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Les Aventures du prince Ahmed

ciné môme - ciné répertoire
Die Abenteuer des prinzen Achmed
Allemagne - 1926 - 1h05
sorti en France le 2 juillet 1926
accessible aux enfants à partir de 5 ans
film d'animation - film muet
de

Lotte Reiniger, Carl Koch (non crédité)

scénario : Lotte Reiniger
musique ou chansons : Wolfgang Zeller
voix : Hanna Schygulla
séances : semaine du mercredi 8 avril 2015
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
14:00
14:00

synopsis

Un mage africain crée un cheval volant, et le propose à un calife, qui lui achète contre ce qu'il voudra parmi ses trésors. Le mage choisit sa fille la princesse Dinarsade, et montre au fils du calife, le prince Ahmed, comment faire monter le cheval. Le prince l'essaie et s'envole aussitôt, mais le mage ne lui a pas montré comment faire descendre le cheval. Le prince Ahmed est emporté dans le pays lointain des Esprits de Wak-Wak, où il rencontre la belle Pari-Banou, dont il tombe amoureux et qu'il emmène. Ils poursuivent leur périple vers la Chine, mais là le mage les retrouve et enlève Pari-Banou pour la vendre à l'empereur de Chine. Ahmed fait la connaissance d'une sorcière, ennemie du mage...

notes de production

Réalisé en papier découpé, ce film noir et blanc (teinté en couleur) et muet est le plus ancien long-métrage d’animation conservé.
Basé sur la technique traditionnelle du théâtre d’ombres, ce trésor d’inventivité et de finesse de formes reprend des lieux communs de l’Orient : le palais qui est construit en une nuit, le tailleur pauvre attiré par la Princesse, l’épisode d’Aladin et de la lampe merveilleuse. D’autres lieux sont imaginaires : le pays lointain des Esprits de Wak-Wak, la Sorcière et son Royaume de la Montagne en flamme... Lotte Reiniger n’hésite pas à intégrer des éléments personnels comme le Mage Africain à six têtes, ou bien une excursion en Chine.

Lotte Reiniger signe avec Les Aventures du prince Ahmed l’un des tout premiers longs métrages d’animation de l’histoire du cinéma. Ce film, entièrement conçu de silhouettes de papier découpées, est un véritable chef-d’œuvre d’enchantement. Inspiré des contes des Mille et une nuits (1), en particulier Le Cheval enchanté (2) et Aladin et la lampe merveilleuse (3), Les Aventures du prince Ahmed transportent dans un univers magique peuplé de princesses en fuites, d’amours contrariées, de luttes entre les forces du bien et du mal. Une des scènes les plus remarquables est d’ailleurs la bataille entre la bonne sorcière et le terrible magicien.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mille_et_Une_Nuits
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cheval_enchant%C3%A9
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Aladin_ou_la_Lampe_merveilleuse

Œuvre d’une grande précision technique, le film comporte plus de 300 000 images ; à 24 images secondes, on comprend facilement que trois années furent nécessaires à Lotte Reiniger pour réaliser cette œuvre et rendre tant de finesse et de souplesse dans le mouvement. Carl Koch, son mari, est à la prise de vue, Berthold Bartosch (4), un architecte français spécialisé dans l’animation, travaille les effets spéciaux et Walther Ruthmann (5) crée les arrière-plans manipulés séparément des personnages. Le film, en noir et blanc, a été teint en trempant le positif dans un bain de couleur. Cette technique de coloration, comme tous les moyens cinématographiques de cette époque, est assez élémentaire, mais donne un rendu très fort visuellement grâce aux contrastes.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Berthold_Bartosch
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Ruttmann

Voici une table avec une ouverture au centre qui est couverte par une vitre. Je prends un papier transparent sur lequel sont déposées les poupées qui doivent être très à plat. La caméra filme verticalement. Préalablement nous faisons des essais d’éclairage. Cela est très simple. Les moyens étaient assez rudimentaires et plutôt imaginatifs.

