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l’incomprise

Incompresa
Italie, France - 2013 - 1h46
sorti en France le 26 novembre 2014
Un Certain regard Cannes 2014
film - version originale sous-titrée en français
de

Asia Argento

scénario : Asia Argento, Barbara Alberti
direction de la photographie : Nicola Pecorini
musique ou chansons : Brian Molko, Asia Argento, James Marlon Magas, Gilles Weinzaepflen, Justin Pearson, Luke Henshaw, Gabriel Serbian
avec : Giulia Salerno (Aria), Charlotte Gainsbourg (la mère), Gabriel Garko (le père), Carolina Poccioni (Lucrezia), Anna Lou Castoldi (Donatina), Alice Pea (Angelica), Andrea Pittorino (Adriano), Riccardo Russo (Ciccio), Sofia Patron (Maria Teresa), Max Gazzè (Manuel Ginori), Justin Pearson (Ricky), Gianmarco Tognazzi (Dodo)
séances : semaine du mercredi 14 janvier 2015
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
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synopsis

Aria, neuf ans, fait face à la séparation très violente de ses parents. Au milieu de leurs disputes, mise à l’écart par ses demi-sœurs, elle ne se sent pas aimée. Ballotée de l’un à l’autre, elle erre à travers la ville avec son sac à dos et son chat noir. Frôlant le désespoir, elle essaie de préserver son innocence...

notes de production

C’est la seconde fois qu’Asia Argento et Charlotte Gainsbourg se retrouvent sur le même plateau, car elles ont tourné ensemble dans Do not disturb (1) d’Yvan Attal en 2012. La réaliste souhaitait diriger Charlotte, et elle a écrit le scénario pour elle, admirative de son interprétation dans L’Effrontée (2).
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Do_Not_Disturb_%28film,_2012%29
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Effront%C3%A9e

Avec ce 4ème long métrage, Asia Argento exorcise une enfance difficile, marquée par la séparation de ses parents. Mais au-delà de cette similitude scénaristique entre sa vie et celle du personnage d’Aria, la cinéaste insiste sur le fait que son film n’est pas autobiographique.

Pour son film, Asia Argento a fait appel à des enfants, pour la plupart non professionnels. Elle les a accueillis chez elle avant le début du tournage, pour qu’ils fassent connaissance, ce qui lui a permis également d’adapter le scénario à la singularité de ces enfants. Asia s’est sentie proche d’eux : j’ai gardé une âme d’enfant. Travailler avec eux me permet de garder le contact avec cette part de moi-même, explique-t-elle. Charlotte Gainsbourg a appris l’italien spécialement pour le film.

Contrairement aux autres enfants présents dans le film, Giulia Salerno est actrice depuis l’âge de 5 ans, une expérience importante pour Asia Argento : au début du film, je me suis attardée sur son visage en gros plan. Il est très magnétique, profond, beaucoup d’émotions passent. Elle a par ailleurs une façon très musicale de se mouvoir dans l’espace. Elle pratique le violon. Pour la diriger, il me suffisait de battre la mesure à haute voix pour qu’elle trouve ses marques. Elle a le sens du rythme. Elle m’a fait entièrement confiance. Même si elle est actrice depuis l’âge de 5 ans, elle a gardé une part d’innocence dans son jeu. En regardant la cassette de ses essais pour le film, j’ai tout de suite senti une force énorme. Le choc a été immédiat. J’ai observé son comportement avec les autres enfants. Elle a une personnalité très forte. C’était parfois difficile sur le tournage, mais j’aime ça. Giulia est une vraie actrice.

La réalisatrice fut très inspirée par L’Incompris (3) de Luigi Comencini, qui l’avait beaucoup émue lorsqu’elle était petite et qui traite, comme L’Incomprise, d’une blessure enfantine. Mais dans le film d’Asia, une rupture plus nette est faite entre le monde des enfants et celui des adultes. La cinéaste s’est également inspirée des Quatre cents coups (4) de François Truffaut, et particulièrement de cette image de petit garçon seul dans la rue, à partir de laquelle elle a développé l’histoire de son film.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Incompris
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Quatre_Cents_Coups

Asia Argento a choisi de situer l’action de L’Incomprise dans les années 1980, pour rendre la solitude du personnage d’Aria plus lisible. Faire un film dans notre présent aurait rendu la solitude d’Aria difficile à exprimer. L’enfant a aujourd’hui des téléphones portables, des playstations, des réseaux sociaux pour tromper sa solitude. Il peut s’enfermer dans sa chambre et communiquer avec l’extérieur. Il y a une sorte de lobotomisation (5) des esprits. Dans les années 80, il fallait sortir pour voir les autres, explique la réalisatrice. Ce choix d’époque a également permis une esthétique particulière, colorée et presque fluo, qui reflète une image du passé, usée, comme une mémoire qui s’efface peur à peu.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Lobotomie

