Zulawski, l'amour est une puissance chaotique, aussi pleine de vie que de mort...