Une première représentation, le 2 mai 1926 à la Volksbühne (6) de Berlin, devant 2 000 invités, remporte un grand succès et un bon accueil de la presse, permettant au film de trouver un Français pour avancer des fonds. Début juillet 1926, à Paris, une première a lieu à la Comédie des Champs-Elysées (7) de Louis Jouvet (8). Jean Renoir (9) participe à son organisation, car une longue amitié le lie à Koch et Reiniger.
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Volksb%C3%BChne_Berlin
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_des_Champs-%C3%89lys%C3%A9es
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Jouvet
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1221

Ce succès en France permet de trouver en Allemagne un autre bailleur de fonds, et le 3 septembre 1926 la première projection officielle du film a lieu à Berlin, au cinéma Gloria palast.

La bataille de sorciers avec métamorphoses en diverses créatures est une idée que l’on retrouvera plus tard dans le combat de Merlin et madame Mim dans Merlin l’Enchanteur (10) de Walt Disney.
(10)http://fr.wikipedia.org/wiki/Merlin_l%27Enchanteur_%28film,_1963%29

Un personnage nommé Prince Achmed fait également une courte apparition dans Aladdin (11) de Walt Disney, probablement en allusion au film.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Aladdin_%28film,_1992%29

Ce film a été lui-même une source d’inspiration pour de nombreux cinéastes comme Walt Disney, qui réalise son premier long métrage d’animation en 1937 avec Blanche-Neige et les sept nains (12) et plus récemment Michel Ocelot, auteur de Princes et princesses (13) en 1998.
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Blanche-Neige_%28Disney%29
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Princes_et_Princesses

A l’origine du film de silhouettes, il y a deux formes d’art populaire. D’une part, le théâtre d’ombres (14), diffusé dans les foires, puis devenu art établi avec le théâtre de Séraphin (15) et le cabaret du Chat noir (16). Ce genre a habitué le public à une forme de spectacle exclusivement composée d’ombres et de lumière : les ombres chinoises. D’autre part, les silhouettes découpées, artisanat très populaire, ont fini par imposer leurs images de pur contraste dans toutes les couches de la société grâce à Etienne de Silhouette (17), qui légua son nom à cette forme jusque-là jugée mineure.
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_d%27ombres
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_S%C3%A9raphin
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_noir
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_de_Silhouette
Ces deux formes, l’une fixe, l’autre animée, ont été réunies grâce au cinéma d’animation. De Charles Armstrong (The Clown and his donkey, 1910) à Michel Ocelot, en passant par la prolifique Lotte Reiniger, toute l’histoire du cinéma est ponctuée de films de silhouettes : courts ou longs métrages, en noir et blanc ou en couleurs, essais isolés ou œuvres multiples d’auteurs connus ou inconnus.
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/les-aventures-du-prince-ahmed-animation,48688
Plusieurs personnes dans le monde semblent avoir inventé de façon indépendante cette technique d’animation, mais le plus ancien exemple mentionné est le cours métrage The Sporting mice (1909) du réalisateur britannique Charles Armstrong (aujourd’hui perdu). Quant au plus ancien toujours existant, il s’agit de The Clown and His Donkey (1910), du même auteur. Un troisième film d’Armstrong (dont des extraits ont été reproduits dans un ouvrage de Georges Sadoul (18)) permet un aperçu sur sa méthode : des silhouettes blanches photographiées devant un fond noir.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Animation_de_silhouettes
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Sadoul

Une restauration menée en 1999 permet de ressortir le film, en recolorant les fonds d’écran, et en le sonorisant avec la musique originelle composée par Wolfgang Zeller et une narratrice en voix off, en français l’actrice Hanna Schygulla. Le film ressort en France le 5 décembre 2007.
Dans le cadre de cette reprise, Hanna Schygulla a prêté sa voix pour la lecture des cartons d’intertitres de cette adaptation de contes orientaux. Véritable figure de proue des films de Rainer Werner Fassbinder (19), elle interprète dans un souffle épique les péripéties du Prince Ahmed, de la Sorcière, du Mage Africain et d’Aladin et renforce ainsi l’univers oriental du film.
(19) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rainer_Werner_Fassbinder

