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marathon man

ciné répertoire
Usa - 1976 - 2h05
sorti en France le 22 décembre 1976
Golden globe du meilleur acteur dans un second rôle (Laurence Olivier)
interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en France en 1976
film - version originale sous-titrée en français
de

John Schlesinger

scénario : William Goldman
d'après l'oeuvre de : William Goldman
direction de la photographie : Conrad L. Hall
musique ou chansons : Michael Small
avec : Dustin Hoffman (Thomas «Babe» Levy), Laurence Olivier (Dr. Christian Szell), Roy Scheider (Henry «Doc» Levy), William Devane (Peter «Janey» Janeway), Marthe Keller (Elsa Opel), Richard Bright (Karl), Marc Lawrence (Erhar), Fritz Weaver (professeur Biesenthal), Jacques Marin (Leclerc), Ben Dova (Klaus Szell), Lou Gilbert (Rosenbaum), James Wing Woo (Chen), Allen Joseph (le père de Babe et Doc), Tito Goya (Melendez), William Martel (gardien de la banque), Tom Ellis (journaliste tv), Raymond Serra (chauffeur de camion), Shawn McAllister (le mécanicien), Nicole Deslauriers (Nicole), Treat Williams (un joggeur)
séances : semaine du mercredi 2 décembre 2015
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
18:30*
séance spéciale :
* Ciné mardi : "Nazis dans le rétro" - couplé avec "Ces garçons qui venaient du Brésil" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - en partenariat avec Hidden circle

synopsis

À New York, par un été caniculaire, un violent accident de voiture cause la mort de deux personnes, dont le frère d'un ancien criminel nazi planqué en Amérique du Sud, Christian Szell, qui se trouvait aux États-Unis afin d'y récupérer un vieux trésor de guerre. Cet accident va avoir des répercussions collatérales sur le quotidien tranquille de Thomas Levy, brillant étudiant en histoire surnommé «Babe» par son entourage, et qui s'entraine d'arrache-pied en vue de courir un marathon. En effet, son grand frère Henry «Doc», membre d'une organisation secrète du gouvernement américain, est dans la ligne de mire de Szell. Dès lors, «Babe» va devoir courir pour sauver sa peau, tout en cherchant à comprendre pourquoi il est lui aussi devenu une cible à éliminer...

notes de production

Marathon man est adapté d’un roman homonyme de William Goldman. Ce dernier est notamment l’auteur de Soldier in the rain, No way to treat a lady, Magic, Heat et The Princess bride, cinq romans qui ont respectivement été portés à l’écran :
- La Dernière bagarre de Ralph Nelson (1963)
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Derni%C3%A8re_Bagarre
- Le Refroidisseur de dames de Jack Smight (1968)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Refroidisseur_de_dames
- Magic de Richard Attenborough (1978)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Magic_%28film%29
- Banco de Dick Richards (1986)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Banco_%28film,_1986%29
- Princess bride de Rob Reiner (1987)
http://www.citebd.org/spip.php?film647

C’est la seconde collaboration entre Dustin Hoffman et John Schlesinger qui l’avait déjà dirigé sept ans auparavant dans Macadam cowboy.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Macadam_Cowboy
La chanson du générique de début, Everybody’s talkin’ interprétée par Harry Nilsson a été reprise en français sous le titre Comme un étranger dans la ville par le chanteur Gilles Marchal.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Marchal

Marathon man marque la première collaboration entre le réalisateur John Schlesinger et l’acteur William Devane. Les deux hommes travailleront à nouveau ensemble sur Yanks (1) et Honky tonk freeway (2).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Yanks
(2) https://en.wikipedia.org/wiki/Honky_Tonk_Freeway

Marathon man marque les retrouvailles entre John Schlesinger et le directeur de la photographie Conrad L. Hall. Les deux hommes ont auparavant collaboré sur Le Jour du fléau (3) en 1975.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jour_du_fl%C3%A9au

Laurence Olivier fut nommé à l’Oscar du Meilleur second rôle masculin en 1977 pour sa terrifiante prestation du docteur Szell (inspiré du Dr Josef Mengele (4)) et en France, Marathon man totalisa 1 079 037 entrées à sa sortie en salles.
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1173

Après avoir incarné un ancien criminel nazi dans Marathon man et un chasseur de nazis dans Ces garçons qui venaient du Brésil (5), Laurence Olivier changea à nouveau de nationalité à l’écran pour interpréter le professeur austro-hongrois Abraham Van Helsing dans Dracula (6) de John Badham.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ces_gar%C3%A7ons_qui_venaient_du_Br%C3%A9sil
Seulement deux ans après son incarnation du Dr Szell, Laurence Olivier fut son exact contraire dans Ces garçons qui venaient du Brésil de Franklin J. Schaffner. Il y joue le rôle de Ezra Liebman, un chasseur de criminels nazis, à la poursuite du vrai Dr Mengele cette fois-ci.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_%28film,_1979%29