La cinéaste a elle-même écrit les quatre thèmes principaux du film, qui furent ensuite réinterprétés par des musiciens américains. Les mélodies jouées par le personnage de Charlotte Gainsbourg sont des compositions de l’arrière-grand-père d’Asia, Alfredo Casella (6). Quant au reste de la bande originale, il s’agit de morceaux peu connus des années 1980.
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfredo_Casella

Ce film a été présenté dans la catégorie Un Certain regard au Festival de Cannes 2014.

Entretien avec Asia Argento
"L’Incomprise" raconte l’histoire d’Aria, une petite fille de 9 ans qui a du mal à trouver sa place entre deux parents totalement égocentriques. Quelle est la part autobiographique dans ce portrait ?
Très bien, commençons par là pour dissiper tous malentendus ! Non, L’Incomprise n’est pas un film autobiographique. Il serait inutile et vain de faire des parallèles entre la vie d’Aria et celle d’Asia. Si j’avais voulu évoquer mes parents, j’aurais réalisé un documentaire type Capturing the Friedmans (7). Chacun peut s’identifier à mon héroïne. Qui dans son enfance n’a pas eu ce sentiment d’être incompris aux yeux des autres, à commencer par ses propres parents ? Je l’ai ressenti comme tout le monde. Certaines choses dans le film sont inspirées de mon vécu ou de ce que j’ai pu observer chez des amis. En cela, L’Incomprise est un film personnel mais en aucun cas thérapeutique...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/l-incomprise-drame,319198
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Capturing_the_Friedmans

Asia Argento
voir fiche du film Dario Argento’s Dracula 3D
http://www.citebd.org/spip.php?film1263

Barbara Alberti
Née le 11 avril 1943 à Umbertide (Italie).
http://www.imdb.com/name/nm0016628/

Nicola Pecorini
Né le 10 août 1957 à Milan.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicola_Pecorini

Brian Molko
Né le 10 décembre 1972 à Bruxelles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_Molko

James Marlon Magas
http://www.imdb.com/name/nm4169821/

Gilles Weinzaepflen
http://www.filmsdunjour.com/fr/r%C3%A9alisateurs/gilles-weinzaepflen

Justin Pearson
http://en.wikipedia.org/wiki/Justin_Pearson

Gabriel Serbian
http://en.wikipedia.org/wiki/Gabe_Serbian

Giulia Salerno
http://it.wikipedia.org/wiki/Giulia_Salerno
http://www.imdb.com/name/nm3065133/

Charlotte Gainsbourg
voir fiche du film 3 cœurs
http://www.citebd.org/spip.php?film1315

Gabriel Garko
Né le 12 juillet 1974 à Turin.
http://www.imdb.com/name/nm0307490/

Carolina Poccioni
Née le 28 février 1998 à Rome.
http://www.imdb.com/name/nm6265421/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Asia Argento prouve avec ce film ses talents de réalisatrice mais surtout de directrice d’acteurs, qu’elle a su magnifier par sa mise en scène sensible, originale et résolument détonante.
Critikat - L’enfance sacrifiée aura rarement été aussi bien exposée, sans excès ni effets superfétatoires et pourtant terriblement tragique.
Elle - (...) là où Asia Argento convainc, c’est en ajoutant une touche de rêverie et d’innocence à des scènes que l’on pourrait si facilement trouver sordides.
Le Jdd - Traitée sur un mode décalé et toujours avec sensibilité, une chronique lucide, souvent cruelle, dont on ne sort pas indemne.
Le Monde - La véritable force du film d'Asia Argento réside toutefois dans la façon dont elle parvient à construire, au coeur d'un projet qui pourrait n'être que banal ou inutilement narcissique, des moments uniques, inédits au cinéma.
le Parisien - Asia Argento, jeune maman de 39 ans, a mis toute sa sensibilité et un réel talent de mise en scène dans cette chronique familiale douce-amère et un rien barrée.
L'Humanité - Cette belle fable offre exactement la dose de fantaisie mi-punk, mi-acidulée, dont un cinéma italien ayant sombré dans la sinistrose avait besoin.
Positif - Le travail sur la musique et sur la palette des couleurs contribue à retrouver le charme d'une époque révolue. Le film doit aussi beaucoup à l'extraordinaire charisme de Giulia Salerno, sa jeune interprète. Une bonne surprise.