mustang - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > mustang

mustang

Turquie, France, Allemagne - 2014 - 1h37
sorti en France le 17 juin 2015
Label Europa cinémas Cannes 2015 - Prix Lux 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Deniz Gamze Ergüven

scénario : Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour
direction de la photographie : David Chizallet
musique ou chansons : Warren Ellis
avec : Güneş Nezihe Şensoy (Lale), Doğa Zeynep Doğuşlu (Nur), Elit İşcan (Ece), Tuğba Sunguroğlu (Selma), İlayda Akdoğan (Sonay), Nihal Koldaş (la grand-mère), Ayberk Pekcan (Erol), Bahar Kerimoğlu (Dilek)
séances : semaine du mercredi 16 septembre 2015
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
11:00*
séance spéciale :
* dim 20 à 11h00 : Le meilleur de la Quinzaine des réalisateurs Cannes 2015 - en partenariat avec le Gncr (Groupement national des cinémas de recherche) - tarif unique 3,50 €
séances : semaine du mercredi 20 janvier 2016
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
18:30*
21:00*
14:00*
16:30*
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae du 20 au 26 janvier 2016. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 13 et 20 janvier 2016
* Festival Télérama / Afcae du 20 au 26 janvier 2016. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 13 et 20 janvier 2016

synopsis

Cinq sœurs orphelines sont élevées par leur grand-mère dans un village du nord de la Turquie, à 1 000 km d'Istanbul. Le dernier jour de l'année scolaire, elles rentrent chez elles par le bord de mer, en compagnie de camarades de classe. Elles s'affrontent, juchées sur les épaules des garçons, pour se faire tomber à l'eau. Les ragots du village les précèdent chez elles. Leur jeu innocent a été jugé obscène. L'oncle Erol - sombre brute très à cheval sur un patriarcat qui se drape de tradition, de morale et de religion - reproche à la grand-mère (sa propre mère, donc) une éducation trop laxiste. Les aînées doivent subir à l'hôpital un examen d'intégrité hyménéale. La maison va se transformer peu à peu en prison : murs d'enceinte rehaussés, portes fermées à clef, barreaux aux fenêtres, plus d'école, plus d'ordinateur, plus de téléphone, mais des cours de cuisine et de ménage dispensés par des femmes à hijab....

notes de production

L’histoire de quatre soeurs dans la Turquie contemporaine. Un film qui fait passer par toutes les émotions, comme le cinéma devrait le faire, selon Edouard Waintrop (1), délégué général de la Quinzaine des réalisateurs.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Waintrop

Deniz Gamze Erguven a étudié dans la prestigieuse école de cinéma la Fémis (2). Son film de fin d’études, Bir Damla su, a d’ailleurs été montré à la Cinéfondation (3) de Cannes et a reçu un prix au festival du film de Locarno (4).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_F%C3%A9mis
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9fondation
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_de_Locarno

Si la réalisatrice a choisi de poser ses caméras en Turquie, c’est pour rendre hommage à ses origines. Deniz Gamze Erguven est née à Ankara (5) et une grande partie de sa famille vit toujours là-bas. Elle a donc passé sa vie à aller et venir entre les deux pays qui font partie de son identité. Selon elle, la Turquie est un pays prometteur en pleine effervescence et ce, même si la tendance conservatrice s’intensifie. Son film lui a permis de témoigner de cette vive énergie, de cette fougue et du potentiel de sa terre natale.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ankara

Mustang est un récit initiatique d’émancipation. Il est né d’une volonté de raconter ce que signifie être une fille, une femme dans la Turquie contemporaine puisqu’il s’agit d’une société où leur place fait débat. De par son point de vue à la fois extérieur et intérieur, Deniz Gamze Ergüven a voulu redéfinir l’identité de la femme, son rapport à la sexualité et dénoncer l’absurdité du conservatisme qui pense que tout est sexuel. Elle met en exergue le fait que son pays est l’un des premiers à avoir légalisé le droit de vote des femmes dans les années 30 (contre 1944 pour la France) mais que, paradoxalement, il fait machine arrière sur des choses aussi élémentaires que le droit de disposer de son propre corps.

