blade runner (final cut) - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > blade runner (final cut)

blade runner (final cut)

Usa - 1982 - 1h57
sorti en France le 15 septembre 1982
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Ridley Scott

scénario : David Webb Peoples, Hampton Fancher
d'après l'oeuvre de : Philip K. Dick
direction de la photographie : Jordan Cronenweth
musique ou chansons : Vangelis
avec : Harrison Ford (Rick Deckard), Rutger Hauer (Roy Batty), Sean Young (Rachel), Daryl Hannah (Pris), M. Emmet Walsh (Bryant), William Sanderson (J.F. Sebastian), Brion James (Leon), Joe Turkel (Eldon Tyrell), Edward James Olmos (Gaff), Joanna Cassidy (Zhora), James Hong (Hannibal Chew), John Edward Allen (Kaiser), Morgan Paull (Holden), Hy Pyke (Taffey Lewis), Bob Okazaki (Howie Lee), Ben Astar (Abdul Ben Hassan), Kimiko Hiroshige (femme cambodgienne), Carolyn DeMirjian (vendeuse),
séances : semaine du mercredi 18 novembre 2015
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
21:30*
séance spéciale :
* Ciné mardi : "Splendides androïdes" - couplé avec "Metropolis", en présence des auteurs bédé Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - dans le cadre du festival "Le Rayon Fantastique" organisé en partenariat avec Hidden Circle, La Nef, le Pôle Image Magelis et le Lisa

synopsis

Dans les dernières années du 20ème siècle, des milliers d'hommes et de femmes partent à la conquête de l'espace, fuyant les mégalopoles devenues insalubres. Sur les colonies, une nouvelle race d'esclaves voit le jour : les répliquants, des androïdes que rien ne peut distinguer de l'être humain. Los Angeles, 2019. Après avoir massacré un équipage et pris le contrôle d'un vaisseau, les répliquants de type Nexus 6, le modèle le plus perfectionné, sont désormais déclarés "hors la loi". Quatre d'entre eux parviennent cependant à s'échapper et à s'introduire dans Los Angeles. Un agent d'une unité spéciale, un blade-runner, est chargé de les éliminer. Selon la terminologie officielle, on ne parle pas d'exécution, mais de retrait...

notes de production

Blade runner s’inspire assez librement du roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (1) écrit par Philip K. Dick, à qui le film est dédié.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_andro%C3%AFdes_r%C3%AAvent-ils_de_moutons_%C3%A9lectriques_%3F

Le développement du projet ainsi que le tournage du film sont difficiles. Les producteurs, peu satisfaits de la version du réalisateur, opèrent quelques changements, modifiant notamment la fin du film. À sa sortie, le film est un échec commercial aux États-Unis et est accueilli durement par la critique.

Il existe pas moins de cinq versions du films. La première qui est la version qui servit pour la projection-test aux spectateurs, est devenue rarissime. Puis vient la copie sortie en 1982. C’est la version la plus controversée et incriminée, puisqu’elle correspond au montage voulu par la Warner (2), au détriment de la vision de Ridley Scott. La version européenne du premier montage est (très) sensiblement différente. Elle rajoute notamment plusieurs plans violents. En 1989, un cadre de Warner bros., Michael Arick (3), découvre par hasard une copie 70 mm du film, alors qu’il faisait des recherches sur le film Gypsy (4). Projetée dans divers festivals, le film obtient un franc succès, et on murmure que ce serait la version originale de Blade runner. Après visionnage, Ridley Scott affirmera qu’il ne s’agit pas de son director’s cut (5). Devant le succès des projections, Warner décide de financer une ressortie du film en 1992, assortie d’un nouveau montage. Bien que labellisé director’s cut, le cinéaste n’a toutefois pas eu le champ totalement libre, même si cette version se rapproche de celle qu’il a toujours voulu. Alors que les fans ont, en vain, guettés une ultime version pour le 20ème anniversaire du film en 2002, ce n’est finalement qu’en décembre 2007 que Ridley Scott livre la version définitive de ce chef d’œuvre absolu de la science-fiction (6).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Warner_Bros.
(3) http://www.imdb.com/name/nm0034745/
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gypsy,_V%C3%A9nus_de_Broadway
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Director%27s_cut
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Science-fiction

