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metropolis

ciné répertoire
Allemagne - 1927 - 2h27
sorti en France le 6 février 1927
film - film muet
de

Fritz Lang

scénario : Fritz Lang, Thea von Harbou,
d'après l'oeuvre de : Thea von Harbou,
direction de la photographie : Karl Freund, Günther Rittau
musique ou chansons : Gottfried Huppertz
avec : Alfred Abel (Joh Fredersen, le maître de Metropolis), Brigitte Helm (Maria / l'androïde), Gustav Fröhlich (Freder, le fils de Joh Fredersen), Rudolf Klein-Rogge (Rotwang, l'inventeur), Theodor Loos (Josaphat, le bras droit de Joh Fredersen / Joseph), Fritz Rasp (le grand échalas), Erwin Biswanger (Georgy, n°11811), Heinrich George (Grot, le contremaître, gardien de la machine centrale), Hanns Leo Reich (Marinus), Olaf Storm (Jan),Margarete Lanner (la dame dans la voiture), Fritz Alberti (l'homme créateur), Grete Berger, Olly Boeheim, Ellen Frey, Lisa Gray, Rosa Liechtenstein et Helene Weigel (des travailleuses), Heinrich Gotho (le maître de cérémonie)... et aussi les gens créatifs, les hommes machines, la Mort, les sept péchés capitaux
séances : semaine du mercredi 18 novembre 2015
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
18:30*
séance spéciale :
* Ciné mardi : "Splendides androïdes" - couplé avec "Blade runner", en présence des auteurs bédé Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - dans le cadre du festival "Le Rayon Fantastique" organisé en partenariat avec Hidden Circle, La Nef, le Pôle Image Magelis et le Lisa

synopsis

En 2026, Metropolis est une mégapole dans une société dystopique divisée en une ville haute, où vivent les familles intellectuelles dirigeantes, dans l'oisiveté, le luxe et le divertissement, et une ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville et sont opprimés par la classe dirigeante. Maria, une femme de la ville basse, essaie de promouvoir l'entente entre les classes, et emmène clandestinement des enfants d'ouvriers visiter la ville haute ; le groupe se fait repousser par les forces de l'ordre, mais Freder, le fils du dirigeant de Metropolis, tombe amoureux d'elle. En descendant dans la ville basse pour la retrouver, il voit un ouvrier épuisé défaillir à son poste de travail, le rythme imposé par les machines étant trop élevé, une violente explosion se produit sur la « machine M », tuant des dizaines de travailleurs. Dans la fumée, Freder voit la machine M se transformer en Moloch, une divinité monstrueuse à laquelle les travailleurs infortunés sont sacrifiés...

notes de production

Metropolis est un film expressionniste (1) allemand de science-fiction produit pendant la courte période de la République de Weimar (2). Réalisé en 1927 par le cinéaste autrichien Fritz Lang, le film est muet et en noir et blanc. Le scénario écrit par Lang et sa femme Thea von Harbou, le film a été produit par la Ufa (3) et tourné aux studios Babelsberg (4).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_expressionniste
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Weimar
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Universum_Film_AG
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Studios_de_Babelsberg

Le film se décompose en trois actes, Auftakt (commencement) (66 min.), Zwischenspiel (interlude) (28 min.) et Furioso (52 min.).

Le tournage de Metropolis commence le 22 mai 1925. Le casting a sélectionné nombre de personnes inconnues n’ayant aucune expérience du cinéma, comme Brigitte Helm, âgée de dix-neuf ans au moment du tournage.
Le tournage a été une expérience très éprouvante pour les acteurs en raison des demandes formulées par le réalisateur Fritz Lang. Pour la scène où la ville des travailleurs est inondée, Helm et cinq cents enfants provenant des quartiers les plus pauvres de Berlin ont dû travailler durant quatorze jours dans une piscine d’eau que Lang a intentionnellement maintenue à une température basse.
Lang exige souvent de retourner la même scène à de multiples reprises. Par exemple, le tournage de la scène où Freder doit s’effondrer aux pieds de Maria a pris trois jours. Lang a exigé de la tourner tellement de fois qu’à la fin, Gustav Fröhlich tenait à peine debout. Autres anecdotes qui démontrent du sens du réalisme de Lang, pour la scène où Maria brûle sur un bûcher, Lang ordonne d’allumer un réel brasier (d’ailleurs la robe de Helm prend feu) ou encore quand il ordonne à ses assistants de jeter de puissants jets d’eau lors du tournage de l’inondation de la ville des travailleurs.

