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Phantom of the Paradise

ciné répertoire
Usa - 1974 - 1h32
sorti en France le 7 février 1975
Grand prix Festival international du film fantastique Avoriaz 1975
film - version originale sous-titrée en français
de

Brian De Palma

scénario : Brian De Palma
direction de la photographie : Larry Pizer
musique ou chansons : Paul Williams
avec : Paul Williams (Swan), William Finley (Winslow Leach), Jessica Harper (Phoenix), George Memmoli (Arnold Philbin), Gerrit Graham (Beef)
séances : semaine du mercredi 19 novembre 2014
mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
18:30*
séance spéciale :
* mardi fantastique - organisé en partenariat avec Hidden circle, la Nef et le Lisa, dans le cadre du festival "Le Rayon fantastique", en présence de Jessica Abel (auteure de bédé) - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (couplé avec "Les Guerriers de la nuit")

synopsis

Winslow Leach, compositeur de talent, se fait aborder par la célèbre maison de production Death Records, afin que sa musique soit celle de l'ouverture du Paradise, la salle de concert colossale que Swan, le mystérieux directeur de Death Records, vient de faire construire. Winslow pense être le seul à pouvoir chanter la cantate de 300 pages qu'il a écrite. Mais Swan est convaincu du manque de charisme de celui-ci et décide de voler les partitions qui l'intéressent et d'organiser un énorme casting pour trouver des chanteuses pour les chœurs. Winslow décide de profiter de ce casting pour se confronter à Swan. Il y rencontrera une jeune candidate nommée Phœnix dont la voix le fera immédiatement tomber sous son charme mais n'arrivera pas à revendiquer la paternité de sa musique. Il se fait emprisonner suite à un complot du diabolique producteur et, rongé par la rancœur, décide de s'évader et d'organiser un attentat contre Death Records. Malheureusement, celui-ci tourne mal et Winslow Leach se trouve défiguré. Cachant son visage affreux sous un masque, il retourne au Paradise afin d'y fomenter sa vengeance...

notes de production

Le Fantôme du Paradis était assorti d’une interdiction aux moins de 13 ans lors de sa sortie en France en février 1975.

Le film est en partie inspiré par l’expérience traumatisante qu’a vécue De Palma sur son film Get to know your rabbit (1) dont il a été renvoyé par la Warner bros. (2) avant qu’elle remonte le film et le termine sans lui.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Get_to_Know_Your_Rabbit
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Warner_Bros.

Brian de Palma commence par développer ce projet pour le producteur Martin Ransohoff (3), mais comprenant qu’il ne le produira pas, il rachète les droits et les revend à Edward R. Pressman (4). Celui-ci est enthousiasmé et Paul Williams est engagé comme compositeur.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Ransohoff
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_R._Pressman

Swan s’inspire de Phil Spector (5), producteur emblématique des années 60 qui travailla notamment avec les Beatles (6). Personnage haut en couleur qui révolutionna l’enregistrement en studio par l’utilisation de la stéréo, il est revenu sur le devant de la scène pour le meurtre de Lana Clarkson en 2003 dont il fut reconnu coupable (7). Il purge depuis 2009 une peine de 19 ans de prison.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Phil_Spector
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Beatles
(7) http://actu-obsession.nouvelobs.com/spector-meurtre-enquete-mort-actrice.html

Paul Williams, qui joue le rôle de Swan, a également composé la musique du film, qui cite avec talent les différents courants musicaux de l’époque (pop, folk, rockabilly, glam rock...). Il prête sa voix au personnage de Winslow lorsque celui-ci chante en studio grâce à son vocoder (8). Paul Williams a notamment composé la musique du Canardeur (9) de Michael Cimino et d’Ishtar (10) d’Elaine May. On a pu le voir en tant qu’acteur dans Les Doors (11) d’Oliver Stone, pour rester dans le domaine musical, ou encore dans Les Lois de l’attraction (12). Il a également doublé le Pingouin dans deux épisodes en dessins animés de Batman (1992 et 1997).
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vocodeur
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Canardeur
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ishtar_%28film%29
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Doors_%28film%29
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Lois_de_l%27attraction_%28film%29

