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les dents de la mer

Jaws
Usa - 1975 - 2h04
sorti en France le 28 janvier 1976
3 Oscar 1976
film - version originale sous-titrée en français
de

Steven Spielberg

scénario : Peter Benchley, Carl Gottlieb
d'après l'oeuvre de : Peter Benchley
direction de la photographie : Bill Butler
musique ou chansons : John Williams
avec : Roy Scheider (Martin Brody, chef de la police d'Amity), Robert Shaw (Quint,chasseur de requins, 6ème victime), Richard Dreyfuss (Matt Hooper, scientifique océanographique), Lorraine Gary (Ellen Brody, femme de Martin), Murray Hamilton (maire d'Amity), Carl Gottlieb (Ben Meadows), Jeffrey Kramer (Jeff Hendricks, l'adjoint de Brody), Susan Backlinie (Christine Watkins, 1ère victime), Jonathan Filley (Tom Cassidy), Chris Rebello (Michael Brody, fils aîné), Jay Mello (Sean Brody, fils cadet), Lee Fierro (Mme Kintner), Jeffrey Voorhees (Alex M. Kintner, 3ème victime), Fritzi Jane Courtney (Mme Taft), Peggy Scott (Polly), Craig Kingsbury (Ben Gardner, 4ème victime), Robert Nevin (le médecin légiste), Ted Grossman (l'homme sur la barque, 5ème victime), Peter Benchley (intervieweur télé)
séances : semaine du mercredi 26 novembre 2014
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 1er mardi 2
21:00*
séance spéciale :
* sam 29 à 21h00 - Nuit fantastique dans le cadre du festival "Le Rayon fantastique" organisé en partenariat avec Hidden circle, la Nef, le Lisa et Rurik Sallé (Distorsion) - tarif préférentiel 5 films = 15,00 €

synopsis

Pendant l'été 1975, sur l'île d'Amity, un groupe d'étudiants fait la fête sur la plage. Une jeune femme s'éloigne du groupe pour un bain de minuit alors que son flirt s'endort sur la plage, ivre. Après quelque brasses, la jeune femme est happée et disparaît dans l'eau en poussant des cris de terreur. Quelques secondes après, la mer retrouve son calme nocturne. Personne ne sait ce qui vient de se dérouler. Le lendemain, à la suite de la déclaration de la disparition de la jeune femme, Martin Brody, nouveau chef de la police locale originaire de New York, découvre les restes de la victime. Il attribue aussitôt cette mort à une attaque de requin, mais sous la pression du conseil municipal et aussi en raison de son inexpérience sur cette île, il suit les recommandations du médecin légiste de l'île et conclut à une mort accidentelle (noyade et choc avec un bateau). Malheureusement, quelques jours après, un enfant est happé à son tour par le requin, et cette fois les témoins sont nombreux à assister à la scène. Le doute n'est plus permis : un requin rôde le long des plages d'Amity...

notes de production

Deuxième long-métrage du jeune metteur en scène alors âgé de vingt-huit ans, il est adapté du roman éponyme de Peter Benchley, publié en 1974 aux éditions Doubleday (1). Le roman et le film ont connu un succès critique et commercial mondial. Doté d’un budget de 4 000 000 $, pour bientôt en coûter 9 000 000 $, le film a rapporté 470 000 000 $ dans le monde.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Doubleday

Dans l’histoire du cinéma, Les Dents de la mer est un film charnière, qui a rétrospectivement été considéré comme le premier des blockbusters (2) américains. Ce film lança la mode des tentpole pictures, des films d’action à gros budget que les studios hollywoodiens sortent pendant l’été (pour les étatsuniens, la période de référence est définie comme allant du premier vendredi de mai au premier lundi de septembre).
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Blockbuster

Après le succès d’estime du téléfilm Duel (3) (première diffusion sur Abc (4) en novembre 1971) et les résultats relativement décevants de Sugarland express (5) sorti en avril 1974 (12 800 000 $ de recettes dans le monde pour un budget de 3 000 000 $), Steven Spielberg trouve la reconnaissance internationale avec Les Dents de la mer, qui remporte notamment trois Oscar. Depuis, son talent de cinéaste et d’homme d’affaires s’est confirmé.
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film542
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/American_Broadcasting_Company
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sugarland_Express
Dick Richards (6), John Sturges (7) et même Richard Fleischer (8) avaient un moment été envisagés pour la mise en scène.
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dick_Richards_%28r%C3%A9alisateur%29
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Sturges
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Fleischer

Les personnages
- Martin Brody : on sait de lui qu’il est marié, à Ellen, et a deux enfants, Michael et Sean (qui reprendront son flambeau dans les deux derniers épisodes de la tétralogie). Il dit également être originaire de New York (avant de découvrir le corps de la 1re victime) et que c’est la première fois qu’il est chef de la police à Amity (9) (dixit le maire lors de la scène des louveteaux). Il fait preuve d’esprit d’initiative en fermant d’office toutes les plages, mais n’a pas de respect particulier pour l’autorité, voir son affrontement permanent avec le maire. Il ne connaît absolument rien aux requins, pour cela il se renseigne dans des livres scientifiques, et possède un certain courage : bien qu’ayant une sainte horreur de l’eau, il part chasser le requin en haute mer. Il a aussi de l’humour, comme lorsqu’il imite l’accent d’Amity...
Pour le rôle de Martin Brody, ont été pressentis : Charlton Heston (10), Paul Newman (11), Robert Duvall (12).
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Amity_%28ville_fictive%29
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film1325
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Newman
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Duvall
- Matt Hooper : c’est un scientifique spécialisé dans les requins, après avoir vu dans sa jeunesse un bébé requin renard long d’un mètre et demi mettre en charpie un bateau devant lui, ce qu’il explique lors du repas chez les Brody. On sait qu’il vient d’un institut scientifique du continent, sans en connaître le nom, et qu’il a été appelé à la rescousse par le maire. Face aux requins, son attitude de scientifique s’oppose à celle de Quint qui est plus pragmatique, fondée sur l’expérience. Enfin, c’est un homme souriant qui aime blaguer : lors de la séquence de comparaison de cicatrices, il dit que la pire de ses blessures est celle de Mary Ellen Moffit qui lui a brisé le cœur... (dans le roman, le requin le dévore lors de la tentative de la cage anti-requin).
- Quint : c’est un solitaire, il veut chasser le requin seul, et réclame 10 000 $ en échange du requin, et non 3 000 $ comme le propose madame Kintner, imprévisible, lorsqu’il casse la radio de l’Orca avec une batte de baseball et sûr de lui quand il se moque de la cage anti-requin de Matt Hooper certain du bien-fondé de ces méthodes. Mais c’est aussi un bon-vivant qui a de l’humour comme lors de sa franche rigolade avec Matt Hooper au cours de la séquence de comparaison de cicatrices. Il peut aussi se montrer têtu et autoritaire, en rentrant au port à toute vitesse au risque de faire exploser les machines. C’est un vieux loup de mer fasciné par les requins, les murs de sa cabane de pêcheur sont couvertes de mâchoires de cet animal, il a surtout une haine envers eux et une vengeance à accomplir, il nous en expliquera l’origine dans son long monologue. Tel le capitaine Achab de Moby Dick (13), il est obstiné par la traque du requin, et sera prêt à tout tant qu’il ne l’aura pas tué. Enfin, il est la figure type du marin, aimant chanter la chanson traditionnelle Spanish ladies en toutes occasions. Bien qu’il soit le personnage le plus courageux, Quint sera parmi les personnages principaux la seule victime du requin (excepté dans le roman où Hooper meurt lui aussi dévoré).
Pour le rôle de Quint, ont été pressentis : Jon Voight (14), Sterling Hayden (15), Lee Marvin (16), Robert Vaughn (17).
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Moby_Dick_%28film,_1956%29
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jon_Voight
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sterling_Hayden
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Lee_Marvin
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Vaughn
-  Larry Vaughn : l’exact contraire de Martin Brody. Là où Brody est pessimiste, Vaughan reste optimiste, là où le premier veut fermer les plages de façon préventive, le second veut les laisser ouvertes, même quand les évènements lui donnent tort. Il redoute avant toute chose que les touristes ne viennent plus ou quittent son île. Il n’apprécie pas du tout que la pancarte de la ville soit tournée en dérision par des touristes quand l’une d’elles est repeinte avec un aileron de requin et les mots help shark (Au secours, un requin !). Il n’hésite pas à mentir, par exemple en voulant qualifier la mort de la première victime en accident dû à une hélice, obstiné, manipulateur, dans la réunion publique il accepte que les plages soient fermées… pour vingt-quatre heures seulement, ce qu’il avait omis de dire à Brody ; il minimise sans cesse le danger, mais il peut aussi se montrer humain, comme quand Brody se fait gifler par madame Kintner ou en lui donnant le feu vert pour chasser le requin, en songeant à ses propres enfants (dans le film, contrairement au roman, il n’a aucun lien avec la mafia).
- Ellen Brody : en passant du livre à l’écran, son rôle s’est réduit comme peau de chagrin. Dans le roman de Peter Benchley, on sait qu’elle a 36 ans. On apprend aussi comment elle a rencontré son mari et qu’actuellement, elle s’ennuie dans son couple, lui imputant la faute. C’est pourquoi elle aura une liaison avec Matt Hooper. Dans le film, rien de tout cela n’est mentionné. Elle reste élégante, retenue et réservée, mais elle est surtout montrée comme une épouse aimante et une mère attentionnée. Elle ne prend pas directement part à l’action.

