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Fahrenheit 451

ciné répertoire
France, Gb - 1966 - 1h45
sorti en France le 15 septembre 1966
film - version originale sous-titrée en français
de

François Truffaut

scénario : François Truffaut, Jean-Louis Richard, David Rudkin, Helen Scott
d'après l'oeuvre de : Ray Bradbury
direction de la photographie : Nicolas Roeg
musique ou chansons : Bernard Herrmann
avec : Oskar Werner (Guy Montag), Julie Christie (Clarisse/Linda Montag), Cyril Cusack (le capitaine), Anton Diffring (Fabian/la supérieure), Jeremy Spenser (l'homme à la pomme), Bee Duffell (une femme-livre), Noel Davis (cousin Midge à la tv), Edward Kaye (le judoka), Mark Lester (second écolier), Tom Watson (le sergent-instructeur)
séances : semaine du mercredi 4 mars 2015
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
18:30*
séance spéciale :
* mar 10 à 18h30 : ciné mardi : "Truffaut sans Léaud" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (couplé avec "Le Dernier métro") - soirée en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Dans une société dystopique où la connaissance est considérée comme un danger, les livres sont interdits. Le métier de Guy Montag consiste à les repérer et à les détruire par le feu. Mais un jour, sa rencontre avec Clarisse le pousse à remettre son activité en question...

notes de production

Depuis Les 400 coups, je voulais faire un film où les livres seraient les héros de mon propos. Au début, j’ai songé à adapter à l’écran un roman de René-Jean Clot que j’aimais beaucoup, "Le Bleu d’outre-tombe" (1). Je voulais un film qui se passât entièrement dans une classe, avec des enfants encore. Mais peu à peu, au cours de l’élaboration du scénario, je me suis rendu compte de la place envahissante que prenaient les adultes. J’ai renoncé. Puis le producteur Raoul Lévy (2) m’a parlé du livre de Ray Bradbury. Mais à l’époque je détestais la science-fiction. Je trouvais que faire de la science-fiction, c’était manquer d’imagination. Alors il m’a raconté l’histoire en trois phrases : une société où il est interdit de lire, où l’on brûle les livres quand on les découvre, et le final de l’œuvre avec les hommes-livres, des intellectuels qui ont décidé de sauver la culture en apprenant les livres par cœur. Dès cet instant, j’étais décidé : je ferais Fahrenheit 451. Il m’a fallu quatre ans pour arriver au bout de mes peines...
François Truffaut
http://www.cinematheque.fr/expositions-virtuelles/truffaut-par-truffaut/index.php?id=9
(1) finalement adapté en 1973 par Édouard Logereau pour la télé
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Bleu_d%27outre-tombe
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_L%C3%A9vy

Fahrenheit 451 (3) est un roman de science-fiction dystopique (4) de Ray Bradbury publié en 1953 aux États-Unis chez l’éditeur Ballantine books (5). Il paraît en France en 1955 aux éditions Denoël (6) dans la collection Présence du futur (7). Le livre a obtenu le prix Hugo du meilleur roman (8) 1954.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Fahrenheit_451
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_films_dystopiques
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ballantine_Books
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_Deno%C3%ABl
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sence_du_futur
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Hugo_du_meilleur_roman

Le film n’a pas de générique écrit, puisque dans cette société écrire est interdit : la liste des intervenants est dite en voix off, par une voix féminine, au début du film.
Le monorail qu’on voit à plusieurs reprises est le prototype SAFEGE (9), qui a fonctionné dans les années 1960.
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/SAFEGE
Le titre du film (qui est aussi celui du livre) vient de la température du point d’auto-inflammation du papier exprimé en degré Fahrenheit (10).
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Degr%C3%A9_Fahrenheit

Malgré une mise en garde de Ray Bradbury qui lui avait confié que Fahrenheit 451 était difficile à adapter, François Truffaut et son co-scénariste Jean-Louis Richard se sont précipités sur le scénario avant que les deux hommes ne maîtrisent parfaitement l’anglais. Ainsi, au final, François Truffaut préfèrera la version doublée en français du film, qu’il a lui même supervisé.

