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Massacre à la tronçonneuse

The Texas chainsaw massacre
Usa - 1974 - 1h24
sorti en France le 5 mai 1982
Quinzaine des réalisateurs Cannes 1975 - Prix de la critique festival international du film fantastique Avoriaz 1976
interdit aux moins de 16 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Tobe Hooper

scénario : Kim Henkel, Tobe Hooper
direction de la photographie : Daniel Pearl
musique ou chansons : Tobe Hooper, Wayne Bell
avec : Marilyn Burns (Sally Hardesty), Paul A. Partain (Franklin Hardesty), Allen Danziger (Jerry), William Vail (Kirk), Teri McMinn (Pam), Edwin Neal (l'auto-stoppeur), Jim Siedow (le vieil homme), Gunnar Hansen (Leatherface), John Dugan (le grand-père), Perry Lorenz (le conducteur du camion), Joe Bill Hogan (l'ivrogne), Robert Courtin (le laveur de carreaux), John Henry Faulk (le narrateur)
séances : semaine du mercredi 26 novembre 2014
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 1er mardi 2
04:00*
séance spéciale :
* dim 30 à 4h00 - Nuit fantastique dans le cadre du festival "Le Rayon fantastique" organisé en partenariat avec Hidden circle, la Nef, le Lisa et Rurik Sallé (Distorsion) - tarif préférentiel 5 films = 15,00 €

synopsis

Le 18 août 1973 par une chaleur caniculaire, cinq jeunes et insouciants amis traversent le Texas à bord d’un van. Alpagués par un très étrange auto-stoppeur, ceux-ci sont pris de panique lorsqu’il les menace avec son couteau. Ils arrivent finalement à le faire sortir mais sont pris de court par une panne d’essence qui les oblige à s’arrêter dans une station-service pour le moins inhospitalière. Un peu plus tard, ils découvrent la vieille maison de la grand-mère de Sally et Franklin, son frère, abandonnée depuis des lustres. Le groupe finit par se séparer. Un long et douloureux cauchemar les attend…

notes de production

J’ai vu Massacre à la tronçonneuse sans rien connaître du film. J’étais complètement terrifié. Je l’ai vu un certain nombre de fois depuis, mais de mon point de vue, il reste toujours aussi génial et indémodable.
John Landis
C’est en voyant Massacre à la tronçonneuse que le cinéma m’a trouvé. […] Quel que fût l’effet de ce film sur moi, je voulais provoquer la même chose chez les autres. Je voulais pénétrer les esprits et faire de sérieux dégâts émotionnels et poétiques.
Tobe Hooper a réalisé l’une des plus grandes prouesses artistiques du siècle moderne.

Nicolas Winding Refn

Bien que le film ait déjà fait l’objet de restauration, celle de 2014, réalisée par Dark sky films, est la première à avoir été faite à partir du film 16 mm original. Il faut savoir que les bobines du film avaient été redécouvertes dans les années 1990,abandonnées dans des sacs poubelles dans les entrepôts de son distributeur ! Cette fois-ci, le scan a été fait à partir de l’élément d’origine - le 16 mm inversible - nécessitant six semaines de travail pour traiter un total de 120 960 photogrammes. La restauration de l’image et l’étalonnage ont eux requis cinq mois de travail. Le matériel était en effet dans un état déplorable : nombreuses rayures, taches, saletés et traces de colle ayant presque brûlé certains photogrammes. L’étalonnage n’a pas non plus été une mince affaire car les produits chimiques utilisés pour celui de 1974 avaient, avec le temps, profondément détérioré, voire transformé, les couleurs. Dark Sky Films s’est
donc servi d’un transfert précédent également approuvé par Tobe Hooper, lequel a supervisé à nouveau cet étalonnage, ainsi que les nouveaux mix sonores 5.1 et 7.1.