A l’origine, c’est l’acteur Hampton Fancher qui acquiert les droits de l’œuvre de Philip K. Dick, pour une somme modeste. Projetant un temps de mettre lui-même en chantier le film, il présente le script au producteur Michael Deeley (7), encore auréolé des 5 Oscar de Voyage au bout de l’enfer (8). La SF a alors le vent en poupe, comme en témoigne les immenses succès au box-office de Star wars (9) et Alien (10). Michael Deeley pense alors à Ridley Scott, et réussi à le convaincre d’abandonner son projet Dune (11) sur lequel il travaille, le laissant finalement à David Lynch. Scott accepte sa proposition, à la condition qu’il réécrive totalement le script. Hampton Fancher écrira une douzaine de versions, avant de baisser les bras. David Webb Peoples reprend alors le script, et arrive à convaincre Scott de se détacher davantage de l’œuvre.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Deeley
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film641
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Wars
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alien_(film)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dune_(film)

Deckard, c’est Philip Marlowe (12) déclara Ridley Scott. Une référence plus qu’explicite au personnage créé par Raymond Chandler, et immortalisé à l’écran par Humphrey Bogart dans Le Grand sommeil (13). Scott intègre dans son film de nombreux codes du Film noir (14), dont l’incontournable imperméable porté col relevé, la pluie, la saleté, la nuit, le cynisme des personnages...Même la voix off, qui au départ ne devait pas envahir tout le film comme c’est le cas pour le montage de 1982, devait rappeler les classiques monologues des films du genre.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Marlowe
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Sommeil_(film,_1946)
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Film_noir

Pour des raisons de budget, le décor prévu, qui était une ville glaciale prise dans une tempête de neige, est rapidement devenu une mégalopole tentaculaire et surtout sombre, sale, nocturne, et fouettée en permanence par la pluie. Ridley Scott a été particulièrement exigeant sur le degré de crédibilité : état de vétusté des bâtiments qui côtoient d’immenses grattes-ciels ; trottoirs grouillant de monde, toute puissance du monde de la publicité avec des panneaux géants à perte de vue, costumes réalistes qui rappellent la mode des années 30. En d’autres termes, un look rétro-futur. L’influence de l’univers du dessinateur Jean Giraud, alias Mœbius (15), a aussi été importante . Ce dernier a d’ailleurs été graphiste sur Alien.
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraud

Le titre du film ne correspond évidemment pas à celui de l’œuvre de Philip K. Dick (Do androids dream of electric sheep ?). Littéralement, Blade runner siginifie Celui qui court sur le fil du rasoir. Il fut acheté à l’auteur William S. Burroughs (16) (à qui l’on doit Le Festin nu (17), qui dans les années 1950 écrivit un livre curieusement intitulé Blade runner : le film (18). La deuxième source pour le titre provient d’un autre roman de science-fiction écrit dans les années 1970 par Alain Nourse (19), et portant le titre de...Bladerunner !
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/William_S._Burroughs
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Festin_nu
(18) http://www.lesinrocks.com/2011/01/12/livres/william-burroughs-le-porte-lame-version-pop-et-mutante-de-blade-runner-1121461/
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_E._Nourse

Lors d’un sondage publié en 2004 par le quotidien Britannique The Guardian (20), qui demandait à soixante scientifiques de renoms de nommer leurs dix meilleurs films de SF, Blade runner a été classé comme meilleur film de science fiction de tous les temps, juste devant 2001 : l’odyssée de l’espace (21).
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Guardian
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/2001,_l%27Odyss%C3%A9e_de_l%27espace