En 1964, Peter Benchley lit un article du New York daily news (18) relatant la capture par un pêcheur d’un requin de 2 tonnes au large de Long Island. Il en tirera l’idée d’écrire un roman sur les requins (19) qui deviendra, dix ans plus tard, Jaws. Beaucoup d’éléments servant à l’écriture du livre seront inspirés par une série d’attaques de requin survenus dans le New Jersey en 1916.
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/New_York_Daily_News
(19) http://fr.wikipedia.org/wiki/Requin

Mais c’est de l’extérieur que viendra le déclic pour commencer l’écriture du livre. Ce déclencheur est un agent de la maison d’édition Doubleday, Thomas Congdon. Début 1970, après avoir lu quelques articles que Benchley a rédigés pour différents magazines, il l’invite à manger dans un restaurant français de New York afin de déterminer si le journaliste n’aurait pas quelques idées intéressantes pouvant donner matière à l’écriture d’un livre. Benchley lui parle alors de son histoire de requin. Congdon est accroché et lui offre 1 000 $ en échange des 100 premières pages. À la lecture du premier jet que Benchley lui rend, Congdon n’est pas satisfait. Le ton du récit est trop humoristique à son goût, considérant que cela colle mal avec l’ambiance d’un thriller. Il lui demande donc de réécrire 95 % de son essai.

À la sortie du livre et dans l’ensemble, les critiques ne sont pas bonnes. Dans The Village voice (20), Donald Newlove dit du roman qu’il est ennuyeux, sans intérêt, mou, le manque d’épaisseur des personnages est décrié par John Spurling dans le New statesman (21) et la pauvreté de l’intrigue est pointée par John Skow dans Time (22) ou encore dans The Listener.
(20) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Village_Voice
(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/New_Statesman
(22) http://fr.wikipedia.org/wiki/Time_%28magazine%29

Cependant, un élément ne laisse pas indifférent les critiques : le requin. The Miami herald (23) reporte ainsi des propos de Jacques-Yves Cousteau (24) qui affirme qu’aussi bien écrit et documenté soit-il, c’est un mauvais livre. Les requins n’agissent pas comme cela est décrit dans le roman. Au contraire, Patricia Meyer Spacks estime dans The Hudson review que [le requin est] indubitablement le plus intéressant personnage du livre.
(23) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Miami_Herald
(24) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-Yves_Cousteau

La plupart des critiques s’accordent néanmoins sur un point, les sources présumées d’inspiration de Peter Benchley pour son roman, vont de Moby Dick, roman d’Herman Melville (25) paru en 1851, en passant par Le Vieil homme et la mer (26), roman d’Ernest Hemingway paru en 1952, et pour finir à Un Ennemi du peuple (27), pièce de 1882 d’Henrik Ibsen.
(25) http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Herman_Melville/132655
(26) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Vieil_Homme_et_la_Mer
(27) http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_ennemi_du_peuple_%28Ibsen%29

Parfois peu flatteuses, ces critiques n’eurent cependant qu’un faible impact sur les ventes du roman, ventes qui s’envolèrent dès sa publication. Le livre restera 44 semaines en tête des ventes aux États-Unis. En un an, après de nombreuses traductions dans d’autres langues, plus de 9 millions d’exemplaires seront vendus, principalement dans les mois qui suivirent sa sortie, le succès du film lui donnant un second souffle.

Sans attendre ce succès en librairie, le producteur de cinéma David Brown décide très tôt de racheter les droits du livre, alerté par un article de Cosmopolitan (28) sur le roman, qui se concluait par ces mots ce n’est pas de la grande littérature, mais on pourrait en tirer un bon film. Brown et Richard D. Zanuck, le second producteur du film Les Dents de la mer, offrent 175 000 $ à Peter Benchley pour les droits d’exploitation de son roman au cinéma, plus 25 000 $ pour qu’il écrive lui-même le scénario du film. Plus tard, il se verra adjoindre l’aide de Carl Gottlieb. Cinq versions successives du scénario seront écrites.
(28) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cosmopolitan_%28magazine%29