Quelques chiffres :
- 5 millions de Reichsmark, soit quinze millions de francs (valeur en francs 1926) ;
- 620 kilomètres de pellicule ;
- 350 heures d’enregistrements
- près de 50 automobiles ;
- 25 000 hommes ;
- 11 000 femmes ;
- 750 enfants ;
- 100 noirs ;
- 25 chinois ;
- pour la célèbre scène d’évocation de la tour de Babel, près de 1 000 têtes chauves qu’il fallut recruter parmi une foule de chômeurs, aucun professionnel n’acceptant de se laisser raser !
- le tournage se termine le 30 octobre 1926, soit un total de 310 jours et 60 nuits.

L’expert des effets spéciaux de l’époque, Eugen Schüfftan (5), véritable pionnier, crée des effets visuels inédits pour Metropolis. Parmi les effets utilisés, il réalise des miniatures de la ville, un appareil photo sur une balançoire et utilise plus particulièrement l’effet Schüfftan. Pour ce dernier, il utilise des miroirs inclinés pour créer l’illusion que les acteurs occupent des décors géants. Cette invention sera utilisée deux ans plus tard par Alfred Hitchcock dans Chantage (6).
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Eugen_Sch%C3%BCfftan
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chantage_(film,_1929)

Pour obtenir une dimension visuelle à la hauteur de la dimension morale du film, l’équipe de Metropolis a dû inventer de nombreux effets spéciaux. Ainsi, la nouvelle Tour de Babel (6b), censée mesurer 500 mètres de hauteur, a été réalisée en miniature. C’est le chef opérateur Eugène Schüfftan (6c) qui mis au point un procédé jouant sur les miroirs : à partir de petites parties, une grande partie du décor était constituée. Les autoroutes, les voitures, ont été minutieusement ajoutées : six semaines ont été nécessaires pour finaliser ces plans, où la lumière et la disposition des caméras ont une place essentielle.
(6b) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_de_Babel
(6c) https://fr.wikipedia.org/wiki/Eugen_Sch%C3%BCfftan
Une scène ne pouvait pourtant être réalisée en miniature, celle de l’inondation. Quatre bassins de 1600 mètres cubes ont donc été construits pour obtenir une pression suffisante. Lorsque la vague de 8 mètres se forma, la caméra ne tournait pas, alors que toute l’équipe pensait qu’elle était en marche !

Le Maschinenmensch, le robot construit par Rotwang pour ressusciter l’amour perdu de Joh, a été créé par le sculpteur Walter Schulze-Mittendorff (7). Un moulage en plâtre a été pris sur le corps de l’actrice Brigitte Helm et le costume a ensuite été fabriqué à partir du moulage. Une découverte fortuite d’un matériel appelé bois plastique (8) (une substance malléable ayant l’aspect du bois qui sert de remplissage) a permis à Schulze-Mittendorff de construire un costume en métal avec les articulations en bois plastique . Malgré cette innovation, Helm se plaint d’être mal à l’aise, car le costume est trop rigide et lui donne des ecchymoses.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Schulze-Mittendorff
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bois_composite

