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maryland

France, Belgique - 2015 - 1h40
sorti en France le 30 septembre 2015
Un Certain regard Cannes 2015 - Festival du film francophone Angoulême 2015 (hors compétition - section "Les Flamboyants")
film - film francophone
de

Alice Winocour

scénario : Alice Winocour, Jean-Stephane Bron
direction de la photographie : George Lechaptois
musique ou chansons : Mike Lévy "Gesaffelstein"
avec : Matthias Schoenaerts (Vincent), Diane Kruger (Jessie), Paul Hamy, Zaïd Errougui-Demonsant (Ali), Percy Kemp (Imad Whalid), Victor Pontecorvo (Tom), Mickaël Daubert (Kevin), Franck Torrecillas (Franck), Chems Eddine (Tarik), Philippe Haddad (Pierre Duroy), Jean-Louis Coulloc'h (le médecin militaire)
séances : semaine du mercredi 26 août 2015
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 31 mardi 1er
19:30*
séance spéciale :
* salle Bunuel, espace Franquin : sam 29 à 19h30
séances : semaine du mercredi 30 septembre 2015
mercredi 30 jeudi 1er vendredi 2 samedi 3 dimanche 4 lundi 5 mardi 6
14:00
18:30
20:40
18:30
20:40
18:30
21:00
11:00
14:00
16:15
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14:00
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20:40
18:30
20:40
18:30
séances : semaine du mercredi 7 octobre 2015
mercredi 7 jeudi 8 vendredi 9 samedi 10 dimanche 11 lundi 12 mardi 13
16:00
20:30
18:30
21:00
11:00
18:30
20:30
18:30

synopsis

De retour d'Afghanistan, Vincent, victime de troubles de stress post-traumatique, est chargé d’assurer la sécurité de Jessie, la femme d'un riche homme d'affaires libanais, dans sa propriété "Maryland". Tandis qu'il éprouve une étrange fascination pour la femme qu'il doit protéger, Vincent est sujet à des angoisses et des hallucinations. Malgré le calme apparent qui règne sur "Maryland", Vincent perçoit une menace extérieure...

notes de production

Alice Winocour a commencé par s’intéresser aux photographes de guerre ayant du mal à retourner à la vie civile après avoir vu des choses atroces sur le terrain. La cinéaste a ensuite rencontré des soldats de retour d’Afghanistan qui présentaient les mêmes symptômes d’angoisse voire même de violence une fois de retour du front. De cette manière, le personnage de Vincent campé par Matthias Schoenaerts est né. Elle explique : j’ai imaginé que mon personnage serait un soldat à qui l’on dit qu’il ne peut pas repartir en opération, comme un ouvrier usé qu’on met à la casse. Et que le trajet de ce personnage serait celui de quelqu’un qui reprend possession de son corps. L’idée du film d’action est venue de là, du personnage. J’avais aussi envie d’aller vers un territoire généralement réservé aux hommes, celui du film de genre. Il y a certainement dans mon choix l’idée de réaffirmer que pour les réalisatrices aujourd’hui, tout est permis.

Maryland possède une thématique commune avec Augustine (1), premier long métrage de Alice Winocour, à savoir la suivante : l’incapacité de maîtriser son corps. Ainsi, là où la patiente du professeur Charcot exprimait sa révolte par des crises d’hystérie, Vincent ne parvient plus non plus à avoir le contrôle de son corps après son retour des champs de bataille : dans le film on ne quitte jamais le point de vue de Vincent. Tout est construit autour de sa perception physique des événements, c’est sur elle que l’histoire se joue, sur sa vision altérée et fragmentée de la réalité. On ne comprend que ce qu’il comprend, on ne sent que ce qu’il sent, on ne dispose jamais d’autres informations que celles qu’il enregistre. Je voulais qu’on soit dans sa peau et qu’on éprouve le même vertige que lui face au réel, avance la réalisatrice.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film881

Cadre spatial de l’intrigue du film, la maison est un personnage à part entière de Maryland. Dans cette optique, Alice Winocour a tenté de se rapprocher des codes du film d’horreur et plus particulièrement du Home invasion movie. Elle explique : avec sa décoration clinquante et vide qu’on peut facilement imaginer transposée à Beyrouth ou à Los Angeles, cette villa de la Côte d’Azur évoque un monde d’argent anonyme, un luxe décadent. Je l’ai volontairement filmée sous la pluie et les orages pour que le déchaînement des éléments apporte une sensation de fin d’un monde. J’aimais aussi l’idée qu’elle devienne elle-même à la fin du film un terrain de guerre.