Quelques années auparavant, Zanuck avait eu un projet resté inabouti : adapter pour la 20th century fox (29), la pièce de théâtre d’Howard Sackler (30) sur le boxeur noir Jack Johnson, The Great white hope (L’Insurgé) (31). Il lui confie le soin d’intervenir sur le scénario de Benchley et Gottlieb, à la manière d’un script doctor (32). Ne désirant pas être crédité, Sackler va s’enfermer un mois à l’hôtel Bel-Air de Los Angeles pour réécrire certaines scènes. Avec John Milius (33), il rédigera la première version du monologue de Quint, concernant le naufrage de l’Uss Indianapolis (34). Survenu le 30 juillet 1945, il mit à la mer 900 marins pendant 5 jours, dont un certain nombre ont fini dévorés par les requins. Le monologue sera finalement retouché par Robert Shaw lui-même, de manière à être plus compact, plus percutant19 (et accessoirement faux, puisqu’il parle du 29 juin 1945 comme date du sauvetage, soit plus d’un mois avant la date réelle).
(29) http://fr.wikipedia.org/wiki/20th_Century_Fox
(30) http://en.wikipedia.org/wiki/Howard_Sackler
(31) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Insurg%C3%A9_%28film%29
(32) http://fr.wikipedia.org/wiki/Script_doctor
(33) http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Milius
(34) http://fr.wikipedia.org/wiki/USS_Indianapolis_%28CA-35%29

Au-delà de ces modifications factuelles du récit, le plus important changement ayant eu lieu pour l’adaptation reste le changement de ton. Fini l’humour, et là où Benchley appuie les descriptions, les effets, les pensées des personnages, Spielberg ne fait que suggérer, laissant au spectateur une grande part d’imagination. L’atmosphère mystérieuse et le sentiment de menace diffus fait que le film est paradoxalement plus psychologique que le livre.

Différences entre le roman et le film
- dans le roman, Brody mesure 1,90 m et commence à avoir de l’embonpoint. Dans le film, il mesure à peine 1,80 m et est très mince.
- dans le roman, le maire Larry Vaughn est, en temps normal, un promoteur immobilier ayant des liens avec la Mafia. Dans le film, ce détail n’est pas précisé.
- dans le roman, Quint est un homme maigre et chauve et il est cruel et tyrannique. Dans le film, Quint est plutôt mince, à une moustache et des cheveux légèrement frisés et il a beaucoup d’humour et est un peu trop optimiste, ce qui lui coûtera la vie.
- dans le roman, Quint n’apparait pas au début de l’histoire mais seulement au moment où Brody l’engage pour tuer le requin.
- dans le roman, Matt Hooper ressent de l’amour pour Ellen Brody. Les deux personnages ont d’ailleurs une liaison à l’insu de Martin Brody. Dans le film, ce rapport amoureux est absent. De même, les deux personnages ne se voient qu’une fois dans le film, au cours d’un repas où Martin est présent. Les rapports qu’ils entretiennent à ce moment-là, sont brefs et ne laissent présager à aucun moment, un rapport amoureux.
- dans le roman, Hooper est dévoré par le requin. Dans le film, il parvient à s’échapper de la cage et à se cacher jusqu’à la mort du monstre.
- dans le roman, Quint s’emberlificote avec les cordes du harpons et coule avec le requin un peu à l’instar du Capitaine Achab dans Moby Dick. Dans le film, il meurt également mais en étant dévoré par le requin sur son bateau.
http://tous-les-faits.fr/adaptation_cin%C3%A9matographique_des_dents_de_la_mer

Steven Spielberg contacte l’équipe technique de Sugarland express, espérant bien la réemployer au maximum sur son nouveau projet. Il convainc le décorateur Joe Alves, futur réalisateur des Dents de la mer 3 (35), le directeur de production Bill Gillmore et la régisseuse de distribution Shari Rhodes. Le directeur de la photographie Vilmos Zsigmond (36) étant indisponible, Spielberg fait appel à Bill Butler avec qui il avait travaillé sur les téléfilms Something evil (37) et Savage (38). Enfin il reprend Verna Fields, qui a l’avantage d’être relativement proche de Ned Tanen, à l’époque président d’Universal pictures (39).
(35) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dents_de_la_mer_3
(36) http://www.citebd.org/spip.php?film534
(37) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chose_%28t%C3%A9l%C3%A9film%29
(38) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chantage_%C3%A0_Washington
(39) http://fr.wikipedia.org/wiki/Universal_Pictures

Alors que Carl Gottlieb est appelé pour finaliser le scénario, les choix du casting sont tranchés. Roy Scheider, qui vient de se faire remarquer dans French connection (40) de William Friedkin (1971), campera Martin Brody, et Matt Hooper sera incarné par Richard Dreyfuss. Pour le rôle de Quint, c’est Sterling Hayden qui est approché en premier, acteur qui s’était distingué dans Quand la ville dort (41) de John Huston ou L’Ultime razzia (42) de Stanley Kubrick. Mais il ne peut accepter ayant des démêlés avec l’Internal revenue service (43) à propos d’une histoire d’impôts impayés. Le rôle est finalement offert contre 100 000 dollars à Robert Shaw qui s’est fait remarquer l’année précédente par son interprétation de Doyle Lonnegan, gangster de L’Arnaque (44) de George Roy Hill. Enfin, comme il est de coutume de laisser choisir les producteurs pour les seconds rôles, Richard D. Zanuck propose pour le rôle d’Ellen Brody celle qui fut sa femme de 1969 à 1978, l’actrice Linda Harrison (La Planète des singes (45), 747 en péril) (46). Mais Spielberg avait déjà choisi Lorraine Gary, la femme de Sidney Sheinberg, président-directeur général de Music corporation of america (47) qui possédait à l’époque Universal pictures.
(40) http://fr.wikipedia.org/wiki/French_Connection_%28film%29
(41) http://fr.wikipedia.org/wiki/Quand_la_ville_dort_%28film%29
(42) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ultime_Razzia
(43) http://fr.wikipedia.org/wiki/Internal_Revenue_Service
(44) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Arnaque
(45) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Plan%C3%A8te_des_singes_%28film,_1968%29
(46) http://fr.wikipedia.org/wiki/747_en_p%C3%A9ril
(47) http://fr.wikipedia.org/wiki/Music_Corporation_of_America

L’équipe technique prend ses quartiers à Edgartown, ville de moins de 4 000 habitants située à Martha’s Vineyard (48) (qui se trouve être adéquat du fait des faibles marées et des hauts-fonds à proximité des plages, permettant ainsi de filmer toute la journée). Une fois sur place, le scénario subit des retouches finales et les dialogues sont revus jusqu’au dernier moment. Les figurants qui, dans le film, sortent horrifiés de l’eau et crient sur la plage, sont de vrais habitants de l’île payés 64 dollars.
Avec le succès du film, la population estivale de l’île a triplé par rapport aux autres années, cela étant dû en grande partie à la venue de curieux qui désiraient voir les lieux de tournage de leurs propres yeux, sans doute à la recherche d’un quelconque aileron de requin sortant de l’eau.
(48) http://fr.wikipedia.org/wiki/Martha%27s_Vineyard

La mise en scène fut éprouvante pour le réalisateur, les acteurs, les producteurs et l’équipe technique. Le tournage des vues extérieures, qui a débuté le 2 mai 1974, devait finir au plus tard le 25 juin ; or il n’en fut rien. Il se prolongera en fait jusqu’au 15 septembre 1974, et dans le même temps, le budget qui était initialement fixé à 2,5 millions $ explosera à 12 millions $.