La difficulté principale pour Aenne Willkomm (8b) était de trouver deux costumes fondamentalement différents pour Brigitte Helm : la tenue de la gentille Maria devait avoir des tons lumineux et reposants, afin de rappeler une ancienne icône de madone. Pour le rôle du robot au contraire, son costume devait avoir un aspect aussi criard et glaçant que possible. Au corps de femme nu et pâle on fixa de petites pierres brillantes, pour renforcer cette impression de froideur extrême de la machine.
(8b) https://de.wikipedia.org/wiki/Aenne_Willkomm

La musique de Metropolis a été composée par Gottfried Huppertz et a été conçue pour être exécutée par un orchestre symphonique en accompagnement du film. Huppertz s’est inspiré de Richard Wagner (9) et Richard Strauss (10), ainsi que de quelques symphonies dites modernistes, pour décrire la ville des travailleurs. Il utilise aussi le célèbre motif grégorien du Dies iræ (11) (à l’origine chanté au cours de l’office des morts) pour illustrer certaines scènes faisant intervenir La Mort. Huppertz cite d’abord les deux premiers vers de la première strophe de cette séquence liturgique, puis, avant la fin du second, s’en éloigne un peu et les développe, à l’orchestre. Il les reprendra de différentes manières plus loin. Il fait entendre également, toujours à l’orchestre, le troisième vers (Coget omnes ante thronum) de la troisième strophe Tuba mirum (ce Coget omnes est proche du troisième vers de la première strophe, seule diffère la montée plus importante du début). Plus tard, Huppertz citera également l’hymne national français, la Marseillaise (12). Sa musique a joué un rôle de premier plan durant le tournage du film, puisque durant le déroulement de nombreuses scènes, le compositeur accompagnait en direct au piano pour obtenir un certain effet sonore en fonction du scénario et du jeu des acteurs.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Wagner
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Strauss
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dies_ir%C3%A6
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Marseillaise

Nonobstant la musique originale de Gottfried Huppertz, de nombreux artistes ont voulu donner leur propre vision musicale de Metropolis parmi lesquels Giorgio Moroder (13), Martin Matalon, Galeshka Moravioff, Art Zoyd, Christian Paboeuf...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Metropolis_(film,_1927)#Autres_bandes-son
http://www.arfi.org/projet/metropolis/
(13) En 1984, lorsque le compositeur Giorgio Moroder entreprit de le coloriser, il ne restait que 80 minutes de bobines (1 h 20) sur les 153 initiales (2 h 33). De plus, il l’accompagna d’une nouvelle bande-son à laquelle participèrent des groupes célèbres comme Queen (14) (le clip de ce groupe est d’ailleurs articulé autour de nombreuses séquences tirées du film) ou Adam and the ants (15). Certains cinéphiles crièrent au scandale devant ce massacre de l’œuvre.
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Queen
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_and_the_Ants

Thea von Harbou, la femme de Fritz Lang et co-scénariste, était déjà proche des nazis et influença le scénario, notamment en l’orientant davantage vers une collaboration de classes (fasciste) plutôt que vers une lutte des classes (marxiste). Le film subit ensuite censures et amputations diverses, selon les pays.

Un gros travail de recherche et de reconstitution fut lancé à la fin des années 1980, rassemblant les diverses versions disponibles (dont certaines retrouvées dans des collections privées) et aboutissant à une version rénovée par la cinémathèque de Munich, en noir et blanc, de 1h58 minutes, avec une nouvelle orchestration classique, qui fut projetée en 1995, pour les cent ans du cinéma. Pour remplacer les scènes manquantes, avaient été ajoutées quelques photographies de tournage, recadrées.
À la suite d’une nouvelle restauration du film en 2001, initiée par la fondation Friedrich Wilhelm Murnau (16), Metropolis fut le premier film inscrit sur le Registre de la Mémoire du monde de l’Unesco (17).
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_Friedrich_Wilhelm_Murnau
(17) http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/flagship-project-activities/memory-of-the-world/register/