A l’époque du tournage de Phantom of the Paradise, George Lucas, grand ami de Brian De Palma, errait, après avoir fini American graffiti (13), à la recherche d’idées pouvant nourrir le scénario de Star wars episode IV : un nouvel espoir (14). Il atterrit sur le tournage de Phantom of the Paradise et fut fortement influencé par ce dernier dont il s’inspira pour son film. Il emprunte notamment à De Palma le masque lumineux, la respiration provenant d’un appareil et la voix rauque de Winslow défiguré pour nourrir le personnage de Dark Vador (15). George Lucas reprit également l’idée du bandeau défilant pour introduire le film.
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/American_Graffiti
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Wars,_%C3%A9pisode_IV_:_Un_nouvel_espoir
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/Anakin_Skywalker

Phantom of the Paradise est effectivement un paradis, celui de références aux années 70 et à l’industrie de la musique. La société de Swan dans le film se nommait à l’origine Swan song (Le Chant du cygne), mais les studios firent pression sur De Palma pour qu’il change le nom en Death records à cause de l’existence du label Swan song records. Le logo déjà impressionné sur la pellicule est effacé pour éviter d’avoir à retourner les scènes (en cherchant bien, quelques Swan song demeurent encore visibles, ça et là, dans le film). Par ailleurs, le groupe Juicy fruits dans le film est un hommage au groupe de Paul Williams (acteur et compositeur du film) Juicy Lucy. Enfin, dans un plan où la secrétaire regarde le dossier de Winslow Leach, les autres dossiers portent les noms des grandes stars de l’époque, dont Bette Midler (16), Dick Clark (17), Peter Fonda (18) et Alice Cooper (19). On retrouve également dans le film plusieurs parodies de groupes qui existent comme Kiss (20) ou les Who (21).
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bette_Midler
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dick_Clark
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Fonda
(19) http://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Cooper
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film1159
(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Who

Le film fait un flop à sa sortie : boudé aux Etats-Unis, le box-office s’avère être satisfaisant uniquement à Winnipeg, au Canada, où le film est resté à l’affiche pendant des mois. Pourtant, en 1975, il est nominé pour l’Oscar de la meilleure partition de chansons et adaptation musicale (décerné cette année à la musique de Gatbsy le magnifique (22) de Nelson Riddle), décernée à Paul Williams qui est également appelé pour le Golden globes (23) de la meilleure musique l’année suivante. Phantom of the Paradise obtient cependant le Grand prix du festival du film fantastique d’Avoriaz (24) en 1975.
(22) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gatsby_le_Magnifique_%28film,_1974%29
(23) http://fr.wikipedia.org/wiki/Golden_Globes
(24) http://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_fantastique_d%27Avoriaz

Phantom of the Paradise est un pot pourri de références cinématographiques. De Palma y réalise plusieurs clins d’œil à quelques chef-d’œuvres du 7ème art. Il reprend les couleurs psyché de l’ouverture de Sueurs froides (25) d’Hitchcock et parodie la célèbre scène de la douche de Pychose (26). Il fait aussi référence à quelques classiques du film d’horreur, une tenue de Swan ressemblant fortement à celle de Bela Lugosi dans le Dracula (27) de Tod Browning, alors qu’il revient justement de Transylvanie. Le Faust (28) de Murnau est cité via une phrase de Swan (L’encre n’a aucune valeur pour moi) et les caractères gothiques du contrat qu’il fait signer à Leach avec son sang. Enfin, on retrouve un clin d’œil au grand plan séquence d’ouverture de La Soif du mal (29) d’Orson Welles, dans un split-screen (30) du film, ainsi qu’un hommage au Cabinet du docteur Caligari (31) de Robert Wiene, dans la scène où Beef sort dans un cercueil.
(25) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sueurs_froides
(26) http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose_%28film,_1960%29
(27) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_%28film,_1931%29
(28) http://fr.wikipedia.org/wiki/Faust,_une_l%C3%A9gende_allemande
(29) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soif_du_mal
(30) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cran_divis%C3%A9
(31) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cabinet_du_docteur_Caligari