Massacre à la tronçonneuse fut projeté à la Quinzaine des réalisateurs (1) en 1975, huit mois après sa distribution aux Usa. 1975 fut une année faste pour la manifestation indépendante cannoise puisqu’y furent également présentés Le Droit du plus fort (2) de Rainer Werner Fassbinder, Le Voyage des comédiens (3) de Theo Angelopoulos, Jeanne Dielman, 23 Quai du Commerce - 1080 Bruxelles (4) de Chantal Akerman, Milestones (5) de Robert Kramer et John Douglas et Allonsanfan (6) de Paolo et Vittorio Taviani en film d’ouverture, en présence du secrétaire d’état à la culture de l’époque, Michel Guy. Ce politicien proche des arts et des artistes restera dans l’histoire comme le responsable de la suppression de la censure cinématographique en France, en instaurant une taxe de 33 % pour les films violents ou pornographiques. Suppression toute relative puisque Massacre à la tronçonneuse sera totalement interdit par la commission de classement des films en France après une petite semaine d’exploitation en salle en 1974. On reproche au film son extrême violence, alors que les meurtres sont filmés hors-champs mais la bande son et la mise en scène de Tobe Hooper instaurent une atmosphère si impressionnante que de l’avis général on n’a encore jamais vu ça. Cette interdiction perdurera sous cinq ministres de la culture successifs (7) et ce n’est qu’en mai 1982 que l’interdiction d’une sortie en salles fut levée, permettant au film d’être distribué dans sa version intégrale huit ans après sa réalisation avec une interdiction aux moins de 18 ans, accompagnée d’un avertissement. Auparavant Massacre à la tronçonneuse avait été le premier titre édité en vhs en 1979, en version intégrale, dans la mythique collection Les films que vous ne verrez jamais à la télévision (aux côtés de Zombie (8), Maniac (9), etc.) de René Chateau (10).
http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2014/05/22/cannes-2014-jour-9-massacre-a-la-tronconneuse-de-tobe-hooper-quinzaine-des-realisateurs/
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Quinzaine_des_r%C3%A9alisateurs
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Droit_du_plus_fort
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_des_com%C3%A9diens
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Dielman,_23,_quai_du_commerce,_1080_Bruxelles
(5) http://www.cineclubdecaen.com/realisat/kramer/milestones.htm
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Allonsanfan
(7) avant Jack Lang, il y eut Michel d’Ornano (4 mars 1981), Jean-Philippe Lecat (5 avril 1978), Michel d’Ornano (30 mars 1977), Françoise Giroud (27 août 1976), Michel Guy (8 juin 1974), Alain Peyrefitte (1er mars 1974)
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Zombie_%28film%29
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Maniac_%28film,_1980%29
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Chateau_%28%C3%A9diteur%29
Le film a été doublé une première fois en français à l’époque. Une nouvelle vf a été enregistrée pour la sortie dvd chez Studio canal (11) en 2005. Cette nouvelle version est très décriée par nombre de puristes qui la jugent très inférieure à celle de 1979. Il y a aussi une version française doublée au Québec connue sous le titre Massacre à la scie.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Studiocanal

Censuré, le film est sorti en Finlande en novembre 1996 ainsi qu’au Royaume-Uni en avril 1999. La commission de contrôle interdit aussi la sortie de ce film en France après une semaine d’exploitation en salle en 1974 et ce n’est qu’en mai 1982 que l’interdiction fut levée, le film est sorti dans sa version intégrale huit ans après sa réalisation avec une interdiction aux moins de 18 ans, accompagnée d’un avertissement. Les Britanniques auront attendu près d’un quart de siècle avant de pouvoir regarder Massacre à la tronçonneuse sur grand écran. Rejeté par la censure en 1975, ce classique de l’horreur est sorti le 9 avril 1999 dans les cinémas du Royaume-Uni. Le British board of film classification a finalement autorisé la diffusion du film, qui reste interdit aux moins de 18 ans.
http://www.dvdclassik.com/critique/massacre-a-la-tronconneuse-hooper

Le personnage de Leatherface (12) s’inspire d’Ed Gein (13), un profanateur de tombes et tueur de femmes, de Plainfield dans le Wisconsin en 1957. Il est à l’origine de nombreux psychopathes montrés sur grand écran, tels Norman Bates dans Psychose (14) ou le Buffalo Bill du Silence des agneaux (15).
Quand Gein a été finalement capturé, les restes de quinze femmes ont été trouvés dans sa maison. Arrêté en 1957 et décédé en 1984, Ed Gein a été reconnu coupable d’une dizaine de meurtres.
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Leatherface
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_%28film,_1960%29
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Silence_des_agneaux_%28film%29

