Le Procès de Viviane Amsalem - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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Le Procès de Viviane Amsalem

Gett, גט - המשפט של ויויאן אמסלם
France, Israël, Allemagne - 2014 - 1h56
sorti en France le 25 juin 2014
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2014
film - version originale sous-titrée en français
de

Shlomi Elkabetz, Ronit Elkabetz

scénario : Shlomi Elkabetz, Ronit Elkabetz
direction de la photographie : Jeanne Lapoirie
avec : Ronit Elkabetz (Viviane Ansallem), Menashe Noy (Carmel Ben Tovim), Simon Abkarian (Elisha Amsallem), Sasson Gabai (Rabbi Shimon), Eli Gornstein (juge principal), Gabi Amrani (le clerc), Rami Danon (premier juge adjoint), Roberto Pollack (second juge adjoint), Dalia Beger (Donna Aboukassis), Avrahrem Selectar (Shmuel), Keren Mor (Galia), Evelyn Hagoel (Evelyn), Rubi Porat Shoval (Rachel Amzalleg), Shmil Ben Ari (Ya'akov Ben Harouch), David Ohayon (David), Ze'ev Revach (Simo)
séances : semaine du mercredi 27 mai 2015
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 31 lundi 1er mardi 2
20:30*
séance spéciale :
* ven 29 à 20h30 - soirée débat organisée dans le cadre de la journée de "Paroles de Résistance Citoyennes" en partenariat avec RCR16, Le Texte Libre, Théâtre en Action, collectif PRC, Sisyphe vidéo. Tarif unique : 3,50 €

synopsis

Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse. Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n'est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari. Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d’une procédure où le tragique le dispute à l'absurde, où l'on juge de tout, sauf de la requête initiale...

notes de production

Depuis toujours et encore aujourd’hui, le mariage civil est proscrit en Israël, l’union des deux époux étant intrinsèquement liée au code religieux. De ce fait, lors d’une procédure de divorce, l’époux doit donner son accord pour que la séparation puisse être officialisée. Même si la femme déclare son approbation, tant que le mari n’a pas donné son aval, la procédure ne peut être enclenchée. Tout l’enjeu du Procès de Viviane Amsalem repose sur cette loi religieuse qui n’a jamais subi d’évolutions et qui prive les femmes du droit au divorce : Le Procès... n’est pas seulement l’histoire de Viviane mais il est une métaphore de la condition de ces femmes qui se voient comme emprisonnées à perpétuité par la loi. Le Procès... , par conséquent, représente la condition des femmes à travers le monde, partout où - parce qu’elles sont femmes - elles sont regardées par la loi et par les hommes comme inférieures aux hommes.

Le Procès de Viviane Amsalem clôt la trilogie entamée par la fratrie Shlomi Elkabetz/Ronit Elkabetz avec Prendre femme (1) et Les Sept jours (2). Le dénominateur commun de ces trois volets prend le nom de Viviane, une femme luttant pour son émancipation, dont le rôle est interprété par la réalisatrice elle-même.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prendre_femme
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Sept_Jours

Dans Le Procès de Viviane Amsalem, les personnages parlent hébreu, anglais mais aussi français, trois langues qui s’appliquent chacune à des situations bien précises et manifestent des intentions propres.
Par exemple, le français et l’arabe sont utilisés lors de conversations intimes et confidentielles et renvoient à tout ce qui est d’ordre profane. Quant à l’hébreu, la langue majoritairement parlée en Israël, c’est une langue sacrée, on ne doit pas l’utiliser pour des conversations banales, quotidiennes. Ces écarts de langage autorisent selon les réalisateurs, un certain confort et crée une intimité entre les personnes composant la famille.

Dans cette configuration-là, un huis-clos ayant pour sujet un procès, les deux réalisateurs ne souhaitaient pas se positionner comme des observateurs qui assistent à un fait de justice mais plutôt retranscrire à l’écran le point de vue de leurs personnages : la caméra est toujours positionnée du point de vue d’un des personnages, qui regarde un autre personnage. Celui qui n’est pas regardé n’est pas visible. Nous, les réalisateurs, nous ne racontons pas notre histoire en imposant un point de vue unique sur l’histoire, mais par le prisme varié des personnes présentes dans l’espace devant nous. Un point de vue subjectif dans un lieu supposé objectif.