La musique de Blade runner est l’un des thèmes musicaux les plus célèbres du cinéma. On la doit au compositeur Vangelis (de son vrai nom Vangelis Papathanassiou), qui travaille presque exclusivement avec des instruments électroniques. En 1981, il remporte l’Oscar de la Meilleure musique pour les Les Chariots de feu (22), autre morceau mythique du monde des BO de films. Il a été nominé deux fois aux Golden globe (23) ; la première en 1982 pour la BO de Blade runner ; la seconde en 1993 pour celle de 1492 : Christophe Colomb (24), autre film de Ridley Scott mais qui n’a pas remporté le succès escompté.
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chariots_de_feu
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Golden_Globes
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/1492_:_Christophe_Colomb

Peu connu du grand public, l’acteur Joe Turkel interprétait le très inquiétant barman dans Shining (25), qui peuplait l’imaginaire halluciné de Jack Nicholson dans le film de Stanley Kubrick. Dans Blade runner, il prête ses traits au tout puissant généticien Eldon Tyrell.
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shining_(film)

Très peu connu du grand public, Syd Mead (26), dessinateur industriel de renom, concepteur de véhicules pour le groupe Ford (27) et Chrysler (28), a travaillé sur des films tels que Star trek (29) et Tron (30). Crédité au générique au titre de futuriste visuel, c’est à lui que l’on doit tous les designs des moyens de transport dans le film, dont les fameux spinners, une trentaine de véhicules, les rues, les bâtiments...Et même le célèbre appareil permettant aux blade runner de faire le test de Voight-Kampf (31). Il fit ses créations en un temps record : à peine cinq mois seulement !
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/Syd_Mead
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ford
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chrysler
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Trek,_le_film
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tron
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Voight-Kampff

La version de Blade runner sortie en 1992 est l’une des toutes premières à porter la mention director’s cut, dans laquelle le réalisateur pouvait faire un remontage et ajouter des éléments qui correspondaient davantage à sa vision. Si dans les années 2000 cette pratique du director’s cut est devenue à la fois très courante mais aussi un argument marketing de poids, il n’en allait pas de même au début des années 1990.
A l’occasion de la ressortie mondiale de Blade runner dans sa version final cut, Ridley Scott a de nouveau fait tourner Joanna Cassidy (Zhora) pour certaines scènes qu’il estimait inachevées.

Peu avant de mourir d’une crise cardiaque en 1982, Philip K. Dick a pu visionner un montage de 20 minutes de Blade runner, principalement des scènes dans lesquelles les effets spéciaux étaient quasi-tous finalisés, avec les bruitages, mais sans musique. L’écrivain fut véritablement très impressionné du travail accompli par l’équipe entourant Ridley Scott. L’écrivain déclara que les images qu’il venait de voir correspondaient exactement à la vision qu’il avait lorsqu’il écrivit le livre. De son côté, Ridley Scott, déclara que l’aspect visuel du film correspondait exactement à ce qu’il voulait, mais qu’en revanche il n’avait jamais lu le roman de Philip K. Dick...

Un regard bleu d’acier, une musculature taillée pour le combat, et un charisme certain : Rutger Hauer compose un impressionnant Roy Batty, le Nexus 6 qui prend la tête de la rébellion des répliquants (32). C’est en le voyant dans Le Choix du destin (33) de Paul Verhoeven que Ridley Scott, impressionné par son jeu, décida de le contacter pour le rôle de Roy.
(32) https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9plicant
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Choix_du_destin

Dans l’œuvre de Philip K. Dick, la disparition des animaux est la conséquence directe de la pollution de la planète et de la guerre nucléaire. Dans le film, cette absence est soulignée par de nombreuses allusions. Ainsi, le tout-puissant Docteur Tyrell est associé à un Hibou, animal traditionnellement lié à une certaine sagesse. Si Joanna Cassidy, alias Zhora, n ’a pas eu peur de l’énorme serpent qu’elle manipule dans la scène du Lap dance (34), c’est surtout parce qu’il s’agissait du sien ! Un python de Birmanie en l’occurence, baptisé...Darling !
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lap_dance