Le tournage s’est déroulé à Austin (16), Bastrop (17) et Round Rock (18), au Texas. Au départ, il devait s’étaler sur une période de sept jours. Mais la production du film ayant rencontré de nombreuses difficultés (accidents de tournage, budget limité), le tournage a finalement duré un mois entier.
Après les enregistrements, le lieu où se situe la demeure de la famille Sawyer a été entièrement rasé. La maison elle-même a été déplacée et entièrement restaurée. A noter qu’avant que l’équipe de tournage ne s’y installe, la maison était habitée par une autre famille, qui a accepté de la mettre en location, le temps du tournage.
Les Ramones (19) se sont inspirés du film pour leur premier album (20) (Chain saw, 1976).
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Austin_%28Texas%29
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bastrop_%28Texas%29
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Round_Rock
(19) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ramones
(20) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ramones_%28album%29

Tobe Hooper révèle avoir eu l’idée du scénario du film en faisant ses courses dans la section quincaillerie d’une grande surface, alors bondée. En tentant d’en sortir, il tomba sur une tronçonneuse, et a eu le déclic. Il a expliqué lors d’un entretien que la raison pour laquelle, il a choisi la tronçonneuse plutôt qu’autre chose c’est que le bruit de l’engin remplaçait n’importe quelle musique d’horreur pendant les scènes et donc un gain d’argent. Dans un entretien à Mad movies (21) (octobre 2010), Tobe Hooper précise que, afin de renforcer l’aspect cinéma vérité, documentaire, les tronçonneuses fonctionnaient vraiment sur le tournage, ceci afin d’obtenir un rendu sonore le plus proche possible de la réalité. Il n’y eut qu’une seule blessure à déplorer pendant le tournage (Gunnar Hansen).
(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mad_Movies

Bien que le film se nomme Massacre à la tronçonneuse, seulement un seul membre du groupe d’amis est assassiné avec l’instrument en question, les autres sont tués à l’aide de masse, de croc de boucher et de réfrigérateur.
Lors du tournage d’une scène, une comédienne frisa la crise d’hystérie, Tobe Hooper l’ayant poussée dans ses derniers retranchements.
Les acteurs du film étaient tellement effrayés par le comédien qui jouait le tueur qu’ils n’ont pas eu l’occasion de le connaitre.
Bien que les noms réels des protagonistes joués par Edwin Neal, Gunnar Hansen et Jim Siedow ne soit pas révélés dans le film, leur véritable identité est donnée dans la suite : Massacre à la tronçonneuse 2 (22).
(22) http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_%C3%A0_la_tron%C3%A7onneuse_2
Le personnage de L’auto-stoppeur se nomme Nubbins Sawyer, celui du cuisinier et tenant de la station-service est Drayton Sawyer et le nom de Leatherface est Bubba Sawyer. Contrairement à ce qui a pu être cru, Drayton Sawyer n’est pas le père de Leatherface et Nubbins ; il est leur frère ainé. La famille comprend également un autre frère ; jumeau de Nubbins, nommé Chop Top mais il n’apparait que dans la suite. Il est incarné par l’acteur Bill Moseley.

Massacre à la tronçonneuse est considéré comme l’un des films d’horreur les plus importants de tous les temps . Dans la continuité de Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock dont le même fait divers sert d’inspiration, il participe à jeter les bases des slashers (23) tels que La Nuit des masques (24), Vendredi 13 (25), Les Griffes de la nuit (26) : recours à des outils conventionnels (tronçonneuse, marteau, pioche) comme armes meurtrières, image du grand tueur silencieux dénué de sentiments.
(23) http://fr.wikipedia.org/wiki/Slasher
(24) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nuit_des_masques
(25) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vendredi_13_%28film,_1980%29
(26) http://www.citebd.org/spip.php?film1168

Le titre original n’a été choisi que quelques semaines avant la sortie américaine du film en octobre 1974. The Texas chainsaw massacre a ainsi finalement été préféré à Leatherface (du nom du tueur du film) et Headcheese.

Tourné pour 140 000 $, Massacre à la tronçonneuse ne pouvait se payer un compositeur attitré. La conception de la bande-son a donc été assurée par Tobe Hooper lui-même, qui la chargea de compositions atoniques obtenues par le frottement d’une fourche sur une surface dure.