La scène de torture, dans laquelle Laurence Olivier transperce le nerf d’une dent de Dustin Hoffman, a été écourtée, car lors des projections tests, l’assistance se montra choquée par la cruauté d’une telle séquence.
La réplique Is it safe ? (c’est sans danger ? dans la version française) répétée plusieurs fois dans le film par le personnage de Laurence Olivier pendant la scène de torture durant laquelle il transperce avec l’aide d’une perceuse une dent du personnage de Dustin Hoffman, a été classée à la 70e place de la liste 100 ans… 100 répliques du cinéma (7) de l’American film institute.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/AFI%27s_100_Years..._100_Movie_Quotes

Une anecdote célèbre voudrait que lors du dernier jour de tournage, Dustin Hoffman, qui vient de faire un long footing pour paraître épuisé dans le plan qui s’apprête à être tourné, s’étonne du peu de préparation de Laurence Olivier pour la scène. Ce dernier, imperturbable, de lui répondre : et si vous vous contentiez de jouer ? La réalité est en fait différente comme l’explique Dustin Hoffman lors de son interview réalisée à l’Actors studio (8) par James Lipton (9). Étant en instance de divorce, Dustin Hoffman tentait d’oublier ses soucis en se consacrant au travail. Laurence Olivier, qui avait compris son petit jeu, voulut par cette phrase, lui faire comprendre qu’il savait et qu’il lui donnait son soutien. Bien qu’il incarne un étudiant, Dustin Hoffman avait trente-huit ans lors du tournage.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Actors_Studio
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Lipton

Lieux de tournage à New York (Central park, Université Columbia, Aéroport international John-F.-Kennedy) et à Paris (place Vendôme et Palais-Royal, Plaza Athénée, opéra Garnier, avenue de la Grande-Armée, marché aux puces).

En une heure, Schlesinger livre alors son meilleur cinéma, multipliant les scènes mémorables où se mêlent paranoïa et trahison, dans la grande lignée des films politiques (A cause d’un assassinat (10), Les Trois jours du condor) (11) ou fantastiques (Rosemary’s baby) (12) de l’époque. Quelques plans au cordeau, une pénombre étudiée, un hors-champ savamment entretenu, un score angoissant et minimaliste (le bien nommé Michael Small) suffisent alors au réalisateur de Billy liar (13) pour renouer avec le meilleur du thriller des seventies (14). A l’image de la fameuse séquence de la baignoire, d’une réjouissante maîtrise, et qui n’a rien à envier aux plus belles scènes de trouille de Jacques Tourneur (15). Ou encore, évidemment, la mythique scène du dentiste, modèle de découpage et de dilatation du temps (la répétition systématique, froide et mécanique d’une même question, incompréhensible : is it safe ?), qui distille au fil de longues minutes un terrible malaise...
http://www.dvdclassik.com/critique/marathon-man-schlesinger
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_cause_d%27un_assassinat
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Trois_Jours_du_Condor
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1471
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Billy_le_menteur
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9es_1970
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Tourneur

John Schlesinger, cinéaste d’origine britannique, a précisé que son film qui fait peur est aussi une tentative pour décrire les sensations profondes d’un étranger qui regarde vivre une grande ville étatsunienne comme New York : un sentiment d’insécurité permanente et de violence sous-jacente...
Images et loisirs

Entre la fuite en avant devant un passé insupportable et la course éperdue de Babe fuyant dans la nuit de New York la plus abominable torture, il existe une solution de continuité. C’est dire que, passant, par élargissement de l’action, du psychologique au physique, Schlesinger joue, avec une belle virtuosité, sur toutes les gammes de la frayeur et nous offre très précisément un thriller (16) en son sens le plus exact.
Il ne s’agit pas donc de demander à Schlesinger autre chose qu’une course haletante, un itinéraire semé de cadavres, avec à l’arrière-plan, un paysage de cauchemar qu’il ne fait qu’esquisser, sans omettre, pourtant, de nous en livrer les arêtes les plus vives... Marathon man sait parfaitement bien jouer sur les nerfs du spectateur, traqué à son tour par des ombres plus que menaçantes. Et si, malgré tout, Szell allait un tout petit peu plus loin que la fiction pour rejoindre on ne sait quelle réalité ? La question méritait d’être posée.
Tristan Renaud in Cinéma 77 n° 218 (février 1977)
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Thriller_%28genre%29

Thriller d’une habileté narrative aussi remarquable dans le roman de William Goldman (Denoël) (17) que dans le film qui le suit presque continûment phrase par phrase, Marathon man non seulement affirme une intention didactique : dénoncer la survie des nazis, mais se fonde sur la dénonciation de tous les avatars du nazisme (18), tel le maccarthysme (19), dont on oublie souvent qu’il cultivait aussi l’antisémitisme (20)... La situation du héros du thriller, pourchassé pour une raison dont il n’est pas responsable, est homologue de celle du Juif devant le nazi, comme l’attitude du nazi devant le Juif est symétrique de celle de Szell en face de Babe : il veut lui arracher, lui extirper un secret vital (is it safe ?) dont l’autre ne peut être dépositaire puisque le secret n’existe pas. Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde (Arturo Ui) (21) ; le combat continue ici (aux Usa, ailleurs également) et maintenant...
Alain Garsault in Positif n° 190 (février 1977)
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_Deno%C3%ABl
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maccarthysme
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Antis%C3%A9mitisme
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_R%C3%A9sistible_Ascension_d’Arturo_Ui

