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princes et princesses

ciné môme
France - 2000 - 1h10
sorti en France le 26 janvier 2000
accessible aux enfants à partir de 5 ans
film d'animation - film francophone
de

Michel Ocelot

scénario : Michel Ocelot
musique ou chansons : Christian Maire
voix : Yves Barsacq (le vieux monsieur du cinéma), Arlette Mirapeu (la fille), Philippe Cheytion (le garçon), François Voisin (voix)
séances : semaine du mercredi 16 septembre 2015
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
17:30*
séance spéciale :
* film inscrit au dispositif "Ecole et cinéma" - séance suivie d'un débat avec des enseignants - tarif unique : 3,50 €

synopsis

Dans un cinéma désaffecté, deux enfants, un garçon et une fille, imaginent des aventures. Chaque conte se déroule en un lieu et un temps différents...

notes de production

C’est pour la télévision que Michel Ocelot imagine initialement les contes de Princes et princesses. Il projette une suite de courts métrages singuliers, reliés entre eux par un motif commun. Le principe sera donc celui d’une série d’histoires autonomes que s’inventent, un soir après l’autre, deux jeunes héros. Le budget étant minime, Michel Ocelot choisit le recours à l’animation de silhouettes en papier. Le titre du film reprend au pluriel celui du dernier conte Prince et princesse. Porté par le succès de Kirikou et la sorcière (1) et la notoriété nouvellement acquise de son auteur, Princes et princesses rencontre un large public et contribue à faire de son réalisateur une figure désormais incontournable de l’animation française.
http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/princes-princesses.html
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kirikou_et_la_Sorci%C3%A8re

Il a été réalisé sur la base d’une série réalisée par Michel Ocelot pour la télévision en 1988, Ciné si (2). La série comptait huit contes, le long métrage en conserve six, légèrement remaniés pour le cinéma.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9_Si
Les six contes sont :
La Princesse des diamants
Une princesse est retenue par une malédiction dans un lieu secret. On sait qu’on s’en approche quand on trouve des diamants dans l’herbe. Mais tous les princes qui ont tenté de la délivrer ont disparu sans laisser de trace...
Le Garçon des figues
L’Egypte. Un pauvre Fellah qui rêve, un figuier miraculeux qui donne des figues en hiver, une belle reine toute puissante, des cadeaux de plus en plus somptueux, un intendant fourbe, un papyrus redoutable, un coup de théâtre...
La Sorcière
Le Moyen-Âge. Personne n’est jamais parvenu à pénétrer dans le château de la sorcière, qui réduit en bouillie tous les puissants princes qui tentent l’assaut. Un garçon, perché dans un arbre, observe et déclare qu’il va entrer et gagner la princesse. Tout le monde rit de lui...
Le Manteau de la vieille dame
Dans le Japon d’Hokusai, une vieille dame, adorable et férue de poésie, rentre chez elle la nuit. Un malfaiteur la suit, pour lui voler son manteau. Mais la vieille dame a quelques ressources et l’homme va passer une nuit qu’il n’oubliera jamais...
La Reine cruelle et le montreur de fabulo
Science-fiction. Une reine cruelle tue ses prétendants grâce à son mégaradar et son rayon de la mort. Un simple montreur de fabulo veut se mesurer à elle et l’épouser...
Prince et princesse
Dans un parc romantique, un prince romantique supplie une princesse romantique de lui accorder un baiser. Elle y consent, avec bien des scrupules. Le romantisme y résistera-t-il ?