De Palma sait apprécier les grands classiques de la littérature fantastique de son temps. Bien évidemment, Phantom of the Paradise fait immédiatement penser au Fantôme de l’opéra (32) de Gaston Leroux, adapté pas moins de sept fois au cinéma (avec une curieuse version en compagnie de Scooby-Doo) (33) et dont le réalisateur s’inspire pour la trame de son film. Le Faust (34) de Goethe, qui a de même été maintes fois porté à l’écran, dont la plus belle version reste peut être La Beauté du diable (35) de René Clair (aux côtés du Faust de Murnau précédemment cité), sert à De Palma pour la construction du personnage de Swan, sorte de diable contemporain, qui enchaîne les jeunes talents à sa société par contrat ensanglanté tout comme le faisait Méphistophélès avec les âmes de ses malheureux signataires. Enfin, Le Portrait de Dorian Gray (36) finit de rendre ce mélange de références littéraires homogène, jouant sur la perversité du personnage qui n’apparaît jamais sur son visage mais qui ne fait que grandir. Il a lui aussi été adapté pour le grand écran, notamment dans une magnifique version (37) d’Albert Lewin.
(32) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fant%C3%B4me_de_l%27Op%C3%A9ra
(33) http://fr.wikipedia.org/wiki/Scooby-Doo
(34) http://fr.wikipedia.org/wiki/Faust_%28Goethe%29
(35) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Beaut%C3%A9_du_diable_%28film,_1950%29
(36) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Portrait_de_Dorian_Gray
(37) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Portrait_de_Dorian_Gray_%28film,_1945%29

Sissi Spacek (38) a travaillé comme habilleuse sur le tournage pour aider son compagnon Jack Fisk (39), qui était chef décorateur sur Phantom of the Paradise. Selon ce dernier, elle fit si mal son travail qu’elle fit perdre un jour complet de tournage à l’équipe. Elle a aussi auditionné pour le rôle de Phoenix mais a dû le laisser à Jessica Harper.
(38) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sissy_Spacek
(39) http://en.wikipedia.org/wiki/Jack_Fisk

Selon William Finley, la presse d’enregistrement dans lequel son personnage Winslow a été défiguré était un véritable modèle de la machine en question. Inquiet de savoir si la scène était sécurisée avec un tel engin sur le plateau, l’équipe lui assura qu’il ne courait aucun risque. Les cales censées empêcher la machine de totalement se refermer ne furent pourtant pas suffisamment résistantes face à la puissance de la presse et ce ne fut que grâce à sa rapidité d’action que Finley ne fut pas réellement défiguré. Le cri qu’il pousse dans le film est en réalité un vrai cri de terreur, l’acteur ayant failli être sérieusement blessé.

Le personnage créé par De Palma, Winslow Leach, est nommé d’après le mentor du réalisateur, Wilford Leach (40), alors que le nom de Philbin, l’aide de Swan, est tiré de Mary Philbin (41), l’actrice qui tint le rôle de Christine dans la première adaptation cinématographique du Fantôme de l’opéra (42) de Rupert Julian et duquel s’inspire également le film de De Palma. De même, pendant la scène à l’aéroport, Beef est entouré de journalistes dont l’un se nomme Mr. Pizer. Il s’agit probablement d’une référence au directeur de la photographie du film, Larry Pizer.
(40) http://fr.wikipedia.org/wiki/Wilford_Leach
(41) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Philbin
(42) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fant%C3%B4me_de_l%27Op%C3%A9ra_%28film,_1925%29

Betty Buckley (43) est plusieurs fois présente à l’écran dans Phantom of the Paradise. Seulement, elle n’est pas actrice, bien qu’elle ait été initialement auditionnée pour un rôle. Si elle ne fut pas retenue en tant que comédienne, De Palma la rappelle pour ses talents de chanteuse et pour la justesse de sa voix. Ainsi, l’audition de Swan et les séquences d’orgies donnent un aperçu de sa capacité vocale. Le réalisateur lui donnera finalement le rôle de la prof de gym dans son prochain film, Carrie (44).
(43) http://fr.wikipedia.org/wiki/Betty_Buckley
(44) http://fr.wikipedia.org/wiki/Carrie_au_bal_du_diable

C’est à l’université que William Finley rencontre Brian De Palma avec qui il forge une grande amitié. Ce dernier lui offre des rôles dès ses premiers films, court-métrages comme Woton’s wake (45), puis longs-métrages tels que Meurtre à la mode (46), The Wedding party (47) et Sœurs de sang (48). C’est avec Phantom of the Paradise qu’il passe à la postérité, bien que le film mette du temps à devenir culte. L’échec que fut le film à sa sortie empêcha malgré tout Finley de décrocher d’autres bons rôles, mais il resta toujours en bons termes avec De Palma qui continua à le faire apparaitre dans ses films, qu’il s’agisse de Furie (49), Pulsions (50) et même du Dahlia noir (51).
(45) http://www.stardust-memories.com/wontswake.html
(46) http://www.sueursfroides.fr/critique/meurtre-a-la-mode-2525
(47) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Wedding_Party
(48) http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C5%93urs_de_sang
(49) http://fr.wikipedia.org/wiki/Furie_%28film,_1978%29
(50) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pulsions
(51) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dahlia_noir_%28film%29