Lotte Reiniger, cinéaste pionnière du film d’animation, a perfectionné une caméra multi-plans dès les années 20. Mariée à Carl Koch, un historien de l’art, qui fut aussi son assistant, elle a tourné près de 40 films. Elle commence comme comédienne au théâtre avec une formation au Deutsches theater (20), à l’école de Max Reinhardt (21). Elle travaille avec Paul Wegener (22), réalisateur expressionniste du Golem (23), pour des mises en scène de théâtre d’ombres. Elle fuit Berlin en 1935, en passant par Paris où elle rencontre Jean Renoir qui lui demande de tourner une scène d’ombres chinoises pour La Marseillaise (24). Elle s’arrête à Londres, où elle crée sa propre structure de production, Primrose productions, et rencontre Norman McLaren (25), les compositeurs Igor Stravinsky (26) et Benjamin Britten (27). Elle revient à Berlin en 1943, puis repart s’installer à Londres en 1949. Pour Les Aventures du prince Ahmed, c’est l’illustrateur de livres pour enfants Edmund Dulac (28) qui crée les intertitres et les couleurs à l’encre. Elle a aussi adapté des contes des frères Grimm (29), des histoires de Charles Perrault (30), et plusieurs contes des mille et une nuits. La Maîtresse des ombres, comme l’appelait Renoir, connut un succès retentissant avec Les Aventures du prince Ahmed et imposa un univers graphique tout à fait personnel, magique et moderne.
(20) http://fr.wikipedia.org/wiki/Deutsches_Theater_%28Berlin%29
(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Reinhardt_%28metteur_en_sc%C3%A8ne%29
(22) http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Wegener
(23) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Golem_%28film,_1915%29
(24) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Marseillaise_%28film,_1938%29
(25) http://www.citebd.org/spip.php?film1376
(26) http://fr.wikipedia.org/wiki/Igor_Stravinsky
(27) http://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Britten
(28) http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Dulac
(29) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacob_et_Wilhelm_Grimm
(30) http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Perrault

Lotte Reiniger
Née Charlotte Reiniger le 2 juin 1899 à Berlin, décédée le 19 juin 1981 à Dettenhausen (Bade-Wurtemberg).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lotte_Reiniger

Carl Koch
Né le 30 juillet 1892 à Nümbrecht (Allemagne), décédé le 1er décembre 1963 à Barnet (Grande-Bretagne).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Koch

Wolfgang Zeller
http://dvdtoile.com/Filmographie.php?id=21119

Hanna Schygulla
Née le 25 décembre 1943 à Königshütte (Pologne).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hanna_Schygulla

extrait(s) de presse

Dvd classik - "Les Aventures du prince Ahmed" est un film toujours aussi fascinant. De nombreuses scènes, comme la chevauchée aérienne du prince Ahmed et le duel entre la sorcière et le mage africain, sont d’une beauté saisissante... Un film indispensable pour tout amateur de cinéma d’animation, un conte merveilleux qui ravira les enfants.
Les Inrocks - Remarquablement animé et documenté (sur les styles orientaux), ce film muet teinté, et mis en musique, sur les vicissitudes du prince Ahmed cherchant sa dulcinée, repose sur la fantastique maîtrise du papier découpé de Reiniger, la dentellière du 7e art.
Le Monde - Injustement effacé de la mémoire du cinéma, "Les Aventures du prince Ahmed" est pourtant un joyau du genre, qui triompha auprès du public lors de sa sortie, et suscita l'admiration de nombreux artistes de l'époque...
Critikat - Les Aventures du prince Ahmed est une merveille de l’animation de silhouette...
Africultures - "Les Aventures du prince Ahmed" nous transportent dans un univers magique peuplé de princesses en fuite, d'amours impossibles, de luttes entre les forces du bien et du mal.
.evous - Ce chef d’œuvre du cinéma est à voir et à revoir par tous les cinéphiles, petits ou grands.
Il était une fois le cinéma - Définitivement, ce film ne ressemble à aucun autre et c’est bien là ce qui fait sa force. Magique, fabuleux, tout simplement !
Tf1 news - Outre la qualité de l’histoire et le plaisir que l’on prend à suivre "Les aventures du prince Ahmed", ce film a une valeur historique importante et permet de réintroduire les films d’animation dans une histoire du cinéma...