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Le Paradis

France - 2014 - 1h10
sorti en France le 8 octobre 2014
film - film francophone
de

Alain Cavalier

avec : acteurs inconnus
séances : semaine du mercredi 4 février 2015
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
18:30
21:00
18:30

synopsis

"Depuis l’enfance, j’ai eu la chance de traverser deux mini dépressions de bonheur et j’attends, tout à fait serein, la troisième. Ça me suffit pour croire en une certaine beauté de la vie et avoir le plaisir de tenter de la filmer sous toutes ses formes : arbres, animaux, dieux, humains… et cela à l’heure où l’amour est vif. L’innocence, le cinéaste en a perdu une partie. C’est si délicat à repérer autour de soi, si difficile à ne pas perdre au tournage. Ma reconnaissance va à ceux que vous regarderez à l’écran. Pour tenir tête au temps, j’ai une parade qui est de fouiller dans mon stock d’émotions et d’images anciennes. Non pour retrouver ce qui ne reviendra pas mais pour deviner dans l’hiver les signes du printemps. Cela permet de recommencer encore une journée d’un pas aisé." Alain Cavalier

notes de production

Ce nouveau film d’Alain Cavalier ne prend pas de détour pour faire appel à une dimension religieuse ; pour un film avec un tel titre, deux textes ne sont pas de trop, c’est ce que l’on propose. Ces articles élogieux approchent d’une manière assez contrastée la question du singulier mysticisme et de l’étrange sacré façon Alain Cavalier : de là-haut ou d’ici-bas ?
Le cinéma d’Alain Cavalier... Dans cette simple formule se loge une évidence : l’auteur du Combat dans l’île (1), à force d’opérer des soustractions à l’entreprise filmique (le plateau, les collaborateurs, les acteurs - même si Pater en organisait le retour en force par la présence de Vincent Lindon), a fini par fonder son propre art, immédiatement reconnaissable, à la fois complètement auto-centré et totalement dirigé vers le monde, à la rencontre des forces contraires de la vie et de la mort, habitées par elles. Le Paradis s’inscrit dans la lignée d’une entreprise partant de Ce répondeur ne prend pas de message (2), passant par La Rencontre (3), Le Filmeur (4) ou Irène (5)... Mais cette veine du cinéaste est moins identifiable qu’il n’y paraît, s’il y a bien une signature Cavalier, point de répétitions, de reconductions : on est à chaque fois autant en terrain connu que dépaysé. Ce dépaysement intervient ici notamment par la voix. On a pour habitude qu’Alain Cavalier (nous) parle proche, de sa voix chaleureuse, avec ce timbre gourmand et ravi, dans une sorte de direct consubstantiel à l’acte de filmer. Le Paradis reprend ce dispositif, mais s’en écarte souvent, le cinéaste parle parfois de plus loin, d’un off plutôt que le in habituel, que l’on se représente mentalement comme un interstice entre un ici et un ailleurs, qu’il est tentant de rattacher à la dimension céleste du titre.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Combat_dans_l%27%C3%AEle
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ce_r%C3%A9pondeur_ne_prend_pas_de_message
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rencontre_%28film,_1996%29
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Filmeur
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ir%C3%A8ne_%28film,_2009%29
L’ouverture du film fonde cette tension ; un paon nouveau-né, affaibli et égaré, est recueilli. On le chérit, le protège. Mais le fil le reliant à la vie se rompt ; il s’agira désormais d’en prendre soin autrement, d’honorer le tombeau du petit paon, surmonté d’une pierre maintenue par des clous solidement enfoncés par un vigoureux jeune homme. Cette sépulture agit comme un centre de gravité pour le film, on y revient au fil des saisons, défaire la végétation envahissante ou une épaisse couche de neige. C’est une façon de prendre acte du temps et de lutter contre son action – dont l’une serait l’oubli. Cette question des états successifs et des transformations liés au temps marquent profondément le cinéma d’Alain Cavalier, particulièrement l’interrogation et la captation de la frontière entre la vie à la mort. Il le rend sous la forme d’un passage particulièrement ténu ; il s’agit à la fois d’en prendre acte (le sommeil de son père, puis sa dépouille dans Le Filmeur, la menace de la maladie dans ce même film) et de lutter contre (l’acharnement à faire réapparaître l’aimée fauchée par une mort accidentelle dans Irène, en disposant des objets dans de troublantes mises en scène ou lors d’une chasse aux fantômes dans un château). Si Le Paradis se dote d’une dimension authentiquement testamentaire, c’est sous une forme non mortifère, presque allègre, en tous cas non définitive - chacun sait qu’il suffit de prendre rendez-vous avec son notaire pour amender son testament...
http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/le-paradis.html

