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much loved

ZIn li fik
Maroc, France - 2015 - 1h45
sorti en France le 16 septembre 2015
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2015 - Valois d'or et Valois de la meilleure actrice (Loubna Abidar) au Festival du film francophone Angoulême 2015
interdit aux moins de 12 ans
film - film francophone
de

Nabil Ayouch

scénario : Nabil Ayouch
direction de la photographie : Virginie Surdej
musique ou chansons : Mike Kourtzer
avec : Loubna Abidar (Noha), Asmaa Lazrak (Randa), Halima Karaouan (Soukaina), Sara Elmhamdi-Elalaoui (Hlima), Abdellah Didane (Saïd), Danny Boushebel (Ahmad),
séances : semaine du mercredi 19 août 2015
mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
16:30
séances : semaine du mercredi 26 août 2015
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 31 mardi 1er
19:00*
13:30
16:00
séance spéciale :
* salle Nemo, cinéma de la Cité : mer 26 à 19h00, sam 29 à 16h00 - salle Bunuel, espace Franquin : mar 25 à 16h30, jeu 27 à 13h30 - précédé de "Captain 3D"
séances : semaine du mercredi 16 septembre 2015
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
18:30
20:40
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11:00
14:00
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séances : semaine du mercredi 23 septembre 2015
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
18:30
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11:00
18:30
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séances : semaine du mercredi 30 septembre 2015
mercredi 30 jeudi 1er vendredi 2 samedi 3 dimanche 4 lundi 5 mardi 6
16:15
16:15
16:15

synopsis

Marrakech, aujourd'hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d'amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant...

notes de production

Aux abords du Louxor, cinéma du dixième arrondissement de Paris, il faisait très chaud, ce jeudi 11 juin. C’était même caniculaire. On aurait pu être à Marrakech, où se déroule le film Much loved, du réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch. Le film était projeté hier soir dans la salle Youssef Chahine, comme dans six autres salles parisiennes et quatre cinémas en province, pour des avant-premières exceptionnelles. Des projections organisées en soutien au réalisateur, après l’interdiction du film au Maroc...
http://www.telerama.fr/cinema/les-marocains-de-france-decouvrent-much-loved-ce-film-c-est-un-documentaire,127913.php

Nabil Ayouch a abordé un sujet délicat avec son nouveau film, Much loved, mais le cinéaste franco-marocain ne s’attendait pas à un tel scandale. Son long métrage est interdit de diffusion au Maroc et le metteur en scène a reçu des menaces de mort, tout comme les actrices du film...
Le Ministère de la Communication marocain a annoncé, lundi 25 mai, après la projection de Much loved au Festival de Cannes, l’interdiction de diffusion dans son pays, estimant que le film est un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du royaume. Sur les réseaux sociaux, des pétitions circulent contre ce long métrage et des extrémistes s’appuient sur des scènes "dérangeantes" du film pour crier au scandale. Ainsi, Libération indique que, depuis dimanche, ce ne sont plus six minutes d’extraits qui font polémique, mais trois heures quarante de rushs qui ont mystérieusement atterri sur le Web marocain. Cette version, qui contient, elle, des scènes de sexe crues non montées dans le film prévu en salles, ont été regardées en trois jours par près de 300 000 personnes...
http://www.purepeople.com/article/-much-loved-censure-et-menaces-de-mort-contre-le-film_a160781/1

Le cinéaste franco-marocain ne fait que lever le voile sur une des multiples facettes de la prostitution. Mais nombreux sont ceux qui entendent circonscrire le Maroc à une carte postale en dissimulant ce qu’ils ne veulent ni voir ni entendre. Comme le souligne pertinemment l’écrivain et peintre Mahi Binebine dans une tribune publiée par l’hebdomadaire francophone Telquel : dans un roman comme dans un film, une pute parle comme une pute (pas comme une bourgeoise d’Anfa (1), ce ne serait pas crédible !)...
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/06/05/les-tabous-marocains-mis-a-nu-par-nabil-ayouch_4647801_3232.html
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Anfa

