le bouton de nacre - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > le bouton de nacre

le bouton de nacre

El Botón de nácar
France, Chili, Espagne - 2015 - 1h22
sorti en France le 28 octobre 2015
Ours d'argent & meilleur scénario Berlin 2015
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Patricio Guzmán

scénario : Patricio Guzmán
direction de la photographie : Katell Djian
musique ou chansons : José Miguel Miranda, José Miguel Tobar, Hughes Maréchal
voix : Patricio Guzmán
séances : semaine du mercredi 28 octobre 2015
mercredi 28 jeudi 29 vendredi 30 samedi 31 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
14:00
18:30
16:00
20:45
14:00
18:30
11:00
16:00
11:00
16:30
20:45
18:30
20:45
séances : semaine du mercredi 4 novembre 2015
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
16:45
20:30
18:30
21:00
11:00
16:45
16:45
18:30
séances : semaine du mercredi 11 novembre 2015
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
16:45
16:45
16:45
18:10

synopsis

"Le Bouton de nacre" est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Elle part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique, près des côtes chiliennes aux paysages surnaturels de volcans, de montagnes et de glaciers. A travers leur histoire, nous entendons la parole des indigènes de Patagonie, celle des premiers navigateurs anglais et celle des prisonniers politiques. Certains disent que l’eau a une mémoire. Ce film montre qu’elle a aussi une voix....

notes de production

Documentariste à la longue carrière (commencée en 1965 avec Viva la libertad), Patricio Guzmán n’aura cesse de revenir dans son Chili natal et d’interroger les fondements du pays. Après La Bataille du Chili (1), Le Cas Pinochet, Salvador Allende (2) et Nostalgie de la lumière (3), il plonge avec Le Bouton de nacre dans le passé enfoui de la Patagonie occidentale du Chili.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_du_Chili
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Salvador_Allende_%28film%29
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film562

Si le récit navigue entre les éléments naturels, les peuples anciens et le cosmos, Patricio Guzmán concentre son attention sur une partie bien précise du Chili (4) : la Patagonie (5). Localisé dans le sud du pays et débordant sur l’Argentine, il s’agit du plus vaste archipel au monde riche de multiples paysages : îles, îlots, rochers, glaciers… Résultat d’une lente colonisation, la population autochtone est passée de 8000 au XVIIIème siècle à vingt descendants directs aujourd’hui.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Patagonie

Après avoir documenté de manière très concrète les maux du Chili, Patricio Guzmán a cherché à connecter le cosmos et les cadavres enfouis de son pays au travers de sa Nostalgie de la lumière, sorti en 2010. En reliant de nouveau le cosmos, les éléments et les porteurs d’un savoir disparu, l’arrivée du Bouton de nacre fait apparaître pour son réalisateur un diptyque aux cadres opposés : le premier se situe dans l’extrême nord du Chili quand ce nouveau film se centre sur la Patagonie au sud. Le documentariste a d’ailleurs pour potentiel projet de se pencher sur la Cordillère des Andes (6), véritable colonne vertébrale du Chili et de l’Amérique du sud, comme il l’explique.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cordill%C3%A8re_des_Andes

Objet de nombre de ses documentaires (La Bataille du Chili, Chili, la mémoire obstinée, Le Cas Pinochet…), le coup d’état perpétré par Augusto Pinochet en 1973 est pour le documentariste une obsession : c’est comme si cela s’était produit l’année dernière, le mois dernier ou la semaine dernière. C’est comme si j’étais enfermé dans de l’ambre, comme ces insectes de l’Antiquité figés pour toujours dans une goutte. Ici, ce sont les boutons découverts dans l’eau qui ravivent la mémoire enfouie du cinéaste.

La présence de la mer, contenant des boutons appartenant à d’anciennes victimes du régime Pinochet, fabrique une dimension à la fois concrète et métaphorique. Une manière pour le cinéaste d’éloigner le documentaire des moyens conventionnels et d’obtenir un instrument narratif d’une grande richesse qui suscite la réflexion chez les spectateurs. Dans Nostalgie de la lumière, c’est le désert qui revêtait cette fonction.

Si le souci du détail habite le documentariste, Le Bouton de nacre a bénéficié de sa spontanéité durant le montage. Après avoir monté une première séquence de deux ou trois minutes, Patricio Guzmán a écrit un texte de quelques phrases et l’a enregistré immédiatement sur les images. Une technique qu’il perçoit comme intuitive : il existe au fond de moi une intuition par rapport à l’histoire que je veux raconter. (…) Bien sûr, à la fin il faut corriger et affiner.

