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La Vie en grand

France - 2014 - 1h33
sorti en France le 16 septembre 2015
Semaine de la critique Cannes 2015 - Compétition officielle festival du film francophone Angoulême 2015
film - film francophone
de

Mathieu Vadepied

scénario : Olivier Demangel, Vincent Poymiro, Mathieu Vadepied
direction de la photographie : Bruno Romiguiere
musique ou chansons : Flemming Nordkrog
avec : Balamine Guirassy, Ali Bidanessy, Guillaume Gouix, Joséphine de Meaux, Léontina Fall, Adama Camara, Bass Dhem, Aristide Tarnagda, Bakary Dramé, Kevin Wamo, Marion Ploquin
séances : semaine du mercredi 19 août 2015
mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
16:00*
séance spéciale :
* salle Nemo, cinéma de la Cité : mar 25 à 16h00, ven 28 à 13h00 - salle Bunuel, espace Franquin : mer 26 à 13h30, jeu 27 à 22h30 - précédé de "Messages dans l’air"
séances : semaine du mercredi 26 août 2015
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 31 mardi 1er
13:30*
22:30
13:00
séance spéciale :
* salle Nemo, cinéma de la Cité : mar 25 à 16h00, ven 28 à 13h00 - salle Bunuel, espace Franquin : mer 26 à 13h30, jeu 27 à 22h30 - précédé de "Messages dans l’air"

synopsis

Adama est un adolescent de 14 ans. Il vit avec sa mère dans un petit deux-pièces en banlieue parisienne. Il est en échec scolaire même si c’est un élève prometteur. Avec Mamadou, plus jeune que lui, ils vont inverser le cours de leurs vies...

notes de production

Ce projet a pu voir le jour en raison de l’amour que Mathieu Vadepied porte à l’Afrique et à sa culture. En effet, son grand père et son père ayant été tous deux maires de deux villes jumelées avec d’autres villes de Côte d’Ivoire et du Mali, il a eu l’occasion de rencontrer très jeune des africains avec lesquels il a pu nouer de solides liens d’amitié. Cela l’a amené à s’intéresser à l’histoire de l’esclavage et du colonialisme, ainsi qu’aux conditions de vie des immigrés africains arrivant en France. Il a également travaillé en Afrique sur plusieurs tournages de films.

A travers ce film, Vadepied explore un autre thème qui lui est cher, celui de l’adolescence, qu’il avait d’ores et déjà exploré dans son second court métrage, Mille soleils (1), où il évoquait le parcours d’un adolescent marginal : les thématiques d’une situation sociale ou personnelle vécue par un ado comme une injustice, lorsqu’il voit ses parents affronter un quotidien difficile et qu’il n’a pas les outils culturels pour se projeter dans l’avenir, sont les prémisses d’une exploration que j’ai prolongée dans La Vie en grand.
(1) http://www.lecinematographe.com/44E-SEMAINE-INTERNATIONALE-DE-LA-CRITIQUE-MOYENS-METRAGES_a2872.html

Lors de l’écriture du scénario, l’un des enjeux était notamment d’éviter de tomber dans les clichés liés aux jeunes des cités, comme en témoigne le réalisateur qui a surtout souhaité raconter l’histoire personnelle d’un jeune garçon plutôt qu’une : histoire sur la banlieue. Ce qui nous permettait d’éviter tout apitoiement et misérabilisme, qui ne me semble pas légitime quand on évoque un espace de vie où les gens, et notamment les plus jeunes, partagent aussi des moments de joie et de bonheur. Au final, cela vient de l’envie de faire honneur à l’énergie de cette jeunesse plutôt que de décrire une fatalité.

Le metteur en scène souhaitait que son film puisse alterner des scènes crues réalistes avec d’autres plus fantaisistes et joyeuses afin de ne pas trop s’ancrer dans un cinéma réaliste et social qui, selon lui : a parfois tendance à la moralisation. Je souhaitais travailler la fiction débridée et décomplexée, dans la limite de la vraisemblance (...). On a donc travaillé cet équilibre fragile tout au long de l’écriture qui s’est déroulée jusqu’au tournage, au montage et même pendant la composition de la musique. C’était un fil sur lequel je me sentais comme un funambule, dans un équilibre complexe à trouver.

Mathieu Vadepied tenait à montrer à quel point l’environnement dans lequel chacun évolue peut être déterminant dans l’influence des comportements que nous adoptons tous. Néanmoins, il souhaitait également affirmer qu’Amada : n’est pas, et ce comme la majorité des gamins, quelles que soient leurs origines, destiné à devenir dealer. On voulait que ce soit l’occasion pour lui, dans son imaginaire, de « réparer » le monde autour de lui.

