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Difret

Ethiopie - 2014 - 1h38
sorti en France le 8 juillet 2014
film - version originale sous-titrée en français
de

Zeresenay Mehari

scénario : Zeresenay Mehari
direction de la photographie : Monika Lenczewska
musique ou chansons : Dave Eggar, David Schommer
avec : Meron Getnet (Meaza Ashenafi), Tizita Hagere (Hirut Assefa), Haregewine Assefa (Membere Yohannes), Brook Sheferaw (assistant DA), Mekonen Laeake (Mr. Assefa Bekele), Meaza Tekle (Mrs. Mulu Assefa), Shetaye Abreha (Etaferaw Teshager), Moges Yohannes (capitaine de police du village), Mickey Tesfaye (officier Getachew), Teferi Alemu (le juge du village), Kiya Kenneha (Aregash Assefa), Girma Teshome (Tadele Kebede), Deribwork Assefa (Mme. Belaynesh), Rahel Teshome (Mme. Elifnesh), Getachew Debalke (M. Hiruy), Tesfaye Kinfe (Alemayehu), Yeneneh Engedawork (professeur du village), Genene Alemu (Dr. Tamrat), Hiwot Assefa (Emnet), Yohannes Belay (Alemu), Feben Yavan (Yordanos), Solomon Teka (M. Zenebe), Kal Thestome (Aster), Eshete Assefa (M. Gebeyehu Gebru), Amaha Tewedage, Tewodros Jembere et Semahegn Alemu (juges coutumiers)
séances : semaine du mercredi 13 mai 2015
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
21:00*
séance spéciale :
* mar 19 à 21h00 : "Cinémétis", en partenariat avec le Festival Musiques métisses et Cp 16 - couplé avec "Timbuktu" - tarif préférentiel 2 films = 7 €
séances : semaine du mercredi 8 juillet 2015
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
14:00
18:30
20:30
18:30
20:30
18:30
21:00
11:00*
14:00*
18:30*
21:00*
11:00
14:00
18:30
20:30
18:30
20:30
18:30
20:30
séance spéciale :
* les matinales samedi et dimanche à 11h00 sont au tarif unique de 3,50 €
séances : semaine du mercredi 15 juillet 2015
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
14:00
18:30
20:35
18:30
11:00*
21:00*
14:00
18:30
20:35
18:30
séance spéciale :
* les matinales samedi et dimanche à 11h00 sont au tarif unique de 3,50 €
séances : semaine du mercredi 22 juillet 2015
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
16:00
16:00
séances : semaine du mercredi 29 juillet 2015
mercredi 29 jeudi 30 vendredi 31 samedi 1er dimanche 2 lundi 3 mardi 4
16:00
16:00
16:00

synopsis

A trois heures de route d’Addis Abeba, Hirut, 14 ans, est kidnappée sur le chemin de l’école: une tradition ancestrale veut que les hommes enlèvent celles qu’ils veulent épouser. Mais Hirut réussit à s’échapper en tuant son agresseur. Accusée de meurtre, elle est défendue par une jeune avocate, pionnière du droit des femmes en Ethiopie. Leur combat pour la justice commence, mais peut-on défier une des plus anciennes traditions ?

notes de production

En langue amharique, le mot difret a un double sens. Dans son usage courant il signifie courage et sa traduction la plus proche en anglais c’est to dare (oser, en français). Mais en amharique (1), il peut aussi sous-entendre le fait d’être violée.
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=16728
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Amharique

