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L’Astragale

France - 2014 - 1h37
sorti en France le 8 avril 2015
film - film francophone
de

Brigitte Sy

scénario : Brigitte Sy, Serge Le Péron
d'après l'oeuvre de : Albertine Sarrazin
direction de la photographie : Frédéric Serve
musique ou chansons : Béatrice Thiriet
avec : Leïla Bekhti (Albertine), Reda Kateb (Julien), Esther Garrel (Marie), Jocelyne Desverchère (Nini), India Hair (Suzy), Jean-Charles Dumay (Roger), Jean-Benoît Ugeux (Marcel), Delphine Chuillot (Catherine), Zimsky (Riton), Billie Blain (Coco), Louis Garrel (Jacky, le photographe), Stéphane Roquet (le routier), Philippe Frécon (ami de Julien), Magali Magne (vendeuse magasin), Eric Rulliat (client boutique), Brigitte Sy (Rita), Eric Poulain (client hôtel), Yann Gael (Etienne, le danseur boîte de nuit)
séances : semaine du mercredi 22 avril 2015
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
16:15
20:40
18:30
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11:00
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20:45
18:30
séances : semaine du mercredi 29 avril 2015
mercredi 29 jeudi 30 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
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synopsis

Une nuit d’avril 1957. Albertine, 19 ans, saute du mur de la prison où elle purge une peine pour hold-up. Dans sa chute, elle se brise l’os du pied : l’astragale. Elle est secourue par Julien, repris de justice, qui l’emmène et la cache chez une amie à Paris. Pendant qu’il mène sa vie de malfrat en province, elle réapprend à marcher dans la capitale. Julien est arrêté et emprisonné. Seule et recherchée par la police, elle se prostitue pour survivre et, de planque en planque, de rencontre en rencontre, lutte au prix de toutes les audaces pour sa fragile liberté et pour supporter la douloureuse absence de Julien…

notes de production

J’ai passé le quart de ma vie en prison, je suis passée au tribunal pour enfants, en correctionnelle, en Assises, j’ai bagarré, j’ai soupiré, j’ai rigolé ; aussi je sais du profond de ma certitude que sous le boisseau enchevêtré des rocailles et des ferrailles, des nuits blanches et des heures grises, il est toujours un jour, un retour.
Albertine Sarrazin

L’Astragale est l’adaptation du roman (1) éponyme d’Albertine Sarrazin publié en 1965. Le roman avait déjà été adapté au cinéma (2) en 1969. Voici ce qu’en disait Guy Casaril, le réalisateur du film : c’est le récit d’un amour fou. Il naît dans la sensualité à l’improviste. Les difficultés de la vie clandestine l’enrichissent et le renforcent, pour le faire éclater enfin, violent, démesuré, se riant de toutes les conventions et mesquineries.
Marlène Jobert, qui tenait le rôle principal, fait dans cette œuvre une composition remarquable : son regard pathétique de gosse traquée à la recherche d’un inaccessible bonheur restera longtemps dans les mémoires.
Images et loisirs
(1) http://www.lepoint.fr/livres/l-astragale-d-albertine-sarrazin-reeditee-01-03-2011-1302071_37.php
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Astragale_%28film%29