Oskar Werner et François Truffaut ont travaillé deux fois ensemble, la deuxième fois précisément sur Fahrenheit 451. Leur première rencontre date de 1971 sur le tournage de Jules et Jim (11), puisque Oskar Werner jouait l’inoubliable Jules. De plus, Fahrenheit 451 était pour les deux hommes leur premier film en anglais.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_et_Jim_%28film%29

Parmi les livres qui sont brûlés dans le film, on retrouve un exemplaire du magazine Les Cahiers du cinéma (12), avec en couverture une photo de A bout de souffle (13), écrit par François Truffaut, mais également les romans Chroniques martiennes (14) et Fahrenheit 451, tous deux écrits par Ray Bradbury.
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cahiers_du_cin%C3%A9ma
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_bout_de_souffle
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chroniques_martiennes

François Truffaut entend pour la première fois parler du roman de Bradbury chez son ami Jean-Pierre Melville (15) et envisage déjà la possibilité de l’adapter au cinéma. Peu attiré par les excentricités futuristes science-fictionnesques, Truffaut se montre séduit par cette histoire probante de pompiers détournés de leur fonction première pour se livrer à des autodafés dans une société obscurantiste. Les droits du livre sont négociés directement avec Bradbury pour une somme qui avoisine les 40 000 dollars. Censé être un métrage franco-français (le cinéaste imagine un temps Jean-Paul Belmondo (16) puis Charles Aznavour (17) dans le rôle du pompier Montag), le projet se tournera finalement en Angleterre sous l’égide du producteur Lewis Allen (18) qui vient de financer une autre adaptation d’un roman populaire, celle de Sa majesté des mouches (19).
La délocalisation productionnelle entraîne d’autres prérogatives pour Truffaut : le métrage sera tourné en anglais et avec des acteurs américains. La production veut attribuer le rôle de Montag à Paul Newman (20) puis à Terence Stamp (21) qui rencontre le réalisateur à de nombreuses reprises. Linda Montag, l’épouse de l’homme du feu et Clarissa, sa maîtresse, sera quant à elle interprétée par Julie Christie. Peu convaincu par ce choix osé, Stamp renonce finalement en dernière minute et il est remplacé au pied levé par Oskar Werner, censé au départ incarner le capitaine des pompiers, rôle qui échoit finalement à l’Irlandais Cyril Cusack.
http://www.cinemafantastique.net/Fahrenheit-451.html
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Melville
(16) http://www.citebd.org/spip.php?film1223
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Aznavour
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Lewis_Allen
(19) http://www.citebd.org/spip.php?film201
(20) http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Newman
(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/Terence_Stamp

Entretien avec François Truffaut
Quels sont les problèmes qui se sont posés à vous pour ce film ?
Les choses de science-fiction sont très difficiles à réaliser et risquent souvent d’être ridicules. À un moment, Bradbury écrit "la ville bourdonnait", eh bien, c’est très difficile de faire bourdonner une ville. J’ai voulu éviter tout dépaysement systématique. C’est pourquoi j’ai demandé à Bernard Herrmann une musique dramatique de type traditionnel sans aucun caractère futuriste.
Vis-à-vis du public, le film était une sorte de pari. Car, tout en étant très simple, le postulat est très excentrique et il fallait le rendre plausible sans lui faire perdre sa fantaisie. Au fond, il s’agissait d’un problème de dosage entre le quotidien et l’extraordinaire et, sans cesse, il était nécessaire de passer de l’un à l’autre et de les entremêler.
Quand le scénario présentait des difficultés de construction, nous nous disions : "c’est une histoire de la Résistance, Montag fait partie de la Gestapo (22), Clarisse est dans la clandestinité." De cette façon, nous cherchions à progresser tout en évitant que "Fahrenheit" puisse se prêter à une utilisation politique ou ressembler à un film de gauche américain. Avec Montag, je montre pour la première fois un "héros positif", mais je ne voulais pas non plus qu’il ait l’air d’un héros de cinéma américain...