Entretien avec Ronit et Shlomi Elkabetz
Quand situer "Le Procès de Viviane Amsalem" ?
Aujourd’hui. Comme cette Loi n’a jamais évolué, la question n’est pas de savoir « quand », mais « pendant combien de temps » se déroule la procédure. Le temps précieux que perdent ces femmes qui réclament leur acte de divorce ne revêt aucune importance aux yeux du mari, des rabbins et de la Loi. Ce temps perdu n’a de valeur que pour la malheureuse qui supplie de revenir à la vie. Car tant qu’elle n’est pas formellement séparée, une femme vivant hors du domicile conjugal ne pourra jamais refonder un foyer et les enfants qu’elle pourrait avoir hors de son mariage auraient le statut de « mamzer » (équivalent à celui de bâtard sans aucune protection ou reconnaissance juridique). Par ailleurs, cette loi lui interdit toute vie sociale, car on la soupçonnerait d’une liaison avec un homme, ce qui l’empêcherait pour toujours de recevoir l’acte de divorce, si l’époux persiste dans son refus. Une femme qui attend son acte de divorce est condamnée à une forme de prison...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/gett-le-proces-de-vivianne-amsalem-drame,319379

Shlomi Elkabetz
http://fr.wikipedia.org/wiki/Shlomi_Elkabetz

Ronit Elkabetz
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronit_Elkabetz

Jeanne Lapoirie
voir fiche du film Gaby baby doll
http://www.citebd.org/spip.php?film1369

Menashe Noy
http://www.imdb.com/name/nm0637505/

Simon Abkarian
voir fiche du film The Cut
http://www.citebd.org/spip.php?film1385

Sasson Gabai
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sasson_Gabai

Eli Gornstein
http://www.imdb.com/name/nm5904054/

Gabi Amrani
http://www.imdb.com/name/nm0025381/

Rami Danon
http://www.imdb.com/name/nm0200475/

Roberto Pollack
http://www.imdb.com/name/nm0689407/

Dalia Beger
http://www.imdb.com/name/nm1728248/

Keren Mor
http://www.imdb.com/name/nm0602217/

Evelyn Hagoel
http://www.imdb.com/name/nm1327064/

Shmil Ben Ari
http://www.imdb.com/name/nm0069898/

Ze’ev Revach
http://www.imdb.com/name/nm0720745/

extrait(s) de presse

Paris match - Réalisé avec une virtuosité impressionnante, " Le procès de Viviane Amsalem" est une sorte de pagnolade casher qui en dit long sur le droit des femmes mariées en Israël. Drôle à en pleurer, triste à en sourire, anachroniquement contemporain, ce film ubuesque a de quoi nous faire perdre notre hébreu, mais pas notre temps…
Le Nouvel obs - Inspirée par la mère des réalisateurs, cette satire, qui brasse trois langues (hébreu, français, arabe), est une ode au jeu, au verbe, à la conviction. Et, pour ses deux auteurs, une sacrée prise de position.
Critikat - L’ensemble pourrait être étouffant, mais le film regorge de scènes très drôles, d’un comique absurde, qui offrent des moments de respiration bienvenus.
La Croix - ustère dans sa forme, éprouvant en raison du désespoir de Viviane, émouvant grâce au jeu impeccable de ses acteurs, ce film passionne de bout en bout par le portrait qu’il dresse du pays et de la condition des femmes.
Le Monde - Passionnant, "Le Procès de Viviane Amsalem" est un film à la fois mystérieux et oppressant. Reste à espérer que ce beau film, magnifiquement interprété (...), suscitera un débat, non seulement en Israël, mais aussi dans les communautés juives à travers le monde. Rien n'est moins sûr....
Fiches du cinéma - Huis clos âpre et électrique, ce troisième film de Ronit & Shlomi Elkabetz est un nouveau coup de maître.
Libération - Nous ne dirons rien de la fin de ce film tragique et souvent drôle, car frôlant l’absurde, juste qu’il ne faut en aucun cas rater cette scène où Elisha doit prononcer la phrase qui, dans la loi rabbinique, permet à l’époux de rendre à sa femme sa liberté...
Positif - "Le Procès de Vivian Amsalem" vient boucler la boucle en retraçant le divorce du couple de façon austère et brillante. En affichant à l'écran les différentes séquences de l'épreuve qui durera cinq ans, le passage du temps, élément central du récit, rythme et marque la distance, celle d'un chemin de croix épuisant.