Patricio Guzmán a fait de nouveau appel au doigté artistique d’Emma Malig. Cette artiste peintre conçoit des continents irréels, qu’elle nomme terres d’errance, terres de naufrage, terres d’exil, selon le réalisateur. Après avoir utilisé un de ses travaux pour Salvador Allende, il lui a demandé une carte complète du Chili de 15 mètres de long. On dirait un animal préhistorique de couleur ocre, raconte-t-il.

Présenté en sélection au festival de Berlin 2015, le film en est reparti auréolé de l’Ours d’argent du scénario et du prix du Jury Œcuménique. Il a aussi récolté le prix du meilleur film au festival de Bologne en Italie et le Grand-Prix au festival de Basse-Silésie en Pologne.

Fidèle à l’angle des éléments naturels et du cosmos sur lesquels se fondait toute la culture des Selknams (7), le peuple amérindien aujourd’hui décimé qui vivait en harmonie avec la nature chilienne, extrême et majestueuse, le documentariste chevronné Patricio Guzmán, 73 ans, part de l’idée que l’eau à une mémoire pour nous raconter l’histoire de son pays et ses plus grandes blessures. Tout en nous guidant de la voix, le réalisateur nous montre d’abord, de tellement près que l’image en devient presque conceptuelle, et totalement lyrique, un bloc de quartz trouvé dans le désert du Chili qui contient une goutte d’eau millénaire. L’eau, qui à l’échelle du cosmos représente la vie, est aussi omniprésente dans le film qu’elle l’est au Chili, qui lui doit sa plus vaste frontière, là où la Cordillère des Andes tombe dans une mer magnifique et gelée, frappant les blocs de glace cristallins de ses vagues puissantes.
(7) http://www.scienceshumaines.com/l-histoire-oubliee-des-selk-nam_fr_22394.html

Accompagné par le bruit de la pluie, qu’on suit aussi quand elle devient flocon sur les cimes puis fond de nouveau, se divisant en une infinité de petites perles inquiètes, jamais immobiles, l’auteur nous parle des indigènes, qui vivaient nus dans ces paysages glacés et traçaient sur leurs corps des lignes et des points immaculés comme la neige sur leurs peaux brunes, ces indigènes aux grands pieds que les colons (qui les appelaient patagones) ont massacré en un demi-siècle (à partir de la fin du XIXème siècle) en s’appropriant leur monde, amenant avec eux leurs microbes meurtriers et finissant d’achever les Selknams en récompensant les chasseurs d’indiens sur présentation des organes des indigènes abattus.

Ce génocide terminé, il a été suivi par une autre extermination, dont la mer contient encore les traces. Dans les années 1970, sous la dictature d’Augusto Pinochet (8), la Caravane de la mort (9) fit des milliers de morts et des centaines de disparus dont on découvrit il y a dix ans qu’ils avaient été attachés, morts ou vifs, à des rails placés dans des grands sacs plastiques qui furent ensuite jetés au large par des hélicoptères de l’armée. Des disparus de la villa Grimaldi (10), rendus à la mer, ne restent plus de traces permettant de les identifier, ou du moins presque plus, à l’exception d’un bouton de nacre incrusté dans la rouille d’un de ces terribles rails, par l’action de l’eau.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Augusto_Pinochet
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Caravane_de_la_mort
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Villa_Grimaldi

Si l’eau a une mémoire, dit le poète Raul Zurita, elle a aussi la mémoire de cela. En elle vit encore le souvenir de chacun de ces indigènes, de chacun des disparus de la dictature, et c’est pour cela que Guzman a voulu, aujourd’hui, lui donner une voix.
http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=286378

Patricio Guzmán
voir fiche du film Nostalgie de la lumière
http://www.citebd.org/spip.php?film562

Katell Djian
http://www.imdb.com/name/nm0229170/

José Miguel Miranda
http://www.imdb.com/name/nm1483810/

José Miguel Tobar
http://www.imdb.com/name/nm0864823/

Hughes Maréchal
http://www.imdb.com/name/nm4206916/

extrait(s) de presse

Film de culte - "Le Bouton de nacre" passe du personnel à l'universel, du document à la poésie, et vice versa. A l'image de cette légende indigène selon laquelle les morts se transforment en étoile, le film adopte une forme unique et inédite, parfois touchée par la grâce.