http://www2.cndp.fr/TICE/teledoc/dossiers/dossier_fahrenheit.htm
(22) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestapo

François Truffaut
Né le 6 février 1932 à Paris, décédé le 21 octobre 1984 à Neuilly-sur-Seine.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Truffaut

Jean-Louis Richard
Né Jean Marius Richard le 17 mai 1927 à Paris où il est décédé le 3 juin 2012 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Richard

David Rudkin
Né le 29 juin 1936 à Londres.
http://www.imdb.com/name/nm0748814/

Helen Scott
http://www.imdb.com/name/nm0779231/

Ray Bradbury
Né le 22 août 1920 à Waukegan (Illinois), décédé le 5 juin 2012 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ray_Bradbury

Nicolas Roeg
voir fiche du film Ne vous retournez pas
http://www.citebd.org/spip.php?film1231

Bernard Herrmann
Né le 29 juin 1911 à New York, décédé le 24 décembre 1975 à Los Angeles.
Doit sa réputation internationale aux musiques qu’il écrivit pour les films d’Alfred Hitchcock des années 1950 et à celle de Taxi driver...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Herrmann

Oskar Werner
Né Oskar Josef Bschliessmayer le 13 novembre 1922 à Vienne (Autriche), décédé le 23 octobre 1984 à Marbourg (Allemagne).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oskar_Werner

Julie Christie
voir fiche du film Ne vous retournez pas
http://www.citebd.org/spip.php?film1231

Cyril Cusack
Né à Durban (Afrique du sud) le 26 novembre 1910, décédé à Londres le 7 octobre 1993.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyril_Cusack

Anton Diffring
Né le 20 octobre 1918 à Coblence (Rhénanie-Palatinat), décédé le 20 mai 1989 à Châteauneuf-Grasse (Alpes-Maritimes).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anton_Diffring

Jeremy Spenser
Né le 16 juillet 1937 à Londres.
http://www.imdb.com/name/nm0818215/

Bee Duffell
Née le 17 avril 1914 à Belfast, décédée le 21 décembre 1974 à Surrey.
http://www.imdb.com/name/nm0240436/

Noel Davis
Né le 1er mars 1927 à Liverpool, décédé le 24 novembre 2002 à Londres.
http://www.imdb.com/name/nm0205233/

Mark Lester
Né le 11 juillet 1958 à Oxford.
Commence sa carrière très tôt (à 6 ans) avec des films comme Oliver...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Lester

extrait(s) de presse

Télérama - "Fahrenheit 451" plonge le futur dans une grisaille très contemporaine.
Cinéma fantastique - Atypique dans la filmographie de Truffaut, "Fahrenheit 451" est un film baptismal pour le cinéaste aguerri qui tourne pour la première (et seule) fois en langue anglaise...
Panorama - Considéré par plusieurs comme un film mineur dans la filmographie de François Truffaut, "Fahrenheit 451" n'en demeure pas moins un élément unique de celle-ci.
àVoir-àLire - Avec "Fahrenheit 451", Truffaut annonce son amour incommensurable pour les livres. Il tire un constat édifiant sur la pérennité des idées, qui prend aujourd’hui une résonance toute particulière à l’heure où la censure de l’art se fait de plus en plus alerte.
Classiques du cinéma - Truffaut a réussi à créer une atmosphère de tristesse, d'abrutissement collectif. Le malaise de cette société n'est pas à proprement parler souligné dans le film, mais il est palpable et dérangeant. C'est là que "Fahrenheit 451" réussit quelque chose d'intéressant.
Les Inrocks - C’est un peu froid, un peu plat, mais tout compte fait plus emballant qu’un quelconque space-opéra.
scifi-movies - Bien que filmé il y a déjà plus de 30 ans, Fanrenheit 451 tient la route du point de vue plastique. C'est à dire qu'il est regardable même par les plus jeunes des amateurs de science-fiction, qui ont grandi avec des images numériques.
Dvd pas cher - Le film de Truffaut est un petit trésor à sa manière...