Con la pata quebrada - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Con la pata quebrada

Con la pata quebrada

Espagne - 2013 - 1h22
sorti en France le 18 juin 2014
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Diego Galán

scénario : Diego Galán
voix : Carlos Hipolito (narrateur)
séances : semaine du mercredi 18 mars 2015
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
20:30
11:00
16:00

synopsis

Des années 30 à nos jours, une chronique sur la représentation de la femme dans le cinéma espagnol. Une manière aussi de revisiter l'Histoire de l'Espagne et plus particulièrement celle de l'évolution féminine...

notes de production

On dit que la seule révolution réussie du XXème siècle a été la libération de la femme. C’est bien entendu une référence au monde occidental où le droit de vote (1), l’accès à des postes à responsabilité et la libération des mœurs sexuels ont marqué un tournant copernicien (2) dans l’histoire de la condition féminine… et pourtant, le chemin est encore long. Je montre du doigt l’Espagne qui est et a été un pays de tradition machiste. Le titre, Con la pata quebrada vient d’un dicton révélateur La mujer casada y honesta, con la pata quebrada y en casa (Femme mariée et honnête a la jambe cassée et reste au foyer) (3) ne semble pas trouver d’équivalent aussi grossier dans les langues les plus proches. En français, nous n’avons rien trouvé de mieux que Retourne à tes fourneaux ou en anglais, Barefoot and pregnant in the kitchen. Rien d’aussi cassant que la version hispanique.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_vote_des_femmes
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_copernicienne
(3) expression tirée du fameux Don Quichotte de Cervantes
http://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Quichotte
C’est pour cette raison que je me suis concentré sur la filmographie espagnole pour faire ce film. Le cinéma, qu’on le veuille ou non, reflète toujours la réalité, ou du moins en partie, et les films espagnols ont été, à chaque moment de l’histoire, un reflet de la situation politique et des coutumes du pays. Dans les années trente, une fois le roi détrôné, une république qui offrait à la femme et à l’homme les mêmes droits face à la liberté fut instaurée. La guerre civile divisa également les femmes en deux clans ; et la victoire du fascisme lui rendit sa place : une jambe cassée et au foyer. A la mort de Franco, celle-ci prit part aux mouvements de lutte pour la libération de la femme, déjà en marche dans le monde ; et elle n’a toujours pas déposé les armes.
C’est dans un montage dynamique et plein d’humour que nous avons repris des extraits de 180 films de fiction (4) ainsi que de quelques documentaires. Nous n’avons pas pu utiliser tous ceux que nous souhaitions, mais je pense que ceux qui apparaissent sont particulièrement significatifs. Malheureusement, nous avons parfois été contraints d’utiliser des copies de mauvaises qualités, les négatifs originaux ayant disparus. Quoi qu’il en soit, Con la pata quebrada prétend informer et divertir. Pourvu que nous y soyons parvenus.
Note d’intention du réalisateur
(4) 180 extraits de films appartenant à la cinématographie espagnole sont présents dans ce documentaire. Diego Galán estime que seulement deux ont défendu aux mieux la femme dans sa lutte contre l’oppression : Calle mayor (5) de Juan Antonio Bardem en 1956 et La Tía Tula (6) de Miguel Picazo en 1963.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand-rue
(6) http://www.spainisculture.com/fr/peliculas/la_tia_tula.html

A l’origine, la voix off devait être celle de Diego Galán. Le montage initial fut fait avec sa voix, mais un problème d’articulation s’est posé, un casting a donc été mis en place et le choix se porta sur la voix de Carlos Hipólito, qui fait également la voix off de la série historique à succès Cuéntame cómo pasó (7).
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cu%C3%A9ntame_c%C3%B3mo_pas%C3%B3

Lors du Festival différent 6 ! en juin 2013 à Paris, la personne qui animait le débat insistait sur le fait que le cinéma espagnol montrait souvent la femme comme étant soumise et dénudée. Le réalisateur Diego Galan a alors rétorqué que le vote des femmes espagnoles (1931) fut accordé avant celui des Françaises. Et que la France comptait bien plus de films à caractère érotique. C’est d’ailleurs pourquoi on relevait en France un public espagnol très présent dans les salles.

Pour faire ce documentaire, le réalisateur et son équipe ont mis un an. Un an de recherche d’archives, d’extraits de qualité, d’extraits numérisés, de sélections, de recherches bibliographiques sur le thème de la femme (il y en a peu) et enfin de montage.

Con la pata quebrada a reçu le Prix du meilleur documentaire en 2013 au Festival Cine-Horizontes de Marseille ainsi que le Prix du meilleur film documentaire aux Premios Platino 2014.

Entretien avec Diego Galán
"Con la pata quebrada" est un véritable travail sociologique...
Il existe effectivement des ouvrages sur la femme dans le cinéma espagnol, mais aucun ne m’a malheureusement semblé très pertinent car ils reposent trop sur des films récents sans un vrai regard sociologique et oublient le cinéma espagnol de la Seconde République ou de l’après-guerre. Depuis la sortie en salle du documentaire, je constate que des sociologues s’expriment sur des forums et s’intéressent à ce travail...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/con-la-pata-quebrada-documentaire,289907-note-117411

Diego Galán
Né le 13 octobre 1946 à Tanger.
http://www.cinespagnol.com/new/index.php/fr/carte-blanche-a-diego-galan

Carlos Hipolito
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-79058/filmographie/

extrait(s) de presse

Le Monde - Il y a parfois de quoi rire, souvent de quoi pleurer en découvrant ces fragments d'un cinéma oublié, fait de moralisme et de plaisanteries égrillardes, de frustrations et de rancoeurs. Un beau film historique, qui montre qu'on peut être cinéphile et ne pas aimer le cinéma dont on parle.
Libération - De ce modeste et réussi essai visuel, on ne peut que déplorer l’anonymat dans lequel sont maintenues quelques immenses incarnations de la femme espagnole (au hasard, Sara Montiel ou Carmen Maura), dont les carrières de pécheresses parfaites en font les marraines du vigoureux mouvement féministe espagnol actuel.
Télérama - Plus politique et caustique que cinéphile, ce patchwork des avancées et des reculs féministes dans la société espagnole est une sacrée peinture du machisme ibérique !
Cinescribe - On aurait tort de penser que le cinéma espagnol s’est libéré avec la mort de Franco en 1975...
Critikat - Autant dire que ce documentaire est le prétexte à découvrir l’existence de films aux genres très variés (comédies, polars, reconstitutions historiques) souvent conçus à la gloire de l’Espagne et de son régime politique dictatorial...
Films de culte - Les commentaires de Galàn en off restent le plus souvent amusés, et de fait, on rit souvent beaucoup, mais ils pourraient être plus cinglants tant la pilule est parfois amère...
Abus de ciné - Reste qu’après avoir vu ce documentaire atypique, on a très envie de voir (ou revoir) les nombreux films évoqués. C’est déjà ça de pris !
Zero de conduite - Ce film apporte une vision socio-historique très intéressante...