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Blue ruin

Usa - 2013 - 1h34
sorti en France le 9 juillet 2014
Prix Fipresci Quinzaine des réalisateurs Cannes 2013 - Sélections : festival du cinéma américain Deauville 2013 - festival international du film Locarno 2013 - festival international du film Toronto 2013 - Sundance 2014
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Jeremy Saulnier

scénario : Jeremy Saulnier
direction de la photographie : Jeremy Saulnier
musique ou chansons : Brooke Blair, Will Blair
avec : Macon Blair (Dwight), Devin Ratray (Ben Gaffney), Amy Hargreaves (Sam), Kevin Kolack (Teddy Cleland), Eve Plumb (Chris Cleland), David W. Thompson (William), Brent Werzner (Carl Cleland), Bonnie Johnson (Margaret), Stacy Rock (Hope Cleland), Sidne Anderson (officier Eddy), Ydaiber Orozco (Amanda), Erica Genereux Smith (fille rock)
séances : semaine du mercredi 10 décembre 2014
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
21:00*
séance spéciale :
* mar 16 à 21h00 : ciné mardi : "haine fraîche et plat froid" - soirée en partenariat avec Hidden circle - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (couplé avec "Dressé pour tuer").

synopsis

Dwight a passé les dernières années à errer sans but en vivant dans sa voiture. Ce comportement en apparence paisible est bouleversé lorsqu'il découvre que Wade Cleland Jr., condamné pour le meurtre de ses parents, va être libéré de prison. Dwight rentre chez lui, en Virginie, pour y accomplir sa vengeance...

notes de production

Blue ruin n’est pas encore sorti aux Usa qu’il a déjà collecté un prix au festival de Cannes (le Fipresci) (1) et s’est vu sélectionné dans certains des festivals les plus prestigieux : Sundance, Toronto, Rotterdam, Locarno et le Fantastic Fest, entre autres.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_FIPRESCI_du_Festival_de_Cannes

Le premier film de Jeremy Saulnier, Murder party (2), qu’il avait, tout comme Blue ruin, écrit seul, avait déjà eu le prix du public au festival de Sundance en 2007. Quant à sa profession première, directeur de la photographie, il l’a majoritairement exercée auprès de Matthew Porterfield (3), qui sort justement en 2014 I used to be darker (4), dont Saulnier signe une fois de plus la photo, tout comme celle de Blue ruin. Cinéaste polymorphe, il multiplie les casquettes sur ses propres réalisations.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Murder_Party_%28film%29
(3) http://www.imdb.com/name/nm2275041/
(4) http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/i-used-to-be-darker.html

Jeremy Saulnier a dit s’inspirer, pour Blue ruin, du film Le Solitaire (5), de Michael Mann, où James Caan incarnait un personnage écrit sur mesure par le réalisateur, très proche de celui que joue Macon Blair : tout ce qui fait partie de notre développement normal, ce que nous vivons comme expériences, il en est exclu, intentionnellement, disait Mann. C’est la précision des détails et l’authenticité propre à l’histoire du Solitaire qu’a voulu récupérer Saulnier. Il tire également son influence des œuvres littéraires de Georges Pelecanos (6) et Cormac McCarthy (7), merveilleux conteurs de leur Amérique contemporaine.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Solitaire_%28film,_1981%29
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Pelecanos
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cormac_McCarthy

Faute de financement suffisant pour finir son film, Jeremy Saulnier se servit du site de crowfunding Kickstarter (8) pour réunir les fonds nécessaires à l’achèvement de la production de Blue ruin. Il put ainsi récupérer un peu plus de 35 000 dollars et finir à temps pour présenter son long-métrage au festival de Cannes, avant de faire le tour des plus grandes rencontres cinématographiques mondiales.
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Kickstarter

Jeremy Saulnier et Macon Blair, l’acteur principal de Blue ruin, ne se connaissent pas d’hier. Anciens camarades de classe, ils se retrouvent professionnellement dès le premier court-métrage de Saulnier, Goldfarb (1998). Le comédien joue également dans le premier long-métrage du réalisateur, Murder party (2007) avant de passer en tête d’affiche pour Blue ruin qui marque aussi le retour de Stacy Rock, qui jouait déjà dans Murder party à la fois en tant qu’actrice et cascadeuse.

Blue ruin est un film local et familial. Tourné dans la Virginie (9) natale de son réalisateur et de son principal interprète, une grande partie des décors utilisés pour les scènes intérieures appartiennent à des connaissances de Jeremy Saulnier, des proches et membres de sa famille, qui lui permirent de tourner dans de véritables intérieurs de la région, sans avoir à y mettre de sa poche déjà trouée par l’auto-production du film.
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Virginie_%28%C3%89tat%29

Le titre du film, Blue ruin, est tiré du surnom de la voiture que conduisait la soeur de Saulnier lorsqu’elle était encore au lycée : une vieille Pontiac Bonneville (10) bleu passé. C’est cette même ruine qu’habite Dwight au début du film. D’après le réalisateur, le titre se lit également à d’autres niveaux : il doit refléter le ton du film, dur et brutal. C’est aussi une expression qui signifie débâcle, précise-t-il dans une interview.
(10) http://www.leblogauto.com/2009/05/histoire-de-pontiac-1957-a-2005-pontiac-bonneville.html

Voulant s’éloigner des codes du film de vengeance, où le héros devient souvent subitement un tough guy ou un bad ass, Jeremy Saulnier chercha à marquer le ton du film via son personnage principal car, à la différence d’un scénario typique, Dwight n’est ni un vétéran de guerre, ni un expert, c’est un assassin amateur, un assassin plutôt attachant je trouve. De même, il n’est pas question d’une simple vendetta dans Blue ruin mais des sentiments contemporains que l’on peut ressentir face aux armes et à l’ultra violence, tout particulièrement aux Usa. C’est sur cet aspect de la culture américaine qu’a voulu se concentrer le réalisateur.