Enfin, à l’issue d’une longue enquête d’une vingtaine d’années le 3 juillet 2008, la fondation Murnau, propriétaire des droits du film, annonce que la quasi-totalité des scènes manquantes, soit environ 25 minutes, ont été retrouvées au Musée du cinéma de Buenos Aires (18). Il s’agit d’une copie en 16mm presque intégrale de 145 minutes. Cette copie dont les images sont très altérées tronque une partie du cadrage original, mais restitue les plans coupés et l’ordre des séquences dans leur montage d’origine. Le 12 février 2010, la nouvelle version restaurée, de 145 minutes, a été projetée simultanément à Berlin dans le cadre de la 60e Berlinale, à l’ancien Opéra de Francfort et sur la chaîne Arte, accompagnée par sa partition musicale d’origine écrite en 1926 par Gottfried Huppertz, exécutée en direct par l’orchestre symphonique de la Radio de Berlin. Après plus de 80 ans de recherches, versions tronquées et plusieurs restaurations, on peut enfin voir une version quasi intégrale, en tout cas proche de celle conçue par Fritz Lang en 19279.
(18) http://buenosairesconnect.com/musee-du-cine-tresors-du-7e-art-argentin-2/

Muet, Metropolis est avant tout un film musical dont les images sont une véritable visualisation des sons. La restauration du film a été effectuée non seulement grâce aux indications de montage, mais aussi, surtout et directement grâce à la partition musicale qui a permis de retrouver le tempo de la vision initiale de Fritz Lang.

Fritz Lang a été influencé par :
- l’artiste Paul Citroen (19) et, plus particulièrement, par un de ses photomontages intitulé Metropolis (1923).
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Citroen
- le film soviétique de science-fiction Aelita (20), de Yakov Protazanov, adaptation du roman d’Alexis Nikolaïevitch Tolstoï.
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Aelita_(film)

Le film Metropolis est aussi directement inspiré de la ville futuriste d’Antonio Sant’Elia (21), un architecte italien du mouvement futuriste. L’apparence de la ville est fortement inspiré par le mouvement Art déco, cependant il incorpore des éléments d’autres mouvements.
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Sant%27Elia

Dans une interview, Fritz Lang explique : le film est né de ma première vue avec les gratte-ciels de New-York en octobre 1924. Il décrit ainsi sa première impression de la ville, Lang dit que : les immeubles semblaient être comme un voile vertical, scintillant et très léger, comme un décor luxueux, suspendu dans un ciel sombre pour éblouir, distraire et hypnotiser.
http://www.cinematheque.fr/zooms/robot-metropolis/

H. G. Wells (22) voit dans Metropolis un ramassis d’à peu près tous les clichés, sottises et platitudes possibles.
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/H._G._Wells
Francis Courtade (23) écrit en 1962 Metropolis est une œuvre fasciste, pré-nazie .
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Courtade
Luis Buñuel (24), en 1927, est moins catégorique : Metropolis n’est pas un film unique. Metropolis, ce sont deux films collés par le ventre, mais avec des nécessités spirituelles divergentes, d’un extrême antagonisme. Ceux qui considèrent le cinéma comme un discret conteur d’histoires éprouveront avec Metropolis une profonde déception. Ce qui nous est raconté est trivial, ampoulé, pédant, d’un romantisme suranné. Mais, si à l’anecdote nous préférons le fond plastico-photogénique du film, alors Metropolis comblera tous les vœux, nous émerveillera comme le plus merveilleux livre d’images qui se puisse composer. (…) Mais en revanche, quelle enthousiasmante symphonie du mouvement ! Comme chantent les machines au milieu d’admirables transparences, arc-de-triomphes par les décharges électriques ! Toutes les cristalleries du monde, décomposées romantiquement en reflets, sont arrivées à se nicher dans les canons modernes de l’écran. Les plus vifs scintillements des aciers, la succession rythmée de roues, de pistons, de formes mécaniques jamais créées, voilà une ode admirable, une poésie toute nouvelle pour nos yeux. La Physique et la Chimie se transforment par miracle en Rythmique. Pas le moindre moment statique. Les intertitres mêmes, qui montent et descendent, tournent, décomposés bientôt en lumières ou dissipés en ombres, se fondent au mouvement général : eux aussi parviennent à être image.
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Bu%C3%B1uel

Le film fut un échec critique comme financier au moment de sa sortie avec une recette brute estimée de 75 000 Reichsmark pour un budget estimé de 5 000 000 Reichsmark soit 1,5 % de recette par rapport au budget.