La parole à Ridley Scott, qui s’exprime en 1993, peu après la ressortie de son film : une partie de l’action de Blade runner se déroule dans les bas-quartiers d’une mégalopole qui pourrait être un mélange de Chicago et New-York, si ces deux villes venaient à fusionner. Le film est un thriller futuriste. Nous espérions avoir créé un décor totalement crédible et réaliste, bien qu’il soit également riche, exotique et bariolé. Nous avons commencé par dessiner des voitures aérodynamiques et étincelantes, mais elles nous ont semblé trop futuristes et nous sommes repartis dans une autre voie pour ne pas détruire cette sensation de familiarité.
Le film illustre ce qui se produirait si la fabrication de répliquants se faisait à l’échelle industrielle. Nous avons imaginé qu’une firme était devenue suffisamment puissante pour développer des recherches spatiales et génétiques susceptibles d’aboutir à la création du premier clone humain. Blade runner n’est pas un avertissement sur le futur, mais un divertissement : l’action est rythmée, violente, les personnages pittoresques. Le cinéma présente habituellement le futur sous des dehors austères, incolores, stériles et glacés. J’ai le sentiment que nous allons dans une direction toute différente. Pensez à ce que sont Chicago et New-York aujourd’hui et au surpeuplement qu’elles connaissent. Certains bâtiments devront être rasés, mais on ne rase pas l’Empire state building (35) : cela coûterait aussi cher que de le reconstruire. Plutôt que d’abattre les façades des immeubles pour modifier les circuits électriques et la climatisation, on trouvera sans doute plus commode d’ajouter de nouveaux éléments, de plaquer du neuf sur de l’ancien. L’architecture sera composite et la ville très richement texturée. La mode n’évoluera pas de façon radicale en l’espace de cinquante ans, et je crois que ç’aurait été une erreur de sacrifier, dans ce film, au style vêtements argentés et fermeture éclair obliques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_State_Building

Les effets spéciaux sont dûs à un véritable maître du genre : Douglas Trumbull (36). On lui doit notamment les effets spéciaux de 2001 : l’odyssée de l’espace, Silent running (qu’il réalise également), ou encore ceux d’un autre classique du genre : Rencontres du 3ème type. Il a été cité à trois reprises à l’Oscar des Meilleurs effets spéciaux, pour Blade runner, Rencontres du 3ème type et le premier film de la saga Star trek. En 1983, il remporte un Special achievement award décerné par le London critics circle award (37) pour Blade runner.
(36) https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_Trumbull
(37) https://fr.wikipedia.org/wiki/London_Film_Critics_Circle

Sorti en France le 15 septembre 1982, le film a déçu la critique et le public, qui n’a pas suivi. Tandis que le magazine Metal hurlant (38) titre son numéro de septembre 1982 avec C’est Dick qu’on assassine !, d’autres sont toutes aussi assassines. Celles parue dans La revue du cinéma, image et son (n°375) (39), qui écrit que c’est à nouveau la race blanche qui triomphera, exactement comme dans Alien (10) ; ou encore la critique du journal Le Point (40), qui s’agace contre l’androïde aryen, échappé d’un cauchemar wagnérien. Quant au magasine Jeune cinéma (n° 147) (41), il souligne l’atypisme du film : Blade runner, c’est un Canada dry (42) à l’envers. Ça ressemble à un film de science-fiction, une de ces grosses machines hollywoodiennes et pleines d’effets spéciaux, mais pour l’ivresse et la saveur, Blade runner est beaucoup plus proche de films européens comme Diva (43) ou L’Ami américain (44).
(38) https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tal_hurlant
(39) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Revue_du_cin%C3%A9ma_(1969-1992)
(40) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Point
(41) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_Cin%C3%A9ma
(42) https://fr.wikipedia.org/wiki/Canada_Dry
(43) https://fr.wikipedia.org/wiki/Diva_(film)
(44) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ami_am%C3%A9ricain

La scène où Pris, le modèle plaisir Nexus 6, attaque Deckard, devait être doublée par une gymnaste professionnelle. Mais Ridley Scott lui a tant de fois fait répéter la scène qu’au moment de tourner, la doublure était totalement épuisée. La scène a finalement été tournée avec un gymnaste homme, que l’équipe technique a trouvé lors...de la pause déjeuner !