Le premier problème vient du coût de production qui ne cesse de grimper. D’abord du fait des syndicats car les sections syndicales de New York et Boston décident de maintenir des équipes trop nombreuses (au moins 100 personnes présentes simultanément sur le plateau, quand la moitié aurait suffi), et licencient des techniciens non syndiqués pour les remplacer par du personnel syndiqué. Le syndicat des camionneurs s’en mêle aussi, menaçant de faire stopper la production si les employés ne prennent pas tous le bus pour se rendre sur les lieux du tournage. À cela s’ajoutent les coûts induits par la pellicule développée en Californie, le prix des chambres d’hôtel de l’île qui grimpent de 14 à 45 dollars la nuit, les combinaisons de plongée qui reviennent à 60 dollars de plus que si elles venaient de Los Angeles, une caution de 100 000 dollars exigée par les autorités de Martha’s Vineyard pour la préservation du site.

Mais le deuxième problème est pire encore. Les trois faux requins animatroniques (49) en polyuréthane (coûtant chacun autour de $175,000. Mesurant plus de huit mètres et pesant une tonne et demie) conçus par Robert A. Mattey (50) (créateur du calamar géant de Vingt mille lieues sous les mers ) (51) sont fragiles et fonctionnent mal.
L’aileron dorsal de l’un d’eux a été vendu aux enchères en 2008.
Les journalistes, informés, viennent espionner le tournage et ébruitent les difficultés rencontrées par la production.
(49) http://fr.wikipedia.org/wiki/Animatronique
Comme les faux requins étaient plus grands que les requins réels, il fut décidé de faire doubler Richard Dreyfuss par un nain (l’acteur qui sera retenu s’appelle Carl Rizzo et mesure 1,45m) dans une petite cage, donnant ainsi l’illusion que le requin filmé (le monstre du film de Spielberg étant censé mesurer 7 mètres) est plus grand qu’il ne l’est en réalité.
(50) http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_A._Mattey
(51) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vingt_mille_lieues_sous_les_mers_%28film,_1954%29

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) du film Les Dents de la mer n’était pas si éloigné de la réalité.
Des témoignages sur l’existence de grands blancs de tailles gigantesques circulent, mais sont-ils à prendre au sérieux ?
Certains pensent que le Megalodon (Carcharodon megalodon) a pu survivre. Ils s’appuient sur des preuves tangibles bien que maigres.
Alors, la mort blanche circule-t-elle en silence et en toute discrétion dans les fonds marins ?
http://www.dinosoria.com/megalodon_002.htm

Les effets spéciaux
A part quelques scènes tournées avec de vrais requins, le reste du film est interprété par trois requins mécaniques.
L’un d’eux est un requin complet, avançant dans l’eau en étant guidé par un chariot et des plongeurs. Il apparaît surtout dans les scènes où le requin est vu de face, et quand il nage au ras de la surface de l’eau. Pour les scènes où le squale évolue en profondeur, deux demi-requins furent construits, présentant le profil droit et le profil gauche de l’animal. Plus complexes, ils étaient montés sur une plate-forme, elle-même reliée à des rails sous-marins par un bras articulé pouvant s’élever de six mètres par action d’un système hydraulique. Ainsi le requin pouvait couvrir une distance de 12 mètres de long tout en amorçant des mouvements de plongée ou de remontée.
Chacun des trois squales était construit sur un squelette en acier, articulé au niveau de la queue et des nageoires. A l’intérieur de cette armature, une vingtaine de moteurs et de tuyaux reliés à des générateurs permettaient de faire bouger la queue, les nageoires, les mâchoires et même les yeux, tâche accomplie par une équipe de quinze personnes. Chaque requin pesait une tonne, et la structure métallique nécessaire pour faire nager les demi-requins en pesait douze.
Guy Delcourt in Images et loisirs (1985)

Fin juillet 1974, Sidney Sheinberg convoque Spielberg, le réalisateur, ainsi que Zanuck et Brown, les producteurs, afin d’avoir une explication sur le retard pris sur le tournage et les dépassements de budget. Il menace de mettre fin au projet si les problèmes ne sont pas réglés au plus vite.
http://www.imdb.com/company/co0019166/
Heureusement, la grève annoncée par la Screen actors guild est annulée. Le tournage en extérieur s’achève définitivement le 15 décembre 1974, après 155 jours de prises de vues. Le budget initial a été largement dépassé, mais sans dommages quand on sait l’extraordinaire parcours au box-office qu’aura le film.

Une fois le tournage fini, Steven Spielberg donne son feu vert à John Williams pour composer la musique du film.
Ce dernier a 42 ans et n’est pas un inconnu. À cette époque, outre le fait qu’il ait déjà travaillé avec Spielberg sur la bande originale de Sugarland express, on lui doit aussi Un violon sur le toit (52) pour lequel il gagnera son 1er Oscar, L’Aventure du Poséidon (53) ou encore La Tour infernale (54). Et après les Dents de la mer, il composera toutes les musiques des longs métrages réalisés par Spielberg, à l’exception de La Couleur pourpre (55) (b.o. de Quincy Jones) et de La Quatrième dimension (56) (b.o. de Jerry Goldsmith).
(52) http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_violon_sur_le_toit_%28film%29
(53) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Aventure_du_Pos%C3%A9idon_%28film%29
(54) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Tour_infernale
(55) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Couleur_pourpre_%28film%29
(56) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Quatri%C3%A8me_Dimension_%28film%29

Spielberg lui propose d’adoucir les scènes violentes du film avec de la musique calme, voire pourquoi pas du piano pour représenter le requin, un peu dans l’esprit de la bande son que Williams a composée en 1972 pour Images (57) de Robert Altman. Le musicien n’est pas de cet avis et imagine quelque chose de plus tonique. C’est qu’au-delà des films déjà cités, John Williams est dans sa période symphonique qui s’étendra jusqu’en 1983, avec des films comme Star wars (58), Indiana Jones (59) ou Superman (60), où il utilisera toute la puissance de l’orchestre. C’est aussi une période faste au niveau personnel, où il recevra la reconnaissance de ses pairs avec 3 Golden globes (61), 4 Bafta (62), et 4 Oscar (63).
(57) http://fr.wikipedia.org/wiki/Images_%28film%29
(58) http://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Wars_%28films%29
(59) http://fr.wikipedia.org/wiki/Indiana_Jones_%28s%C3%A9rie_de_films%29
(60) http://fr.wikipedia.org/wiki/Superman_%28film%29
(61) http://fr.wikipedia.org/wiki/Golden_Globes
(62) http://fr.wikipedia.org/wiki/British_Academy_Film_and_Television_Arts_Awards
(63) http://fr.wikipedia.org/wiki/Oscars_du_cin%C3%A9ma

Tout au long de sa carrière, la musique de John Williams s’est vue taxée d’académisme, pourtant ici, il fait preuve d’inventivité. Ainsi, il reprend une idée du film Les Quatre plumes blanches (64) de Miklós Rózsa, en utilisant l’enclume comme instrument, au sein de la structure rythmique. Par la suite, ce procédé sera très utilisé par les jeunes compositeurs de films d’action ou de films fantastiques. De même, l’alternance qu’il fait de la musique tonale et atonale (sans mélodie particulière) se révèle être pertinente, notamment dans le générique. Enfin, l’orchestre sait faire silence lorsque c’est nécessaire, comme au moment de la mort de Quint.
(64) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Quatre_Plumes_blanches_%28film,_1939%29

Actuellement, trois versions du disque existent sur le marché : la 1ère reprend la musique originale figurant effectivement dans le film, sortie en 1975 en vinyle et rééditée en 1992 en cd, la 2ème parue en juillet 2000 inclut des morceaux qui avaient été enregistrés à l’époque mais non repris dans le film, enfin la 3ème est un nouvel enregistrement de John Williams rajoutant plusieurs thèmes qui n’existaient pas au moment de la sortie du film .