Le magazine américain Empire (25) le classe à la douzième place dans son classement des 100 meilleurs films du cinéma mondial en 2010. Il est listé à la deuxième place dans son classement des 100 meilleurs films muets.
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_(magazine)

Metropolis est un des premiers films de science-fiction, dont l’histoire et les images ont influencé toute la production ultérieure.
- le commissariat de Blade runner est la copie conforme (angle de vue compris) d’une des tours de Metropolis ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Blade_Runner_(film)
- Le Roi et l’oiseau fourmille de références, notamment l’oppression du peuple de la ville basse et la présence d’un robot ;
http://www.citebd.org/spip.php?film1154
- dans l’univers de Superman, la ville principale se nomme Metropolis ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Metropolis_(comics)
- dans plusieurs jeux vidéo de la série Ratchet and Clank, une partie de l’action se déroule sur la planète Kerwan, une planète entièrement recouverte d’une immense cité elle aussi nommée Metropolis ;
http://fr.ratchet.wikia.com/wiki/Metropolis
- le robot du film Roboforce de David Chung et produit par Tsui Hark est un hommage avoué à l’androïde de Metropolis qui se nomme également Maria ;
http://www.hkcinemagic.com/fr/movie.asp?id=44
- on reconnaîtra les ouvriers qui descendent vers les machines dans les écoliers à la chaîne de Pink Floyd the wall ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Wall_(film)
- Fritz Lang représente des voitures volantes (bien avant Retour vers le futur ou Le Cinquième élément), ainsi qu’un androïde (robot humanoïde). Le design de C-3PO dans Star wars possède une troublante ressemblance avec celui-ci. La revue Science et vie junior explique que George Lucas s’est inspiré ouvertement du robot de Metropolis pour créer son robot androïde ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Retour_vers_le_futur
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cinqui%C3%A8me_%C3%89l%C3%A9ment
https://fr.wikipedia.org/wiki/C-3PO
https://fr.wikipedia.org/wiki/Science_et_Vie_Junior
- de même la séquence où Rotwang, l’inventeur, donne au robot l’apparence de Marie a été recyclée par le Rocky horror picture show ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rocky_Horror_Picture_Show
- le laboratoire de Frankenstein est inspiré de celui de Rotwang ;
http://www.citebd.org/spip.php?film725
- la scène de fin au sommet de la cathédrale a été reprise par Tim Burton pour son premier Batman avec le combat entre le héros et le Joker ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Batman_(film,_1989)
- le vidéo-clip Express yourself de Madonna réalisé par David Fincher en 1989 reprend l’intrigue du film ainsi que certains décors (la ville haute, la ville basse, la machine actionnée par les ouvriers, etc.) ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Express_Yourself
Le décor et certains accessoires de Dark city d’Alex Proyas, par exemple l’horloge, s’inspirent de Metropolis ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dark_City
Les développeurs de BioShock, jeu vidéo plébiscité par la critique, se sont fortement inspirés de l’œuvre de Lang pour créer leur ville sous-marine, Rapture ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/BioShock