Tout commence dans une salle de cinéma abandonnée, où les bobines ont fini de tourner. Le spectacle s’est arrêté, le public a déserté. Le rideau est baissé sur l’écran blanc. La scène d’introduction de Princes et princesses fournit d’emblée bien plus qu’un prétexte narratif à l’enchaînement des six contes : elle pose la condition d’existence du cinéma de Michel Ocelot. Un écran vierge qui semble faire écho à la pensée d’Oscar Wilde (3) : tout ce qu’il faut savoir ignorer pour pouvoir créer ! Si cet écran est vide d’images, c’est que les lieux sont désaffectés. Dans cette ville moderne qui enferme les humains dans des appartements anonymes, où le lien social s’est distendu, la salle de cinéma a fermé ses portes. Au fronton, les lettres de la vieille enseigne s’affaissent une à une dans l’obscurité et l’indifférence. Triste tableau des années 1980 où l’individualisme gagne. Derrière la mosaïque lumineuse des appartements, on imagine la multitude des postes de télévision allumés sur des programmes différents. Et voici que dans la nuit, une jeune fille et un garçon s’évadent de leur citadelle de béton respective et se rejoignent en cachette, tels de nouveaux Roméo et Juliette (4). L’amour, pourtant, n’est pas en jeu, du moins pas encore. Il viendra au bout de la nuit, au terme du jeu, précisément. Pour le moment, les protagonistes se glissent à l’intérieur du cinéma et prennent place derrière leurs tables à dessin. Comme il n’y a plus de film à voir, toute liberté est donnée d’en imaginer de nouveaux. Au service de la créativité des jeunes gens, la salle de cinéma dispose d’un équipement clandestin improbable : ordinateurs, tables lumineuses, bibliothèque et bras robotisés d’un costumatic futuriste. Cependant, pour mettre en image les histoires qu’ils s’inventent, les héros de Michel Ocelot choisissent une forme de spectacle artisanale : le théâtre d’ombres. Vêtus de costumes de circonstance, ils se dissimulent à l’abri du rideau rouge, avant que la lumière du projecteur ne s’allume, pour interpréter eux-mêmes les héros de leur conte. Leurs propres silhouettes apparaissent sur la toile - ou plus vraisemblablement derrière - telles de vivantes ombres chinoises. Cette régression technique souligne, bien sûr, la portée de l’acte de nos jeunes clandestins : un acte de résistance qui réinvestit l’écran blanc, vestige d’avant l’ère télévisuelle, et lui redonne vie, une vie d’images rudimentaires, comme une évocation fantomatique de celles du passé. Mais elle dénote également un tout autre désir de retour. L’imagerie clandestine sur l’écran n’est plus une simple projection devant des spectateurs mais la composition vivante des silhouettes des jeunes gens devenus acteurs, et mus par le besoin d’incarner eux-mêmes leurs personnages, d’éprouver leurs histoires, de faire l’expérience de la fiction avec une intensité et un engagement égaux si ce n’est supérieurs à la vie même. Cette nécessité irrépressible de jouer, de jouer avec son ombre comme avec un double étrange, rappelle la pulsion tout enfantine qui consiste, dans une salle de cinéma, à tendre la main dans le faisceau lumineux du projecteur pour la voir envahir l’écran vierge. Princes et princesses se présente donc comme un théâtre d’ombres (5), ou plus exactement comme le film d’un théâtre d’ombres prenant lui-même place dans un cinéma abandonné. Deux niveaux de réalité se distinguent de prime abord : la salle d’une part, et l’écran d’autre part, où se succèdent les représentations des contes, véritables fictions dans la fiction. Soit un espace en trois dimensions et l’autre réduit à un plan. Le premier se caractérise par une certaine profondeur de champ créée parles arrière-plans dessinés. Quant au second, il trouve sa singularité dans la lumière qui en émane et accentue le contre-jour. Mais ce qui rend ténue la frontière entre ces deux espaces fictionnels, c’est l’usage indifférencié des ombres de part et d’autre. Michel Ocelot aurait pu rendre flagrante la dichotomie en réservant l’usage des silhouettes découpées à l’écran de cinéma pour utiliser ailleurs un autre procédé. Mais il ne le fait pas, optant pour une solution de continuité qui a l’avantage décisif de rendre immédiate l’intégration des personnages à la réalité plane de l’écran de cinéma et insensible leur passage d’un espace à l’autre. Le doute se produit alors dans l’esprit du spectateur sur la nature même des images projetées sur l’écran : film ou théâtre d’ombres ? Le contexte joue en faveur de la première hypothèse ; mais les sièges laissés vides par le garçon et la fille, et leurs voix étouffées provenant de l’arrière-scène, prouvent le contraire...
extrait du Point de vue du Cahier de notes sur... écrit par Xavier Kawa-Topor
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Wilde
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rom%C3%A9o_et_Juliette
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_d%27ombres

Michel Ocelot
voir fiche du film Azur et Asmar
http://www.citebd.org/spip.php?film1525

Christian Maire
http://www.imdb.com/name/nm0537852/

Yves Barsacq
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Barsacq

Arlette Mirapeu
http://www.imdb.com/name/nm0592257/

Philippe Cheytion
http://www.imdb.com/name/nm0156849/

François Voisin
http://www.imdb.com/name/nm0901240/

extrait(s) de presse

Le Parisien - L'enchantement se renouvelle à chaque récit. L'élégance des silhouettes, la luminosité des couleurs de fond, l'originalité de chaque épisode canalisent l'histoire vers un final débordant d'invention et d'humour. Un ravissement.
Télérama - Ce film de lumière et de papier est plus qu'un spectacle doucement envoûtant (...), c'est une sorte d'hommage à la créativité, à l'univers de l'enfance, un cercle enchanté où il suffit d'entrer pour devenir, à notre tour, " princes et princesses "…
Le Figaro - (...) Michel Ocelot arrive à créer un univers plein de poésie et d'humour (...). Grâce au succès de "Kirikou", ces contes qui datent d'une dizaine d'années, sortent enfin de leur petit théâtre d'ombre. Courez-y vite !
Le Monde - (...) la stylisation des personnages n'empêche pas les enfants de s'y intéresser autant, sinon plus, qu'aux créatures japonaises qui sont leur lot quotidien.
Les Inrocks - Par Serge Kaganski (...) "Princes et princesses" ne prend pas ses spectateurs (quel que soit leur âge) pour des niais. (...) Voilà une heure et quelque de divertissement subtil.
Libération - (...) merveilleux bouquet de contes de Michel Ocelot, heureux papa de Kirikou et la sorcière (...)
Positif - (ces histoires) se réfèrent à l'art japonais de Hokusaï ou à l'art égyptien, à la science-fiction ou à Tex Avery, et c'est un enchantement.
Première - Le procédé est un peu vieillot, de même que la musique et les bruitages du film qui font très eighties. Toutefois, on n'éprouve aucune difficulté à entrer dans ce dessin animé qui sait faire preuve d'ironie par rapport à son sujet.