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fatima

France - 2014 - 1h19
sorti en France le 7 octobre 2015
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2015
film - film francophone
de

Philippe Faucon

scénario : Philippe Faucon
d'après l'oeuvre de : Fatima Elayoubi
direction de la photographie : Laurent Fenart
musique ou chansons : Robert-Marcel Lepage
avec : Soria Zeroual (Fatima), Zita Hanrot (Nesrine), Kenza Noah Aïche (Souad), Mehdi Senoussi, Franck Andrieux (le médecin)
séances : semaine du mercredi 7 octobre 2015
mercredi 7 jeudi 8 vendredi 9 samedi 10 dimanche 11 lundi 12 mardi 13
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séances : semaine du mercredi 14 octobre 2015
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
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séances : semaine du mercredi 21 octobre 2015
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
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séances : semaine du mercredi 20 janvier 2016
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
14:00*
16:30*
18:30*
20:30*
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae du 20 au 26 janvier 2016. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 13 et 20 janvier 2016

synopsis

Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont son moteur, sa fierté, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu'il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles...

notes de production

Le film est adapté du livre Prière à la lune de Fatima Elayoubi, qui est un petit recueil de poèmes, de pensées et de fragments écrits divers.

On les croise tous les jours dans les rues de nos villes. Tôt le matin, on les aperçoit dans les couloirs de nos entreprises. Pour notre regard pressé, elles se ressemblent toutes, portant le plus souvent le foulard. Ces femmes de ménage, elles sont souvent algériennes, marocaines ou tunisiennes. Certaines ne maîtrisent pas le français. Combien d’entre elles s’appellent-elles Fatima, du nom de la première femme selon les musulmans, toujours en retrait, dans l’ombre de Mohammed, le premier homme ?
C’est à l’une de ces femmes que Philippe Faucon a choisi de consacrer son film. Le prénom Fatima en est devenu le titre...
Philippe Faucon a d’abord auditionné des actrices marocaines avant de chercher dans les alentours de son lieux de tournage, la région lyonnaise et c’est là qu’il a rencontré la Fatima qu’il cherchait : Soria Zeroual. Femme de ménage également, mère de famille, à l’image du personnage qu’elle incarne elle fait passer ses enfants avant tout. C’est ainsi, explique Philippe Faucon, qu’elle a investi une bonne partie de son cachet dans leurs études.
Hormis le rôle de Fatima, tous les personnages sont interprétés par des professionnels. La jeune Zita Henrot, dans le rôle de Nesrine la fille aînée crève l’écran par son naturel et sa beauté. On parie qu’elle élargira bientôt la palette de ses rôles et qu’on la reverra vite. Kenza-Noah Aiche, dont c’est la première apparition dans un long métrage est elle aussi remarquable de présence et d’énergie...
http://culturebox.francetvinfo.fr/festival-de-cannes/cannes-2015-fatima-de-philippe-faucon-lhymne-a-une-heroine-invisible-219816

Fatima a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes 2015.
Ce très beau film avec une conclusion très émouvante a totalement sa place à la Quinzaine cette année, selon Edouard Waintrop, délégué général de la Quinzaine des réalisateurs.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Quinzaine_des_r%C3%A9alisateurs

Même si Fatima est le personnage principal du film, Philippe Faucon s’est attaché à dépeindre le portrait de trois femmes vivant au sein d’une même cellule familiale mais appartenant à trois générations différentes. Ces trois femmes possèdent un univers qui leur est propre et qui est une source de séparation entre elles, surtout au niveau de la langue : Fatima ne comprend rien à la langue des études qu’a entreprises Nesrine, ni au langage de la rue qui est celui de Souad. De même, les deux jeunes filles ignorent tout de ce que leur mère écrit en arabe dans son cahier, analyse le cinéaste.

L’une des thématiques centrales du film est la barrière de la langue. En effet, l’absence de maîtrise de la langue française est une source d’enfermement et d’isolement pour Fatima, aussi bien par rapport à ses filles que la société en général.

La thématique de la violence est aussi dépeinte dans le film. Elle peut prendre plusieurs formes, allant de la violence insidieuse de la bourgeoise qui emploie Fatima, celle sous-jacente de la propriétaire qui refuse de louer son appartement à une femme voilée, et celle beaucoup plus explicite de l’adolescente Souad qui peut parfois être méchante avec sa mère. La violence de Souad est en lien direct avec celle subie par Fatima, même si Souad dirige aussi la sienne contre sa mère, à qui elle reproche d’être une cave tout juste bonne à se laisser exploiter. Mais il y a un moment où Souad craque et où l’on voit bien qu’à l’origine de sa fureur, il y a la non-acceptation de ce qui est vécu par sa mère. Fatima le comprend lorsqu’elle écrit dans son cahier : là où un parent est blessé, il y a un enfant en colère, commente Philippe Faucon.

