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La Belle personne

France - 2008 - 1h30
San Sebastian 2008
film - film francophone
de

Christophe Honoré

scénario : Christophe Honoré, Gilles Taurand
d'après l'oeuvre de : Madame de La Fayette
direction de la photographie : Laurent Brunet
musique ou chansons : Alex Beaupain, Nick Drake, Maria Callas
avec : Louis Garrel (Nemours), Léa Seydoux (Junie), Grégoire Leprince-Ringuet (Otto), Esteban Carvajal Alegria (Matthias), Simon Truxillo (Henri), Agathe Bonitzer (Marie), Anaïs Demoustier (Catherine)
séances : semaine du mercredi 12 novembre 2008
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
20:15
18:00
22:10
20:45
14:30
18:00
19:55

synopsis

Junie, seize ans, change de lycée en cours d'année suite à la mort de sa mère. Elle intègre une nouvelle classe dont fait partie son cousin Matthias. Il devient son ambassadeur auprès de sa bande d'amis. Junie est vite courtisée par les garçons du groupe, elle consent à devenir la fiancée du plus calme d'entre eux, Otto. Mais bientôt, elle sera confrontée au grand amour, celui de Nemours, son professeur d'italien. La passion qui naît entre eux sera vouée à l'échec. Ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s'obstine à refuser le bonheur, car il n'est à ses yeux qu'une illusion...

