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Titli, une chronique indienne

Inde - 2014 - 2h07
sorti en France le 6 mai 2015
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2014
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Kanu Behl

scénario : Kanu Behl, Sharat Kataryia
direction de la photographie : Siddharth Diwan
musique ou chansons : Karan Gour
avec : Shashank Arora (Titli), Shivani Raghuvanshi (Neelu), Ranvir Shorey (Vikram), Amit Sial (Pradeep), Lalit Behl (le père), Prashant Singh (Prince)
séances : semaine du mercredi 1er juillet 2015
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
14:00
21:00
11:00*
16:30*
14:00
18:30
séance spéciale :
* les matinales samedi et dimanche à 11h00 sont au tarif unique de 3,50 €

synopsis

Dans la banlieue de Delhi, Titli, benjamin d’une fratrie de braqueurs de voitures, poursuit d’autres rêves que de participer aux magouilles familiales. Ses plans sont contrecarrés par ses frères, qui le marient contre son gré. Mais Titli va trouver en Neelu, sa jeune épouse, une alliée inattendue pour se libérer du poids familial…

notes de production

Kanu Behl s’est inspiré de sa propre histoire et de son rapport à son père, pour créer le scénario de Titli, une chronique indienne. Il a ainsi tiré beaucoup de son sentiment d’oppression que lui imposait son père, sentiment que possèdent beaucoup de jeunes Indiens.

Fils d’un réalisateur et d’une comédienne, Kanu Behl, qui a le cinéma dans le sang, réalise, après plusieurs documentaires, Titli, une chronique indienne, son premier long-métrage.

Titli, prénom indien, signifie papillon. Kanu Behl explique le choix de ce titre : c’est l’une des créatures dont la métamorphose est la plus radicale, passant d’une chenille laide et sans vie à un magnifique papillon. Le titre du film est à prendre au second degré. Le voyage de Titli est presque à l’opposé de la trajectoire du papillon. D’un garçon innocent et opprimé, il se transforme à son tour en oppresseur.

Avec Titli, une chronique indienne, Kanu Behl a voulu rompre avec la tradition de Bollywood qui utilise presque uniquement des faux décors. Ainsi, presque l’intégralité du film a été tournée dans des décors réels à Dehli. De plus, le réalisateur a recruté énormément d’acteurs non-professionnels, dans un souci de réalité.

C’est le père de Kanu Behl qui incarne le père dans le film.

Le tournage a eu lieu en plein été à Delhi, durant la période la plus chaude de l’année, 16h par jour pendant 40 jours.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Delhi

A l’origine, le film durait 3h40 ! Après l’arrivée de la monteuse Namrata Rao, il a pu être réduit à 2h07.

Avec Titli, une chronique indienne, Kanu Behl a voulu montrer la séparation qui se creuse entre les deux parties de Delhi. Il explique : d’un côté, (il y a) les gens qui sont dans la ville, qui consomment, veulent être servis à toute heure, et de l’autre, les gens qui ne font pas partie de ce monde, qui sont à la marge, rejetés, et qui sont chargés de servir ceux qui veulent être servis. Jour après jour, ils sont repoussés de plus en plus loin. (...) Siddharth et moi voulions que ces deux mondes se rencontrent.

Kanu Behl a voulu montrer la place de plus en plus importante des femmes indiennes dans la société, mais également la difficulté qu’elles rencontrent encore à s’imposer dans un monde d’hommes. Il explique : Titli, une chronique indienne a toujours été conçu comme un film anti-patriarcal. Toutes les femmes sont fortes et font entendre leurs voix. Neelu, Sangeeta ou même l’avocate, sont des personnages qui pensent et agissent, dirigés par leur conscience. Mais comme elles n’ont jamais eu de pouvoir physique ou financier pour s’imposer, elles sont malgré tout souvent laissées à la merci des hommes et leur lutte pour s’échapper est d’autant plus longue et difficile .

Titli, une chronique indienne a été présenté dans la catégorie Un Certain regard au Festival de Cannes 2014. Il a reçu le prix de la critique au Festival international du film Indépendant de Bordeaux 2014 et le prix du public au Festival du Film d’Asie du Sud Transgressif 2015.

Entretien avec Kanu Behl
On dit que les premiers films sont souvent très personnels. Est-ce le cas de "Titli" ?
Le film s’inspire effectivement d’une expérience personnelle. J’ai eu une relation très compliquée avec mon père en grandissant, et comme beaucoup de jeunes hommes en Inde, j’ai essayé d’échapper à sa présence oppressante. J’ai commencé à me chercher, j’ai quitté la maison et vécu mes propres expériences. J’ai finalement intégré une école de cinéma, et dans les années qui ont suivi, j’ai réalisé que plus j’étais obsédé par l’idée de ne pas ressembler à mon père, plus je devenais comme lui et plus cela m’oppressait. Même si les choses que je faisais étaient différentes, l’esprit dans lequel je les faisais était semblable au sien. J’en ai pris conscience en écrivant le scénario.Le film était sur le point de se faire. Un gros studio était intéressé...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/titli-une-chronique-indienne-drame,319202-note-117010

Kanu Behl
http://www.imdb.com/name/nm2885983/

Sharat Kataryia
http://www.imdb.com/name/nm2680506/

Siddharth Diwan
http://www.imdb.com/name/nm2810184/

Karan Gour
http://www.imdb.com/name/nm3937503/

Shashank Arora
http://www.imdb.com/name/nm3508604/

Ranvir Shorey
http://www.imdb.com/name/nm1249116/

Amit Sial
http://www.imdb.com/name/nm1748072/

Prashant Singh
http://www.imdb.com/name/nm6221925/

extrait(s) de presse

Sud ouest - Sans jamais être appuyé, porté par une mise en scène contemplative où la ville apparaît comme un mirage, tenu par l'interprétation toute en nuances de Shashank Arora (Titli) et de Shivani Raghuvanshi (Neelu), le film déploie sa trame avec une incroyable finesse, superposant une intrigue policière à l'intrigue sentimentale et familiale.
Critikat - Le montage sec de la brillante Namrata Rao donne au film le rythme nécessaire, lui évitant tout autant la contemplation que la brutalité gratuite.
L'Humanité - Au centre du film se trouve un parfait antihéros, le falot Titli, dernier de la fratrie. Quoique sa figure changeante soit un peu floue et l’intrigue fluctuante, la qualité documentaire du film est formidable. Très encourageant.
Positif - Le débutant Kanu Behl analyse de près l'aspiration au succès de son protagoniste. Sashank Arora l'incarne avec ardeur (...). Une méthode de tournage tout à fait néoréaliste, sans script ni faux décors, éloigne "Titli" des danses et chansons bollywoodiennes.
Première - Même si le personnage principal cherche à évoluer, son nom (qui signifie "Papillon") témoigne de sa fragilité, et le film, par ailleurs très bien écrit et interprété, suggère que rien n’est gagné.
L'Express - Une chronique sociale palpitante au cœur de l'Inde.
Télérama - C'est en observant les femmes, leur courage, leur ingéniosité, leur dévouement que le réalisateur condamne avec le plus de force la ­société indienne patriarcale : fières et décidées à ne plus se taire, à ne plus être à la merci des hommes, au risque d'être battues comme plâtre, les femmes du film sont magnifiques.
Le Monde - Comme son héros, Titli, qui veut échapper au déterminisme familial, le film échappe de justesse au pur diagnostic social par sa virulence satyrique et sa percée vers le polar noir.