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je suis à toi

France, Belgique, Québec - 2014 - 1h43
sorti en France le 23 septembre 2015
Valois du scénario et Valois Magelis (prix du jury étudiants présidé par Florence Pernel) festival du film francophone Angoulême 2015
film - film francophone
de

David Lambert

scénario : David Lambert
direction de la photographie : Johan Legraie
musique ou chansons : Ramachandra Borcar
avec : Nahuel Perez Biscayart (Lucas), Jean-Michel Balthazar (Henry), Monia Chokri (Audrey), Anne-Marie Loop, Augustin Legrand, Achille Ridolfi
séances : semaine du mercredi 26 août 2015
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 31 mardi 1er
16:30*
10:00
22:30
10:00
séance spéciale :
* salle Nemo, cinéma de la Cité : jeu 27 à 10h00, sam 29 à 10h00 - salle Bunuel, espace Franquin : mer 26 à 16h30, ven 28 à 22h30 - précédé de "Chaud lapin"

synopsis

Lucas, jeune prostitué argentin, accepte l'invitation d'Henry, boulanger belge obèse, à le rejoindre en Belgique, dans son village de Wallonie. Il lui propose de devenir son apprenti-boulanger. C'est la rencontre entre misère économique et misère affective. Mais Lucas est attiré à son arrivée par la jeune vendeuse de la boulangerie, Audrey, devenue veuve récemment...

notes de production

Pour le réalisateur, David Lambert, le film pose la question suivante : quel prix est-on prêt à payer pour être aimé ? Psychologiquement, socialement, financièrement ? Qu’est-ce qu’on offre et que reçoit-on en retour ? Je suis à toi, c’est la rencontre entre une misère affective et une misère économique.

Le personnage joué par Jean-Michel Balthazard, Henry, est boulanger. Le réalisateur a expliqué ce choix : la boulangerie est un lieu (...) que je trouve très cinématographique. J’aime filmer les gestes du travail dans cet endroit hors du temps, aux horaires décalés. J’avais exploré ce lieu dans mon court métrage Vivre encore un peu, et j’ai continué ici car j’étais très inspiré par le personnage de Jean-Michel Balthazard, que je voulais recontextualiser dans un décor similaire. Je trouve la boulangerie parfaite pour cette histoire, qui est comme un cocon à la fois très chaud et très dur. Le film tente de rendre compte d’un monde qui disparaît, celui des petits commerçants, des artisans du pain qui refusent les consortiums industriels et se sacrifient pour un commerce de proximité et de village.

Le titre, Je suis à toi, est un écho à ce que recherchent les personnages : Lucas fait croire à Henri qu’il est à lui, Henri aimerait être complètement à Lucas, explique David Lambert, en poursuivant : et enfin c’est Audrey qui aimerait retrouver ce sentiment d’appartenir à quelqu’un, mais qui n’y parvient pas vraiment. (...) Je suis à toi, c’est l’illusion de l’amour, car on a toujours envie d’être complètement à quelqu’un sans jamais y parvenir. Au final, toutes nos relations amoureuses contraignent notre libre arbitre. C’est ce que raconte le film.

D’après David Lambert, Je suis à toi penche plus vers la comédie que son film précédent, Hors les murs (1). Hors les murs est construit sur des personnages qui vont droit dans le mur parce que c’est une histoire d’amour qui se termine mal. Dans Je suis à toi, c’est presque la dynamique inverse. Cela ne commence pas très bien, les personnages sont dans une sorte de noirceur et cela va vers la lumière .
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hors_les_murs

David Lambert a émis l’hypothèse d’une deuxième version de Je suis à toi, qui contient des scènes de sexe extrêmement crues, nécessaires pour poser le personnage de Lucas, jeune prostitué argentin. Considéré par les autres comme « une bite sur pattes », il devient, peu à peu, un visage et un être humain à part entière. Pour mettre en scène cette évolution, il faut passer par des scènes de sexualité crues et d’autres plus douces, parfois pudiques. J’aime l’idée que le film soit vu par les adolescents, et je ne veux pas imposer de pornographie, même si elle est accessible partout, alors qu’un public adulte est responsable et sait ce qu’il voit, explique-t-il.

Pour Nahuel Perez Biscayart, qui interprète Lucas, le film raconte comment Lucas parvient à se retrouver : la prostitution te place dans une situation tellement violente que tu perds la notion de plaisir ou la notion de choix. Tu deviens un objet, une chose et finalement tous les rapports d’amour, de plaisir, de joie deviennent tordus. Le film raconte aussi comment Lucas, à travers cette expérience, ce voyage, arrive à retrouver sa sexualité parce qu’au fond, il n’est pas gay. Il se prostitue uniquement avec des hommes pour bien faire la césure entre le travail et l’amour, explique l’acteur.

L’acteur principal, Nahuel Perez Biscayart, et le réalisateur, David Lambert, se sont rencontrés lors du Festival de Cannes. L’interprète a décrit leur rencontre comme un casting mutuel. Le réalisateur l’avait repéré dans le film de Benoît Jacquot, Au fond des bois (2) : il avait un rôle muet où il crevait l’écran, se souvient-il.
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film527

David Lambert a expliqué qu’il n’était pas en accord avec la manière dont le thème de la prostitution était traité dans la plupart des films, notamment au regard de ce qu’il a lui-même constaté en rencontrant, pour Je suis à toi, des prostitué(e)s et des clients. Il a souhaité l’aborder sans le prisme de la culpabilité et de la rédemption, afin de se débarrasser des clichés.