Lorsqu’Albertine Sarrazin écrit L’Astragale en 1964, elle est en prison pour quatre mois pour le vol d’une bouteille de whisky.
Elle y fait le récit de son amour fou pour Julien, malfrat rencontré un soir d’avril, sept ans plus tôt, alors qu’elle rampe sur la route après avoir sauté du mur de la prison (et s’être brisé l’os du pied (3) qui donnera son nom au livre) où elle était incarcérée pour le braquage d’une boutique de vêtements. Dès lors, elle va vivre 18 mois de passion avec lui, faits de planques, de cambriolages multiples et de prostitution.
En septembre 1958, ils sont tous deux arrêtés : Julien est relâché, faute de preuves, mais Albertine est incarcérée à Amiens. Le 7 février 1959, Albertine et Julien se marient à la mairie d’Amiens puis Albertine est immédiatement reconduite en prison. Libérée en 1960, elle retrouve enfin celui qu’elle surnomme affectueusement « Zi ». Les braquages reprennent de plus belle...et le couple est de nouveau arrêté et incarcéré. Une fois libérée, Albertine s’installe à Troyes, puis à Alès, où elle est arrêtée une fois encore : elle profite de ces 4 mois de détention pour écrire L’Astragale, avant d’être libérée au mois d’août 1964. Elle ne retournera plus jamais en prison.
L’année suivante, un ami commun transmet les manuscrits de La Cavale (rédigé en 1961) et de L’Astragale à la maison d’édition de Jean-Jacques Pauvert (4) ; Simone de Beauvoir, de son côté, recommande les textes à Gallimard (5). En octobre, Pauvert publie simultanément les deux romans : le succès est immense et du jour au lendemain, Albertine devient célèbre.
Elle écrira encore un roman, La Traversière, en 1965 : nouveau succès. Opérée pour des douleurs abdominales en 1967, elle ne se réveille pas de l’anesthésie. Julien poursuivra la publication posthume des écrits d’Albertine avant de mourir en 1991 et d’être inhumé à ses côtés.
L’Astragale, récit autobiographique écrit à la première personne, donne à voir aussi bien la vie quotidienne dans les prisons pour femmes que la prostitution de l’héroïne, enfant de l’assistance publique (et plus tard révoquée par ses parents adoptifs), fugueuse, habituée depuis l’adolescence aux maisons de correction et à la prostitution, âme sauvage poussée à la révolte et à l’insoumission. Mais le livre évoque aussi ouvertement les amours homosexuelles de son héroïne et dérange les conventions imposées par la société de l’époque...Sa force continue à résonner profondément aujourd’hui.
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/l-astragale-drame,335123-note-123470
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Talus_%28os%29
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Pauvert
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_Gallimard

Même s’il s’agit ici d’un film d’amour avant tout, le milieu carcéral est également évoqué puisque le personnage d’Albertine s’en échappe dès le début de l’histoire. Un monde que la réalisatrice Brigitte Sy connaît très bien pour y avoir enseigné le cinéma durant plusieurs années. Elle a d’ailleurs souhaité adapter son expérience dans son premier film Les Mains libres (6).
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mains_libres_%28film,_2010%29

La relation entre Albertine et Julien s’est déroulée sur une dizaine d’années, de leur rencontre en 1957 jusqu’au décès de la jeune femme en 1967. Elle fut marquée par plusieurs arrestations, incarcérations, remises en libertés, retrouvailles, etc. Pour retranscrire au mieux cette passion amoureuse, Brigitte Sy a décidé de ne traiter que la première année de leur histoire où Albertine s’évade, rencontre Julien, s’éprend de lui et réapprend peu à peu à marcher avant qu’ils ne soient tous les deux arrêtés une première fois en 1958.

Pour Brigitte Sy, le choix de Leïla Bekhti et Reda Kateb dans les rôles principaux s’est imposé très naturellement, comme elle en témoigne : c’est le matin du jour où j’ai entendu pour la première fois la voix de la chanteuse judéo-arabe Line Monty (7), (on l’entend chanter dans le film) que j’ai pensé proposer le rôle d’Albertine à Leïla Bekhti. C’est le soir du jour où Leïla m’a dit oui, que j’ai proposé le rôle de Julien à Reda Kateb. Albertine et Julien Sarrazin se sont dit oui une seconde fois, lorsque les visages de Leïla et de Reda se sont trouvés réunis dans une image de mon film.
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Line_Monty

Brigitte Sy connaissait les qualités du personnage de Julien comme sa bonté et sa douceur, notamment après avoir beaucoup échangé avec Arlette Pautou, la seconde femme de ce dernier. Reda Kateb possédant ces mêmes qualités, il est devenu l’interprète idéal. A tel point qu’après avoir passé une après-midi avec Arlette, cette dernière, au moment de quitter le comédien, lui a lancé un Au revoir Julien...

