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bang gang (une histoire d’amour moderne)

France - 2015 - 1h38
sorti en France le 13 janvier 2016
Compétition officielle festival du film francophone Angoulême 2015 - Grand prix du jury, prix Europa cinémas, prix du jury jeune, prix de la meilleure musique originale festival du cinéma européen Les Arcs 2015
interdit aux moins de 12 ans
film - film francophone
de

Eva Husson

scénario : Eva Husson
direction de la photographie : Mattias Troelstrup
musique ou chansons : White sea
avec : Finnegan Oldfield (Alex), Marilyn Lima (George), Daisy Broom (Laetitia), Lorenzo Lefebvre (Gabriel), Fred Hotier (Nikita)
séances : semaine du mercredi 26 août 2015
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 31 mardi 1er
16:00*
13:00
19:30
13:30
séance spéciale :
* salle Nemo, cinéma de la Cité : mer 26 à 16h00, jeu 27 à 13h00 - salle Bunuel, espace Franquin : ven 28 à 19h30, sam 29 à 13h30 - précédé de "Aubade"
séances : semaine du mercredi 13 janvier 2016
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
14:00
18:30
20:30
18:30
20:30
18:30
21:00
11:00*
14:00
18:30
21:00
11:00*
14:00
18:30
20:30
18:30
20:30
18:30
20:30
séance spéciale :
* matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 20 janvier 2016
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
11:00*
18:30
16:15
14:00
11:00*
21:00
14:00
18:30
18:30*
séance spéciale :
* matinale 3,50 €
* dernière séance

synopsis

Biarritz : George, 16 ans, tombe amoureuse d’Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où tout le lycée va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales, des amours et de l’écroulement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente...

notes de production

Il s’agit du premier long-métrage d’Eva Husson, réalisatrice de nombreux clips et courts-métrages remarqués (dont Ceux pour qui c’est toujours compliqué (1).
Le film était en montage financier depuis début 2013 et a reçu de multiples aides à l’écriture et au développement. Eva Husson ayant écrit elle-même le scénario, sous le parrainage de… Lars Von Trier (2).
Au générique uniquement de jeunes comédiens inconnus recrutés sur des castings sauvages et sur internet, à l’exception peut-être de Daisy Broom, remarquée en 2007 dans le rôle de la fille de Vincent Elbaz dans Tel père, telle fille (3)...
http://destinationcine.com/a-decouvrir/tournage-de-gang-bang-le-film-ou-des-lyceens-repoussent-les-limites-de-leur-sexualite/
(1) http://www.arte.tv/fr/moyen-metrage-ceux-pour-qui-c-est-toujours-complique-de-eva-husson/7785702,CmC=7785388.html
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1195
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tel_p%C3%A8re_telle_fille

La 30ème édition du Cinemart (4) qui démarrera dimanche pour quatre jours dans le cadre du 42ème Festival de Rotterdam (23 janvier au 3 février 2013) met en lumière trois projets pilotés par des sociétés de production françaises en quête de partenaires. Parmi eux se distingue Bang gang de Eva Husson (diplômée de l’American film institute, passée par les ateliers du Sundance et le Talent project de la Berlinale, très remarquée avec son court Hope to die (5)), un projet piloté par Full house, une structure qui monte...
http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=231856
(4) http://www.unifrance.org/festivals-et-marches/154/festival-international-du-film-de-rotterdam
(5) http://www.bdfci.info/film/172924/hope-to-die

L’idée du film a été inspirée à Eva Husson par un fait divers qui s’est déroulé en 1999 aux Usa dans une petite ville de classe moyenne et qui l’a beaucoup marqué. Elle avait 22 ans à cette époque et les adolescents de ce fait divers lui semblaient très proches du groupe auquel elle avait appartenu lorsqu’elle avait cet âge. Si cette dérive sexuelle a continué de l’habiter bien des années après, ce n’est pas vraiment le côté sexuel qui intéressait Husson mais plutôt la question de comprendre pourquoi ces jeunes normaux avaient pu aller aussi loin.