Le film de De Palma devait initialement s’appeler The Phantom. Mais après les soucis auxquels il dut faire face pour qu’Universal (52), détenteur des droits du Fantôme de l’opéra, accepte une adaptation de l’œuvre, le réalisateur se fait de nouveau attaquer à cause du titre de son film. Déjà utilisé pour une bande-dessinée (Le Fantôme du Bengale (53) en français), De Palma doit s’incliner et changer le nom en Phantom of the Paradise. Un premier titre alternatif n’avait pas pu voir le jour, Phantom of the Fillmore, toujours à cause de problèmes juridiques.
(52) http://fr.wikipedia.org/wiki/Universal_Studios_Hollywood
(53) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fant%C3%B4me_%28bande_dessin%C3%A9e%29

Alors que le film était encore en projet, Brian de Palma espérait avoir les Who ou les Rolling stones (54) pour la musique du film, mais ceux-ci étaient injoignables. C’est en rencontrant Paul Williams, qu’il qualifia plus tard de Napoléon du rock, alors qu’il était à la recherche d’un producteur, qu’il pensa à faire appel à son talent pour la bande originale de Phantom of the Paradise. Pressentant d’abord le groupe Sha-na-na (55), Williams le convainc de monter un groupe spécialement pour le film afin de ne pas être influencé par un style de musique déjà installé. C’est Williams qui dirige le groupe et qui écrit alors tous les morceaux du long-métrage, qu’il interprète aux côtés de tous les comédiens. Seul Gerrit Graham, qui joue Beef, sera doublé par le chanteur Ray Kennedy (56).
(54) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rolling_Stones
(55) http://fr.wikipedia.org/wiki/Sha_Na_Na
(56) http://en.wikipedia.org/wiki/Raymond_Louis_Kennedy

Jessica Harper fut choisie pour jouer le rôle Phoenix mais Brian de Palma eut bien du mal à découvrir le personnage frais et fragile qu’il souhaitait parmi l’innombrable casting de jeunes femmes qui lui était proposé. Il donne pourtant à la Miss Harper son tout premier rôle qui la fera repérer par Dario Argento (57) à la vue de Phantom of the Paradise. Le réalisateur, qui adapta justement quelques années plus tard Le Fantôme de l’opéra (58), prit l’actrice pour son film Suspiria (59). Elle fut entre-temps récupérée par Woody Allen qui lui offrit des seconds rôles dans Guerre et amour (60) et Stardust memories (61) à cette même époque.
(57) http://www.citebd.org/spip.php?film1263
(58) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fant%C3%B4me_de_l%27Op%C3%A9ra_%28film,_1998%29
(59) http://fr.wikipedia.org/wiki/Suspiria
(60) http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_et_Amour
(61) http://fr.wikipedia.org/wiki/Stardust_Memories

La première version du scénario est écrite avec Louisa Rose qui avait déjà participé au scénario de Sœurs de sang, le précédent film de Brian De Palma.
Brian de Palma demande au compositeur du film, Paul Williams, d’interpréter le rôle de Swan : il le juge d’une part excellent comédien et estime d’autre part que son allure, très petit, très étrange mais très intéressant ainsi que son humour noir siéront au personnage.

William Finley, l’acteur qui tient le rôle de Winslow, jouait dans le film précédent du réalisateur, Sœurs de sang. Une bonne partie de l’équipe technique a aussi travaillé sur ce film. Le réalisateur engage Jessica Harper, qui joue Phoenix, après l’avoir vue dans une pièce of de Broadway, trouvant sa voix incroyable.
Les personnes incarnant le groupe Juicy fruits sont des comédiens d’improvisation. Ils ont constitué un véritable groupe à Los Angeles par la suite, les Groundhogs (62). William Finley était ami avec l’un d’eux.
(62) http://electric-buffalo.blogspot.fr/2011/02/groundhogs-1975.html
Paul Williams, qui joue également dans le film, écrit et compose toutes les chansons présentes dans le film.

