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Les Terrasses

Es-Stouh - السط
France, Algérie - 2013 - 1h31
sorti en France le 6 mai 2015
Mostra de Venise 2013
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Merzak Allouache

scénario : Merzak Allouache
direction de la photographie : Frédéric Derrien
avec : Adila Bendimerad (Assia), Nassima Belmihoub (Selouma), Ahcene Benzerari (Cheikh Lamine), Aïssa Chouat (Halim), Mourad Khen (Hamoud), Myriam Ait El Hadj (Layla), Akhram Djeghim (Hakim), Amal Kateb (Aicha)
séances : semaine du mercredi 5 août 2015
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
20:30
18:30
21:00
18:30
11:00*
20:30*
20:30
séance spéciale :
* les matinales samedi et dimanche à 11h00 sont au tarif unique de 3,50 €

synopsis

Alger. Une ville surpeuplée, avec ses embouteillages incessants, sa foule chaotique, ses immeubles délabrés, ses appartements décrépis où s'entassent et survivent les familles. Dans cette ville qui étouffe, les terrasses, progressivement transformées en lieux d'habitation, sont, elles aussi, devenues au fil du temps des lieux d'effervescence où se croisent sourires et douleurs, vie et mort... Cinq histoires indépendantes les unes des autres, qui s'enchevêtrent et se bousculent le temps d'une journée. De l'aube à la nuit, au rythme des cinq appels à la prière provenant des nombreuses mosquées de la ville....

notes de production

Les Terrasses a fait partie de la sélection officielle de la Mostra de Venise et a reçu au festival d’Abou Dhabi le grand prix du film arabe, ainsi que le prix de la critique internationale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mostra_de_Venise_2013

C’est lors du tournage de son téléfilm La Baie d’Alger (1) en 2010 que le réalisateur Merzak Allouache eut l’idée de faire un film sur les terrasses d’Alger, véritables lieux caractéristiques de la capitale algérienne. Tournant alors sur l’une d’elles dans le quartier de la Casbah, il décida de faire un film dont l’action se situerait entièrement sur des terrasses.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Baie_d’Alger

Bien que vivant en France, Merzak Allouache est l’une des figures majeures du cinéma algérien. Fin observateur de la société de son pays, l’enjeu des Terrasses est de montrer que sous l’apparente insouciance gagnée après des années de terrorisme, la population algérienne vit toujours dans un climat instable. De l’aveu même du réalisateur, le film ne tend absolument pas vers la comédie mais s’inscrit dans la lignée des films réalisés, depuis Harragas (2) en 2009, marquant un tournant dans la carrière de Merzak Allouache, après le succès des comédies Chouchou (3) en 2003 et Bab el web (4) en 2005.
(2) http://www.africultures.com/php/?nav=article&no=9206
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chouchou_(film)
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bab_el_web

Le tournage des Terrasses fut particulièrement rapide puisque Merzak Allouache boucla son film en seulement onze jours. Point de record revendiqué ici par le réalisateur mais des conditions de tournage particulièrement difficiles comme il le mentionne : d’abord, c’est un film qui s’est fait avec un budget très modeste, avec une équipe très réduite, et surtout, le problème que j’avais, c’est qu’à chaque fois que j’ai obtenu l’autorisation de tourner sur l’une des terrasses, c’était une autorisation assez bancale, parce que ses terrasses étant très convoitées, beaucoup de gens étaient là et voulaient se faire payer. Il fallait donc vraiment faire vite, sans savoir si on allait pouvoir terminer avant de se faire virer de la terrasse.

Les cinq terrasses du film sur lesquelles Merzak Allouache a posé sa caméra ont en commun le fait d’être des lieux de plus en plus prisés par la population, ce qui n’était pas encore le cas il y a quelques années. Outre le fait de capter sur le vif les changements de modes de vies des algériens, faire un film sur ces promontoires à ciel ouvert répondait également à deux autres critères : d’une part, l’impossibilité pour le réalisateur de tourner dans la rue en raison de la foule et d’autre part, montrer aux spectateurs la baie d’Alger (5), qui selon ce dernier, est une des plus belles baies du monde.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Baie_d’Alger

Avec Les Terrasses, Merzak Allouache, de son propre aveu, revendique clairement l’envie de faire un pont avec son premier film, Omar Gatlato (6), datant de 1977. Le cinéaste y convoque les mêmes thématiques à savoir le regard pessimiste d’une jeunesse algérienne sur un pays en crise ; une mécanique de l’absurde contrebalançant le propos réaliste et surtout, le fait que les deux films utilisent la terrasse comme enjeu narratif.
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Omar_Gatlato

Si Merzak Allouache choisit de traiter Les Terrasses sur un mode sérieux, ce n’est pas juste parce que le sujet semble s’y prêter. En effet, derrière cela, il y a surtout le désir de revendication d’un réalisateur sur le cinéma de son pays, qui face aux attentes du public à voir une comédie, préfère montrer la réalité sans fard de la société. Pour le cinéaste : là, il faut parler du cinéma en Algérie : le cinéma ne fait pas peur parce qu’il va provoquer des révoltes, qu’un film va bouleverser la société, non. Ça se pose en terme d’image : quelle image on montre à l’extérieur ?