- la série de mangas de Yukito Kishiro Gunnm, reprend cette dialectique : Zalem (correspondant à la ville haute), la cité supérieure où vit l’élite dans le luxe et une insouciance sous contrôle et, au pied de cette cité volante, Kuzutetsu (correspondant à la ville basse) où l’intrigue se met en place dans ses bas-fonds. D’ailleurs, Gally, l’héroïne, se nomme Aelita dans un de ses rêves ainsi que dans la version Us ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yukito_Kishiro
- Final fantasy VII reprend également le thème de la ville basse et la ville haute, séparées par une immense plaque d’acier et de béton. Final fantasy XII également, en accentuant la perspective d’inégalité sociale ; si Midgar (le monde des hommes dans la mythologie scandinave) présente une relative homogénéité sociale (globalement une cité industrielle et cyberpunk), Archadès donne un contraste plus frappant ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Final_Fantasy_VII:_Advent_Children
https://fr.wikipedia.org/wiki/Final_Fantasy_XII
- dans un autre genre, le clip musical Que sera de Wax Tailor reprend les scènes de Metropolis, tout comme le clip de Radio ga ga de Queen ;
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/09/15/les-secrets-de-fabrication-du-hip-hop-retro-de-wax-tailor-235302
https://fr.wikipedia.org/wiki/Radio_Ga_Ga
- le film argentin en noir et blanc Telepolis (titre original : La Antena), sorti en 2007, qui met en scène le quotidien d’une ville de science-fiction dont les habitants ont perdu la voix, est rempli de références à Metropolis. Il s’attaque de manière engagée au pouvoir de la télévision dans le contrôle des masses à l’époque contemporaine, et son réalisateur a rendu explicitement hommage à l’expressionnisme allemand et au traitement dans Metropolis des questions autour du pouvoir de la technique ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Telepolis
- le clip de la chanson Invincible du groupe Muse, sortie en 2006 sur l’album Black Holes and Revelations représente une ville très ressemblante à celle de Metropolis. Ce clip traite de la destruction du monde et le retour à l’âge de pierre, ce qui n’est pas sans rappeler un des thèmes du film ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Invincible_(chanson_de_Muse)
- Roland Emmerich s’est directement inspiré du film de Fritz Lang, son film de chevet, pour le design de son studio de production Centropolis ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Centropolis_Entertainment
- dans 2046, de Wong Kar-wai, la ville du roman de science-fiction du personnage principal ressemble clairement à Metropolis ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/2046_(film)
- après Madonna avec Express yourself, c’est au tour de Lady Gaga de reprendre des thèmes de Metropolis dans Alejandro et Paparazzi ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alejandro_(chanson)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paparazzi_(chanson)
- Janelle Monáe s’inspire aussi de Metropolis ; on remarquera notamment sur la couverture de The Archandroid, la ressemblance intrigante avec l’androïde, la coiffe qui s’inspire fortement de Metropolis avec la tour de Babel au centre, sans compter que cette couverture ressemble fortement à une affiche du film ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/The_ArchAndroid
- dans la bédé Le Génie des alpages, la machine, Moloch, est réutilisée au cours d’une planche ;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_G%C3%A9nie_des_alpages
- le disque des artistes de Cult of luna vertikal, sorti en 2013, est inspiré de l’œuvre de Fritz Lang ;
http://www.radiometal.com/article/cult-of-luna-vertikal-ii,121100