Si ce fait divers est survenu aux Usa, Eva Husson s’est rendue compte au cours de ses recherches que d’autres événements similaires se sont déroulés ailleurs, comme à Nantes, en Allemagne, en Belgique… La cinéaste a donc volontairement situé son film dans une temporalité et une géographie fictionnelles : un Biarritz entièrement fantasmé ; une banlieue facile à vivre et à traverser, presque un quartier périurbain. À Anglet, où il se trouve, beaucoup de maisons ont été construites dans les années soixante-dix et ont été achetées par une classe moyenne émergente - beaucoup de profs se sont installés là durablement. C’était un lieu parfait pour le Bang gang.

Bang gang (une histoire d’amour moderne) se déroule en pleine canicule et des catastrophes ferroviaires ne cessent d’émailler l’actualité. Eva Husson a effectué ce choix pour faire en sorte que les personnages du film puissent trouver dans des circonstances extérieures un écho aux moments intenses qu’ils vivent.

Les adolescents du film appartiennent à la classe moyenne et sont souvent des solitaires issus de parents divorcés : adolescente j’ai toujours été stupéfaite de voir la manière dont le cinéma traitait cette période : un soi-disant état de grâce dans le groupe… qui ne collait pas du tout avec ce que je vivais. J’habitais au Havre, une ville totalement schizophrène à l’époque - à la fois culturellement foisonnante et d’une aridité absolue. À quinze ans, j’étais dans un état de dépression permanent. Quand les films s’attachaient à décrire des gamins isolés ou, au contraire, très à l’aise ensemble, moi, je passais mon temps à tenter en vain de m’intégrer dans des bandes. Les évènements que je décris - qui auraient très bien pu se dérouler dans cette ville - me donnaient l’occasion d’explorer cette veine, presque encore vierge, de la solitude dans le groupe à cette étape de la vie, explique Eva Husson.

Les personnages du film ont un rapport incroyablement libre avec la sexualité et le sexe est omniprésent dans leurs conversations. Eva Husson note que cette liberté existait déjà dans les années quatre-vingt-dix au moment où elle était adolescente. En revanche, la cinéaste note que le langage des jeunes d’aujourd’hui est beaucoup plus cru qu’avant et qu’elle a dû parfois beaucoup l’atténuer pour que les spectateurs puissent comprendre les dialogues.

Eva Husson ne juge à aucun moment ses personnages, même lorsqu’ils basculent dans le Bang gang (6). Il s’agissait au contraire de retranscrire au mieux leur vérité : l’adolescence est un âge d’une plasticité extrême : on s’en sort. Lorsque je regarde en arrière, que je revisite ma propre adolescence, il m’arrive d’avoir des sueurs froides : à seize ans, toujours à Ibiza (7), j’ai moi-même vécu des expériences très fortes du côté de la drogue. Je trouve important d’en parler, de ne pas minimiser ces étapes.
(6) ne pas confondre avec un groupe musical islandais
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bang_Gang
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibiza

Les scènes d’orgies n’intéressaient Eva Husson que dans la mesure où elles permettaient de faire avancer le parcours émotionnel des personnages. Elles ont été tournées en premier, pour soulager la pression des acteurs et de la production.

Côté références, Eva Husson avait en tête Boogie nights (8) de Paul Thomas Anderson parce qu’il s’agit d’un film qui traite du porno mais dont on retient surtout les personnages attachants et complexes qui vivent des choses incroyables. Le rapport à la nudité décrit dans ce film culte de 1997 se rattachait plus au ressenti des personnages par rapport au sexe qu’aux scènes de sexe en tant que telles. C’est exactement ce que Eva Husson voulait pour Bang gang (une histoire d’amour moderne). Par ailleurs, Wong Kar Wai (9) et Gus Van Sant (2) étaient aussi des sources d’inspiration pour la réalisatrice.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Boogie_Nights
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1018