La peur, mais aussi la peur de la peur, sont les moteurs des personnages. Tous fuient et se cachent de quelque chose, Babe en premier lieu, qui, animé par un obscur complexe de culpabilité (sa judaïcité et son libéralisme corollaires du suicide de son père), se livre à un effort sado-masochiste propre - par son aspect kinesthésique nécessaire à la finalité sportive du dépassement de soi-même - à l’oubli et qui le laisse encore plus solitaire. La solitude du coureur de fond... Dans un climat de pièce élizabéthaine, le héros irrémédiablement seul, se débat dans les ténèbres, en lutte avec des forces obscures, sans espérer l’aide de quiconque. Babe devra donc faire face à une situation à travers laquelle il sera obligé de se compromettre, thème récurrent des films de Schlesinger...
Alain Garel in La Saison cinématographique 77

John Schlesinger
Né à Londres le 16 février 1926, décédé à Palm springs le 25 juillet 2003.
Considéré, avec Tony Richardson et Karel Reisz, comme l’un des réalisateurs du Free cinema, Nouvelle vague britannique des années 1960...
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Schlesinger

William Goldman
voir fiche du film Princess bride
http://www.citebd.org/spip.php?film647

Conrad L. Hall
Né le 21 juin 1926 à Papeete (Polynésie française), décédé le 4 janvier 2003 à Santa Monica.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Conrad_L._Hall

Michael Small
Né le 30 mai 1939 à New York où il est décédé le 24 novembre 2003.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Small

Dustin Hoffman
voir fiche du film Quartet
http://www.citebd.org/spip.php?film1017

Laurence Olivier
Né Laurence Kerr Olivier le 22 mai 1907 à Dorking (Surrey), décédé le 11 juillet 1989 à Ashurst (Sussex).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurence_Olivier

Roy Scheider
voir fiche du film Les Dents de la mer
http://www.citebd.org/spip.php?film1347

William Devane
Né le 5 septembre 1937 à Albany.
https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Devane

Marthe Keller
voir fiche du film Au galop
http://www.citebd.org/spip.php?film932

Richard Bright
Né le 28 juin 1937 à New York où il est décédé le 18 février 2006.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Bright

Marc Lawrence
Né Max Goldsmith le 17 février 1910 à New York, décédé le 27 novembre 2005 à Palm springs.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Lawrence_%28acteur%29

Fritz Weaver
Né le 19 janvier 1926 à Pittsburgh.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Weaver

Jacques Marin
Né le 9 septembre 1919 à Paris, décédé le 10 janvier 2001 à Cannes.
Fut l’un des fondateurs de l’Adami, association qui lutte pour les droits des artistes...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Marin

Ben Dova
http://www.imdb.com/name/nm0235511/

Lou Gilbert
http://www.imdb.com/name/nm0318153/

James Wing Woo
http://www.imdb.com/name/nm0939480/

Allen Joseph
voir fiche du film Raging bull
http://www.citebd.org/spip.php?film637
http://www.imdb.com/name/nm0430535/

Tito Goya
http://www.imdb.com/name/nm0333026/

William Martel
http://www.imdb.com/name/nm0551532/

Tom Ellis
http://www.imdb.com/name/nm0255124/

Raymond Serra
http://www.imdb.com/name/nm0785435/

Shawn McAllister
http://www.imdb.com/name/nm0564003/

Nicole Deslauriers
http://www.imdb.com/name/nm0221338/

Treat Williams
https://fr.wikipedia.org/wiki/Treat_Williams

extrait(s) de presse

Critikat - (...) un film à suspense efficace, aussi haletant que le corps en sueur du coureur aux abois dont Schlesinger traque la souffrance et fait du spectateur le voyeur de celle-ci...
àVoir-àLire - Au-delà du simple thriller à connotation politique, "Marathon man" est également une traque symbolique des fantômes du passé dans une atmosphère cauchemardesque du meilleur effet. Tétanisant.
Dvdclassik - non content d’être un formidable thriller, "Marathon man" est aussi (et surtout ?) un choc au sommet. La confrontation de deux acteurs, et par la même de deux conceptions radicalement différentes d’un même métier, d’un même Art...
Télérama - "Marathon man" est un grand film phobique. Comme pouvait l'être "Psychose"...
Mauvais genre - Fascinant film, "Marathon man" est une franche réussite, un chef d’oeuvre...
Mulderville - "Marathon man" compte sans hésitation parmi les thrillers les mieux construits, qui réussissent à tenir constamment en haleine, tout en ajoutant à chaque revirement une pièce essentielle au puzzle qui ne devient déchiffrable qu'à la fin...
Il était une fois le cinéma - Si "Marathon man" est un thriller efficace, il n’en reste pas moins une réflexion sur la société contemporaine, constamment soumise aux pressions du gouvernement...