Selon la légende, l’acteur Gunnar Hansen, qui était professeur à l’Université du Texas avant d’endosser les trois masques arborés par le terrible Leatherface dans le film, était très isolé lors du tournage, les autres comédiens étant effrayés par sa composition inquiétante.
Gunnar Hansen a participé à l’écriture de son personnage. En effet, c’est l’acteur en personne qui a suggéré que le tueur à la tronçonneuse soit mentalement instable. Pour s’imprégner du personnage, il est allé dans un refuge pour handicapés mentaux et y a observé leurs faits et gestes.
Petit de taille, Gunnar Hansen, a dû chausser des talons de 7 cm environ pour avoir une posture imposante, par rapport aux autres personnages. Toujours pour ce rôle, l’acteur a bénéficié d’une prothèse dentaire, spécialement conçue par son dentiste.
En revêtant le masque de Leatherface, Gunnar Hansen a vu son champ de vision réduit. Et qui dit champ de vision réduit, dit impossibilité de voir clairement : l’acteur est, à maintes reprises, entré en collision avec des portes, des objets...

John Larroquette affirme avoir été payé en nature pour ses fonctions de narrateur. Pour le remercier de ses services, le réalisateur lui aurait offert... un joint de cannabis. Rien que ça.
Contrairement à de nombreux cinéastes qui choisissent d’enregistrer les scènes les plus éprouvantes en premier, laissant les plus simples pour la fin, Tobe Hooper a choisi de tourner les scènes dans un ordre chronologique, selon leur progression scénaristique.
Restriction budgétaire oblige, la camionnette dans laquelle siègent les futures victimes de Leatherface appartient en réalité à Ted Nicolaou, ingénieur du son sur le film.

Marilyn Burn s’est blessée en tournant la scène où elle tente d’échapper à Leatherface. Dans certaines séquences, ce sont les tâches de son propre sang qui décorent ses vêtements. Pour éviter que de tels désagréments ne se reproduisent, le réalisateur a dû embaucher une doublure pour remplacer l’actrice dans certaines scènes.

Chaleur, puanteur... L’ambiance du tournage a été particulièrement éprouvante pour les acteurs, et pour l’ensemble de l’équipe. En cause d’abord, la chaleur accablante. Dans la ferme isolée près de la ville de Round Rock, au Texas, où a lieu le tournage lors de l’été 1973, les pics de température atteignent les 40°C, et s’accompagnent d’une humidité insupportable qui attire les insectes. Pire encore : la puanteur dégagée par les vrais os d’animaux et les peaux de bêtes qui servent de décors à la maison de Leatherface. C’est malsain. Nous travaillons sur un film malsain et nous devenons malades. Nous avons tous un sentiment de dégoût par rapport à nous-mêmes, a confié Dottie Pearl, la maquilleuse, traumatisée comme toute l’équipe, selon Télérama.
…Et dégoût. L’actrice Marilyn Burns, qui jouait le rôle de Sally Hardesty, a aussi raconté une anecdote éloquente. Dans la scène où elle est ligotée à une chaise, Nubbins (l’auto-stoppeur du film) lui met un chiffon dans la bouche pour qu’elle arrête de crier. En réalité, on ne sait pas d’où sortait ce torchon sale. Il était là, dans le décor, quand il me l’a mis, avait-t-elle expliqué. Dans l’une des scènes finales, Sally est attachée à une chaise à la table du tueur. Il a fallu 26 heures pour tourner ces cinq minutes effrayantes raconte Gunnar Hansen au magazine britannique Esquire (27). La scène de ce dîner est gravée dans ma mémoire, explique l’acteur, qui se souvient d’une actrice au bord de la crise de nerfs tellement elle était terrifiée.
(27) http://fr.wikipedia.org/wiki/Esquire_%28magazine%29

Les relations entre les acteurs sur le tournage ont été particulièrement mauvaises. Il faut dire que Gunnar Hansen, le tueur, avait en effet décidé de ne jamais adresser la parole à ses victimes, pour garder intact son charisme et son aspect effrayant. De quoi finir de traumatiser tout le monde. Le film terminé, j’ai pensé que tout le monde allait me détester, a confié le réalisateur au magazine Esquire, mais c’est parce que je savais ce que je voulais et comment l’obtenir.