Nabil Ayouch a déclaré avoir toujours été interpelé par le rôle des prostituées dans la société marocaine. Il souligne que, dans certaines sociétés, elles servent de catalyseur à une frustration : les habitudes, la contrainte et l’hypocrisie sociales font que, lorsqu’on est en situation d’aimer, on nous refuse l’espace nécessaire pour apprendre. Car aimer s’apprend, c’est un sentiment qui doit être encouragé, pas contredit. (...) La femme se retrouve alors considérée comme un ventre, une personne qui est là pour s’occuper des hommes et élever des enfants, mais pas comme une compagne.

Nabil Ayouch a raconté comment il était entré dans le monde des prostituées pour préparer Much loved. Contrairement à ce qu’il attendait, elles n’étaient pas réticentes à lui parler. Il en a rencontré entre deux cents et trois cents : elles m’ont raconté leur vie, leur solitude, leurs blessures, comment elles en étaient arrivées là. Et aussi la manière dont elles se voyaient elles, avec évidemment une perte d’amour propre terrible... Ces filles sont des guerrières, des amazones des temps modernes.

Au lieu de réaliser un documentaire, Nabil Ayouch a préféré faire une fiction, car il avait sa propre histoire à raconter, c’est-à-dire son lien avec ces femmes. (...) Je voulais m’approcher le plus possible d’une forme de naturalisme qui donne à voir ce qu’est réellement la vie de ces femmes, mais le film est une vraie fiction, que j’assume comme telle, avec des partis pris, notamment en termes de réalisation, d’image, de montage. Pour cela, il a privilégié les longues séquences, et a tourné avec deux caméras, dont l’une devait tout le temps rester au plus près des personnages.

Le réalisateur a insisté sur le fait qu’il ne considérait pas Much loved comme un film sur la prostitution, mais plutôt comme le portrait de quatre femmes. J’ai aussi essayé d’aller chercher en moi ma part de féminité pour raconter cette histoire, je voulais que ce soit un film « de femme ». (...) D’où aussi le désir de travailler avec une équipe très féminine : la directrice de la photo, la première assistante, ma compagne avec qui nous avons fait les recherches et travaillé le texte… J’avais besoin d’être plein de leur énergie pour faire ce film, a-t-il expliqué.

Nabil Ayouch ne cherche pas à imposer un point de vue dans son film, mais seulement montrer la réalité : je ne veux en aucun cas être moralisateur, condamner, exercer un jugement de valeur, précise-t-il, je cherche simplement à dire. Lever le voile sur cette économie, c’est mettre chacun face à ses responsabilités, à ce qu’il refuse de voir.

Les actrices ne sont pas des professionnelles, mais elles habitaient dans des quartiers proches des milieux de la prostitution. Le réalisateur les a incitées à improviser sur le tournage : je leur disais où j’avais envie d’emmener la scène, ce qu’elle racontait et je les laissais proposer beaucoup de choses, notamment en termes de dialogues. (...) Elles ont accepté de se livrer, de se déshabiller et de me montrer leur âme, « sans maquillage », comme elles disent.

Pour Nabil Ayouch, Marrakech est un personnage à part entière, à la fois détesté et aimé par les prostituées.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech

Much loved peut être noir et parfois cruel, mais, selon Nabil Ayouch, l’émotion vient de l’humanité des personnages. Les prostituées sont des personnages tragiques, parce qu’elles sont conscientes de leur rôle de catalyseur des frustrations de la société, alors qu’en retour, elle ne reçoivent que mépris, jugement et humiliation, souligne-t-il. Cependant, elles ne sont pas des victimes : l’idée n’était pas de tomber dans le pathétique, le tragique ou le misérabilisme. Ces femmes ne sont ni blâmables, ni formidables, ce sont des femmes, maitresses de leur destin et que l’on doit regarder comme telles.

