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The Cut

Allemagne, France, Pologne, Turquie, Canada, Italie - 2014 - 2h18
sorti en France le 14 janvier 2015
Mostra de Venise 2014
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Fatih Akın

scénario : Fatih Akın, Mardik Martin
direction de la photographie : Rainer Klausmann
musique ou chansons : Alexander Hacke
avec : Tahar Rahim (Nazaret Manoogian), Simon Abkarian (Krikor), Makram Khoury (Omar Nasreddin), Hindi Zahra (Rakel), Kevork Malikyan (Hagob Nakashian), Bartu Küçükçağlayan (Mehmet), Trine Dyrholm (directrice de l'orphelinat), Moritz Bleibtreu (Peter Edelmann), Akin Gazi (Hrant), George Georgiou (Vahan), Arévik Martirossian (Ani), Arsinee Khanjian (Mme.Nakashian), Sevan Stephan (Baron Borghos), Shubham Saraf (Levon), Kevork Umezian (Ali), Dina Fakhoury (Lucinée Manoogian), Zein Fakhoury (Arsinée Manoogian), Andrea Hessayon (Mrs. Balakian)
séances : semaine du mercredi 14 janvier 2015
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
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séances : semaine du mercredi 21 janvier 2015
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
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séances : semaine du mercredi 28 janvier 2015
mercredi 28 jeudi 29 vendredi 30 samedi 31 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
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synopsis

Anatolie, 1915. Dans le tumulte de la Première Guerre mondiale, alors que l’armée turque s’attaque aux Arméniens, le jeune forgeron Nazaret Manoogian est séparé de sa femme et ses deux filles. Des années plus tard, rescapé du génocide, Nazaret apprend que ses filles sont toujours en vie. Porté par l’espoir de les retrouver, il se lance dans une quête éperdue, ponctuée de rencontres avec des anges et des démons, du désert de la Mésopotamie aux prairies sauvages du Dakota...

notes de production

The Cut était en compétition au 71ème Festival de Venise (1), un lieu où Fatih Akin a remporté le Grand prix du jury grâce à Soul kitchen (2) en 2009.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mostra_de_Venise
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film317

Attendu au festival de Cannes 2014, The Cut a été mis hors-course par son réalisateur un peu avant l’annonce officielle de la sélection, et s’est ensuite retrouvé en compétition à Venise. La raison ? Fatih Akin a expliqué avoir présenté le film aux deux festivals en même temps, et que la réaction vénitienne a été nettement plus enthousiaste que la cannoise, motivant ainsi son choix.

Décrit par Fatih Akin comme une évocation de son cheminement dans le cinéma, The Cut a, de l’aveu de son réalisateur, été influencé par America, America (3) d’Elia Kazan, les travaux de Martin Scorsese (4) et Bernardo Bertolucci (5), la science du cadrage de Sergio Leone (6), et l’utilisation de la lumière de Terrence Malick (7).
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/America,_America
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film917
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernardo_Bertolucci
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergio_Leone
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film997

The Cut est le troisième volet d’une trilogie ayant respectivement pour thèmes l’Amour, la Mort et le Diable. Le premier volet, Head on (8), sorti en 2004, suivait le parcours d’une Allemande d’origine turque qui luttait pour vivre sa vie amoureuse en toute liberté. De l’autre côté sort au cinéma en 2007 et s’intéressait quant à lui aux destins de six personnages que la mort va réunir. The Cut se centre sur le diable et à la fragile frontière qui peut exister entre bien et mal.
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Head-On

The Cut est le premier script de long-métrage que Mardik Martin signe depuis 34 ans. Son dernier scénario était celui de Raging bull (9), film réalisé par Martin Scorsese en 1980. Mardik Martin a d’ailleurs collaboré pendant de nombreuses années avec le cinéaste puisqu’il est à l’origine des scripts de Mean streets (10), New York, New York (11), et des traitements des documentaires Italianamerican (12) et La Dernière valse (13).
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film637
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mean_Streets
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film633
(12) http://www.cineclubdecaen.com/realisat/scorsese/italianamerican.htm
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Derni%C3%A8re_Valse_%28film,_1978%29

The Cut a été tourné en arménien, arabe, turc, espagnol, anglais et kurde.