L’écrivain et scénariste Curt Siodmak (26), qui était journaliste en 1927, s’est fait engager comme figurant afin d’assister au tournage du film.
C’est sur le tournage de ce film que Fritz Lang perdit un œil.
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/Curt_Siodmak

... Parabole messianique, propagande naïve en faveur de l’union du Capital et du Travail, ce film grandiloquent et puéril est important par la beauté expressionniste de nombreuses scènes et par le prophétique document qu’il constitue sur le sort qu’allait connaître, quinze ans plus tard, l’Europe livrée au nazisme.
Marcel Martin in Cinéma 61 n° 57 (juin 1961)

C’est la découverte de New York et et du taylorisme (27) américain qui donna à Fritz Lang l’idée des décors monumentaux et de la ville souterraine de Metropolis. Thea Von Harbou, son épouse et scénariste, s’inspira en outre de romans de Jules Verne (28) et Claude Farrère (29), de L’Eve future (30) de Villiers de L’Isle Adam, ainsi que de films fantastiques tels que Le Golem (31) ou Aelita...
Ce gigantisme inhumain confère à Metropolis un aspect étrangement prophétique : l"enthousiasme connu d’Hitler (32) et de Goebbels (32) pour ce film y fait déceler à certains une anticipation de l’univers concentrationnaire.
Images et loisirs
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Taylorisme
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Verne
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Farr%C3%A8re
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%88ve_future
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Golem_(film,_1920)
(32) http://www.citebd.org/spip.php?film265

... Metropolis est donc bien un exemple de cet art apollonien qu’Oswald Spengler (33) opposait à l’art dionysiaque, le premier étant régi par la raison, fondé sur l"ordre, visant à l’équilibre, le second régi par la passion et ne connaissant qu’elle. L’art classique construit et organise. Il reconsidère la vie et la recompose en l’introduisant dans des normes préétablies, selon une rigueur toute mathématique. La géométrie l’emporte, aboutissant à une symbolique formelle (...) Tout, dans l’art classique, part du "dehors" et conflue vers le "dedans" : cette définition de l’art classique, que donne Jean Mitry (34), semble admirablement s’appliquer à l’œuvre de Lang, et ce n’est pas l’un de ses moindres paradoxes que de devoir, en partie du moins, cette stylisation expressive à l’application de certains principes de l’Expressionnisme.
Brigitte Cieutat in Positif n° 365-366 (juillet-août 1991)
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Oswald_Spengler
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Mitry

... Il serait bien naïf alors, et peu flatteur finalement pour celui qui était le plus grand metteur en scène allemand du moment, de croire, comme on voudrait nous le faire accepter, que Lang s’est trouvé trop possédé par son sujet pour avoir envers lui l’attitude critique nécessaire à freiner les débordements de Théa von Harbou. Ce peu courtois transfert de responsabilité sur l’épouse qui refusera de le suivre dans son exil resservira - ô combien nécessairement ! - pour La Femme sur la lune (35), puis pour la préférence pour le désordre fort contre l"ordre faible affichée dans M le maudit (36). Est-ce vraiment insulter la mémoire de Lang que de suggérer qu’il incarna, mieux que tout autre cinéaste allemand, cet air du temps qui allait porter Hitler au pouvoir ? de constater que la proposition que lui aurait faîte Goebbels de présider aux destinées du cinéma nazi ne doit rien à l’aveuglement ? et de souligner que la décision de Lang de s’exiler pour n’y pas répondre n’en témoigne que davantage d’une prise de conscience dont on ne saurait ignorer le courage.
Reste qu’il est temps d’en finir avec ce consensus critique qui, à la suite de la biographe de Lang, Lotte Eisner, refuse de considérer l’idéologie du film ou s’en défausse piteusement sur la seule scénariste...
Jean-Pierre Berthomé in Positif n° 421 (mars 1996)
(35) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Femme_sur_la_Lune
(36) https://fr.wikipedia.org/wiki/M_le_maudit

Le film est présenté le 10 janvier 1927 à Berlin dans sa version originelle de 153 min.
Il rencontre un échec auprès du public et divise la critique. André Gide (37) évoque le 19 avril 1927 dans son journal un film allemand d’un mauvais goût parfait et colossalement stupide...
http://www.lacinemathequedetoulouse.com/system/photos/45/original/Dossier_Metropolis_BD.pdf?1330329417
(37) https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gide

Fritz Lang
Né Friedrich Christian Anton Lang le 5 décembre 1890 à Vienne (Autriche-Hongrie), décédé le 2 août 1976 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Lang

Thea von Harbou
Née le 27 décembre 1888 à Döhlau, décédée le 1er juillet 1954 à Berlin.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thea_von_Harbou

