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Timbuktu

Mauritanie, France - 2014 - 1h37
sorti en France le 10 décembre 2014
Prix du jury oecuménique, prix François Chalais Cannes 2014 - Bayard d'or du meilleur film, Bayard d'or du meilleur scénario, Prix du jury junior Namur 2014 - Prix Lumières du meilleur film 2015 - 7 César 2015 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure photographie, meilleur montage, meilleur son, meilleure musique - nomination : Oscar 2015 (meilleur film en langue étrangère)
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Abderrahmane Sissako

scénario : Abderrahmane Sissako, Kessen Tall
direction de la photographie : Sofian El Fani
musique ou chansons : Amine Bouhafa
avec : Ibrahim Ahmed dit Pino (Kidane), Toulou Kiki (Satima), Abel Jafri (Abdelkrim), Fatoumata Diawara (la chanteuse), Hichem Yacoubi (djihadiste), Kettly Noël (Zabou), Mehdi AG Mohamed (Issan), Layla Walet Mohamed (Toya), Adel Mahmoud Cherif (l’imam), Salem Dendou (le chef djihadiste), Zikra Oualet Moussa (Tina)
séances : semaine du mercredi 28 janvier 2015
mercredi 28 jeudi 29 vendredi 30 samedi 31 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
18:30
21:00
18:30
séances : semaine du mercredi 18 février 2015
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
14:00
18:30
18:30
21:00
11:00
16:20
21:00
11:00
14:00
18:30
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18:30
séances : semaine du mercredi 25 février 2015
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
16:00
16:00
14:00
16:00
11:00
14:00
16:00
16:00
16:00
séances : semaine du mercredi 13 mai 2015
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
18:30*
séance spéciale :
* mar 19 à 18h30 : "Cinémétis", en partenariat avec le Festival Musiques métisses et Cp 16 - couplé avec "Difret" - tarif préférentiel 2 films = 7 €

synopsis

Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans. En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques. Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s'en est pris à Gps, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

notes de production

Ne pas confondre avec Tombouctou (Timbuktu), film étatsunien réalisé par Jacques Tourneur (1959), avec Yvonne De Carlo et Victor Mature dans les rôles principaux.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tombouctou_%28film%29

Le 29 juillet 2012 à Aguelhok, une petite ville au nord du Mali, alors que plus de la moitié du pays est occupée par des hommes dont la plupart sont venus d’ailleurs s’est produit dans l’indifférence quasi totale des médias et du monde un crime innommable. Un couple d’une trentaine d’années qui a eu le bonheur de faire deux enfants a été lapidé jusqu’à la mort.
Leur crime : ils n’étaient pas mariés. La scène de leur mise à mort diffusée sur internet par les commanditaires est horrible. La femme meurt au premier coup de pierre reçu, et l’homme émet un cri rauque, puis un silence. Peu de temps après, ils seront déterrés pour être enterrés plus loin.
Aguelhok n’est ni Damas ni Téhéran. Alors on ne dit rien. Ce que j’écris est insupportable, je le sais. Je ne cherche aucunement à émouvoir pour promettre un film. Et, puisque maintenant je le sais, je dois raconter dans l’espoir qu’aucun enfant ne puisse apprendre plus tard que leurs parents peuvent mourir parce qu’ils s’aiment.

Abderrahmane Sissako

Timbuktu, aussi appelé Le Chagrin des oiseaux, a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2014. Ce fut le seul long-métrage africain en compétition, qui reçut la distinction du Prix du jury œcuménique et du Prix François-Chalais (1). Le long métrage a également été présenté au Festival du film de Sydney 2014, à celui de Toronto et en clôture au festival du film francophone d’Angoulême.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Chalais

Timbuktu est sélectionné dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère pour les Oscar 2015. C’est la première fois que la Mauritanie (2) est représentée lors de cette célèbre cérémonie.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mauritanie

Si Timbuktu est une fiction, l’inspiration du réalisateur, Abderrahmane Sissako, vient de faits réels. En juillet 2012, dans la petite ville d’Aguelhok (3) au Mali, un couple d’une trentaine d’années est placé dans deux trous creusés dans le sol en place publique, puis lapidé. Dans ce village contrôlé par des hommes, leur unique faute a été d’avoir eu des enfants hors mariage. Ce n’est pas tout, puisque l’histoire de l’homme qui est racontée dans le film, est inspirée de l’exécution d’un Touareg sur la place de Tombouctou (4).
Choqué par la lapidation publique de ce couple et l’absence totale de médiatisation la concernant, Abderrahmane Sissako a décidé de faire Timbuktu. (…) maintenant je le sais, je dois raconter dans l’espoir qu’aucun enfant ne puisse apprendre plus tard que leurs parents peuvent mourir parce qu’ils s’aiment, explique-t-il.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Aguel%27hoc
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tombouctou

Le film, qui est sensé se situer à Tombouctou, a été tourné près de la frontière malienne, à l’extrême Est de la Mauritanie, dans un village hautement sécurisé. Avant le début du tournage, Abderrahmane Sissako avait effectué des repérages dans la ville de Tombouctou, mais malheureusement entre-temps un attentat-suicide s’est produit sur la place principale. Le lieu étant devenu trop dangereux, le cinéaste a préféré déplacer le tournage en Mauritanie.
Bien qu’aucune date ne soit précisée, l’action se situe entre juillet 2012, date de prise de possession de Tombouctou par un groupe armé, et janvier 2013, qui marque le début de l’intervention française.