Bien que produit en Californie, ce film s’apparente directement aux désormais nombreuses productions indépendantes régionales réalisées dans les différents états américains et dont l’archétype comme succès majeur est le très connu La Nuit des morts-vivants (28). La caractéristique de ces productions est de singer les films de genre hollywoodiens, imités avec naturellement peu d’argent, peu de moyens et peu d’idées (et des acteurs qui vont du plus mauvais à l’ultra-médiocre). Massacre à la tronçonneuse s’inspire aussi bien des films de Romero (29) que de Psychose et des (oh ! combien meilleurs) films d’horreur de William Castle (30)...
Le metteur en scène (mas y en a-t-il un ?) joue toutes ses cartes sur des effets de boucherie, sur l’accumulation des crânes, membres dépecés, viandes putréfiées, embaumées, cuisinées et ingurgitées. Cependant le mauvais goût n’est pas ici un don de la nature et sa recherche fébrile est ce qui gêne le plus manifestement ce film. Pourtant, nonobstant également les défauts de rythme, de cadrage, ceux d’une photo décente et beaucoup d’autres encore, le film donne quelques moments de jouissance sadique. Le plus beau de ceux-ci, dans la maison des maniaques homicides : le grand-père, plus que centenaire (maquillé à la Little big man) (31), a quelques ultimes sursauts de vie et, libidineux, suce le sang de la jeune victime. Un morceau d’anthologie gérontophile (32).
Lorenzo Codelli in Positif n° 171/172 (juillet - août 1975)
(28) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nuit_des_morts-vivants
(29) http://fr.wikipedia.org/wiki/George_A._Romero
(30) http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Castle
(31) http://fr.wikipedia.org/wiki/Little_Big_Man
(32) http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rontophilie

Bien que Lorenzo Codelli ait déjà rendu compte de ce film après son passage à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, il paraît nécessaire d’y revenir pour expliquer un vote qui a été peu compris et peu apprécié.
Massacre à la tronçonneuse, qui rapporte un fait-divers en un traitement apparemment documentaire, participe du fantastique. Le mélange personnage-situations-développement, la construction du récit proviennent du fantastique classique. Ce film à la tonalité glauque crée tout au long une atmosphère cauchemardesque. Enfin il associe fugitivement les meurtres avec des influences astrales.
Un univers morbide se constitue, fondé sur la nécrophilie, l’obsession du sang et de la viande. Tobe Hooper précipite le spectateur dans un monde imaginaire où les situations outrées sont toutes l’actualisation de fantasmes, la réalisation de pulsons. Ce que la symbolique du fantastique traditionnel murmure sous une forme raffinée, il le hurle en employant le moule de cette forme. Sa laideur, qui dépend d’une recherche de l’effet autant que d’un refus de l’attrait, aide à déranger. N’est-ce pas là la fonction primordiale du fantastique ?
Alain Garsault in Positif n° 181 (mai 1976)

Interdit pendant cinq ans par la censure giscardienne, Massacre à la tronçonneuse sort sans conteste des sentiers battus du film d’horreur.
Alors que les tâcherons du fantastique noient le spectateur sous un torrent d’hémoglobine, Tobe Hooper choisit de se montrer relativement réaliste, du moins dans toute la première partie de son film, afin de cerner ses personnages avec une acuité plus grande. De pus le cadre géographique intervient de façon assez précise et nous renvoie à toute une tradition du cinéma américain. On pense en particulier à Délivrance (33), en raison de l’hostilité des autochtones et d’un assez vague contexte policier. Mais, s’il reste lointain, le cadre policier permet malgré tout au film d’emprunter au réalisme, afin d’éviter au réalisateur de nous mettre en présence de psychopathes tombés du ciel. Les siens sont d’autant plus crédibles qu’on les sait tirés d’un fait-divers, même si la folie qui nous submerge nous paraît quelque peu irréelle. Irréelle parce que le réalisateur va jusqu’au bout de l’horreur, de par sa volonté de tout mettre en œuvre pour clouer le spectateur à son fauteuil...
On en déduit que le sujet qui hante le réalisateur est celui de la souffrance et de la mort, qui, comme chez Hitchcock (34), n’est jamais anodine, mais au contraire douloureuse.
Cauchemar halluciné, symphonie macabre, Massacre à la tronçonneuse confirme en tout cas Tobe Hooper comme l’un des réalisateurs les plus aptes de sa génération, avec Carpenter (35) et De Palma (36), à distiller l’angoisse.
Yves Allion in La Saison cinématographique 82
(33) http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9livrance_%28film,_1972%29
(34) http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Hitchcock
(35) http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Carpenter
(36) http://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_De_Palma

C’était l’époque du Watergate (37). Une époque où je commençais à me dire que peut-être ces gens à la télé ne disaient pas la vérité. Je crois que je devenais désillusionné. Et les jeunes de mon entourage étaient soit désillusionnés soit déterminés à faire changer les choses. C’était une époque étrange. Le film est devenu une métaphore cinématographique de la conjoncture de l’époque. Voilà à mon avis le propos de Massacre à la tronçonneuse.
Tobe Hooper
(37) http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18637651.html

