Cendres - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Cendres

Cendres

France, Sénégal - 2013 - 1h14
sorti en France le 10 juin 2015
Compétition Festival international du film francophone Namur 2014
documentaire - film francophone
de

Idrissa Guiro, Mélanie Pavy

scénario : Idrissa Guiro, Mélanie Pavy
direction de la photographie : Idrissa Guiro
voix : Hiromi Asai (voix de Kyoko)
séances : semaine du mercredi 10 juin 2015
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
20:30*
séance spéciale :
* jeu 11 à 20h30 - en présence de Idrissa Guiro et Mélanie Pavy - en partenariat avec Sisyphe vidéo et Documentaire sur grand écran - tarif unique 3,50 €

synopsis

En vidant l’appartement parisien de Kyoko qui vient de mourir, sa fille, Akiko découvre deux carnets laissés à son intention. Son journal intime, tenu depuis 1964. Chargée de cet étrange héritage, la jeune femme décide de rapporter l’urne de sa mère au Japon, dans sa famille maternelle, et découvre un territoire intime auquel elle appartient sans le savoir...

notes de production

Le film voyage entre deux générations de femmes, de la France de la Nouvelle vague au Japon d’après la bombe. En cherchant le lieu où disperser les cendres, Akiko remonte le fil du temps et cherche sa place. Akiko, héroïne de ce documentaire, fait ici écho à sa mère l’actrice, à sa mère l’icône féminine des années soixante. C’est ce dialogue par-delà la mort, que le film porte comme il porte le passé de Kyoko et le destin d’Akiko.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_Vague

Contrairement à la plupart des documentaires, aucun scénario n’a été écrit pour Cendres. En effet, la soudaineté du deuil qui a frappé Akiko ne l’a pas permis. Cette dernière connaissant Idrissa Guiro, le réalisateur a aussitôt eu l’idée de suivre son amie lors de son voyage au Japon en ayant la certitude que des événements forts et émouvants auraient lieu dans sa famille.

Pour les deux metteurs en scène, la barrière de la langue aura été un avantage car la famille japonaise d’Akiko ne se serait pas livrée à des confidences trop intimes si elle avait su que des personnes extérieures pouvaient les comprendre.

Cendres a été illustré par de nombreux extraits de films dans lesquels Kyoko a tourné alors qu’elle avait 20 ans. Selon Mélanie Pavy, le fait de raconter la vie de cette femme à travers le voyage de son enfant, Akiko, et en ayant seulement d’elle une image de jeune fille, lui confère un aspect iconique et spectral

Une partie du documentaire a été tournée là où réside la famille d’Akiko, à savoir dans cette même ville qui fut presque totalement détruite à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il paraissait alors impossible de pouvoir l’ignorer mais l’enjeu était de pouvoir insérer cet élément dans le film sans que cela ne soit trop écrasant : une des questions qui nous semblait importante dans le film était celle de la transmission. Qu’est-ce qu’une génération lègue à une autre ? La bombe trouvait alors naturellement sa place, celle d’une sorte de divinité tutélaire destructrice, comme il en existe beaucoup au Japon. Ensuite, au-delà de la catastrophe, la région d’Hiroshima est considérée comme une des plus traditionnelles du Japon, et la famille de Kyoko incarne cette tradition de manière très forte. La trajectoire de Kyoko est totalement liée à ça. C’est fondateur chez elle, et c’est ce à quoi elle s’oppose, c’est à la fois un socle et un repoussoir. Ces constructions identitaires en opposition - que ce soit Kyoko par rapport à sa famille traditionnelle, Akiko par rapport à sa mère ou même la Nouvelle vague par rapport à Ozu et à un cinéma plus classique - étaient au cœur de ce qui nous intéressait dans ce film.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hiroshima
http://www.citebd.org/spip.php?film145

Pour créer Cendres, Idrissa Guiro et Mélanie Pavy se sont notamment inspirées de films comme Sans soleil réalisé par Chris Marker ou encore du cinéma de Naomi Kawase.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sans_soleil
http://www.citebd.org/spip.php?film1320

Le film a été présenté dans de nombreux festivals à travers le monde et a notamment reçu le Grand prix à Groix.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Groi

Au cours de leurs recherches lors de la sélection des extraits des films de Kyoko et au moment de la traduction de son journal intime, les deux réalisatrices ont découvert, même si elles ne l’ont pas évoqué dans le film, que : "Kyoko a eu une correspondance avec François Truffaut, qu’elle avait rencontré au Japon. Dans Domicile conjugal, la femme japonaise dont Antoine Doinel s’éprend s’appelle Kyoko, et certains détails et répliques du film proviennent directement de lettres de Kyoko à Truffaut."
http://www.citebd.org/spip.php?film1411
http://fr.wikipedia.org/wiki/Domicile_conjugal

Cette expérience aura été très marquante pour la protagoniste principale ainsi que pour ses deux amis qui l’ont suivie durant des semaines : au départ on pensait faire un film sur le deuil et on s’est rendu compte que le film lui-même faisait partie intégrante du deuil d’Akiko. Elle nous a même avoué au moment du montage qu’elle avait hâte que le film soit fini car cela signifierait que son deuil est enfin arrivé à terme, accompli. C’est donc là que s’entrelacent le réel et la fiction. La mémoire elle-même est une fiction, dans le sens où elle sélectionne les souvenirs, les organise pour en faire une histoire dont les vivants pourront se servir.

Idrissa Guiro
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=14586

Mélanie Pavy
http://www.commeaucinema.com/personne/melanie-pavy,117930

Hiromi Asai
http://www.imdb.com/name/nm3259096/