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La Niña de fuego

Magical girl
Espagne - 2014 - 2h07
sorti en France le 12 août 2015
Coquillage d'or du meilleur film, Coquillage d'argent du meilleur réalisateur San Sebastian 2014 - Festival Premiers plans Angers 2015 - Goya 2015 de la meilleure actrice (Bárbara Lennie)
film - version originale sous-titrée en français
de

Carlos Vermut

scénario : Carlos Vermut
direction de la photographie : Santiago Racaj
avec : Luis Bermejo (Luis), Lucía Pollán (Alicia), Bárbara Lennie (Bárbara), José Sacristán (Damián), Javier Botet (Pepo), Alberto Chaves (Tendero), Israel Elejalde (Alfredo), Elisabet Gelabert (Ada), Julio Arrojo (conducteur), Marisol Membrillo (Marisol), Miquel Insua (Oliver)
séances : semaine du mercredi 12 août 2015
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
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séance spéciale :
* les matinales samedi et dimanche à 11h00 sont au tarif unique de 3,50 €
séances : semaine du mercredi 19 août 2015
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séance spéciale :
* les matinales samedi et dimanche à 11h00 sont au tarif unique de 3,50 €

synopsis

Bárbara est une belle femme vénéneuse et psychologiquement instable, que son mari tente de contenir. Damiàn n’ose pas sortir de prison de peur de la revoir. Luis veut la faire chanter mais ne réalise pas encore qu’il joue avec le feu. Le trio se retrouve plongé dans un tourbillon de tromperies où la lutte entre la raison et la passion tourne à la guerre des nerfs…

notes de production

Carlos Vermut, manifestement formé par les fanzines et la bande dessinée, faisait peut-être partie de ces enfants auxquels on trouve un déficit d’attention : il dit ne pas pouvoir suivre le fil narratif d’un film s’il comporte beaucoup de sous-récits et si la trame est compliquée. C’est pour cela que les deux seuls films qu’il ait faits à ce jour sont divisés en plusieurs chapitres qui lui permettent d’ordonner le récit, reconnaît-il. Dans Diamond flash (1), il y avait trois trames : Famille, Identité et Sang. Dans La Nina de fuego, les trois volets font partie de la même intrigue, qui suit d’abord un personnage en particulier puis se concentre sur un autre, bien que les points de vue continuent de varier et que les ellipses soient nombreuses. Comme le disque du groupe des années soixante Los Brincos (2), les trois chapitres du film s’appellent : Monde, Démon et Chair. Ces notions, le réalisateur athée les a fréquentées enfant, au catéchisme, en tant qu’elles renvoient aux trois ennemis de l’âme : l’argent, Satan et le sexe. Ces trois mots ont failli devenir le titre du film, puis qu’ils représentent les obstacles qui se présentent aux personnages : le monde est l’ennemi du père de l’enfant malade terminale (Luis Bermejo), car il n’a pas d’argent ; le démon possède la femme fatale (Bárbara Lennie) ; dans le cas du professeur qui sort de prison (José Sacristán), c’est la chair qui l’a condamné.
(1) http://www.premiere.fr/film/Diamond-Flash-3777348
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Los_Brincos

Le film fait clairement appel au symbolique, à l’irrationnel et à l’intuition, mais il fait confiance au spectateur pour compléter lui-même les suggestions, les silences et les blancs dans le récit. Il le laisse aussi imaginer tous les mystères qu’il recèle et qui, nourris par l’imagination du spectateur, n’en sont que plus terrifiants. C’est que Vermut (un pseudonyme alcoolisé) s’intéresse beaucoup plus aux personnages qu’à la trame du récit. C’est pour cela que le réalisateur madrilène place leurs visages au centre des plans, nus et sans ornements superflus : il nous laisse vivre l’intensité qu’il peut y avoir dans un regard, une conversation, un geste. C’est ainsi qu’on découvre son monde, un monde où la beauté est partout, même dans un vieux bistrot de quartier – c’est d’ailleurs là qu’a lieu une des scènes les plus chargées du film.

C’est que la fatalité nous rattrape au tournant, car on est bien vulnérable quand on sort de son périmètre de sécurité, comme ce père de famille qui se retrouve dans des embrouilles impossibles, un peu à la Fargo (3) (dont l’humour noir, parfois amer, est une des références de Vermut). Dans La Niña de fuego, le désastre est provoqué par la passion la plus extrême quo’n puisse imaginer : l’amour infini d’un père pour sa fille. C’est ce sentiment immense qui l’entraîne dans un engrenage terrible dont il perd le contrôle. C’est aussi par passion (bien qu’elle soit plus souterraine et inqualifiable) qu’un enseignant perd le contrôle de sa vie et tombe dans le crime. Comme dit le film : selon ce qui nous arrive, on peut devenir des assassins en puissance.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fargo_(film)
Tout cela (et bien plus) fait de La Niña de fuego l’un des films les plus surprenants, originaux et perturbants de la nouvelle saison cinématographique en Espagne. C’est une tragicomédie où le spectateur commence par rire, avant de sentir son visage pétrifié dans un rictus qui confirme qu’on assiste là aux débuts d’une carrière qui promet d’être aussi brillante qu’atypique. Vermut propose un langage et une esthétique si nouveaux qu’après seulement deux films, il est déjà une figure du nouveau cinéma espagnol, celui qui est en train de rompre avec les postulats plus classiques du cinéma qui le précède. On espère que le Festival de San Sebastian, qui le met face à des metteurs en scène plus consacrés, saura récompenser son audace et son talent.
http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=263840

Il y a une scène dans La Niña de fuego, dans laquelle le personnage d’Oliver explique pourquoi en Espagne la corrida est encore largement accepté par la population. L’Espagne est un pays où le conflit entre le rationnel et l’émotif n’est pas encore complètement résolu, d’où la fascination pour le portrait de la lutte entre l’instinct et la raison qui a lieu dans les arènes. La Niña de fuego est né de l’obsession pour cette lutte, qui, en grande ou petite partie, fait partie de chaque être humain, faisant de nous des êtres en conflit éternel.
Carlos Vermut

Carlos Vermut
http://www.imdb.com/name/nm4209430/

Santiago Racaj
http://www.imdb.com/name/nm1167135/

Luis Bermejo
http://www.imdb.com/name/nm1084399/

Bárbara Lennie
http://www.imdb.com/name/nm1036659/

José Sacristán
http://www.imdb.com/name/nm0755364/

Javier Botet
voir fiche du film Les Sorcières de Zugarramurdi
http://www.citebd.org/spip.php?film1179

Alberto Chaves
http://www.imdb.com/name/nm1554522/

Israel Elejalde
http://www.imdb.com/name/nm1990986/

Elisabet Gelabert
http://www.imdb.com/name/nm1251449/

Julio Arrojo
http://www.imdb.com/name/nm2073893/

Marisol Membrillo
http://www.imdb.com/name/nm1421055/

Miquel Insua
http://www.imdb.com/name/nm0409401/

extrait(s) de presse

Télérama - Alors, que dire de ce dernier film ? Tout simplement qu'il est stupéfiant, qu'il surprend énormément et qu'il est particulièrement décoiffant. Oh, bien sûr, on a déjà vu ce genre-là, mais rarement aussi rigoureux, rarement aussi envoûtant…