Ce film, tiré d’une histoire vraie (celle qu’a vécu Aberash Bekele, une jeune éthiopienne, en 1996), expose sur grand écran le véritable choc des civilisations, où s’affrontent traditions et modernité. Tizita Hagare incarne Hirut, une jeune fille de 14 ans qui rentre de l’école et se fait enlever par des hommes. En Ethiopie la tradition veut qu’on enlève une jeune fille avant de l’épouser. Lors de sa fuite elle tue son futur mari. Meaza Ashenafi, son avocate, incarnée par Meron Getnet, va devoir se battre contre les préjugés et les traditions de la société éthiopienne. Une société patriarcale dans laquelle les femmes n’ont que très peu de droits. Sans tomber dans la caricature, Zeresenay Berhane Mehari nous livre un portrait brut d’une société en pleine mutation. Les jeunes tentent un mélange risqué en alliant modernité et traditions. Le réalisateur s’attarde sur les points de vue de chaque personnage. Cet ensemble hétérogène représente l’Ethiopie (2) toute entière : celui de la famille de Hirut, des fermiers qui ignorent le déroulement ainsi que le fonctionnement de la justice, celui des policiers et du système judiciaire en général. La condition des femmes éthiopiennes reste néanmoins le sujet principal du film. Une ode au féminisme d’un continent africain en pleine lutte pour sa survie.
Avec le soutien d’Angelina Jolie (3) à la production, on comprend pourquoi ce chef d’œuvre a reçu 4 nominations au Festival de Sundance, mais aussi aux festivals du film de Berlin, d’Amsterdam et de Montréal. Il nous fait réfléchir sur la condition humaine, les différences culturelles et raciales avec lesquelles chacun de nous doit vivre. Une lutte des corps et des esprits qui ne peut laisser indifférent, servi par des acteurs d’un réalisme glaçant.
http://www.cineman.ch/fr/movie/2014/Difret/review.html
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thiopie
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film774
Angelina Jolie qui confirme, à cette occasion, son engagement humanitaire et son amour pour l’Ethiopie. En effet, elle s’y est rendue en 2005 pour y adopter sa fille, Zahara, avant d’y retourner quelques années plus tard pour y faire un don de deux millions de dollars afin de renforcer la lutte contre le sida et la tuberculose. Elle a notamment déclaré que : ce film représente un moment fort dans le rayonnement artistique de l’Ethiopie ! Il s’appuie sur la richesse de la culture éthiopienne et montre comment d’importants progrès juridiques peuvent être réalisés dans le respect de la culture locale. C’est une histoire qui donne de l’espoir pour l’avenir de l’Ethiopie et pour d’autres pays où d’innombrables filles grandissent sans pouvoir faire appel à la loi pour les protéger, et qui montre comment le courage d’individus peut éveiller la conscience d’une société.

Pour le réalisateur, le but de ce film était avant tout de mettre en valeur aux yeux du monde le parcours de ces deux femmes et comment elles ont essayé de bouleverser l’ordre établi : en faisant mes recherches, je me suis aperçu que si ces deux femmes avaient contribué à bousculer les mentalités en Éthiopie, elles étaient aujourd’hui plus ou moins tombées dans l’oubli. Grâce au film, on pouvait donner une deuxième vie à leur combat et sensibiliser de nouvelles générations à leur action, d’autant plus que le gouvernement actuel est très focalisé sur les problématiques liées aux femmes.

Depuis le combat mené par ces deux femmes, la situation a beaucoup évolué en Ethiopie. Ainsi, les enlèvements et les viols sont désormais passibles d’une peine de prison de 15 ans. Par ailleurs, Zeresenay Mehari n’a eu aucun mal à réaliser des recherches auprès des autorités locales : les différentes administrations et ministères m’ont ouvert leurs portes et autorisé à consulter tous les documents dont j’avais besoin, y compris les rapports judiciaires.

Pour Mehari, il n’était absolument pas question de tomber dans un quelconque manichéisme. il souhaitait comprendre ce qui poussent les personnages à agir comme ils le font, que ce soit les conservateurs ou les militants progressistes : je tenais à inscrire le film dans le contexte de l’Éthiopie de l’époque, sans que mon propre regard influence le point de vue du spectateur.

A travers ce film, le metteur en scène a tenté d’adresser un authentique message féministe et de dénoncer le traditionalisme extrême de certaines communautés : je tenais à montrer qu’une femme peut être l’égale d’un homme, et parfois même le surpasser. Je n’étais pas conscient d’avoir un point de vue féministe, mais quand j’ai rencontré la présidente de la plus grande association féministe du pays, elle m’a présenté à ses sympathisants comme un militant féministe ! C’était un honneur d’être considéré comme tel.

La production de Difret a reçu le soutien de l’Onu (4) et de plusieurs Ong (5) pour organiser une campagne de sensibilisation aux sujets du film, notamment auprès des plus jeunes.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_Nations_unies
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_non_gouvernementale

Zeresenay Mehari
http://www.imdb.com/name/nm1877993/

extrait(s) de presse

Clap ch - Très méritant du point de vue sociologique et ethnologique, Difret a une qualité indéniable: rappeler une pratique ancestrale qui scelle tragiquement le destin de nombres de jeunes filles à travers le monde.
Cineman - Une lutte des corps et des esprits qui ne peut laisser indifférent, servi par des acteurs d’un réalisme glaçant.