Bien qu’il s’agisse d’un film se déroulant dans les années 50, la réalisatrice Brigitte Sy n’a pas souhaité trop mettre en valeur cette époque à travers l’image, les décors ou les costumes mais a, au contraire, préféré miser sur une certaine simplicité et se concentrer exclusivement sur la violence intime du sentiment amoureux : faire un film d‘époque, c’est refuser de prouver à chaque détour de plan que les signes objectifs du film (costumes, voitures, coiffures, mobilier) sont bien conformes et redouter de les voir devenir un spectacle pour eux-mêmes (...). C’était pour nous, Frédéric Serve le chef opérateur et moi-même, par la sobriété des cadres, et un travail rigoureux de la lumière, que nous pensions possible de rendre crédible cette époque, et les rues de Paris où les pas d’Albertine Sarrazin résonnent encore lorsque je me promène à certaines heures du jour.

Leïla Bekhti a confié avoir lu le scénario d’une traite et s’être retrouvée dans ce personnage d’Albertine, notamment dans sa manière de se donner sans compter en amour. Elle a également précisé à quel point elle aimait l’écriture d’Albertine et sa capacité à savoir mettre des mots justes sur quelque chose d’aussi troublant et impalpable que le sentiment amoureux.

Dans L’Astragale, la réalisatrice Brigitte Sy fait jouer ses deux enfants : Louis Garrel et Esther Garrel.
Reda Kateb et Leïla Bekhti, avaient déjà tourné ensemble dans le film de prison multi-césarisé de Jacques Audiard Un Prophète (8).
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_proph%C3%A8te

Lorsque très jeune, j’ai lu L’Astragale, j’avais dû pressentir que mon destin serait lié, même si pas exactement comme celui d’Albertine Sarrazin, à la prison. Il est possible que dans mes nuits lointaines, j’ai rêvé être Albertine, bien longtemps avant de marcher moi-même de l’autre côté du mur. Ou peut-être ai-je rêvé que cette femme royale et malicieuse, douce et violente, ironique, intellectuelle, sensuelle et tendre, combative et déterminée soit ma mère.
L’Astragale est l’histoire d’un amour fou : celui d’une jeune fille de 20 ans pour un homme qui l’a recueillie blessée, au pied du mur de la prison dont elle vient de s’évader, une nuit d’avril 1957. La cavale d’Albertine s’achèvera en juin 1958, par son arrestation à Paris.
L’action de mon film se déroule entre ces deux dates.
L’Astragale est une histoire extraordinaire, par la rencontre miraculeuse d’Albertine et Julien et intensifiée par leurs empêchements à rester ensemble. Grâce à lui, elle marche à nouveau. Elle souffre de sa blessure physique mais c’est surtout d’amour qu’elle souffre.
C’est également le portrait d’une jeune femme dont la passion de l’extrême, l’amour de la liberté et l’ivresse de la jeunesse en font une héroïne éternellement moderne. Albertine n’appartient à rien, elle s’appartient. Elle est son monde, sa terre, sa propre planète. Une planète en feu qui explosera plus tard en plein vol.
En cavale, et en guerre contre tout ce qui l’entrave au moment où l’Algérie est à feu et à sang, où en France surviennent les premiers attentats et où la chasse au FLN est lancée. Albertine, née en Algérie, abandonnée, puis adoptée par un couple de français, « ignore » ses origines maghrébines. Elle arpente les rues de Paris et traverse la France entière. Recherchée, chaque minute de liberté peut être la dernière, chaque front plissé, la menace d’une trahison.
Si son extraordinaire capacité à se croire indestructible la préserve des dangers qui la menacent, c’est surtout son irréductible besoin d’écrire qui la sauve. L’écriture est la peau d’Albertine. Pour l’atteindre dans son corps et dans son âme, il eût fallu l’empêcher d’écrire.
Cette cavale, la prostitution, la solitude, l’attente, les risques pris, c’est pour vivre, pour continuer à vivre, le temps de retrouver Julien. Au fond, la fin du film, au moment de leur séparation radicale, est le vrai commencement de leur grande histoire d’amour, comme l’a écrit Albertine, « sans terre, sans maison ».
Récemment j’écoutais à la radio un philosophe en citer un autre. « Il n’y a pas d’explication à l’amour », ça c’est une évidence mais lorsqu’il a jouté ; « on n’aime pas quelqu’un à cause de ses qualités, mais c’est parce qu’on l’aime qu’on lui trouve des qualités », il a éclairci ma journée toute entière...

