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La Ligne de partage des eaux

France - 2013 - 1h48
sorti en France le 23 avril 2014
documentaire - film francophone
de

Dominique Marchais

direction de la photographie : Sébastien Buchmann, Claire Mathon
séances : semaine du mercredi 26 novembre 2014
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 1er mardi 2
20:30*
séance spéciale :
* Cinédoc - mar 2 à 20h30 - en présence de Dominique Marchais, en partenariat avec Créadoc - tarif unique 3,5 €

synopsis

"La ligne de partage des eaux" s’inscrit dans le périmètre du bassin versant de la Loire, de la source de la Vienne sur le plateau de Millevaches jusqu’à l’estuaire. Le bassin versant, et non pas le fleuve Loire ! C’est-à-dire le plan incliné vers la mer, la totalité de l’espace irrigué, pas seulement le trait de la rivière. C’est-à-dire les zones d’activités et les zones humides, les fossés et les autoroutes, les salles de réunions et les chantiers. Car l’eau est partout, dans les sols, dans les nappes, dans l’air, circulant, s’infiltrant, s’évaporant et partout reliant les territoires entre eux, désignant leur interdépendance, nous faisant rêver à leur solidarité. "La ligne de partage des eaux" n’est donc pas seulement cette ligne géographique qui sépare des bassins versants mais elle est aussi la ligne politique qui relie des individus et des groupes qui ont quelque chose en partage : de l’eau, un territoire, un paysage...

notes de production

La ligne de partage des eaux désigne une limite géographique qui divise un territoire en un ou plusieurs bassins versants. Plus précisément, de chaque côté de cette ligne, les eaux s’écoulent in fine dans des directions différentes. Elle est proche mais pas confondue avec les lignes de crêtes ; des couches géologiques profondes et imperméables peuvent en effet diriger l’eau dans une vallée séparée par une ligne de crête de la vallée où cette pluie est tombée...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_partage_des_eaux

La Ligne de partage des eaux est le second long-métrage du réalisateur Dominique Marchais. Son premier film, Le Temps des grâces (1), s’interrogeait déjà sur le territoire et notre rapport à la ruralité. Le cinéaste dit voir, dans ses deux réalisations, un diptyque, l’un historique, l’autre géographique. Le second découle de l’expérience et des connaissances acquises sur le premier.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Temps_des_gr%C3%A2ces

Le réalisateur avait un postulat de départ lorsqu’il décida de s’atteler au projet : je ne vais pas faire un film sur l’eau, mais un film qui dit qu’à partir de l’eau on peut remonter toutes les questions d’aménagement du territoire, par capillarité en quelque sorte. Il est donc plus question de la politique de l’eau, de ses infrastructures et de son organisation, plus que de l’eau elle-même.

C’est au cours du travail préparatoire sur La Ligne de partage des eaux que Marchais décida de s’intéresser uniquement au bassin versant et non pas à une échelle territoriale plus ou moins importante. C’est cette zone précise qu’il a pris pour sujet, du fait de son importance auprès des institutions touchant à l’eau. Ce bassin versant, c’est également le lieu le plus dense de circulation des eaux en France, horizontalement (d’amont en aval) et verticalement (évaporation) et à la dimension cyclique la plus complète.

Le film tend à s’équilibrer entre un discours alarmiste et positif. Le réalisateur explique dans une interview l’importance des commissions environnementales dans lesquelles sont mis au jour les problèmes d’assèchement et de pollution des eaux. Il précise néanmoins que la temporalité du changement n’est pas adaptée à celle de la catastrophe, autrement dit, la catastrophe peut paraître subite ou s’étaler sur le long terme, le tout est de savoir s’il est encore possible de réagir. La Ligne de partage des eaux ne fait au final qu’effleurer la dimension catastrophique de la situation.