Avec sa directrice de casting Bahijja El Amrani, Eva Husson a passé un an et demi à chercher ses futurs comédiens en écumant à peu près tous les cas de figure : agences d’acteurs, ateliers de théâtre, métros, skateparks : Finnegan Oldfield, qui joue Alex, avait tourné dans un premier court - il a travaillé depuis avec Tony Gatlif (10) et Thomas Bidegain (11), et est en train d’exploser. Daisy Broom, qui joue Laetitia, avait déjà un agent. Nous avons trouvé le personnage de Gabriel dans un atelier de théâtre de la banlieue parisienne, et Marilyn Lima, qui joue George, dans le tumblr d’un jeune photographe. Fred Hotier, lui, avait tourné un clip. Il y était incroyable, j’ai tout de suite su qu’il était Nikita.
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film1363
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film963

Ce premier long métrage d’Eva Husson a été présenté pour la toute première fois au Festival du film francophone d’Angoulême fin août 2015, puis au TIFF à Toronto, au Festival international du film indépendant de Bordeaux, au London Film Festival, etc.

Eva Husson raconte de quelle manière elle a travaillé avec ces jeunes qui n’avaient pour la plupart que peu ou pas du tout d’expérience en matière de cinéma : je leur ai laissé s’approprier le texte tout en évacuant certains termes qui n’auraient pas été compréhensibles pour la plupart des spectateurs. Nous avons beaucoup répété, surtout pour apprendre à se faire confiance les uns aux autres. J’insistais beaucoup sur le fait qu’ils devaient visualiser leurs corps comme ceux de danseurs et que leur intimité n’était pas en jeu - il était essentiel qu’ils gardent la distance de la fiction pour ne pas se laisser submerger. Tous leurs déplacements ont été chorégraphiés comme des séquences de danse.

Le directeur de la photographie Mattias Troelstrup et Eva Husson ont fait la même école de cinéma. Pour Bang Gang (une histoire d’amour moderne), ils ont beaucoup travaillé avec la lumière naturelle : lorsqu’on s’attache à des personnages aussi sensibles que ceux du film c’est important d’avoir des ombres profondes et des lumières très travaillées dans les détails : cela dit beaucoup de choses sur eux. (...) L’Europe, et la France en particulier, ont une grande propension à s’enticher de la laideur au nom d’un certain réalisme. Comme si la laideur c’était le réel… Tout regard est subjectif, autant l’assumer. Heureusement ma génération s’affranchit de plus en plus de ces héritages handicapants post-Nouvelle Vague (12) et assume avec moins de complexe la mise en scène du réel.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_Vague

La musique du film est signée White sea, un projet solo emmené par Morgan Kibby. Eva Husson connait très bien la chanteuse (qui a par la suite beaucoup composé pour M83) puisqu’elle l’avait rencontrée sur l’un de ses premiers courts métrages en 2001 à Los Angeles. La réalisatrice et Morgan Kibby avaient comme défi sur Bang gang (une histoire d’amour moderne) de créer une cohérence entre une musique diégétique très rythmique et une bande originale lyrique.

Le film marche en permanence sur le fil, et même la musique de fête prend quelquefois un chemin de traverse pour ne pas devenir insupportable sur la longueur (c’est la raison pour laquelle j‘ai introduit un lien de Schubert (13) sur la troisième fête). Je trouve le mariage de la musique classique et de la musique électronique très fertile : toutes deux font appel à des transes différentes mais qui peuvent se révéler complémentaires, commente Eva Husson.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Schubert

Eva Husson
http://www.imdb.com/name/nm0404067/

Mattias Troelstrup
voir fiche du film Electrick children
http://www.citebd.org/spip.php?film1076

Morgan Kibby
Née le 3 mai 1983 à Barrow (Alaska).
http://www.imdb.com/name/nm0452153/

Daisy Broom
voir fiche du film Bande de filles
http://www.citebd.org/spip.php?film1310
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/174813-daisy-broom.html

Lorenzo Lefèbvre
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/568588-lorenzo-lefebvre.html

Finnegan Oldfield
voir fiche du film Geronimo
http://www.citebd.org/spip.php?film1363

extrait(s) de presse

Konbini - Surprise : aucun des médias ne compare "Gang bang" avec un certain Larry Clark, qui s’était lui aussi immiscé voilà vingt ans dans les méandres de la jeunesse des années 90, à travers "Kids", un film aujourd’hui culte. Les temps ont changé.