Derrière le titre se cache une référence, évidente, au cheval sauvage qu’incarnent les cinq héroïnes avec leur tempérament indomptable, libre et fougueux. Leurs chevelures peuvent être assimilées à des crinières. Elles cavalent à travers le village, ensemble, en troupeaux.

Le film est partiellement autobiographique. Lorsque les filles font scandale en grimpant sur les épaules des garçons, c’est directement inspiré de l’adolescence de la réalisatrice mais contrairement aux faits réels, les personnages se rebellent après avoir été brutalement réprimandés. Le processus de rébellion, entravé par la honte, a été beaucoup plus laborieux pour Deniz Gamze Erguven. Il lui a fallu des années pour commencer à s’indigner.

... L’éducation ! En effet, ce sujet est un thème central du film, directement lié aux personnages féminins. Interrogée là-dessus, la cinéaste répond : la déscolarisation des filles et la réaction que cela suscite chez elles a, l’air de rien, un impact déterminant sur l’histoire. Mais je n’approche pas les choses de manière militante. On ne fait pas un film comme un discours politique. (…) le film exprime les choses de manière beaucoup plus sensible et puissante que je ne pourrais le faire. Je l’envisage vraiment comme un conte avec des motifs mythologiques comme celui du Minotaure (6), du dédale, de l’Hydre de Lerne (7) - le corps à cinq têtes que constituent les filles - et du bal, remplacé ici par un match de foot auquel les filles rêvent d’assister (8).
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Minotaure
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydre_de_Lerne
(8) on ne peut s’empêcher de penser à Hors jeu, film iranien de Jafar Panahi.
http://www.citebd.org/spip.php?film1418

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Mustang n’est pas inspiré de Virgin suicides (9), le classique de Sofia Coppola et ce, même si l’intrigue est similaire, mais plutôt de Salò ou les 120 Journées de Sodome (10). Cette affiliation se justifie par la distance de Pasolini prend pour raconter un conte sordide dénonçant le fascisme. Le décalage entre forme et fond était quelque chose que recherchait la réalisatrice. Sur le tournage, celle-ci montrait régulièrement des films à ses actrices tels que Un Condamné à mort s’est échappé (11), L’Évadé d’Alcatraz (12), Fish tank (13), L’Enfant (14), Sailor et Lula (15)… Des œuvres très diverses qui contenaient l’essence de certains personnages.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Virgin_Suicides_%28film%29
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sal%C3%B2_ou_les_120_Journ%C3%A9es_de_Sodome
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_condamn%C3%A9_%C3%A0_mort_s%27est_%C3%A9chapp%C3%A9
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89vad%C3%A9_d%27Alcatraz_%28film,_1979%29
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film68
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film1534
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sailor_et_Lula

Le film a été tourné dans le village reculé d’Inébolu, à 600 km au nord d’Istanbul. Choisir un lieu isolé n’était pas anodin puisqu’il participe au sentiment d’éloignement, d’oppression ressenti par le spectateur. C’était également un choix esthétique, l’endroit offrait des paysages féériques et exotiques. Aucun film n’a été tourné là-bas avant Mustang. Depuis, un aéroport a ouvert à 90 km des lieux de tournage.
Deniz Gamze Erguven était enceinte pendant le tournage.

Pour mettre son film en musique, Deniz Gamze Ergüven a choisi de s’offrir les services de Warren Ellis, membre de Nick Cave and the bad seeds (16). Cette décision était motivée par la puissance narrative de son œuvre : quand Warren joue du violon, on a le sentiment d’entendre une voix qui raconte une histoire. Et ses orchestrations sont bouleversantes. Il y avait une évidence esthétique dans cette rencontre, une cohérence entre les décors du film - la grande maison en bois, les paysages de la Mer Noire… - et le choix de ses instruments. Avant même de le rencontrer, j’avais posé ses musiques sur les images et cette évidence était déjà là. (…) J’apprécie d’autant plus notre alliance et notre curiosité l’un pour l’autre, qu’elle crée un carrefour entre nos deux cultures et nos deux pays qui sont aussi éloignés que l’Australie et la Turquie, nous explique-t-elle.
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nick_Cave_and_the_Bad_Seeds