Le film alterne les séquences construites sur la parole, le discours et les plages silencieuses et contemplatives. Plusieurs plans montrent ainsi les rivières, les ruisseaux, le flux et la vie des cours d’eau, sans autre commentaire. Dominique Marchais dit en cela s’inscrire dans le cinéma américain classique type western, mais en s’adaptant aux situations documentaires. Ainsi, les séquences à Châteauroux laissent plus de place à la parole alors que celles de Faux-la-Montagne réinscrivent ses personnages dans un paysage qui est celui de l’eau, comme les pionniers américains faisaient partie intégrante du désert qu’ils traversaient.

Se comprenant comme un film politique, La Ligne de partage des eaux ne doit pas pour autant être perçu, selon son réalisateur, comme un film militant. Il préfère éviter les grands discours et les images chocs pour laisser le temps au public de réfléchir à ce qu’il vient de voir. La visée pédagogique est aussi présente, c’est pourquoi Dominique Marchais a tenté de réaliser un film ouvert, ou ce qu’il appelle un film-système, dans lequel on peut circuler, et qui pourra j’espère décalcifier des habitudes de pensée.

La Ligne de partage des eaux a été sélectionné, comme le précédent film de Marchais, Le Temps des grâces (2009), et comme son court-métrage, Lenz échappé (2), au festival de Belfort. On retrouva le plus récent à la Roche-sur-Yon, en première mondiale le 17 octobre 2013.
(2) http://dvdtoile.com/Film.php?id=35865

Entretien avec Dominique Marchais
Il peut y avoir une frustration à être considéré plus comme documentariste que comme cinéaste.
D’abord, je ne sais pas si je continuerai à travailler dans le documentaire ou en tout cas sous cette forme-là. Ce n’est pas mon destin en tout cas. Le premier film que j’ai fait n’est pas un documentaire. Lenz échappé c’était d’après le Lenz de Georg Büchner et la question c’était déjà le paysage. Le Temps des grâces c’était pour moi la continuation des mêmes questionnements mais sous une autre forme. J’aimerais bien continuer ce travail mais sous une autre forme encore. Car là, ce qui est difficile ce sont les temporalités, les recherches de financements. Le temps de fabrication du film est lui-même long et puis il y a le temps d’attente pour que le film sorte, son accompagnement ensuite qui va durer un an… Donc, tout ça mis bout à bout ça fait des engagements vraiment lourds. On ne sait pas si le film va être vu. Le Temps des grâces ça c’était bien passé mais à chaque fois tout est rejoué. Les gens ne sont pas forcément fidèles ou n’accompagnent pas dans la durée. Je ne suis pas sûr que l’évolution de mes préoccupations soit synchrone avec les préoccupations du monde du cinéma...
http://www.revuezinzolin.com/2014/04/entretien-dominique-marchais/

Dominique Marchais
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/328541/dominique-marchais

Sébastien Buchmann
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/302881/sebastien-buchmann

Claire Mathon
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claire_Mathon

extrait(s) de presse

Critikat - Après le très réussi "Le Temps des grâces", Dominique Marchais poursuit son exploration des enjeux agricoles, économiques et écologiques à l’échelle locale du territoire français...
Le Monde - Absence de visée polémique. Désir de comprendre. Pari sur l'intelligence du spectateur. Préparation au long cours. Richesse synthétique des approches, des sources, des personnages. Souci de raccorder l'enjeu du film à une conception globale de l'homme dans son environnement.
Les Inrocks - "La Ligne de partage" des eaux ne devient pas un puzzle achevé (si ce n’est dans la beauté simple de ses plans) mais un tableau d’ensemble imparfait, plein de réussites, d’échecs, de questions en suspens, à l’image de la vie collective.
Positif - Tout un imaginaire bachelardien jaillit des plans superbes qui donnent à voir le chevelu d'un fouillis de rus, une averse de pluie sur une rivière ou le cours allègre d'un ruisseau. Chaque séquence fait sens en elle-même, bien que des motifs directeurs organisent le récit.
La Croix - Au milieu d’œuvres militantes, "La Ligne de partage des eaux" se distingue par une autre dimension politique. Celle de la connaissance large des enjeux, du dialogue, du compromis...