notes de production

Christophe Honoré explique pourquoi il a eu envie de réaliser ce film : "Depuis longtemps, j’ai envie de filmer des adolescents, mais en évitant la nostalgie et la sociologie qui sont les deux écueils de ce genre de film. "Jamais cour n’a eu tant de belles personnes". Tout a débuté avec ces quelques mots de Mme de la Fayette, mots qui ont entraîné dans mon esprit l’idée d’une autre cour, celle d’un lycée parisien, avec d’autres belles personnes, la jeunesse d’aujourd’hui. Cette jeunesse grave et gracieuse, qui m’apparaît si éloignée de ma jeunesse des années 80, dont je garde le souvenir net d’une absence résolue d’élégance. Souvent, les films de lycée sont l’occasion de faire le lien avec sa propre adolescence. Ici, ma volonté était inverse. Je voulais les filmer eux, ceux d’aujourd’hui, avec cette part inévitable de distance que leur mystère m’impose. Je voulais filmer leur manière de faire avec un monde qui les agresse, les considère toujours plus ou moins comme des ennemis (...) et dans le même mouvement les désigne comme objets de désir et en fait les canons de la beauté d’aujourd’hui (...) L’adolescence va bien à La Princesse de Clèves."Le cinéaste dirigé pour la quatrième fois son acteur-fétiche, Louis Garrel, déjà vu dans Ma mère, Dans Paris et Les Chansons d’amour. "Cette fois, j’ai été bluffé par sa sincérité", confie-t-il. "Le trajet qu’il a fait emprunter à Nemours, de la séduction un peu mufle, à l’amour sidéré, qui e cloue sur place, me fait entrevoir son chemin sur les trois films, comme une progressive perte de vitesse. Le voilà à la fin de La Belle personne, dense et rempli et immobile, se laissant totalement regarder." Autour de lui, on retrouve, dans des rôles plus ou moins grands, plusieurs comédiens qu’il a déjà fait tourner : Grégoire Leprince-Ringuet, Alice Butaud et Clotilde Hesme.Selon Christophe Honoré, La Belle personne est le troisième volet d’une trilogie. "Je voulais vraiment tourner le film au mois de janvier, comme Dans Paris et Les Chansons d’amour. Pour moi, ces trois films, réalisés dans une même économie de moyens, un même geste, une même attention au présent et une même rapidité d’exécution, forment une trilogie, un portrait en trois volets de la jeunesse, de l’amour et de Paris." Comme dans les premiers volets de cette trilogie sur la jeunesse, les rues de la capitale sont très présentes dans La Belle personne. "J’ai eu envie, comme pour mes deux films précédents, de respecter la géographie des lieux", explique le réalisateur. "A partir du moment où les repérages nous ont ont menés jusqu’au lycée Molière, rue Ranelagh, je me suis donc retrouvé à filmer dans le XVIe arrondissement. Je filmais Paris comme un musée de cinéma dans Dans Paris et de manière presque documentaire dans Les Chansons d’amour. Cette fois, Paris apparaît comme une ville à l’heure du couvre-feu. Le lycée est d’un autre âge, il porte dans ses murs les marques du temps, et le désintérêt qu’on lui porte. Hors de lui, les rues sont vides et lugubres."
L’action de La Belle personne se situe, pour une grande part, dans l’enceinte d’un établissement scolaire, le lycée Molière. Christophe Honoré précise : "On tournait dans un lycée en activité, pendant les heures de classe (...) C’était intéressant de tourner au rythme du lycée, d’arrêter quand ça sonnait, d’aller en récréation avec les élèves et d’y tourner quelques scènes, de se servir des figurants au sein du lycée." Il ajoute d’autre part : "le film se concentre sur le lycée et le trajet entre chez eux et l’établissement. Je ne voulais surtout pas filmer leurs appartements, pénétrer dans leurs chambres d’adolescents. Je m’étais fixé cette règle dès le scénario. Il y a trop de conventions autour de "la chambre d’adolescent", telle qu’elle est représentée au cinéma. C’est le genre de décor maudit pour moi, infilmable, comme l’intérieur des commissariats de police ou les chambres d’hôpitaux."Une des raisons qui ont incité Christophe Honoré a réaliser cette adaptation de La Princesse de Clèves est une déclaration de Nicolas Sarkozy, faite en février 2006 durant un meeting à Lyon, lorsqu’il était chef de l’UMP et candidat à la Présidence de la République. Critiquant le contenu des examens de la fonction publique, il avait notamment lancé : "L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle !" Choqué, le réalisateur note : "Je ne peux m’empêcher d’être blessé et accablé par ce type d’ignorance. Que certains puissent défendre l’idée qu’aujourd’hui n’a rien à apprendre d’un roman écrit il y a trois siècles est le signe d’une méconnaissance de ce qui fait l’existence même et de la nécessité de l’art pour l’expérience humaine. Je me suis lancé dans l’aventure avec la hargne de celui qui veut apporter un démenti." Une fois à l’Elysée, Nicolas Sarkozy s’est de nouveau attaqué au roman de Mme de Lafayette : dans le cadre d’une déclaration sur la modernisation des politiques publiques, faite en avril 2008, il a vanté "la possibilité pour quelqu’un d’assumer sa promotion professionnelle sans passer un concours ou faire réciter par coeur la Princesse de Clèves !"Chiara Mastroianni fait une furtive apparition dans le film : dans un café, elle croise le regard de Junie. L’actrice est bien sûr une habituée du cinéma de Christophe Honoré, mais surtout, elle a elle-même joué le rôle de La Princesse de Clèves dans La Lettre de Manoel de Oliveira, qui était déjà une transposition, à notre époque, du chef d’oeuvre de Mme de Lafayette. Signalons au passage qu’Andrzej Zulawski a lui aussi réalisé un film contemporain inspiré de La Princesse de Clèves, La Fidélité (2000). Une version... fidèle au livre avait été réalisée en 1961 par Jean Delannoy.Si, contrairement aux Chansons d’amour, La Belle personne n’est pas une comédie musicale, on y entend cependant Grégoire Leprince-Ringuet interpréter un morceau, écrit par le compositeur-fétiche du réalisateur, Alex Beaupain (lauréat du César de la meilleure BO pour Les Chansons d’amour en 2008)Il est question dans le film d’un livre pour enfants signé Tomi Ungerer. Or, avant d’être cinéaste, Christophe Honoré était connu, entre autres, comme auteur de livres pour enfants. On apercevait l’ouvrage Loulou et Tom dans le film Dans Paris. Côté casting, notons la présence de la soeur de Louis Garrel, Esther Garrel, et du frère de Christophe Honoré Julien Honoré...Une des enseignantes est interprétée par Matilde Incerti, qui n’est autre que... l’attachée de presse du film !A l’origine, La Belle personne était destiné uniquement au petit écran. Le film a été d’ailleurs diffusé sur Arte le 12 septembre, quelques jours avant la sortie en salles.

extrait(s) de presse

L’express - … Cette Princesse de Clèves, dont Nicolas Sarkozy estima qu'elle était poussiéreuse et tellement vieille qu'on se devait de la laisser reposer, est bien d'aujourd'hui...
Nouvel obs - … Et alors, l'émotion vous prend comme, cela peut s'imaginer, elle prend depuis quelques siècles les lecteurs de Madame de Lafayette…
Avoir à lire - … La Belle Personne saigne le cœur d’un ouvrage que l’on croyait à tort inadaptable.
Chronicart - … C'est donc sous l'égide de la beauté que cette Belle personne nous livre les affres sentimentales de jeunes gens d'un lycée du 16e arrondissement…
L’humanité - … Les lycéennes d’aujourd’hui attendent rarement les grands bals mondains pour se demander si elles devraient se laisser courtiser...
Alice - … A la préciosité et à la richesse du texte, Christophe Honoré (LES CHANSONS D’AMOUR) a préféré une certaine et heureuse légèreté…
Arte - … Là, et dans la salle de classe, Honoré excelle vraiment, lorsque sa mise en scène suit la plume jadis tenue par Madame de Lafayette…
Première - … Quelle pertinence peut bien avoir aujourd’hui un texte du XVIIe siècle parmi les plus étudiés à l’école ?...