L’actrice Marilyn Burns qui incarnait Sally Hardesty dans Massacre à la tronçonneuse a été retrouvé morte, à son domicile de Houston. C’est la sœur de l’actrice qui a découvert le corps. Le centre médico-légal de Houston a confirmé être en possession du corps de Burns et a annoncé que celui-ci devrait être autopsié rapidement. Marilyn Burns avait 65 ans...
http://www.metronews.fr/culture/massacre-a-la-tronconneuse-l-actrice-marilyn-burns-est-morte/mnhf!204LHFgAV9I82/

Tobe Hooper
Né à Austin le 25 janvier 1943.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tobe_Hooper

Kim Henkel
Né le 19 janvier 1946.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kim_Henkel

Daniel Pearl
Né Daniel C. Pearl à New York en 1951.
http://www.cinemotions.com/biographie-Daniel-Pearl-nm226746
http://www.cinemotions.com/Daniel-Pearl-nm226746

Wayne Bell
http://www.imdb.com/name/nm0068580/

Marilyn Burns
Née Mary Lynn Ann Burns à Érié (Pennsylvanie) le 7 mai 1949, décédée le 5 août 2014 à Houston.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marilyn_Burns

Paul A. Partain
Né le 3 mai 1946, décédé le 27 janvier 2005.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_A._Partain

Allen Danziger
Né le 23 juillet 1942 à Boston.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Allen_Danziger

William Vail
Né le 30 Novembre 1950.
http://www.imdb.com/name/nm0883211/a

Teri McMinn
Née le 18 août 1953 à Houston.
http://www.imdb.com/name/nm0573374/

Edwin Neal
Né le 12 juillet 1945 à Houston.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_Neal

Jim Siedow
Né le 12 juin 1920 à Cheyenne (Wyoming), décédé le 20 novembre 2003 à Houston.
http://www.imdb.com/name/nm0796842/

Gunnar Hansen
Né le 4 mars 1947 à Reykjavik (Islande).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gunnar_Hansen

John Dugan
http://www.imdb.com/name/nm0240811/

extrait(s) de presse

Télérama - C'est sans doute le plus grand film d'horreur de l'histoire du cinéma. Et le plus controversé. Une oeuvre profonde et viscérale pour les uns, un film gore et nauséabond pour les autres...
L'Express - "Massacre à la tronçonneuse" est ainsi devenu une métaphore cinématographique de la conjoncture de l'époque...
àVoir-àLire - Particulièrement inspiré, Tobe Hooper arrive à créer une ambiance absolument terrifiante avec trois fois rien. Dès le générique, le spectateur se trouve plongé dans l’horreur par une bande sonore qui met profondément mal à l’aise...
Dvd classik - Une œuvre dure et brutale qui traverse les décennies sans perdre de sa force. Un cauchemar éveillé qui surprend toujours par son étonnante virtuosité. Et surtout, un opus indispensable au même titre que le "Frankenstein" de James Whale ou que le "King kong" de Merian Cooper et Ernest Schoedsack.
Filmosphere - Avec une maîtrise insensée du hors champ et du montage, on ne voit rien mais on a l’impression d’avoir assisté au spectacle le plus dégueulasse qui soit. Et réussir un coup pareil est très très fort...
Cinéma fantastique - Un énorme merci, Monsieur Hooper, pour ce chef-d’oeuvre indémodable qui, comme le bon vin, ne fait que s’améliorer avec le temps qui passe. Si vous n’aimez pas ce film, c’est que vous ne connaissez rien à l’art. Si vous aimez ce film, n’hésitez pas à le regarder aussi souvent que possible car la jouissance qu’il procure est intense.
Ecran large - Pas étonnant alors que le Musée d'Arts Modernes de New-York se soit empresser de racheter le négatif original, trop conscient d'être face à une œuvre majeure des années 70'
Devil dead - Avec le recul, le film est toujours aussi prenant, stressant, puissant... Même lorsque l'on sait ce qui va se passer, on ne peut s'empêcher d'être pris dans le tourbillon d'images et, surtout, de sons. Le film étant une sorte de spectacle barbare filmé de manière pour le moins brutale. Pas de fioritures ou presque...