Karl Freund
Né le 16 janvier 1890 à Königinhof (aujourd’hui Dvur Kralove, République tchèque) et décédé le 3 mai 1969 à Santa Monica (Californie).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Freund

Günther Rittau
Né le 7 août 1893 à Königshütte (aujourd’hui Chorzów en Pologne), décédé le 6 août 1971 à Munich.
https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%BCnther_Rittau

Gottfried Huppertz
Né le 11 mars 1887 à Cologne et décédé le 7 février 1937 à Berlin.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gottfried_Huppertz

Alfred Abel
Né le 12 mars 1879 à Leipzig, décédé le 12 décembre 1937 à Berlin.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Abel

Brigitte Helm
Née Brigitte Eva Gisela Schittenhelm le 17 mars 19061 à Berlin, décédée le 11 juin 1996 à Ascona (Suisse).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigitte_Helm

Gustav Fröhlich
Né le 21 mars 1902 à Hanovre (Allemagne), décédé le 22 décembre 1987 à Lugano (Suisse).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Fr%C3%B6hlich

Rudolf Klein-Rogge
Né le 24 novembre 1885 à Cologne, décédé le 29 mai 1955 à Graz.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Klein-Rogge

Theodor Loos
Né le 18 mai 1883 à Zwingenberg, décédé le 27 juin 1954 à Stuttgart.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_Loos

Fritz Rasp
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Rasp

Erwin Biswanger
Né le 26 novembre 1896 à Berlin où il est décédé le 1er janvier 1970.
http://www.imdb.com/name/nm0084430/

Heinrich George
né Georg August Friedrich Hermann Schulz le 9 octobre 1893 à Stettin (aujourd’hui Szczecin en Pologne), décédé le 25 septembre 1946 à Sachsenhausen.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_George

Hanns Leo Reich
http://www.imdb.com/name/nm0716938/

Olaf Storm
http://www.imdb.com/name/nm0832605/

Margarete Lanner
http://www.imdb.com/name/nm0486938/

Fritz Alberti
Né à Hanau le 22 octobre 1877, décédé à Berlin le 15 septembre 1954.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Alberti

Grete Berger
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grete_Berger

Olly Boeheim
http://www.imdb.com/name/nm0091178/

Helene Weigel
Née à Vienne (Autriche) le 12 mai 1900, décédée à Berlin-Est le 6 mai 1971.
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Weigel

Heinrich Gotho
https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_Gotho

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - En tout état de cause, "Metropolis" est une splendeur visuelle et un modèle de créativité...
Cinéma fantastique - Bien plus qu’une simple fable moralisatrice à dessein sociologique, "Metropolis" vaut aussi et surtout pour son introduction de thèmes qui seront constitutifs de nombre d’œuvres science-fictionnelles futures...
Les Inrocks - "Metropolis" est bien un film-monstre, une superproduction conceptuelle, une œuvre architecturale et politique dont les décors fascinent encore aujourd’hui...
Critikat - Ainsi, sous le couvert d’une projection vers un futur en quête d’utopie, "Metropolis" exprime avec force un regard sur un réel présent, semble-t-il indéracinable, tout sauf idéal.
Edu ciné - Comme on le voit, le film de Fritz Lang se prête à de nombreuses interprétations et il a beaucoup déconcerté les critiques. L'idée s'est souvent imposée d'une oeuvre plastiquement réussie mais avec un discours ambigu ou déplaisant...
Il était une fois le cinéma - "Metropolis" est une œuvre majeure du cinéma de science-fiction qui contient, dès 1927 rappelons-le, l’ensemble des thèmes clefs du genre. Très peu de films auront une si grande influence sur l’histoire du cinéma.
L'Express - L'Unesco reconnaît que la fiction de Fritz Lang est "devenue le symbole d'un modèle d'architecture cinématographique du futur"...
Cinéma Le France - "Metropolis" est en quelque sorte la première synthèse cinématographique de toutes les cités imaginaires : Babel, Babylone, L'Utopia de Thomas More (…)