Les Dents de la mer sort sur les écrans américains le vendredi 20 juin 1975 sur un circuit limité de 409 écrans, qui montera à 464 écrans le vendredi 11 juillet, puis 675 le vendredi 27 juillet. Le film récolte $7,061,513 dès son 1er week-end d’exploitation aux États-Unis. À cette vitesse, les 12 millions de dollars de budget sont remboursés en quelques jours. Un mois seulement après sa sortie, le film a déjà rapporté une soixantaine de millions de dollars. Au courant du mois d’août, Les Dents de la mer est le premier film de l’histoire du cinéma à dépasser le cap symbolique des 100 millions $ de recettes aux États-Unis. Début septembre, il approche les 125 millions $ aux Usa. Il finira sa carrière avec 260 millions $ sur le marché américain et 210 millions dans le reste du monde. Actuellement, il figure à la 56ème place du box-office historique mondial, voire à la 7ème place si l’on tient compte de l’inflation.

N°1 au box-office mondial de 1975, le film ne sera détrôné qu’en 1977 par Star wars, épisode IV : un nouvel espoir de George Lucas. Depuis, il a largement été battu par Titanic (65) de James Cameron et Avatar (66) produit également par ce dernier.
(65) http://fr.wikipedia.org/wiki/Titanic_%28film,_1997%29
(66) http://fr.wikipedia.org/wiki/Avatar_%28film,_2009%29

Cela dit, en tenant compte de l’inflation, Les Dents de la mer reste un film au box-office impressionnant puisque se plaçant en 7ème position aux Usa derrière Autant en emporte le vent (67), Star wars, épisode IV : un nouvel espoir (68), La Mélodie du bonheur (Robert Wise, 1965), E.T. l’extra-terrestre (69), Les Dix commandements (70) et Titanic (James Cameron, 1997).
(67) http://fr.wikipedia.org/wiki/Autant_en_emporte_le_vent_%28film%29
(68) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_M%C3%A9lodie_du_bonheur_%28film,_1965%29
(69) http://fr.wikipedia.org/wiki/E.T._l%27extra-terrestre
(70) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dix_Commandements_%28film,_1956%29
Pour Universal, le studio qui a produit le film, il s’agit du 5ème film lui ayant rapporté le plus de recettes aux États-Unis30, voire 2ème derrière E.T. l’extra-terrestre du même Spielberg si l’on tient compte de l’inflation.

Pour Steven Spielberg, Les Dents de la mer est une grande réussite sur le plan commercial après l’échec de son premier film, Sugarland express, qui avec un budget de 3 millions de dollars n’avait rapporté que 12,8 millions $ dans le monde. Jusqu’à aujourd’hui, Steven Spielberg pourtant roi du box-office, n’a réalisé que 7 films qui ont dépassé les recettes des Dents de la mer, dont 4 se démarquent particulièrement : La Guerre des mondes (71) (2005, $591,745,532 de recettes mondiales), Le Monde perdu : Jurassic park (72) (1997, $618,638,999 de recettes mondiales), E.T. l’extra-terrestre (1982, $792,910,554 de recettes mondiales) et Jurassic park (73) (1993, $969,851,882 de recettes mondiales). Encore aujourd’hui, Les Dents de la mer représente 7,5 % des 3,447 milliards de dollars récoltés sur le territoire américain par les films réalisés par Steven Spielberg.
(71) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Guerre_des_mondes_%28film,_2005%29
(72) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde_perdu_:_Jurassic_Park
(73) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jurassic_Park

Hors États-Unis, le film a réalisé 45 % de ses recettes, avec notamment 6,2 millions d’entrées en France, ce qui constitue le 4ème meilleur résultat du réalisateur dans ce pays derrière E.T. l’extra-terrestre (7,8 millions d’entrées), Jurassic park (6,5 millions d’entrées) et Les Aventuriers de l’arche perdue (6,4 millions d’entrées). L’Allemagne a comptabilisé 5,8 millions de spectateurs pour ce film, tandis que la Suède en a compté 1,3 million.

Comparé aux autres films sortis en 1975, Les Dents de la mer est le long métrage qui a le mieux marché en salles devant The Rocky horror picture show (74), ($112,892,319 de recettes aux États-Unis), Vol au-dessus d’un nid de coucou (75) ($108,981,275 de recettes aux États-Unis), Shampoo (76) ($49,407,734 de recettes aux États-Unis) et Un Après-midi de chien (77) ($46,665,856 de recettes aux États-Unis).
(74) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rocky_Horror_Picture_Show
(75) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_au-dessus_d%27un_nid_de_coucou
(76) http://fr.wikipedia.org/wiki/Shampoo_%28film%29
(77) http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_apr%C3%A8s-midi_de_chien

Comparé aux autres films traitant du thème des requins au cinéma, le box-office place Les Dents de la mer devant Gang de requins (78) ($363,530,196 de recettes mondiales), Peur bleue (79) ($164,648,142 de recettes mondiales) ou encore Open water : en eaux profondes (80) ($53,686,170 de recettes mondiales).
(78) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gang_de_requins
(79) http://fr.wikipedia.org/wiki/Peur_bleue_%28film,_1999%29
(80) http://fr.wikipedia.org/wiki/Open_Water_:_En_eaux_profondes
Dans la catégorie film de requins, il est bon de signaler The Reef (81), film inédit au cinéma en France, qui est d’une efficacité redoutable côté trouillomètre.
(81) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Reef

En octobre 2006, la série Les Dents de la mer, composée des films Les Dents de la mer, Les Dents de la mer 2 (82), Les Dents de la mer 3 et Les Dents de la mer 4 : la revanche (83), est avec 404 millions $, la 22ème franchise en termes de recettes récoltées sur le territoire nord-américain, la 1ère étant La Guerre des étoiles, qui avec 6 films, totalise près de 1 883 millions $ de recettes Us.
(82) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dents_de_la_mer_2
(83) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dents_de_la_mer_4

Dans une large mesure, le film reçut des critiques favorables. Dans sa revue originale, parue dans le Chicago sun-times (84), le célèbre critique de films américain Roger Ebert a dit du film qu’il était un film d’action particulièrement efficace, un thriller effrayant qui fonctionne d’autant mieux que les personnages sont humanisés. Dans les colonnes du magazine Variety (85), A.D. Murphy vanta les qualités de réalisateur de Steven Spielberg et qualifia d’absolument magnifique l’interprétation de Robert Shaw. Début novembre 1976, dans The New yorker (86), Pauline Kael écrivit qu’il s’agissait du film d’horreur le plus joyeusement pervers jamais réalisé.
(84) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chicago_Sun-Times
(85) http://fr.wikipedia.org/wiki/Variety
(86) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_New_Yorker