Brigitte Sy
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/l-astragale-drame,335123

Brigitte Sy
Née le 26 janvier 1956 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Brigitte_Sy

Serge Le Péron
Né le 13 mai 1948 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Le_P%C3%A9ron

Albertine Sarrazin
Née le 17 septembre 1937 à Alger, décédée le 10 juillet 1967 à Montpellier.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Albertine_Sarrazin

Frédéric Serve
http://www.imdb.com/name/nm1173208/

Béatrice Thiriet
Née à Paris le 4 mai 1960.
http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9atrice_Thiriet
http://www.cinezik.org/compositeurs/index.php?compo=thiriet-ent

Leïla Bekhti
voir fiche du film Une vie meilleure
http://www.citebd.org/spip.php?film762

Reda Kateb
voir fiche du film A moi seule
http://www.citebd.org/spip.php?film804

Esther Garrel
Née le 18 février 1991 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Esther_Garrel

Jocelyne Desverchère
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jocelyne_Desverch%C3%A8re

India Hair
http://fr.wikipedia.org/wiki/India_Hair

Jean-Charles Dumay
http://www.agence-aml.com/fiche.cfm/115_2-3998_jean-charles_dumay.html

Jean-Benoît Ugeux
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Beno%C3%AEt_Ugeux

Delphine Chuillot
http://fr.wikipedia.org/wiki/Delphine_Chuillot

Louis Garrel
voir fiche du film Le Mariage à trois
http://www.citebd.org/spip.php?film415

Stéphane Roquet
http://www.imdb.com/name/nm2177786/

Philippe Frécon
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/231308-philippe-frecon.html

extrait(s) de presse

Paris match - Cette seconde adaptation du roman d'Albertine Sarrazin, magnifiée par un noir et blanc inspiré (...), est à la fois éminemment stylisée dans sa forme rétro et d'une revigorante modernité (...). Leïla Bekhti prouve enfin qu'elle est bien l'espoir qu'on attendait. Son meilleur rôle, haut la main.
Positif - Le film enchante par sa liberté de ton et de narration. Il ne s'embarasse pas de l'explication des actions et des sentiments : il les accueille, les condense, avant de les disperser au vent du récit. Comme si de rien n'était...
Fiches du cinéma - Cette adaptation du succès autobiographique d'Albertine Sarrazin, en a le charme vénéneux, qu'intensifient encore la magie d'un cadrage travaillé, la sobriété du dispositif et une interprétation lumineuse.
Les Inrocks - Nimbé d'un beau noir et blanc pré-Nouvelle Vague, un film aux vibrations pourtant très contemporaines.
Première - Dans un noir et blanc élégant, sublimant la reconstitution d’époque, le film révèle une étonnante modernité. (...) Quant au couple Leïla Bekhti-Reda Kateb, tous deux excellents, il est aussi évident qu’électrique.
L'Express - Un film fragile, donc forcément émouvant.
Critikat - En confiant le rôle principal à Leïla Bekhti, à la fois aérienne et habitée sans excès, la réalisatrice a finalement réussi le pari d’offrir à Albertine Sarrazin un visage qui ne s’encombre pas des exercices de mimétisme pour toucher au plus près de l’incarnation.
La Croix - C’est sur la « rencontre miraculeuse d’Albertine et de Julien, intensifiée par leurs empêchements à rester ensemble », que Brigitte Sy concentre son récit. Son film à la belle image en noir et blanc se révèle âpre par les épreuves traversées, les tourments répétés des séparations.