Le réalisateur et scénariste Fatih Akin est allemand d’origine turque et le scénariste Mardik Martin est américain d’origine arménienne. C’est la première fois qu’un Turc et qu’un Arménien collaborent ensemble sur un film qui traite du génocide arménien, sujet de discorde entre les deux pays.

Nazaret Manoogian, le nom du personnage joué par l’acteur français Tahar Rahim contient de multiples références historiques et religieuses. En premier lieu, le prénom est une référence directe à Jésus de Nazareth, la religion chrétienne étant majoritaire en Arménie. Le nom de famille fait lui référence à deux immigrés arméniens emblématiques aux Usa. Le premier, Alex Manoogian (14) a dû fuir l’Arménie pour les Usa à la suite du génocide et devint un brillant ingénieur et entrepreneur. Milliardaire, Manoogian fit énormément pour la communauté arménienne aux Usa et devint un héros national dans son pays d’origine. Le deuxième, Haig Manoogian (15) fut un brillant professeur de technique cinématographique à l’université et comptait Martin Scorsese parmi ses élèves. Le film Raging bull lui est d’ailleurs dédié.
(14) http://en.wikipedia.org/wiki/Alex_Manoogian
(15) http://www.imdb.com/name/nm1058896/

Le réalisateur Fatih Akin a dédié The Cut au journaliste arméno-turc Hrant Dink (16) qu’il qualifie comme son professeur dans le générique du film. Éminent représentant de la communauté arménienne en Turquie et défenseur des Droits de l’Homme, Hrant Dink fut assassiné en 2007 par un nationaliste turc.
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Hrant_Dink

Dans The Cut, le personnage de Tahar Rahim vit dans la ville de Mardin (17) à la frontière de la Syrie. Ce n’est en rien un hasard puisque la ville était l’un des points de départ de ce que le cinéaste Fatih Akin appelle Les marches de la mort, ces longues marches dans le désert pour fuir le génocide. Fatih Akin et son équipe ont d’ailleurs refait le périple en voiture pour s’imprégner des paysages et ainsi avoir une meilleure idée de l’enfer que ces hommes et ces femmes ont pu endurer.
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mardin

Si le film traite du génocide arménien, le réalisateur Fatih Akin précise que ce n’est pas le sujet central du long-métrage. Le cinéaste indique que le génocide n’est que le point de départ du film et qu’il voulait traiter à travers The Cut des sujets plus vastes tels que la guerre et les migrations forcées, mais aussi la puissance de l’amour et de l’espoir.

Le cinéaste Fatih Akin déclare que le choix de Tahar Rahim pour le rôle de Nazaret Manoogian a été motivé par la vision du film Un Prophète (18) de Jacques Audiard : à mon avis, c’est l’un des meilleurs films européens de la dernière décennie. Tahar Rahim est présent dans toutes les scènes et c’est lui qui porte le film, indique-t-il.
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_proph%C3%A8te

Fatih Akin et son chef opérateur ont travaillé l’esthétique du film afin qu’elle soit la plus sobre et naturaliste possible. En retenue, tel était le mot d’ordre du réalisateur à son chef opérateur Rainer Klaussman : il n’était pas question de chercher artificiellement à donner une couleur différente à chaque lieu, ajoute le cinéaste.

Au commencement du projet, Fatih Akin avait rédigé simultanément plusieurs scénarios et le film d’origine devait contenir douze fils narratifs différents. Le réalisateur a ensuite montré le script au réalisateur Costa-Gavras (19) qui lui a conseillé de ne garder qu’une intrigue principale. Le réalisateur décida alors de se concentrer sur l’histoire des déportations suite au génocide arménien.
(19) http://fr.wikipedia.org/wiki/Costa-Gavras