Bien entendu, à l’opposé, des critiques négatives furent publiées, notamment celle de Vincent Canby dans The New York times (87) qui écrivit : tel que le film est construit, il est difficile d’avoir la moindre compassion envers les victimes du requin. Dans les meilleurs films, les personnages révèlent au spectateur leur profondeur, leur vraie nature, au fur et à mesure que progresse l’action. Dans des films comme Les Dents de la mer, les personnages sont uniquement tributaires de l’action. Ils sont à son service.
(87) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_New_York_Times

Dans le Los Angeles times (88), le critique de film Charles Champlin conteste le classement du film dans la catégorie PG (pour Parental guidance suggested, accompagnement parental recommandé) au motif que non seulement le film est trop effrayant pour de jeunes enfants, mais est même susceptible de retourner l’estomac de personnes de tout âge.
(88) http://fr.wikipedia.org/wiki/Los_Angeles_Times

Depuis 1989, le National film preservation board (89) sélectionne environ 25 films par an, sortis au minimum dix ans auparavant sur les écrans, pour une conservation pérenne à la Bibliothèque du Congrès. Tous les films choisis le sont en fonction de leur importance culturelle, historique ou esthétique et font ensuite partis du National film registry. En 2001, Les Dents de la mer a été retenu, en même titre que d’autres films majeurs tels que La Planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1968), Manhattan (90) ou encore La Mélodie du bonheur (Robert Wise, 1965). En 2004, le National film registry comptait, outre Les Dents de la mer, quatre autres films de 1975 : Vol au-dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman, Nashville (91) de Robert Altman, The Rocky horror picture show de Jim Sharman et The Buffalo creek flood : an act of man de Mimi Pickering.
(89) http://fr.wikipedia.org/wiki/National_Film_Registry
(90) http://fr.wikipedia.org/wiki/Manhattan_%28film,_1979%29
(91) http://fr.wikipedia.org/wiki/Nashville_%28film%29

Une référence encore plus directe peut être trouvée dans le scénario original, des séquences 135 à 139, où Quint regarde dans un cinéma Moby Dick, l’adaptation du roman réalisée en 1956 par John Huston et dans laquelle le capitaine Achab est interprété par Gregory Peck. Pendant la projection, Quint rigole à gorge déployée sans se soucier des autres spectateurs qui se lèvent et quittent la salle.
Gregory Peck qui possédait les droits du film, refusa l’utilisation d’extraits de celui-ci dans Les Dents de la mer, les séquences précédemment citées n’ont donc jamais été tournées.
Enfin, les scènes finales du film de Spielberg où les hommes essaient de harponner le requin avec des barils flottants établissent un dernier parallèle avec le roman de Melville.

Pendant la première partie du film, Martin Brody essaie, et échoue, de convaincre les autorités de la ville de l’arrivée d’un requin sur les plages d’Amity Island, notamment à l’occasion d’une séance publique. En cela, le film ressemble beaucoup à la pièce de théâtre Un Ennemi du peuple du dramaturge norvégien Henrik Ibsen. Dans celle-ci, le Dr. Thomas Stockmann est médecin d’une station thermale récemment créée et administrée par son frère Peter Stockmann, maire de la ville. Le docteur, qui jouit d’une situation confortable, découvre que les eaux, provenant d’une alimentation située trop bas, sont empoisonnées par les marécages pestilentiels de la vallée. Enthousiasmé par sa découverte salutaire, il prétend publier les faits qui ruineront momentanément la station. Éclate alors un conflit entre l’intérêt public et une prospérité locale aléatoire. D’une réunion publique, où il a voulu faire crier la vérité, Stockmann sort condamné comme ennemi du peuple.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_ennemi_du_peuple_%28Ibsen%29

Certains critiques ont également perçu l’influence de deux autres vieux films américains de science-fiction-horreur, L’Étrange créature du lac noir (92), notamment pour le traitement par Spielberg de la mort de Chrissy Watkins par un requin au début des Dents de la mer, et The Monster that challenged the world (93). Un emprunt assez évident, la scène-choc où intervient une tête décapitée avec un œil arraché, fait directement référence à un plan du même genre dans un film au sujet assez similaire, Les Oiseaux (94) d’Alfred Hitchcock.
La reprise du travelling compensé, inventé par Alfred Hitchcock, sur Roy Scheider lorsqu’il est témoin de la première attaque du requin permettra au plan de devenir célèbre dans l’histoire du cinéma et au procédé d’être depuis régulièrement utilisé.
(92) http://www.citebd.org/spip.php?film947
(93) http://www.scifi-universe.com/encyclopedie/medias/3327/the-monster-that-challenged-the-world
(94) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Oiseaux_%28film,_1963%29

Les Dents de la mer a été cité directement ou indirectement dans plusieurs films. En 1979, Steven Spielberg s’auto-parodie dans 1941 (95), la scène d’ouverture du film est ainsi très proche de celle imitée : une jeune femme (la même actrice d’ailleurs que dans Les Dents de la mer) s’approche de l’eau, enlève ses vêtements et se baigne nue. S’ensuit une parodie des Dents de la mer, sauf qu’à la place du requin, c’est un sous-marin qui émerge et que l’aileron est remplacé par un périscope auquel la jeune femme s’agrippe. En 1980, le film parodique Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (96) de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker, débute avec la musique des Dents de la mer avant qu’un aileron d’avion ne perce les nuages en se dirigeant vers le spectateur.
(95) http://fr.wikipedia.org/wiki/1941_%28film%29
(96) http://fr.wikipedia.org/wiki/Y_a-t-il_un_pilote_dans_l%27avion_%3F

En 1994, dans Clerks, les employés modèles (97) de Kevin Smith, est cité la célèbre réplique des Dents de la mer We’re gonna need a bigger boat !. Un an plus tard, le même réalisateur fait de nouveau référence au film dans Les Glandeurs (98) où les héros portent les noms de Quint et Bodie Bruce (Bruce étant le surnom du faux requin mécanique des Dents de la mer), et où une séquence du film propose une reconstitution de la scène de comparaison des cicatrices, bien que dans ce cas basée sur les aventures sexuelles de ses protagonistes. En 2004, le film d’animation Gang de requins, produit par Steven Spielberg débute par une parodie des Dents de la mer avec un ver de terre à la place de la victime et un requin inoffensif en lieu et place du requin tueur.
(97) http://fr.wikipedia.org/wiki/Clerks_:_Les_Employ%C3%A9s_mod%C3%A8les
(98) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Glandeurs
Mais la plus célèbre parodie reste certainement celle apparaissant dans Retour vers le futur 2 (99) de Robert Zemeckis, dont le producteur délégué n’est autre que Steven Spielberg.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dents_de_la_mer
(99) http://fr.wikipedia.org/wiki/Retour_vers_le_futur_2