Pour dénicher ses interprètes, l’équipe du film a diffusé une annonce et auditionné des centaines d’adolescentes en l’espace de 9 mois, que ce soit en Turquie ou en France. Il fallait que la fratrie soit très organique, que les filles se ressemblent, puissent se répondre, se compléter, se comprendre... Deniz Gamze Ergüven a essayé plusieurs combinaisons et une fois que les cinq furent réunies, ce fut le déclic. Très vite, les filles complotaient entre elles, bougeaient comme un seul corps. Il y en a une (pas toujours la même) qui entraînait le reste du groupe dans une nouvelle direction.

La Turquie accorde le droit de vote aux femmes bien avant la France. C’est un pays officiellement laïque, dit Deniz Gamze Ergüven, où les femmes ont voté dans les années 30, il y a aussi des vrais trucs de modernité. De 1982 à 2002, le mouvement des femmes devient une force en Turquie. En 1983, une loi autorise l’ivg (17) jusqu’à la dixième semaine de grossesse.
Mais, depuis l’arrivée au pouvoir en 2003 de l’Akp (18), le parti de Recep Tayyip Erdoğan, le patriarcat regagne du terrain par petites touches, sous couvert de tradition, de morale ou de religion...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mustang_%28film%29
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Interruption_volontaire_de_grossesse
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_de_la_justice_et_du_d%C3%A9veloppement_%28Turquie%29

Le prix Lux 2015 va à Mustang.
http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=302166

Deniz Gamze Ergüven
http://www.imdb.com/name/nm2197025/

Alice Winocour
voir fiche du film Maryland
http://www.citebd.org/spip.php?film1511

David Chizallet
voir fiche du film Alyah
http://www.citebd.org/spip.php?film926
http://www.imdb.com/name/nm2166084/

Warren Ellis
https://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_Ellis_%28musicien%29

extrait(s) de presse

Positif - Dans ce qui pourrait sembler un film didactique exprimant un point de vue aux enjeux prévisibles, et dont le contenu conduirait à un style convenu, Deniz Gamze Ergüven réalise un film d'une grande fraîcheur et d'une vivacité de ton qui enchante.
àVoir-àLire - Un long-métrage d'une grâce et d'une fougue lumineuses.
Gala - Deniz Gamze Ergü­ven signe un film poli­tique sur le retour à un certain conser­va­tisme dans une partie de la Turquie avec une finesse et une légè­reté déli­cieuses alors que le sujet est grave et sensible. Et ses cinq actrices sont abso­lu­ment formi­dables de charme et d’éner­gie.
La Croix - Mis en scène avec beaucoup de grâce, porté par cinq jeunes comédiennes aux chevelures luxuriantes et à l’époustouflante présence (...), "Mustang" trouve sa juste tonalité dans une atmosphère à mi-chemin entre le réel et la fable, au cœur de paysages splendides.
Le Monde - De sorte qu'au-delà de l'intrigue - qui tient un peu du conte et souffre parfois de sa dimension allégorique -, l'enjeu du film est surtout esthétique. Si les filles sont si belles (...) c'est bien parce que leur enfermement doit être perçu comme une offense à la beauté.
Le Parisien - Fières de présenter au monde un visage affranchi des filles de leur pays, elles irradient le film par leur joie de vivre, leur sensualité, leur exubérance et leur manière d'envoyer bouler tous les carcans.
Fiches du cinéma - Portrait sensible et sensualiste de cinq soeurs aux prises avec le patriarcat, "Mustang" figure un réjouissant manuel d'insurrection domestique, où s'affirment les vertus émancipatrices de la libido féminine.
Les Inrocks - Il existe chez Deniz Gamze Ergüven un vitalisme, une scénographie vitaminée qui, à chaque instant, émeut et égaie l’œil, nous attrape. Trait qui range le film du côté d’un “féminisme joyeux”.