Alice Winocour a davantage voulu faire de Maryland un film représentant une atmosphère d’un monde de complicités où se mêlent l’argent et la politique qu’un film purement politique : une atmosphère qui tranche avec la séquence où Vincent se rend à l’hôpital où l’on rééduque de jeunes militaires de retour de guerre dont certains ont perdu un bras ou une jambe. C’est la confrontation de ces deux univers opposés que j’ai voulu mettre en scène. Maryland s’inspire de différentes affaires, les exemples ne manquent pas. Mais tout reste volontairement opaque : Vincent n’est pas journaliste, il n’est pas enquêteur. Malgré ses sens en éveil, il ne touche que la partie émergée de l’iceberg, nous renseigne-t-elle.

Alice Winocour a cherché à faire en sorte que les scènes de violence du film soient les plus réalistes possible : une violence crue, efficace, dans laquelle les gestes n’obéissent à aucune chorégraphie.

La cinéaste confie avoir écrit ce film pour Matthias Schoenaerts, qui pour l’occasion incarne une fois de plus un homme dur et torturé, comme c’était par exemple le cas dans Bullhead (2) et De rouille et d’os (3) pour ne citer qu’eux. Alice Winocour ajoute : Matthias s’est engagé complètement : durant le tournage, il ne dormait plus que deux heures par nuit et était réellement dans la violence du personnage ; dans un véritable malaise physique. Je sais qu’il est allé très loin vers ses propres démons.
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film812
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film963

A travers la bande son du film, Alice Winocour a cherché à retranscrire la façon dont Vincent perçoit le monde et donc forcément les moments où il est déconnecté de la réalité. C’est dans cette optique qu’elle a demandé au compositeur de musique électronique Gesaffelstein de s’atteler à la bo de Maryland : c’est en travaillant cette bande son que j’ai cherché à construire le paysage mental d’un soldat qui revient de la guerre, et qui ne trouve plus sa place. Je voulais que dans chaque scène il y ait un doute sur ce qu’il entend, un enjeu sonore qui joue avec une distorsion du réel.

Alice Winocour explique comment elle a travaillé avec le directeur de la photographie George Lechaptois, notamment en ce qui concerne sa volonté de mélanger aspect tradition documentaire et cinéma d’épouvante : nous avons cherché pour le film une mécanique de déréalisation progressive. Au début, lorsque le service de sécurité s’installe dans la maison, on est presque dans un documentaire - il y a d’ailleurs un vrai sniper dans l’équipe de sécurité. Puis peu à peu, on s’enfonce dans le cauchemar et le fantastique, comme si Vincent se promenait dans son rêve.

Presque tout le film est tourné dans une maison au Cap d’Antibes, et c’est pratiquement un huis clos dans cette maison pendant la durée du film. C’est vraiment un thriller. Matthias Schoenaerts, qui interprète Vincent, est de tous les plans. C’est toujours son point de vue qui nous intéresse, on le suit, on le précède, il est en amorce, on est dans son regard subjectif… C’est assez contraignant, au moment de faire un découpage, mais ça donne une vraie cohérence au film...
Georges Lechaptois
http://www.afcinema.com/Le-directeur-de-la-photographie-Georges-Lechaptois-parle-de-son-travail-sur-Maryland-d-Alice-Winocour.html

J’ai écrit le film pour Matthias Schoenaerts. Il a une animalité qui convenait au personnage, mais en plus de cette condition physique de soldat d’élite, il devait incarner un personnage dans un état limite. Matthias s’est engagé complètement : durant le tournage, il ne dormait plus et était dans un véritable malaise physique. Il est allé très loin vers ses propres démons.
En ce qui concerne le personnage de Jessie, je voulais rendre touchant le personnage mal aimé de la « femme trophée », qui s’est perdue dans une vie superficielle. Diane Kruger a amené beaucoup de vérité au personnage. J’ai toujours été fascinée par son côté hitchcockien...

Alice Winocour
http://www.festival-cannes.com/fr/theDailyArticle/61657.html

Alice Winocour
voir fiche du film Augustine
http://www.citebd.org/spip.php?film881
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Winocour

Jean-Stephane Bron
voir fiche du film Cleveland contre Wall street
http://www.citebd.org/spip.php?film481
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-St%C3%A9phane_Bron

George Lechaptois
voir fiche du film Augustine
http://www.citebd.org/spip.php?film881
http://www.imdb.com/name/nm0496055/

Mike Lévy "Gesaffelstein"
Né Mike Lévy le 15 février 1984 à Lyon.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gesaffelstein

Matthias Schoenaerts
voir fiche du film Bullhead
http://www.citebd.org/spip.php?film812

Diane Kruger
voir fiche du film Pieds nus sur les limaces
http://www.citebd.org/spip.php?film452

Paul Hamy
voir fiche du film Suzanne
http://www.citebd.org/spip.php?film1096
http://www.imdb.com/name/nm5524273/

Victor Pontecorvo
http://www.imdb.com/name/nm4409325/

extrait(s) de presse

Cinechronicle - Il serait ainsi dommage de passer à côté de cette claque visuelle originale et de ce personnage borderline qui confirme les talents indéniables de cette réalisatrice à suivre.