Le choix initial de Philip K. Dick pour le rôle de Rachel était Victoria Principal (45), une véritable gloire du petit écran puisqu’elle tournait depuis 1978 la série Dallas (46), dans laquelle elle incarne Pamela Ewing. Mais Ridley Scott a préféré caster une jeune inconnue de 23 ans : Sean Young, qui venait de tourner dans Les Bleus (47), une comédie signée par le réalisateur-producteur Ivan Reitman.
(45) https://fr.wikipedia.org/wiki/Victoria_Principal
(46) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dallas_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e,_1978)
(47) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Bleus_(film)

La piste d’atterrissage des spinners située au-dessus du building de la police est une récupération d’un décor d’un autre classique de la Sf : Rencontres du 3ème type de Steven Spielberg. On peut l’apercevoir dans le film lorsque Richard Dreyfuss se tient dessous, quand il pénètre le vaisseau-mère.

Dans les premiers montages de Blade runner (version Us et européenne de 1982), les images de cette fin (que l’on ne dévoilera pas pour ceux et celles qui ne l’on jamais vu) proviennent des rush du Shining de Stanley Kubrick, tourné pour la séquence du début où Jack Torrance se rend avec sa famille à l’hôtel Overlook dans le Colorado.

A l’origine, ce devait être Dustin Hoffman (48) qui devait endosser le costume du Blade runner. Mais selon Ridley Scott, l’acteur voulait considérablement changer le personnage ; si bien que le cinéaste a fini par se tourner vers Harrison Ford. L’acteur James Caan (49) fut aussi un temps envisagé pour tenir le rôle de Deckard.
(48) http://www.citebd.org/spip.php?film1532
(49) http://www.citebd.org/spip.php?film841

Dans la scène où l’inspecteur Gaff emmène Deckard à bord de son Spinner au Central de la police, regardez bien dans le coin en bas à gauche. Le building n’est autre que le Millenium falcon (50), le vaisseau d’un certain...Han Solo dans la saga Star wars !
(50) https://fr.wikipedia.org/wiki/Faucon_Millenium

Une toute nouvelle copie a été tirée à l’occasion de la ressortie de Blade runner. Différente de celle dont a bénéficié la sortie dvd zone 2 du film en 2006, la copie destinée à l’exploitation en salle a été restaurée image par image en ultra haute résolution ; soit 8 000 lignes par image. Une résolution quatre fois plus dense que la plupart des copies restaurées.

Le célèbre monologue final de Rutger Hauer, alias Roy Batty, est en fait un pur moment d’improvisation de la part de l’acteur.

Avec le large dépassement de budget sur le tournage d’Alien, le huitième passager (500 000 dollars), ses multiples exigences et les contraintes d’horaires qu’il imposait à son équipe technique sur ce film, Ridley Scott avait gagné une très mauvaise réputation...Qui l’a poursuivi jusque sur le tournage de Blade runner. A tel point que l’équipe technique a longtemps ironisé sur le titre du film, devenant non pas Blade runner mais Blood runner .

A l’instar de son confrère Isaac Asimov, Philip K. Dick est l’un des très grands noms de la littérature SF. Il a de nombreuses fois été porté sur grand écran...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Asimov
Philip K. Dick au cinéma
- 1982
Blade runner de Ridley Scott
https://fr.wikipedia.org/wiki/Blade_Runner_(film)
- 1990
Total recall de Paul Verhoeven
https://fr.wikipedia.org/wiki/Total_Recall
- 1992
Confessions d’un barjo de Jérôme Boivin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Confessions_d%27un_barjo_(film)
- 1995
Planète hurlante de Christian Duguay
https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan%C3%A8te_hurlante
- 2002
Impostor de Gary Fleder
https://fr.wikipedia.org/wiki/Impostor
Minority report de Steven Spielberg
https://fr.wikipedia.org/wiki/Minority_Report
- 2003
Paycheck de John Woo
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paycheck
- 2006
A Scanner darkly de Richard Linklater
https://fr.wikipedia.org/wiki/A_Scanner_Darkly_(film)
- 2007
Next de Lee Tamahori
https://fr.wikipedia.org/wiki/Next_(film)
- 2011
L’Agence de George Nolfi
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Agence
- 2012
Total recall : mémoires programmées de Len Wiseman
https://fr.wikipedia.org/wiki/Total_Recall_:_M%C3%A9moires_programm%C3%A9es
- 2015
The Man in the high castle de David Semel
série (10 épisodes) inédite dans les pays francophones.
https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Man_in_the_High_Castle_(mini-s%C3%A9rie)