Le tournage s’est déroulé en partie dans la ville mauritanienne de Oualata (5), qui est très ressemblante à celle de Tombouctou. Pour que le tournage se déroule dans de bonnes conditions, l’équipe technique et les acteurs étaient protégés par l’armée mauritanienne, ainsi que par l’Etat de Mauritanie qui s’est beaucoup impliqué dans cette sécurité.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oualata (5)

Pour la scène de la lapidation (6) du couple, Abderrahmane Sissako avait tout d’abord pensé à la réaliser à l’aide d’images animées, pour pouvoir créer une distance et éviter qu’elle soit trop violente, comme avait pu le faire Quentin Tarantino dans le premier volume des Kill Bill (7). Finalement, pour Timbuktu, le cinéaste a choisi de filmer de véritables acteurs lors de cette séquence.
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapidation
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Kill_Bill

Pour rassurer les producteurs, Abderrahmane Sissako a annoncé que son projet de film était un documentaire, car cela coûte beaucoup moins cher à la production, alors qu’en réalité il s’agissait d’une fiction. Le réalisateur s’est tourné vers ce type de long-métrage car il souhaitait avoir davantage de liberté de création.

Trois comédiens ont été choisis au dernier moment pour le tournage. Le metteur en scène s’est aperçu que l’acteur qui devait interpréter le juge ne correspondait pas au rôle, c’est pourquoi il demanda au régisseur du film d’enfiler son costume et de passer devant la caméra, ce que le technicien fit sans hésiter. Puis, ce fut le tour de l’interprète du pêcheur qui ne plaisait pas au cinéaste. C’est finalement un piroguier qui passait par là qui a été intégré au casting. Enfin, même façon de faire pour le casting de la petite fille prénommée Toya. Celle-ci devait avoir 3 ans d’après le scénario, mais lors de la venue du réalisateur sur le lieu du casting, une jeune fille de 12 ans ne le quittait plus d’une semelle. C’est de cette manière que le rôle lui a été attribué.

Deux comédiens ont été sélectionnés à l’étranger pour Timbuktu. Pour le rôle du Touareg c’est Ibrahim Ahmed dit Pino, un musicien habitant Madrid qui a été choisi sans passer d’essai, puis, le personnage de la femme du Touareg a été attribué à Toulou Kiki, une chanteuse repérée à Montreuil.

Le personnage de Zabou dans Timbuktu existe dans la réalité. Cette ancienne danseuse du Crazy-horse (8) qui exerçait ce métier durant les années 60 est la seule femme qui, au milieu des djihadistes, possède des droits que les autres femmes n’ont pas. Le réalisateur précise : elle s’habille comme dans le film, elle a toujours un coq sur l’épaule et elle parle très bien français. Quand les djihadistes étaient à Gao (9), c’était la seule qui pouvait marcher sans se couvrir la tête, la seule qui pouvait chanter, danser, fumer, et leur dire qu’ils étaient "des connards". Autrement dit : l’interdit est permis quand la personne est folle.
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Crazy_Horse_%28cabaret%29
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gao

Abderrahmane Sissako
voir fiche du programme Hommage au cinéma burkinabé et au Fespaco
http://www.citebd.org/spip.php?film1305

extrait(s) de presse

Le Monde - Déchirante force de ce cinéma, qui tient dans sa fragilité. Terrassante beauté de ce cinéma, qui tient dans sa précarité. Il en va ainsi de Timbuktu, qui ajoute à une exceptionnelle qualité artistique les résonances funestes de l'actualité.
Le Point - «Timbuktu», solaire et bouleversant, suscite en nous des émotions nées de la révolte face à la barbarie, mais aussi de l'humour et de la vie, intacte, frémissante, des hommes, des femmes et des enfants filmés par Sissako.
Sud ouest - Tout l'art de Sissako est dans sa façon de montrer ce pays de lumière dans un cauchemar qu'il ne poétise pas mais auquel il reste étranger. C'est un miroitement assassin, terrible, incapable cependant d'ôter la beauté et l'amour à des hommes et des femmes de haute résistance.
àVoir-àLire - Cette oeuvre (…) provoquera sans nul doute émoi et indignation chez le spectateur qui se doit, autant par citoyenneté que par cinéphilie, de découvrir ce formidable message d'alerte.
Critikat - Le regard de Sissako dépasse largement l’actualité retentissante qui a suscité son film pour porter un regard à l’échelle de la communauté humaine.
Culturebox - Ce film d'une très grande force visuelle confirme la continuité d'un cinéma africain, rare car confronté de très grandes difficultés financières mais d'une inventivité constante.
Les Inrocks - Ce qu’a fait Sissako, ce n’est pas la capture d’un moment contemporain, mais celle d’un mythe éternel : celui du paradis violé.
Positif - Difficile de ne pas se laisser happer par la beauté formelle de "Timbuktu". Difficile de ne pas être saisi par l'esprit de résistance des personnages féminins, tous terriblement attachants. Difficile, en somme, d'oublier "Timbuktu".