Le poster du film (d’abord utilisé pour le livre), qui a largement contribué à son succès, est l’œuvre de l’artiste Roger Kastel.
L’histoire de Quint sur l’Uss Indianapolis existe en bande dessinée Uss Indianapolis par Damien Maric (100).
(100) http://fr.wikipedia.org/wiki/Damien_Maric

Le point de vue d’un psychiatre
Je crois qu’il faut chercher au second degré. Ce film est un film thérapeutique dont tous les spectateurs qui s’y précipitent sentent qu’ils ont besoin. Ce n’est pas l’Amérique qui est malade, ce sont les Américains qui ont la frousse d’un cataclysme imminent. Je parles des Américains puisque ce sont eux qui ont fait le film, mais nous Français qui allons également alimenter ce torrent de spectateurs, nous relevons du même mécanisme. Ce cataclysme est symbolisé par le requin, monstre de la mer aux eaux inconnues et mystérieusement terribles, qui est tué à la fin ; et l’exorcisme a réussi !
Mais qui te prouve que ces eaux mystérieuses de la mer d’où surgit le monstre ne résonnent pas en quelques uns, en presque tous, sinon en tous - vois comme j’y vais à pas de velours - comme les eaux mystérieuses et dangereuses non de la mer, mai de la mère avec tout ce qui peut s’y rapporter d’angoisse, de dévorant, de tabous monstrueux ?
Au total, la nageuse bouffée par le requin nous rassure : c’est elle et non nous, épargnés, que le hasard a mise sur le chemin du sacrifice. Pendant que le requin-destin s’occupe d’elle, il nous laisse tranquille. Merci braves petits enfants que le requin dévore : ça permet aux autres de respirer un temps. Comme à la guerre, ceux qui tombent permettent à ceux qui restent d’apprécier leur meilleur sort. Ils ont notre reconnaissance. On les vengera même. La haine de l’ennemi s’installe ; c’est-à-dire la haine de l’Autre, l’Autre facette qui est en nous.
C’est pourquoi, au total, on se rassure à bon compte sur soi-même. Facilement. Juste le prix d’une place de ciné. Ça revient moins cher qu’une psychanalyse. Mais on est floué, car ce film n’a que la valeur des trains fantômes des foires de notre enfance lorsque nous ne savions pas que les têtes hideuses qui surgissaient n’étaient que carton-pâte mécanique. Nous étions manœuvrés. Mais nous avons grandi depuis, et les trains fantômes ne font peur qu’aux enfants. Comme Les Dents de la mer, à un stade à peine plus évolué.
Dr Robert Blacher in Cinéma 76 n° 208 (avril 1976)

Le film en lui-même n’a rien de bien nouveau. Pendant une heure, on assiste aux crimes du requin, sans jamais voir le requin. C’est un vieux principe du cinéma fantastique : ne montrer le monstre que le plus tard possible. Et alors, dans la grande majorité des cas, on est déçu.Ici, les producteurs ont bien fait les choses, et quand le requin géant apparaît, on a vraiment peur. Le spectateur en a pour son argent. Ensuite, la chasse s’organise, et le requin devient terriblement réel et terriblement symbolique. Il ne sera détruit qu’avec l’aide de Dieu, et d’un vieux fusil qui a fait la guerre contre les Japonais, par un policier bon père de famille.
C’est trop facile d’ironiser. Comme tous les spectateurs du film, j’ai eu peur, c’est-à-dire que j’ai marché. Une part d mérite en revient vraisemblablement à Spielberg. Et Jaws est certainement un film de Spielberg. Le thème de la panique, de l’hypocrisie et du goût du sang dans une petite ville américaine était déjà abordé dans Sugarland express. Les personnages de notables, soucieux de leurs intérêts, et les mouvements de foule s’y trouvaient déjà. Et le requin, dans la dernière partie du fil, est une créature aussi diabolique que le camion meurtrier de Duel. Spielberg a du talent. Qu’il le mette ici au service de ce genre de produit lui permettra, nous l’espérons, de nous donner des œuvres plus personnelles. Il a déjà déclaré qu’il n’envisageait pas de tourner une suite à Jaws. Il est probable que les candidats ne manqueront pas.
Dominique Rabourdin in Cinéma 76 n° 206 (février 1976)

Le succès de Jaws considérable, si on le rapproche des succès des films à catastrophes récents et du succès de certains films fantastiques ou de science-fiction, s’explique et se comprend. Jaws précise la fonction du fantastique dans l’imaginaire contemporain. Il prolonge enfin la fresque des obsessions de l’Amérique, que le film policier a, de son côté, amorcée...
Jaws confirme l’implantation du fantastique dans le cinéma américain contemporain. Toute aventure tend à devenir mythique ; elle implique ouvertement les domaines de l’inconscient. Tout en ramenant le héros à une médiocrité de plus en plus remarquable, le film agrandit l’opposant à une stature de moins en moins humaine : l’homme de la rue est en lutte avec l’univers, avec le surnaturel. Tremblement de terre (101), La Tour infernale (102), Jaws et aussi L’Exorciste (103), tous de gros succès, l’affirment : l’Américain contemporain a peur, et il veut être rassuré.
Alain Garsault in Positif n° 179 (mars 1976)
(101) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tremblement_de_terre_%28film%29
(102) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Tour_infernale
(103) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exorciste

Il y a quelque neuf mois que nous avons entendu parler pour la première fois du Requin, du film aux 8 millions $ amortis en une semaine aux Usa. La presse, la radio, la télévision nous distillaient doucement la peur de la bête. Parfois nous rencontrions quelques privilégiés qui là-bas avaient vu le film. Puis le livre de Peter Benchley a été réédité , puis la musique du film est devenue un disque, puis la publicité a envahi notre quotidien. Nous avons connu cette période où l’on sent que quelque chose va arriver , sans que l’on comprenne bien quoi mais l’on sait que jour, à quelle heure précise. C’est le 28 janvier à 13h30 que sur plus de 70 écrans français le poisson est entré dans notre vie. Ce jour-là sur Paris et sa banlieue, 43 979 personnes allaient frémir à la vue du monstre. Dans le même temps, les journaux et la télévision s’emplissaient de squales. Un quotidien pus réputé pour ses idées de droite que pour son humour allait jusqu’à donner à ses lecteurs des conseils pour se débarrasser de ces animaux : si le requin charge, le repousser seulement d’une tape sur le nez. Des hebdomadaires peu portés sur la futilité consacrent des pages aux mangeurs d’hommes.
Qui peut être ce requin ? Il venait de la mer et de l’autre côté de la mer par rapport aux Usa il y a le reste du monde, tous ceux qui pourraient menacer leur suprématie, casser leur économie, donc briser le monde dit-libre. Pour survivre, pour rester les garants de la liberté, cette Amérique doit compter sur son avance technologique et sur sa majorité silencieuse, gardienne du système. Jaws c’est le pari de Kennedy pour l’espace et le style honnête homme de Ford (104), c’est l’Amérique triomphante et, une mise en garde pour tous ceux qui seraient tentés de se mettre en travers de cette victoire.
Hubert Desrues in La Revue du cinéma n° 304 (mars 1976)
(104) C’est Gerald R. Ford qui est président des Usa à cette époque (1974-1977)