En 1997, une adaptation en jeu vidéo du film a vu le jour, réalisé par Westwood studios (50), sous la forme d’un point’n click (52). Bien que l’histoire variait de celle du film, l’atmosphère du jeu était très fidèle à celle dégagée par l’œuvre de Ridley Scott. Il reprenait en outre certains décors et personnages, dont Deckard. Sean Young et Brion James, qui tiennent respectivement les rôles de Rachel et Leon dans le film, ont participé au casting des voix du jeu. En revanche, Rutger Hauer, qui devait également faire une apparition au cours d’une séquence, n’a finalement pas été retenu.
(51) https://fr.wikipedia.org/wiki/Westwood_Studios
(52) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_d%27aventure_graphique

C’était la grande ambition de Denis Villeneuve (53), embaucher Ryan Gosling (54) dans la troupe de Blade runner 2 (55), la suite du film de science-fiction culte de Ridley Scott, adapté du roman de Philip K.Dick. Le réalisateur canadien, en personne, vient de confirmer triomphalement la présence du héros de Drive au casting de son très attendu nouveau long métrage à nos confrères américains du site Indiewire (56). Il s’agit désormais de deviner quel sera l’emploi de Ryan Gosling aux côtés de Harrison Ford...
http://www.lefigaro.fr/cinema/2015/09/21/03002-20150921ARTFIG00131--blade-runner-2-ryan-gosling-sur-les-traces-de-harrison-ford.php
(53) http://www.citebd.org/spip.php?film540
(54) http://www.citebd.org/spip.php?film753
(55) http://next.liberation.fr/culture/2015/02/27/avec-harrison-ford-de-quoi-blade-runner-2-sera-t-il-la-suite_1210982
(56) https://fr.wikipedia.org/wiki/Indiewire

... Mais Ridley Scott n’en cède pas moins au plaisir de l’effet. Effet-choc dans certaines séquences d’épouvante ou même d’horreur (le répliquant Blatty crevant les yeux de son créateur...), et surtout effets d’un esthétisme sophistiqué à souhait et d’une mise en scène qui n’a pas peur du tape-à-l’œil. Les éclairages de nombreuses scènes (notamment celles des tests destinés à déterminer si les individus appréhendés sont des humains ou des répliquants) lorgnent par exemple du côté des images caractéristiques du cinéma gothique (E. G. Ulmer (57), etc...) sans en retrouver la poésie ni la véritable beauté. Le fantastique, ici, est démonstratif, et repose plus sur un - subjuguant - savoir-faire que sur une élaboration formelle cohérente, ce qui ne réduit par ailleurs en rien les mérites d’un scénario fort bien agencé et riche des rebondissements nécessaires...
Gilles Colpart in La Revue du cinéma n° 375 (septembre 1982) (39)
(57) https://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_George_Ulmer