Entretiens avec Fatih Akin
S’il y a bien un sujet tabou en Turquie, c’est celui du génocide arménien. Pourquoi avoir choisi ce thème pour votre nouveau film, "The Cut" ?
Je n’ai pas choisi ce thème, c’est lui qui m’a choisi. Mes parents sont turcs, et donc ce sujet m’interpelle, en particulier parce qu’il est tabou. Les interdits m’intriguent toujours, ils me donnent envie d’en savoir plus. J’ai découvert beaucoup de choses qui n’ont pas encore été analysées ou digérées. C’est le livre du célèbre journaliste turc Hasan Cemal, "1915 : Ermeni soykirimi" (1915 : Le génocide arménien), qui m’a donné le courage de faire "The Cut". Si le petit-fils de Cemal Paşa, un des militaires ottomans responsables des massacres pendant la Première Guerre mondiale, avait intitulé son livre ainsi, moi aussi j’avais le droit d’utiliser ce mot. Toutes les librairies ont vendu ce livre. Il était en vitrine, bien en évidence ! Si vous aviez évoqué le génocide dans un bar d’Istanbul à l’époque où Hrant Dink a été tué il y a sept ans, vos voisins de table se seraient peut-être immiscés dans la conversation en disant : "Eh ! Mais de quoi vous parlez ?" Aujourd’hui, on peut en discuter sans avoir à murmurer...
http://www.cinemetroart.com/actualites-cinema/actualite-avant-premiere-du-film---the-cut--realise-par-fatih-akin-1645.html
Vous avez récemment déclaré dans un journal en Turquie que le pays est mûr pour un grand film abordant le génocide arménien. Lequel journal a reçu depuis des menaces de mort. Avez-vous changé d’avis ?
Non. Je continue à penser que la Turquie est prête. Deux amis à moi, tous deux producteurs, ont lu le scénario. L’un d’eux m’a dit qu’on me jettera la pierre, l’autre qu’on me couvrira de fleurs. Ce dont il est question - des fusils et des roses. Mais j’ai montré le film à des gens qui nient le fait que 1915 fut un génocide et à des gens qui le reconnaissent, et les deux groupes ont eu le même impact émotionnel. J’espère que le film puisse être vu comme un pont. Naturellement, il existe des groupes radicaux, des groupes fascistes, qui redoutent toute forme de réconciliation. Et moins ils sont nombreux, plus ils aboient. Le journal à qui j’ai accordé l’interview, "Agos", est en fait un hebdomadaire arméno-turc, où travaillait le journaliste Hrant Dink...
http://armeniantrends.blogspot.fr/2014/09/fatih-akin-interview.html

Fatih Akin
voir fiche du film Polluting paradise
http://www.citebd.org/spip.php?film1051

Mardik Martin
Né le 16 septembre 1936 en Iran.
http://www.imdb.com/name/nm0552731/

Rainer Klausmann
Né le 9 avril 1949 à Wettingen (Suisse).
http://www.imdb.com/name/nm0458430/

Alexander Hacke
Né le 11 octobre 1965 à Berlin.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexander_Hacke

Tahar Rahim
voir fiche du film Le Passé
http://www.citebd.org/spip.php?film1041

Simon Abkarian
Né le 5 mars 1962 à Gonesse.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Abkarian

Makram Khoury
Né le 30 mai 1945 à Jérusalem.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Makram_Khoury

Hindi Zahra
http://www.imdb.com/name/nm3796377/
http://de.wikipedia.org/wiki/Hindi_Zahra

Kevork Malikyan
Né le 2 juin 1943 à Diyarbakır (Turquie).
http://www.imdb.com/name/nm0539616/

Bartu Küçükçağlayan
http://www.imdb.com/name/nm2071234/

Trine Dyrholm
Née le 15 avril 1972 à Odense (Danemark).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trine_Dyrholm

Moritz Bleibtreu
Né le 13 août 1971 à Munich.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moritz_Bleibtreu

Akin Gazi
Né le 15 octobre 1981 à Londres.
http://www.imdb.com/name/nm2141398/

George Georgiou
http://www.imdb.com/name/nm1745190/

Arsinee Khanjian
Née Արսինե Խանջյան le 6 septembre 1958 à Beyrouth.
Mariée au réalisateur Atom Egoyan...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arsin%C3%A9e_Khanjian

Sevan Stephan
http://www.imdb.com/name/nm1759606/

Shubham Saraf
http://www.imdb.com/name/nm4788100/

extrait(s) de presse

Courrier international - D'après Fatih Akin, la Turquie est "mûre" pour ce film...