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Cemetery of splendour

Rak ti Khon Kaen
Thaïlande, Gb, France, Allemagne, Malaisie - 2015 - 2h02
sorti en France le 2 septembre 2015
Un Certain regard Cannes 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Apichatpong Weerasethakul

scénario : Apichatpong Weerasethakul
direction de la photographie : Diego Garcia
avec : Jenjira Pongpas (Jenjira), Banlop Lomnoi (Itt), Jarinpattra Rueangram (Keng), Petcharat Chaiburi (l'infirmière Tet), Tawatchai Buawat (le médiateur), Sujittraporn Wongsrikeaw (la déesse 1), Bhattaratorn Senkraigul (la déesse 2), Sakda Kaewbuadee (Tong), Pongsadhorn Lertsukon (le directeur de la bibliothèque)
séances : semaine du mercredi 2 septembre 2015
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
14:00
18:30
20:50
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séances : semaine du mercredi 9 septembre 2015
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
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synopsis

Des soldats atteints d’une mystérieuse maladie du sommeil sont transférés dans un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée. Jenjira se porte volontaire pour s’occuper de Itt, un beau soldat auquel personne ne rend visite. Elle se lie d’amitié avec Keng, une jeune médium qui utilise ses pouvoirs pour aider les proches à communiquer avec les hommes endormis. Un jour, Jenjira trouve le journal intime de Itt, couvert d’écrits et de croquis étranges. Peut-être existe-t-il une connexion entre l’énigmatique syndrome des soldats et le site ancien mythique qui s’étend sous l’école ? La magie, la guérison, la romance et les rêves se mêlent sur la fragile route de Jenjira vers une conscience profonde d’elle-même et du monde qui l’entoure...

notes de production

Le réalisateur a laissé entendre que l’idée du film venait originellement de son actrice prinicipale, Jenjira Pongpas, qui lui aurait donné envie de revenir à sa région natale, l’Isan (1), dans le nord-est de la Thaïlande.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Isan

Le film s’inspire d’un fait divers de 2012 : dans le nord de la Thaïlande, quarante soldats ont été mis en isolement dans un hôpital pour une maladie mystérieuse, vraisemblablement une maladie du sommeil.

Cemetery of splendour a été tourné dans la ville natale du réalisateur, Khon Kaen (2), à l’est de la Thaïlande. Apichatpong Weerasethakul déclare que le film est un portrait personnel de lieux collés à moi comme des parasites. Le long métrage est, selon lui, une combinaison des différents espaces de son enfance : mon univers se limitait alors aux salles de soins où travaillait ma mère, à notre maison en bois, une école et un cinéma.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Khon_Kaen

La majeure partie du film prend place dans un hôpital. Le réalisateur se dit fasciné depuis l’enfance par ce milieu, notamment parce que ses parents étaient médecins. Pour moi, écouter des battements de cœur avec un stéthoscope ou utiliser une loupe avec éclairage intégré relevait déjà de la magie (…) Le cinéma et le matériel médical étaient les plus belles inventions de mon enfance. Il s’inspire également de nouvelles théories médicales sur le fonctionnement de l’esprit par rapport au corps, ce qui s’illustre dans les scènes où l’on voit des séances de thérapie à base de lumières colorées.

Apichatpong Weerasethakul se dit fasciné par le sommeil. Il lui arrive par exemple de noter ses rêves. Il a donc construit Cemetery of splendour par rapport à eux : je donne autant d’importance à ma vie onirique qu’à ma vie réelle. Avec le recul, Cemetery of splendour peut être perçu autant comme un rêve éveillé que comme une réalité ressemblant à un rêve.

Le réalisateur a confirmé son dessein de jouer avec l’inconscient collectif, et notamment avec une certaine mythologie, celle d’un monde idyllique perdu à jamais, représentée notamment par le carnet d’Itt. Quand nous étions petits, on nous a raconté l’histoire de cet endroit merveilleux où l’eau regorge de poissons et où la terre est couverte de champs de riz. Cette Histoire fabriquée est aujourd’hui notre fardeau, exlique-t-il.

Jenjira Pongpas, l’actrice qui tient le rôle principal, a été victime d’un accident de moto en 2003 qui l’a laissée paralysée d’une jambe, et qui a constitué un obstacle à sa carrière. Malgré cela, Apichatpong Weerasethakul l’a tout de même choisie pour incarner les premiers rôles féminins de ses films, d’abord dans Oncle Boonme (celui qui se souvient de ses vies antérieures) (3), puis Cemetery of splendour.
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film477

La plupart des acteurs, dont beaucoup sont des amateurs, sont originaires de la région de l’Isan, et les dialogues sont le plus souvent en dialecte local. Le réalisateur se dit intéressé par les vestiges d’animisme, c’est-à-dire de la croyance en la présence d’une âme en chaque homme, mais aussi en chaque animal ou élément naturel quelconque, encore présent dans la région : les gens n’y vivent pas seulement dans un univers quotidien, mais aussi dans un monde spirituel. Les choses les plus simples peuvent devenir magiques.

Apichatpong Weerasethakul travaille souvent avec les mêmes personnes, mais il a été contraint de trouver un nouveau directeur de la photographie car son ami et collègue Sayombhu Mukdeepromn n’était pas disponible, occupé à travailler sur Les Mille et une nuits de Miguel Gomes (4). Il a donc choisi Diego Garcia, un ancien collaborateur du Brésilien Gabriel Mascaro (5), avec qui il s’est vite bien entendu. L’enjeu était crucial, car le réalisateur souhaitait utiliser la lumière naturelle pour donner une tonalité mélancolique au film, ce qui comportait des difficultés techniques.
(4) http://www.shellac-altern.org/films/162
(5) http://www.imdb.com/name/nm3486709/

Pour Apichatpong Weerasethakul, le sommeil était une façon d’échapper aux situations terribles que l’on pouvait voir dans la rue, car pendant ces trois ans, la situation politique en Thaïlande s’est retrouvée dans une impasse. Il affirme que son film est une méditation sur la Thaïlande, pays qui connait un interminable cycle de coups d’Etat et de crises politiques depuis les années 30. Le cinéma est mon mode de communication de prédilection. Je ne tiens pas à m’exprimer au moyen d’images de sang et de fusils.

Apichatpong Weerasethakul
voir fiche du film Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)
http://www.citebd.org/spip.php?film477
https://fr.wikipedia.org/wiki/Apichatpong_Weerasethakul

Diego Garcia
http://www.imdb.com/name/nm1514227/

Jenjira Pongpas
voir fiche du film Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)
http://www.citebd.org/spip.php?film477

Banlop Lomnoi
http://www.imdb.com/name/nm1616898/