... S’il y a une vérité du cinéma de Scott, elle réside dans une réflexion sur la fonction du spectacle comme jouissance de l’image en tant que celle-ci nous regarde.
Bien sûr le film est référentiel, nous pourrions parler de l’œuvre de Kubrick à laquelle Scott rend de nombreux hommages, mais c’est autour du Zarathoustra (58) de Nietzsche que se matérialise l’essentiel des éléments scénariques du film. Dès l’apparition de Pris, le décor se vide définitivement de la présence de la populace et l’attention se porte alors sur le couple Batty/Pris, super répliquants. Pris n’hésitera pas à s’allonger dans les ordures et s’en recouvrir pour séduire Sebastian, vêtu de pièces de vêtements juxtaposées, tout autant d’éléments caractéristiques du dernier des hommes nietzschien.
Pris nous est montrée comme un être à la frontière de l’animal et de l’automate, elle est la bête dont l’œil ne cesse de ciller, signe de l’avènement du dernier homme, mais elle est également la compagne de Batty, l’homme supérieur, évocation du surhumain.
C’est en faisant exploser le ventre de Pris en un monstrueux accouchement (qui n’est pas sans évoquer la naissance du monstre d’Alien (10)) que Deckard rencontrera Batty, le meurtrier de Dieu dans son temple.
C’est lors de son affrontement avec ce moi idéal dans les décombres de la civilisation que Deckard devenu l’objet même de son anéantissement sera sauvé de la chute dans l’abîme par le clou transperçant la main de Batty, stigmate de sa souffrance et de l’assomption de sa mort proche...
Pascal Dumont in Cinéma 82 n° 287 (novembre 1982)
(58) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra

... L’émotion, quand elle existe, provient du sentiment de l’étrange, non sans rappeler Fellini. Le plus touchant des personnages est aussi le plus étonnant : Pris, sorte de poupée au visage bariolé, qui cabriole de joie, mais aussi pour tuer, et dont la mort accuse la ressemblance avec un pantin, un jour doté de pensées.
Bref, tout ce qui relève du décor au sens le plus large a été le véritable objet des soins de Scott.
Los Angeles en 2019, d’abord. En déguisant des immeubles réels, en en bâtissant d’autres en maquette, Lawrence G. Paull (59) a édifié une métropole futuriste qui se signale par son gigantisme, son caractère mêlé et son atmosphère de brumes et de fumées. Des plans généraux en découvrent les immenses perspectives, des angles révèlent ces détails. Entre les uns et les autres, aucun heurt, une très grande vraisemblance. C’est là un aspect de la science-fiction que le cinéma, faute de moyens sans doute, n’a guère exploité, au contraire de la littérature, malgré les exemples de Metropolis (60) et de Things to come. Cette cité hypertrophiée suscite bien plus d’inquiétude que l’action de Deckard.
La ville existe aussi par son animation. D’une part les véhicules remplissent son espace par leurs déplacements horizontaux et verticaux ; ils accusent sa vraisemblance par leur insertion naturelle dans le cadre. D’autre part, la foule offre, à l’image des bâtiments, un mélange extravagant de races et de mœurs, un va-et-vient à peine futuriste pour qui connaît la Cité des anges. Lors de la poursuite de Zhora, fusionnent complètement, le film noir et le film de science-fiction, en un morceau de bravoure savamment mis en scène, et où Scott trahit so (62)n penchant pour les morts spectaculaires...
Alain Garsault in Positif n° 261 (novembre 1982)
(59) http://www.imdb.com/name/nm0667223/
(60) http://www.citebd.org/spip.php?film1556
(61) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mondes_futurs
(62) https://fr.wikipedia.org/wiki/Los_Angeles

Ridley Scott
Né le 30 novembre 1937 à South Shields (Gb).
Scott considère Blade runner comme son film le plus complet et le plus personnel...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ridley_Scott

David Webb Peoples
https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Webb_Peoples

Hampton Fancher
Né le 18 juillet 1938 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hampton_Fancher

Philip K. Dick
Né le 16 décembre 1928 à Chicago, décédé le 2 mars 1982 à Santa Ana.
Si certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma pour devenir des films cultes, il a passé la majorité de sa carrière dans une quasi-pauvreté...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick

Jordan Cronenweth
Né le 20 février 1935 à Los Angeles où il est décédé le 29 novembre 1996.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jordan_Cronenweth

Vangelis
Né Evángelos Odysséas Papathanassíou, plus connu sous le nom d’artiste Vangélis Papathanassíou ou simplement Vangelis le 29 mars 1943 à Volos (Grèce)...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vangelis