Macon Blair se donna à fond pour avoir droit à son premier rôle principal, que voulait depuis longtemps lui donner son ami et réalisateur Jeremy Saulnier. Ainsi, avant même que le film ne soit financé, il se laissa pousser sa barbe pendant huit mois, sans jamais la laver. Durant le tournage, l’acteur n’a pas bénéficié de doublure, c’est bel et bien lui qui passe à travers une vitre, saute d’une fenêtre et boit du sang véritable.

Devin Ratray, que l’on connaît principalement pour avoir été Buzz McCallister de Maman j’ai raté l’avion (11), avait d’abord auditionné pour un autre rôle que celui de Ben Gaffney dans Blue ruin, mais le réalisateur le trouvait trop jeune. Jeremy Saulnier, persuadé de son talent, le prit pour jouer Ben sans même lui refaire passer une audition.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Maman,_j%27ai_rat%C3%A9_l%27avion

Blue ruin n’a pas d’autre but, selon les dires de son réalisateur, que de divertir le spectateur. Il ne se veut pas un film à message ou militant, encore moins un film thérapie. Bien que Jeremy Saulnier ait un avis tranché sur certaines questions polémiques qui peuvent ressortir dans le film, comme le port des armes à feu, il ne souhaite pas en faire l’argument de Blue ruin, pour ne pas détourner le spectateur de l’histoire et de son personnage. L’autocensure entre même en ligne de compte : j’ai d’ailleurs enlevé certaines répliques du film qui paraissaient trop moralisatrices aux vues des récents événements tragiques. Il fait bien évidemment référence aux fusillades qui eurent lieu dans les universités de Columbine (12), de Virginia Tech (13) et à l’école primaire Sandy Hook (14).
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_de_Columbine
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_de_l%27universit%C3%A9_Virginia_Tech
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuerie_de_l%27%C3%A9cole_primaire_Sandy_Hook

Entretien avec Jeremy Saulnier
Quelle est la signification de ce titre, très évocateur : "Blue ruin" ?
Trouver le titre d’un film est souvent plus dur que de le faire. En dépit de la nature violente du film, je ne voulais pas être trop fort avec le titre.Blue ruin a, à la fois un sens littéral en référence aux différents éléments du film (l’océan Atlantique, la voiture de Dwight, une berline bleue et rouillée) mais c’est aussi le reflet du ton du film, dur et brutal. C’est aussi une expression qui signifie "débâcle", ce qui fonctionne également à plusieurs niveaux. Blue ruin combine le suspens d’un thriller avec des éléments comiques, ainsi qu’une réflexion sur les liens familiaux, la vengeance et la douleur...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/blue-ruin-thriller,289042

Jeremy Saulnier
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Saulnier
http://www.quinzaine-realisateurs.com/jeremy-saulnier-r13617.html

Devin Ratray
Né le 11 janvier 1977 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Devin_Ratray

Amy Hargreaves
Née le 27 janvier 1970 à Rockville.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Amy_Hargreaves

Eve Plumb
Née le 29 avril 1958 à Burbank.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eve_Plumb

extrait(s) de presse

Le Monde - [...] les petits shoots sadiques, à la limites du gore, [que Jeremy Saulnier] distille, sont si bien calibrés qu'ils propulsent le spectateur dans un état proche du ravissement.
L'Ecran fantastique - L'interprétation de Macon Blair est pour beaucoup dans la réussite du film, tant il sait incarner cette ombre s'éveillant peu à peu à la lumière, retrouvant son humanité à mesure qu'il marche vers un destin de plus en plus sombre, dans une sorte de clair-obscur psychologique.
Mad movies - Auteur complet cumulant les fonctions de réalisateur, de scénariste et de directeur photo, [...] Jeremy Saulnier est incontestablement un homme à suivre.
àVoir-àLire - A la fois tétanisant dans ses moments de pure violence et drôle dans ses dérapages volontaires, l’ensemble est porté par une excellente réalisation qui devrait faire de Jeremy Saulnier l’un des plus beaux espoirs de cette année.
Chronic'art - Plus qu'il n'éraille le Second amendement, Saulnier tire le portrait d'une société coincée entre sa propre légende et la réalité du présent.
Critikat - "Blue Ruin" prend son sens dans un postulat très simple et très salutaire, d’une évidence que le cinéma, notamment hollywoodien, oublie souvent : même en Amérique, au pays du Deuxième Amendement et dans un genre où la violence est un accessoire commun, il n’est pas si facile de tuer.
Libération - "Blue Ruin" a pas mal voyagé dans divers festivals, récoltant une jolie moisson de prix et une belle réputation critique. Largement de quoi identifier Saulnier comme un cinéaste à suivre dans le microcosme du cinéma (...). C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
Les Inrocks - Regard désabusé et flottant sur une Amérique en déroute. Une vraie révélation.