Cavalier raconte, murmure, souffle sur les braises de son intuition, estime d’avoir eu la chance de traverser deux mini dépressions de bonheur et qu’il attend, tout à fait serein, la troisième. Avec ce film, Cavalier a croqué la pomme et nous fait goûter aux délices des joies simples, universelles et éternelles. Signe infaillible qu’on est bien entrés avec lui au paradis.
http://www.rfi.fr/culture/20141007-Alain-Cavalier-Le-Paradis-realisa-reveur/

Il sépara le ciel de la terre, dit en off Alain Cavalier. À l’écran, c’est exactement ce qui se passe. Au moyen d’effets spéciaux sophistiqués ? Qu’on en juge : le cinéaste joue avec le reflet d’une fenêtre qui s’ouvre en pivotant horizontalement. Le ciel se sépare de la terre dans un mouvement d’élévation. Son nouveau film, Le Paradis, est truffé d’inventions formelles de cette sorte. Ici, il se souvient des trucages des débuts du cinéma. Là, il se sert de figurines ou de jouets - un robot rouge, une oie en plastique… - pour incarner quelques-uns de ses personnages. Avec sa petite caméra, Alain Cavalier est devenu depuis plusieurs années le cinéaste le plus inventif et le plus libre, à l’égal d’un Jean-Luc Godard (6), mais dans un genre très différent. Pater, il y a trois ans, était un objet cinématographique sidérant, mêlant un documentaire sur Vincent Lindon et une fiction entre un président de la République et son premier ministre challenger. Le Paradis renoue dans sa forme avec ses films autobiographiques, tels Le Filmeur ou Irène, mais s’en écarte dans ce qu’il évoque - ce qu’il évoque davantage que ce qu’il raconte, même si Le Paradis n’est pas dénué de récit, mais celui-ci est construit par associations, fragments, résonances...
http://www.politis.fr/Le-Paradis-d-Alain-Cavalier-Tres,28487.html
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1276

Alain Cavalier
voir fiche du film Pater
http://www.citebd.org/spip.php?film687

extrait(s) de presse

Les Inrocks - Tendre, inquiet, souriant, "Le Paradis" d’Alain Cavalier aspire à un rapport doux à la vie.
Libération - Alain Cavalier arpente sa maison et les alentours dans un splendide éloge du réel.
Télérama - Une minicaméra numérique et, littéralement, des bouts de ficelle : tels sont les outils du cinéma d'Alain Cavalier (...). Mais jamais cette pauvreté de moyens revendiquée n'avait produit un film aussi généreux...
Chronic' art - Au bénéficie du sacerdoce maladif, mélancolique et excrémentiel du cinéaste orphelin, "Le Paradis" fait jaillir une forme de sublime qui, paradoxalement, est aussi sa relative limite.
France tv info - Alain Cavalier revient avec un film très personnel, mêlant profondeur, grâce et humour.
La Croix - Que tout cela est étrange, en même temps qu’éloquent !
Fiches du cinéma - Improvisation libre sur l'enfance et les mythes, “Le Paradis” réussit à faire entrer la Bible et “L'Odyssée” dans une boîte d'allumettes. Rêveur et introspectif, ce film est aussi un tour de force artistique éblouissant.
Positif - Fusion intime entre l'artiste, son médium et le réel.