Harrison Ford
Né le 13 juillet 1942 à Chicago.
Sa collaboration avec George Lucas (American graffiti) lui permet d’accéder au rang de vedette internationale avec les rôles de Han Solo (Star wars) et d’Indiana Jones (Les Aventuriers de l’arche perdue)...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Harrison_Ford

Rutger Hauer
Né le 23 janvier 1944 à Breukelen (Pays-Bas).
Impitoyable auto-stoppeur dans Hitcher...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rutger_Hauer

Sean Young
Née Mary Sean Young le 20 novembre 1959 à Louisville (Kentucky).
Troublante créature coincée entre Kevin Costner et Gene Hackman dans Sens unique...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sens_unique_(film)

Daryl Hannah
Née le 3 décembre 1960 à Chicago.
Inoubliable sirène dans Splash...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Daryl_Hannah

M. Emmet Walsh
Né Michael Emmet Walsh le 22 mars 1935 à Ogdensburg (Usa).
Détective atypique dans Sang pour sang, premier film des frères Coen...
https://fr.wikipedia.org/wiki/M._Emmet_Walsh

William Sanderson
https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Sanderson

Brion James
Né le 20 février 1945 à Redlands, décédé le 7 août 1999 à Malibu.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Brion_James

Joe Turkel
Né le 15 juillet 1927 à New York.
Lloyd, le barman étrange dans Shining, c’est lui...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joe_Turkel

Edward James Olmos
Né le 24 février 1947 à Los Angeles.
Imperturbable lieutenant Martin Castillo dans la série Miami vice...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_James_Olmos

Joanna Cassidy
Née Joanna Virginia Caskey le 2 août 1945 à Haddonfield (New Jersey).
Journaliste à qui on a envie de se confier dans Under fire...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joanna_Cassidy

James Hong
Né le 22 février 1929 à Minneapolis.
https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Hong

John Edward Allen
http://www.imdb.com/name/nm0020632/

Morgan Paull
http://www.imdb.com/name/nm0667133/

Hy Pyke
Né le 2 décembre 1935 à Los Angeles où il est décédé le 28 septembre 2006.
http://www.imdb.com/name/nm0131987/

Bob Okazaki
http://www.imdb.com/name/nm0645565/

Ben Astar
http://www.imdb.com/name/nm0039954/

Kimiko Hiroshige
http://www.imdb.com/name/nm0386412/

Carolyn DeMirjian
http://www.imdb.com/name/nm0218540/

extrait(s) de presse

Jeux actu - ... Ce "final cut" s'impose comme la version ultime, la meilleure de toutes.
àVoir-àLire - Cette version confirme l’aspect totalement novateur du métrage et l’établit sans contestation parmi les plus belles réussites du genre.
Dvd classil - Avant d’être un film d’anticipation, "Blade runner" est un véritable film noir.
Strange movies - Malgré son échec au box-office, "Blade runner" est devenu avec le temps un film culte et a ouvert la voie aux adaptations des œuvres de Philip K. Dick...
Critikat - Visionnaire, "Blade runner" l’est en grande partie pour ses créations urbaines futuristes qui ont, à des degrés divers, influencé à peu près tout ce qui s’est fait depuis dans ce domaine au cinéma, alors que lui-même tient d’un ancêtre beaucoup plus lointain : "Metropolis"...
Devil dead - la sortie cinéma se déroula dans l’indifférence générale du public et surtout, sous les critiques négatives des journalistes ce qui fut d’autant plus incompréhensible pour ses créateurs...
Cinéséries - Revoir "Blade runner" aujourd’hui, c’est d’abord voir une œuvre qui a dû attendre 25 ans avant d’être « finie »...
Télé loisirs - Pour voir sur grand écran, un grand film noir et vénéneux dont les effets réalisés bien avant l'avènement des fonds verts n'ont pas pris une ride. On a trop tendance à le mésestimer aujourd'hui, mais Ridley Scott est un cinéaste majeur.