Les Terrasses, récit de cinq histoires sur l’une des fameuses terrasses du titre, fut selon le réalisateur, tourné comme on tournerait cinq courts-métrages. L’enjeu du film, à la manière d’un film à sketches comme Paris je t’aime (7) ou New York I love you (8), est de montrer les différents quartiers historiques de la capitale algérienne. Le spectateur navigue donc, au fil des histoires, de la Casbah (9) aux faubourgs de l’ancienne époque coloniale, rencontrant ainsi au passage, les différents habitants typiques peuplant ces quartiers.
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris,_je_t’aime
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/New_York,_I_Love_You
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Casbah_d’Alger

Les Terrasses montre une Alger où la religion est omniprésente. L’islam, le judaïsme et le christianisme, toutes ces religions sont chacune représentées de manières très différentes, dans ce film où la religion est figurée comme une toile de fond. L’islam revient à la manière d’un leitmotiv avec les cinq appels à la prière ; la religion juive est abordée à travers l’évocation des cimetières juifs de la ville tandis que les références au christianisme sont soulignées avec l’histoire se déroulant dans le quartier Notre-dame d’Afrique (10).
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Notre-Dame_d’Afrique

Entretien avec Merzak Allouache
Pourquoi filmer les terrasses ?
J’ai commencé à y penser lors du tournage d’un court-métrage dont la moitié se déroulait sur une terrasse située au-dessus de mon bureau (à Alger). Je n’y avais pas mis les pieds depuis plusieurs années. Le lavoir qui existait est devenu un petit logement avec des fleurs et des rideaux. J’ai alors commencé à apercevoir ce changement. On n’est pas encore arrivé au stade de l’Égypte où les gens habitent dans des cimetières mais on n’en est pas loin. La transformation de terrasses en lieu d’habitation a pris de l’ampleur en Algérie.
J’ai visité plus de 60 terrasses à Alger pour tourner ce film. Nous avons rencontré, parfois, des difficultés pour obtenir les autorisations. On ne savait pas très bien qui gérait ces terrasses. Celles-ci n’appartiennent plus aux habitants de l’immeuble mais à celui qui s’y installe. Et puis, les terrasses vous donnent cette particularité d’être à « l’intérieur et à l’extérieur » en même temps. C’est très intéressant comme décor de film. On n’est pas dans l’enfermement et on n’a pas la difficulté de travailler dans une ville surpeuplée comme Alger qui devient très difficile pour le tournage...

http://cinema-levagabond.jimdo.com/d%C3%A9couverte/les-terrasses/

Merzak Allouache
Né le 6 Octobre 1944 à Alger.
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=3222

Frédéric Derrien
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/345081/frederic-derrien

Adila Bendimerad
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/374684/adila-bendimerad

Ahcene Benzerari
http://www.commeaucinema.com/filmographie/ahcene-benzerari,260324

Mourad Khen
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mourad_Khen

Amal Kateb
voir fiche du film L’Oranais
http://www.citebd.org/spip.php?film1304

extrait(s) de presse

Positif - Les diverses prières sur 24 heures donnent le tempo cinématographique et scandent l'avancée scénaristique du film. Néanmoins, la violence, la rage, les pleurs ou les cris n'entament pas une seule seconde l'amour évident que le réalisateur porte à la ville et à ses habitants.
Sud ouest - Le film, puissant et d'un désenchantement frisant parfois la comédie, dit en cinq courtes histoires et en cinq quartiers d'Alger le désespoir d'un pays rongé par le mensonge, la misère et l'ignorance. Superbe.
Télérama - Montrer les impasses de la société algérienne, pour le ciné­aste, ce n'est pas s'enfermer dans un discours dénonciateur. C'est accueillir la vie, espoir et désespoir mêlés.
àVoir-àLire - Merzak Allouache porte un regard audacieux et sans concession sur l’Algérie d’aujourd’hui, sans jamais se perdre dans les méandres obscurs de son sujet.
Les Inrocks - Si les protagonistes menacent parfois d’être plus des symboles que de vrais personnages fouillés, Allouache parvient néanmoins à parler de son pays à travers des situations quotidiennes (...) entre ciel et terre, entre réalité étouffante et ouverture vers l’espoir.
Le Monde - Dans "Les Terrasses", Merzak Allouache poursuit l’exploration de la société algérienne qu’il avait entamée dans des films comme "Harragas", "Normal !" et "Le Repenti"...
Libération - Prendre de la hauteur, n’appréhender la pulsation urbaine que par ses rumeurs réverbérées et ancrer tous ses personnages sur les innombrables toits terrasses qui jalonnent les collines algéroises. (...). L’idée est indéniablement séduisante, oui, mais c’est aussi la seule à s’imposer.
Abus de ciné - En choisissant de tourner dans ces lieux ouverts, Merzak Allouache souligne les paradoxes de son pays, puisque dans ces lieux de beauté, qui jouxtent un ciel bleu et pur, souvent synonyme de divin, semblent se défouler les pires pulsions et se dissimuler les plus honteux des secrets.