Dans ce film, la dimension politique s’incarne surtout par rapport au milieu scolaire où une question essentielle se pose pour le cinéaste : comment peut-on, dans un milieu qui ne favorise pas l’accès à la culture et au savoir, s’émanciper et y accéder ? Il souhaitait également montrer à quel point l’adolescence est un tournant dans la vie de chacun où l’on est d’ores et déjà amené à se demander : comment rêver sa vie, se projeter en dehors des carcans sociaux, culturels et familiaux, mais aussi comment se donner les autorisations plutôt que se poser des limites, comme une autocensure qui est aussi un réflexe par peur d’affronter la liberté.

Entretien avec Bruno Romiguière
Travailler avec un réalisateur qui est lui-même chef opérateur, est-ce plus facile ?
Je dirais que c’est à la fois stressant et génial... Génial parce que travailler avec quelqu’un qui a les bons réflexes permet de gagner beaucoup de temps, notamment par exemple sur les repérages et les grands choix de tournage en termes d’emploi du temps, de lumière naturelle par exemple. D’un autre côté, tellement absorbé par la gestion des deux adolescents et du reste du casting, Mathieu a peu à peu mis complètement de côté les contingences techniques, ce qui nous a obligés à se débrouiller avec les moyens du bord !
Par exemple, je me souviens notamment d’une séquence extérieure sous la pluie battante avec un car de CRS qu’on a tourné littéralement sans lumière... De ce point de vue, je dois dire que c’est un film qui a été vraiment compliqué à faire avec les caméras numériques d’il y a dix ans. Le gain en dynamique offert par les dernières générations et la possibilité tourner en "raw" (2) tout en restant léger a littéralement rendu l’image de ce film possible...

http://www.afcinema.com/Le-directeur-de-la-photographie-Bruno-Romiguiere-parle-de-son-travail-sur-La-Vie-en-grand-de-Mathieu-Vadepied.html
(2) https://www.video-d.com/tourner-en-raw-5d-ce-quil-faut-savoir/#.VaQbZbWVlYo

Le festivalier qui enchaînait jeudi matin la projection de Dheepan (3), de Jacques Audiard, avec celle La Vie en grand, de Mathieu Vadepied, qui clôturait la Semaine de la critique (4), gagnait son paradis. A l’extrême noirceur du premier succédait le film le plus espiègle et charmant qu’il nous ait été donné de voir à Cannes durant cette quinzaine. Ou comment, à partir de lieux similaires - des cités-dortoirs de la région parisienne -, deux réalisateurs en arrivent à proposer des visions pour le moins différentes de la capacité d’intégration de la société française.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dheepan
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Semaine_de_la_critique
Premier film du chef opérateur de Sur mes lèvres (5) et d’Intouchables (6), La Vie en grand est produit par le trio Bruno Nahon, Olivier Nakache et Eric Tolédano. Autant dire que quelques bonnes fées se sont penchées sur son berceau. Grâce soit également rendue à la directrice de casting, Elsa Pharaon (7), qui a su dénicher les deux héros du film : Balamine Guirassy (Adama) et Ali Bidanessy (Mamadou). Agés de 14 et 11 ans, ils sont merveilleux de justesse et étonnants de maturité...
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_mes_l%C3%A8vres
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Intouchables_%28film%29
(7) http://www.imdb.com/name/nm0679676/
http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2015/05/22/la-vie-en-grand-les-quatre-cents-coups-d-adama-et-mamadou_4638426_766360.html

Mathieu Vadepied
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathieu_Vadepied

Olivier Demangel
http://www.imdb.com/name/nm3453577/

Vincent Poymiro
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Poymiro

Bruno Romiguiere
voir fiche du film Henry
http://www.citebd.org/spip.php?film377
http://www.imdb.com/name/nm1091084/

Flemming Nordkrog
http://www.imdb.com/name/nm1099067/

Guillaume Gouix
voir fiche du film Attila Marcel
http://www.citebd.org/spip.php?film1091

Joséphine de Meaux
Née le 23 janvier 1977 à Boulogne-Billancourt.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_de_Meaux

Bass Dhem
http://www.imdb.com/name/nm0223540/

Kevin Wamo
http://www.imdb.com/name/nm4778836/

extrait(s) de presse

Le Parisien - A Cannes, cette agréable comédie a fait fondre la salle.
Le Jdd - Un joli coup pour le chef opérateur d’"Intouchables" qui, dans ce premier long métrage, règle ses comptes avec l’école et, en filigrane, avec les drogues douces.