Les problématiques liées à intégration des personnes issues de l’immigration est une thématique récurrente dans la filmographie de Philippe Faucon, comme en témoigne par exemple son précédent long métrage La Désintégration. En revanche, si ce film rendait compte de l’échec cuisant de l’intégration, Fatima montre une certaine forme d’intégration réussie : lorsque nous présentions La Désintégration, nous utilisions quelquefois cette image : un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. J’ai pensé qu’il fallait aussi raconter la forêt qui pousse et Fatima en a été l’occasion.
http://www.citebd.org/spip.php?film771

Côté mise en scène, Philippe Faucon a adopté un style naturaliste, sans être pour autant dans le documentaire. Il explique quelle a été sa priorité au niveau de la réalisation : trouver les points de rencontre avec les interprètes : entre eux et leurs personnages, dans les différentes situations de jeu qui vont les confronter. C’est une aventure où il s’agit de mobiliser tous ses moyens, d’attention, d’intuition, d’échange, afin de parvenir à apporter dans l’incarnation des personnages à l’écran quelque chose d’unique. Si l’on parvient à ça, on n’est plus dans le documentaire. Ni dans le naturalisme au sens péjoratif du terme, c’est à dire la reproduction plate, désincarnée, de la réalité.

Philippe Faucon a tourné son film en région lyonnaise. Il nous dit pourquoi : parce que la Région Rhône-Alpes s’est engagée dès le départ, d’une façon importante. J’ai donc situé l’histoire là-bas, ce qui ne posait pas de problème particulier, et nous avons aussi commencé des recherches de casting sur place. Une partie des intérieurs est par ailleurs tournée à Marseille, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’étant également engagée sur ce projet.

Le film a remporté le prix Amnesty au festival du film de Giffoni en Italie.

Entretien avec Philippe Faucon
Comment avez-vous eu l’idée, et l’envie, d’adapter librement ‘‘Prière à la lune’’ de Fatima Elayoubi ?
Ce projet m’a été proposé par Fabienne Vonier (1), qui devait en être la productrice. Le livre ‘‘Prière à la lune’’ est un petit recueil de poèmes, de pensées, de fragments écrits divers, et lorsque je l’ai lu, je me suis demandé quel film on pouvait en tirer. J’ai mieux compris l’intuition qu’avait eue Fabienne quand j’ai rencontré Fatima Elayoubi, qui est une personnalité extraordinaire. Elle est venue en France en suivant son mari, sans savoir ni écrire, ni parler le français, et elle n’a donc eu accès qu’à des boulots peu considérés. Elle a fait des ménages toute sa vie et a commencé à parler et à écrire sur le tard, car ses horaires et ses difficultés de vie ne lui laissaient guère de temps pour apprendre. Elle a appris quasiment seule, en déchiffrant puis en lisant tout ce qui lui tombait sous la main. Aujourd’hui, son expression est riche et minutieuse, on sent un besoin de l’exactitude du mot qui exprimera sa pensée ou son ressenti. Je me suis beaucoup attaché à ce projet, qui n’était pas simple à écrire ni à financer : le sujet n’offrait pas la possibilité d’un casting porteur et le film était en partie sous-titré. Pour des raisons de santé, Fabienne a dû renoncer à le produire...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/fatima,324835
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fabienne_Vonier

Philippe Faucon
voir fiche du film La Désintégration
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Faucon

Laurent Fenart
http://www.imdb.com/name/nm1189371/

Robert-Marcel Lepage
https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Marcel_Lepage

Zita Hanrot
voir fiche du film Eden
http://www.citebd.org/spip.php?film1393

Kenza Noah Aïche
http://www.agencea.fr/artiste.cfm/254696-kenza_noah-aiche.html

Mehdi Senoussi
voir fiche du film Qu’Allah bénisse la France
http://www.citebd.org/spip.php?film1311
http://www.cineart.fr/fiche.cfm/553428-mehdi-senoussi.html

Franck Andrieux
voir fiche du film La Prochaine fois, je viserai le cœur
http://www.citebd.org/spip.php?film1302
http://www.imdb.com/name/nm1322127/

extrait(s) de presse

Arte - Philippe Faucon est peut-être le plus crédible héritier de Maurice Pialat, en plus doux, et de Jean Renoir, en plus inquiet (époque oblige).
Le Monde - D’une intelligence rare, ce beau film explore la condition de cette femme coupée du monde par son ignorance du français, par un travail qui la contraint de vivre sur un autre créneau horaire, celui des gens de l’ombre qui partent travailler dans la froidure de la nuit, par le foulard dont elle recouvre ses cheveux...
Les Echos - Philippe Faucon séduit la Quinzaine des Réalisateurs avec un film intimiste et d’une infinie douceur...
Télérama - Philippe Faucon dessine tout en justesse le portait d'une femme de ménage immigrée qui élève seule ses deux filles. Et signe une ode touchante à toutes ces héroïnes invisibles du quotidien...