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Crosswind, la croisée des vents

In the crosswind
Estonie - 2014 - 1h27
sorti en France le 11 mars 2015
film - version originale sous-titrée en français
de

Martti Helde

scénario : Martti Helde
direction de la photographie : Erik Põllumaa, Janne Laine
musique ou chansons : Pärt Uusberg
avec : Laura Peterson (Erna), Mirt Preegel (Heldur), Ingrid Isotamm (Eliide), Einar Hillep (Hermiine)
séances : semaine du mercredi 15 avril 2015
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
18:30
20:40
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séances : semaine du mercredi 22 avril 2015
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
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synopsis

Le 14 juin 1941, les familles estoniennes sont chassées de leurs foyers, sur ordre de Staline. Erna, une jeune mère de famille, est envoyée en Sibérie avec sa petite fille, loin de son mari. Durant 15 ans, elle lui écrira pour lui raconter la peur, la faim, la solitude, sans jamais perdre l’espoir de le retrouver... "Crosswind" met en scène ses lettres d’une façon inédite.

notes de production

Il y a deux raisons pour lesquelles Martti Helde s’est décidé à réaliser un film sur les déportations d’Estoniens en Sibérie durant la Seconde Guerre mondiale. La première est qu’il s’est beaucoup intéressé et documenté sur le sujet en 2011 à la suite du 70ème anniversaire de l’invasion soviétique en Estonie. La deuxième est qu’il s’est toujours passionné pour les récits de guerre de son grand-père qui fut blessé et envoyé dans un camp de travail en Sibérie. Martti Helde a donc décidé de faire un film sur ce sujet qui lui tenait à cœur.
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9portation_des_peuples_en_URSS

Vu qu’aucun film ni photo des camps de travail à l’époque Stalinienne n’existe, Martti Helde a consacré une année à lire des témoignages autobiographiques et à rencontrer des survivants. Le personnage principal d’Erna est d’ailleurs basé sur une personne ayant réellement existé et ses lettres ont inspiré une partie de l’intrigue.

A plusieurs reprises, l’image est figée dans Crosswind. Pour le réalisateur Martti Helde, figer l’image était une manière de fixer l’attention du public sur des détails en particulier : je voulais prendre le contrôle sur lui. Dans un film « normal », le spectateur est libre de regarder où il veut, à l’intérieur d’un plan. Moi, je voulais le forcer à regarder ce que je lui montrais. Il n’a pas le choix, il ne peut pas s’échapper, explique-t-il.

Martti Helde a choisi l’Estonienne Laura Peterson pour tenir le rôle principal de son film car c’est une comédienne très respectée dans son pays et le réalisateur a eu son père comme professeur de théâtre.

Après avoir passé un an à étudier des témoignages de rescapés de camps, Martti Helde n’a pas écrit de scénario à proprement parler, il prenait des notes sur des petites étiquettes. Il a également dessiné la plupart des scènes sur des feuilles de papier ainsi que les mouvements de caméra.

Crosswind a été tourné en tout sur trois étés et trois hivers avec plus de 700 figurants et 5 acteurs principaux. Le film a été très compliqué à financer en raison notamment de son absence de scénario. Certaines scènes compliquées nécessitaient parfois 6 mois de préparation à l’équipe.

Pour le travail avec les figurants, le réalisateur Martti Helde a choisi de leur distribuer un petit livre qui expliquait ce qu’avait été la déportation : puis je détaillais la scène dans laquelle ils allaient jouer, j’expliquais comment elle s’inscrivait dans le récit, qu’est ce qui la précédait et la suivait, je leur expliquais leur interaction avec l’héroïne principale, déclare-t-il.

Martti Helde dit détester les effets spéciaux à part s’ils sont absolument nécessaires. Il y a eu effectivement recours dans Crosswind pour rajouter des montagnes en post-production. En effet, le film censé se passer en Sibérie a été en réalité tourné en Estonie où il n’y a pas de montagnes.

Huit jours avant la fin du tournage, Martti Helde n’avait plus d’argent pour finir son film. Il a donc organisé une fête chez lui et a demandé à son équipe s’ils acceptaient de venir travailler gratuitement. Sur les 50 techniciens et figurants, 48 sont restés.

Entretien avec Martti Helde
Qu’est-ce qui vous a conduit à vous intéresser aux déportations d’Estoniens en Sibérie, du temps de Staline ?
D’abord, il y a eu beaucoup de sujets écrits autour de la commémoration de ces évènements, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’invasion soviétique, en 2011. D’autre part, j’ai un grand-père qui est parti faire la deuxième guerre mondiale alors qu’il avait tout juste dix-neuf ans. Il a perdu une jambe, a été amputé, puis arrêté par les Russes et envoyé dans un camp en Sibérie. J’ai grandi en l’entendant parler de la guerre, des Russes, des camps de prisonniers. Tout cela m’était devenu presque familier. Mon grand-père était quelqu’un d’exceptionnel. Après la guerre, il est devenu avocat, puis des années plus tard, il a choisi de devenir prêtre. Il a eu une grande influence sur moi. A sa mort, j’ai compris que, comme lui, les rares témoins encore vivants allaient disparaître et qu’il n’y aurait bientôt aucune trace de leurs témoignages. J’ai donc décidé de faire un film sur ce sujet...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/crosswind-la-croisee-des-vents-drame-historique,330801

Martti Helde
Né le 23 août 1987 à Tallinn (Estonie).
http://www.imdb.com/name/nm3761088/

Erik Põllumaa
http://www.imdb.com/name/nm2760570/

Janne Laine
http://www.imdb.com/name/nm0481845/

Pärt Uusberg
http://www.imdb.com/name/nm2596976/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Une manifestation éblouissante du 7e Art.
Paris match - Réalisé avec très peu de moyens, « Crosswind » s’impose dès aujourd’hui, comme une œuvre à part dans l’histoire du cinéma. Aussi ne passez pas à côté de cet événement, et acceptez de vous laisser porter jusqu’à « la croisée des vents ». Vous en sortirez l’âme ébouriffée…
Télérama - La puissance d'évocation de ce premier long métrage est incroyable : la scène magnifique où, en Sibérie, un groupe de femmes trime dans un champ boueux ressemble au négatif parfait d'une affiche de propagande soviétique. Avec Martti Helde, la beauté redevient essentielle.
La Voix du nord - Un exercice de style cérébral, inédit, radical, qui revendique pleinement, n’en déplaise aux puristes, son esthétisme, son romantisme. Mieux vaut trop de partis pris que pas assez !
Positif - "Crosswind" aurait mérité plus de variations pour coller à l'émotion de ses personnages et donc du spectateur, qui peut se perdre dans cette trop grande exigence formelle. Mais Martti Helde fait déjà preuve d'une invention cinématographique hors norme.
Sud ouest - Chaque plan devient captivant, et le spectateur se voit projeté dans une autre dimension. Il n'a plus qu'à suivre ces familles, et parmi elles Erna et sa petite fille échouant dans cette Sibérie qui est une prison à ciel ouvert.
Le Jdd - Premier film édifiant, tourné en noir et blanc, avec de longues scènes où seule la caméra bouge. (...) Solennel, esthétique et limite pompeux, l’effet n’est pas moins saisissant et parfaitement maîtrisé. Rien que pour cette audace, le tout jeune Martti Helde réussit son coup.
Film de culte - On a le sentiment en voyant Crosswind qu'il n'y avait pas d'autres manières de traiter de ce traumatisme...