Nabil Ayouch a demandé quelque chose de spécial aux compositeurs de la musique originale, menés par Mike Kourtzer : allez, entrez dans ces femmes et sortez quelque chose qui vient d’elles, de leurs tripes, qui ne prenne pas trop de place mais en même temps exprime la douceur et le rythme de leur cœur.

Ces femmes représentent un paradoxe du monde arabe : en dépit des inégalités entre les hommes et les femmes, elles restent maîtresses du foyer et dominent les hommes dans ce cadre spécifique : dans Much loved, j’avais envie de cette anthropologie inversée - Saïd, leur protecteur, servant, conducteur, en est le reflet palpable. Ce sont elles qui gouvernent les hommes. Elles peuvent choisir un soir de ne pas sortir, de dire non malgré vingt-cinq appels d’hommes aux abois. Elles sont toujours habitées par ce sentiment de liberté.

Nabil Ayouch a expliqué les différents titres qu’il a donnés à son film : le titre original est ZIn li fik, qui signifie la beauté qui est en toi, et qui renvoie à l’intériorité, belle à voir et belle à entendre, que j’ai découverte chez ces prostituées. Quant au titre international, Much loved, je l’ai trouvé à la toute fin, quand j’ai compris ce qu’étaient véritablement leur vie et la manière intime dont je la percevais. Much loved, c’est à la fois être trop et mal aimé. Il y a aussi la notion d’usure - on utilise cette expression pour parler d’un doudou qu’on a chéri et qui à force d’avoir été serré et mâchouillé a été abimé…

Après la diffusion d’un premier extrait sur Internet, Much loved et son équipe ont été la cible de condamnations particulièrement violentes. D’après Libération, Nabil Ayouch ne sort plus sans protection policière et l’actrice principale, Loubna Abidar, a reçu des menaces de mort après la diffusion de son adresse sur la Toile.

Much loved a finalement été censuré au Maroc, car, selon le gouvernement, il comporte un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du royaume. Nabil Ayouch a réagi : je m’attendais à ce qu’il y ait un débat autour d’une problématique réelle qui touche des familles entières et autour de la femme dans la société marocaine, mais pas à une telle dureté, confiait-il au Figaro. Il a même défié l’interdit en le projetant en juin 2015, devant des étudiants de Rabat, à l’occasion d’une conférence sur la liberté d’expression.

Le film a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2015.

Nabil Ayouch
voir fiche du film Les Chevaux de dieu
http://www.citebd.org/spip.php?film1033

Virginie Surdej
Née 15 décembre 1978 à Poznań.
http://www.imdb.com/name/nm2154119/

Mike Kourtzer
http://www.imdb.com/name/nm4739087/

extrait(s) de presse

Télérama - Ce que montre ce film, c'est simplement la face cachée du Maroc !
Le Nouvel obs - "Much loved" est donc un film profondément authentique, extrêmement respectueux de la femme...
Culture box - Le film de Nabil Ayouch fera sans doute davantage polémique au Maroc qu'en France. Il dévoile un aspect du tourisme que l'Empire Chérifien tolère mais feint de ne pas voir tout en en tirant de multiples profits, à commencer par ceux d'une corruption généralisée...
La Croix - En France, quelque 80 cinéastes et producteurs ont dénoncé « l’obscurantisme » et « la censure » du gouvernement marocain...
Le Monde - L’image est travaillée, les scènes stupéfiantes. Seule Loubna Abidar est une comédienne professionnelle, les autres sont des « femmes qui connaissent le milieu de la prostitution mais n’en font pas partie », déclare l’équipe du film...
Le Figaro - Si la nouvelle réalisation de Nabil Ayouch a suscité une si grande polémique, elle n'a fait que renforcer sa notoriété: là réside à la fois le handicap et la force des ses censeurs.
La Dépêche - Une semaine à peine après sa présentation au Festival de Cannes, le film « Much Love » de Nabil Ayouch qui évoque le quotidien des prostituées marocaines vient d’être censuré au Maroc. La polémique autour du film prend de plus en plus d’ampleur. L’actrice principale, Loubna Abidar, fait maintenant l’objet de menaces de mort de la part d’extrémistes...