Le réalisateur a écrit le scénario de Je suis à toi et le rôle du boulanger, Henry, pour l’acteur Jean-Michel Balthazar, avec qui il avait déjà travaillé dans un court-métrage, Vivre encore un peu (3), où il incarnait déjà un boulanger. L’acteur a raconté sa réticence première à accepter le rôle : j’en ai longuement discuté avec ma femme car il y avait quelques scènes un peu plus osées. (...) J’ai deux garçons. Je n’avais pas envie qu’ils aient des ennuis dans la cour de récré. Il faut dire que j’habite dans un village et dans un village, tout se sait très vite. Finalement, je me suis dit que c’était dans la droite ligne de mon parcours d’artiste. Alors j’y suis allé.
(3) http://www.arte.tv/fr/vivre-encore-un-peu-de-david-lambert/3275954,CmC=3275950.html

Pour illustrer la séparation entre les mondes de Lucas et de Henry, le réalisateur s’est appuyé sur la musique : Lucas écoute du rock, du punk, tandis que Henry est un amateur d’opérette, et notamment du compositeur Offenbach (4).
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Offenbach

Lucas et Henry se rencontrent par Internet (5). Le metteur en scène a expliqué la raison de ce choix : je trouve qu’Internet permet des rencontres incongrues. Au cinéma ou au point de vue scénario, c’est très intéressant. C’est le réel. En trois clics, on peut rencontrer quelqu’un comme si on le rencontrait dans la vie réelle grâce à la caméra et au son.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Internet

Pour Jean-Michel Balthazar, une des scènes les plus dures à tourner a été celle des sacs de farine : même si au montage, elle ne dure qu’une dizaine de secondes, les acteurs ont dû la rejouer de nombreuses fois. Au bout du compte, Nahuel et moi avons transporté, en deux heures, trois tonnes de farine à bout de bras, s’amuse-t-il.

Selon le site grec Flix : même si l’histoire semble préparer à un drame triste, il y a une tentative d’introduire des éléments de comédie surréaliste, mais ceux-ci ne fonctionnent pas toujours, en particulier parce qu’ils sont basés sur les caractéristiques physiques des héros qui rappellent Laurel et Hardy (6) (blagues sur le surpoids). Cependant, les trois acteurs qui jouent les rôles principaux du film sont excellents.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurel_et_Hardy

Entretien avec David Lambert
D’où vient l’idée du film ?
C’est en rencontrant des prostitués masculins et féminins et en regardant des films sur ce sujet-là, du moins avec un personnage prostitué. Je me disais que les problématiques montrées au cinéma ne correspondaient pas à ce que je voyais dans la vie. Je trouvais que c’était très, très loin des réalités que je pouvais constater que ce soit économiques, affectives, sexuelles. Je trouvais que c’était toujours la même histoire, de criminalisation du prostitué, d’une passe qui dérape, un peu toujours la même chose.
Du coup, j’ai commencé à plancher sur un personnage de prostitué qui soit très typique, très particulier et aussi un personnage qui serait très typique, très particulier. Qui seraient des personnages de 2014 avec des problèmes de 2014. Après, c’était d’essayer de faire se rencontrer des personnages qui ne devaient pas se rencontrer. Sortir des clichés. D’essayer de rendre de l’humanité à ces personnages-là. D’essayer de faire quelque chose de juste et honnête...

http://www.6nema.net/entretien-david-lambert-je-suis-a-toi-a113429824

David Lambert
voir fiche du film La Régate
http://www.citebd.org/spip.php?film371
https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Lambert_%28r%C3%A9alisateur%29

Johan Legraie
http://www.imdb.com/name/nm4093936/

Ramachandra Borcar
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramachandra_Borcar

Nahuel Perez Biscayart
voir fiche du film Au fond des bois
http://www.citebd.org/spip.php?film527
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nahuel_P%C3%A9rez_Biscayart

Jean-Michel Balthazar
Né le 25 janvier 1967 à Liège.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Michel_Balthazar

Monia Chokri
voir fiche du film Gare du Nord
http://www.citebd.org/spip.php?film1132

Anne-Marie Loop
voir fiche du film Alleluia
http://www.citebd.org/spip.php?film1349

Augustin Legrand
Né le 21 juillet 1975 à Neuville-aux-Bois.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_Legrand

Achille Ridolfi
voir fiche du film Au nom du fils
http://www.citebd.org/spip.php?film1284

extrait(s) de presse

La Presse - Ce deuxième film de David Lambert, dont le premier s'est retrouvé à la Semaine de la critique à Cannes, se nourrit de la confiance absolue qu'expriment les deux producteurs envers le réalisateur...
Un grand moment de cinéma... - Il est saisissant de voir la tolérance d’un patelin à l’égard de l’homosexualité du boulanger et que l’élément qui poserait problème soit que l’objet acquis échappe à son contrôle...
Cinéphilia - Le cinéma d’auteur belge ne se limite pas aux frères Dardenne. Le deuxième film de David Lambert, Je suis à Toi, montre que d’autres talents existent en Wallonie. Il traite le sujet difficile de la prostitution de façon tragi-comique. Réaliste même si parfois un peu brut...