Les Dents de la mer : une preuve supplémentaire pour démontrer le statut spécifique, de l’art comme moyen de connaissance, irréductible aux conceptions rassurantes et divertissantes de la création artistique.
Dominique Païni in Cinéma 76 n° 209 (mai 1976)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Pa%C3%AFni

Spielberg possède une grande maîtrise du cinéma (ce que nous savions déjà), mais en laissant de côté l’absurde de la réalité qui dominait dans Duel et The Sugarland express pour tomber dans une gigantesque entreprise commerciale, ses plus fervents partisans doutent que le jeune metteur en scène si prometteur soit sur la bonne voie.
Gilles Dagneau in La Saison cinématographique 76

Souvenez-vous... Jaws. C’était quelques semaines avant sa sortie en France. On nous rebattait les oreilles avec l’arrivée imminente sur les écrans français du film qui écrasait tous les records de recettes aux Usa. On n’avait pas vu ça depuis L’Exorciste et les files d’ambulances qui cueillaient les morts à la sortie des cinémas new-yorkais. Plus un baigneur sur les plages de Californie. La psychose de l’aileron fendant les flots turquoises s’était installée. L’Amérique avait une peur bleue du squale de quinze mètres comme elle avait craint les petites filles aux airs trop innocents deux ans plus tôt. Les Dents de la mer arrive enfin en France. Soudain, plus un sein ne rosit sur les plages de Cannes à Brest. Bruce est partout et ses dents maculées d’hémoglobine jouent des castagnettes dans les hauts fonds de la baie des Anges.
Hors du contexte de sa campagne publicitaire et du tapage qu’elle suscita, le film de Spielberg est un joyau d’humour noir, de suspense et de savoir-faire. Il a été trop attendu pour qu’on ait pu l’apprécier à sa juste valeur. Le trio Scheider-Shaw-Dreyfuss joue une partie de cache-cache mémorable avec le squale mangeur d’hommes. Au bout de leur quête initiatique, l’un d’eux (le plus aguerri) aura péri sous la (les) dent(s) du monstre, un autre (le professionnel) aura eu droit à la plus grande frousse de savie et le dernier (l’observateur) aura surmonté son angoisse et vaincu la bête. Misant à fond sur l’identification (du public au flic Brady), Spielberg a construit une machine bien huilée, sanglante juste ce qu’il faut, et polémique selon la mode (irresponsabilité des responsables).
Cet excellent petit film allait engendrer mille et une resucées dont sa suite officielle.
Alain Fauritte in La Revue du cinéma n° 393 (avril 1984)

Steven Spielberg
voir fiche du film Duel
http://www.citebd.org/spip.php?film542
Robopocalypse devait être la prochaine œuvre de Steven Spielberg (adapté d’un roman de science-fiction étatsunien écrit par Daniel H. Wilson), mais la production du film a été retardée pour une durée indéterminée car le scénario n’était pas prêt et que le coût de production semblait trop élevé. En attendant, il y aura sans doute la sortie de St James place...

Peter Benchley
Né le 8 mai 1940 à New York, décédé le 11 février 2006 à Princeton (New Jersey).
Fasciné par les mystères de la mer, Peter Benchley rédigea beaucoup d’histoires ayant pour cadre le monde maritime. L’un de ses romans sera porté à l’écran par Peter Yates (Les Grands fonds)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Benchley

Carl Gottlieb
Né le 18 mars 1938 à New York.
Acteur et scénariste prolifiques, sa carrière de réalisateur peut être passée sous silence...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gottlieb

Bill Butler
Né Wilmer Butler le 7 avril 1921 à Cripple Creek (Colorado).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bill_Butler_%28directeur_de_la_photographie%29

John Williams
Né le 8 février 1932 à New York.
Compositeur attitré de Steven Spielberg et de George Lucas, a composé un grand nombre des plus célèbres musiques de films de l’histoire d’Hollywood...
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Williams_%28compositeur%29

Roy Scheider
Né le 10 novembre 1932 à Orange (New Jersey), décédé le 10 février 2008 à Little Rock (Arkansas).
C’est le rôle du détective Buddy Russo, équipier de Gene Hackman dans French connection qui le révèle au grand public...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roy_Scheider

Robert Shaw
Né Robert Archibald Shaw le 9 août 1927 à Westhougton (Lancashire), décédé le 28 août 1978 à Tourmakeady (Irlande).
Gangster cynique mais loser dans L’Arnaque, il est également l’inoubliable Monsieur Bleu dans le remarquable Pirates du métro de Joseph Sargent...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Shaw_%28acteur%29

Richard Dreyfuss
Né le 29 octobre 1947 à New York.
Se fait connaître du grand public dans American graffiti mais confirme son grand talent l’année suivante dans l’excellent Apprentissage de Duddy Kravitz de Ted Kotcheff...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Dreyfuss

Lorraine Gary
Née le 16 août 1937 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lorraine_Gary

Murray Hamilton
Né le 24 mars 1923 à Washington où il est décédé le 1ᵉʳ septembre 1986.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Murray_Hamilton

Jeffrey C. Kramer
Né le 9 Juin 1952 à Bethesda (Maryland).
http://www.cinemotions.com/Jeffrey-Kramer-nm11036

extrait(s) de presse

Dvd classik - Tous ceux qui ont participé à cette aventure croyaient fermement oeuvrer pour un énorme navet...
Filmosphère - Et dire que cette merveille a souffert des pires problèmes de tournage possibles avec son requin mécanique génial qui ne fonctionnait pas et un coût de production qui n’a cessé d’exploser les chiffres. Les plus grands films sont toujours de drôles d’aventures…
àVoir-àLire - "Les Dents de la mer" fait définitivement partie de ces divertissements indémodables du septième art qui réunit toute la famille pour un soir de complicité...
Citizen poulpe - "Les Dents de la mer" traumatisa plusieurs générations de spectateurs et prêta au requin une réputation de tueur monstrueux qui n’a évidemment pas grand chose à voir avec la réalité...
Autopsie du monde - La grande force émotionnelle et dramatique des "Dents de la mer" tient à son atmosphère anxiogène, au climat tendu dont l'intensité va crescendo, lentement mais sûrement, jusqu'à l'explosion - littérale ! - finale. On a souvent dit que toute l'habileté de Spielberg était de suggérer la présence du monstre marin plutôt que de le montrer vraiment...
Cinéma fantastique - Plus qu’un simple film d’horreur mettant en scène des animaux tueurs, Les Dents de la mer se présente comme un joyau cinématographique héritier des pellicules d’Hitchcock dans la manière de filmer et d’installer le suspense...
Devil dead - Comment voulez-vous que j'aille mettre un pied à la plage après ce traumatisme ?
Scifi universe - Il est amusant de voir que dans son début de carrière, Steven Spielberg n’hésitait pas à se faire plaisir en faisant preuve d’un certain sadisme...