Ce film est souvent comparé au film culte The Rocky horror picture show (63). Il est à ce jour considéré comme l’un des meilleurs films de son auteur.
(63) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rocky_Horror_Picture_Show

Dans le manga de dark-fantasy Berserk (64) de Kentaro Miura, le casque de Griffith et le visage de Femto semblent avoir été directement inspirés par le masque de Winslow Leach.
(64) http://fr.wikipedia.org/wiki/Berserk_%28manga%29
Le groupe français de musique électronique Daft punk (65) se serait (selon Paul Williams) grandement inspiré du film dans leur décision de se cacher derrière des masques. Le film aborde, de manière particulièrement forte, un thème récurrent dans l’œuvre de De Palma, celui du double. Le héros, Winslow, voit dans Swan le reflet du monstre qu’il aurait pu devenir.
(65) http://fr.wikipedia.org/wiki/Daft_Punk
Le personnage de Swan, comme d’autres dans les films de Brian de Palma, vit dans une réalité qu’il s’est créée lui-même et à laquelle son entourage doit se conformer. La cour qui se trouve autour de lui et qui le vénère lui renvoie une image altérée du monde, et c’est dans cette image qu’il croit vivre. Il contrôle de manière absolue le monde dans lequel il vit. Ce personnage est en grande partie inspiré, selon le réalisateur, du producteur Howard Hugues (66).
(66) http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Hughes

Dans une scène où Winslow Leach est surpris par la sécurité en train de rôder près des locaux de Death records, un des gardiens lui demande ce qu’il fait du côté de chez Swan. Bien que le film soit américain, la référence à Marcel Proust (67) serait parfaitement volontaire.
(67) http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust
La scène où Swan regarde des auditions derrière un miroir est directement inspirée de celle du film Les Chaussons rouges (68) de Michael Powell où Anton Walbrook assiste au spectacle depuis sa loge.
(68) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chaussons_rouges
La scène où le tireur caché s’apprête à exécuter Phoenix en plein concert ; Winslow Leach se précipite pour détourner in extremis le coup qui va tuer Philbin déguisé en prêtre pour unir Swan et Phoenix : allusion évidente à la célèbre scène de L’Homme qui en savait trop (69).
(69) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_qui_en_savait_trop_%28film,_1956%29

N’y allons pas par quatre chemins, Le Fantôme du Paradis est sûrement l’un des films les plus agressifs, les plus provocants, les plus dévastateurs et les plus enjoués que l’on puisse voir en ce moment. Mélange totalement instable de Gaston Leroux, de Goethe et de rock débile, le film de Brian de Palma provoque chez le spectateur ce qui nous est assez chichement compté : une salutaire jubilation...
L’idée de génie - entre autres - de de Palma est de nous présenter tout son film comme un spectacle. Des répétitions et des auditions du début jusqu’à l’apothéose macabre du final, on peut suivre en même temps la mise en place d’un spectacle à venir (celui qui servira à l’inauguration du Paradis) ou se laisser porter, au premier degré, par de très sérieux avatars de thèmes fantastiques fort connus, Faust y compris...
Il n’existe pas chez de Palma de soucis vraiment moralistes. Pour la cible qu’il s’est fixée, les nuances seraient superflues. Il fonce, à belles dents, avec allégresse, contre sa cible. Et la brise, fasciné, en des éclats qui n’ont pas fini de nous réjouir et de nous stupéfier. Un film salubre, étincelant, éclaté, insolent...
Tristan Renaud in Cinéma 75 n° 196 (mars 1975)

Film d’horreur et musical, Phantom of the Paradise doit sa réussite à l’exceptionnelle homogénéité du tissu dramatique et aux liens subtils que le réalisateur établit entre le monde du show business et l’univers exhibitionniste et grandiloquent du film d’horreur...
Attaque véhémente contre les mandarins du show business, poème agressif et tonitruant, torrentiel mais parfaitement maîtrisé, Phantom of the Paradise est un exercice de style totalement réussi parce que le réalisateur - servi par une partition et des lyrics exemplaires - sait toujours mener le spectateur au centre du tumulte et de l’hystérie par les chemins de l’intelligence et de la lucidité. Une œuvre constamment excessive, une œuvre hors-pair qui laisse ébloui et anéanti et qui devrait montrer à Ken Russel (70) et autres velléitaires la dose de talent qu’exige la réalisation d’un film baroque, la réussite d’un authentique film monstre.
Jean-Marie Sabatier in La Saison cinématographique 75 (octobre 1975)
(70) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Russell

Trente ans après sa sortie, Phantom of the Paradise est donc toujours source de réflexion et d’interprétation des plus actuelles, et possède la force des grandes œuvres indémodables. D’aucuns diront que l’avenir d’Internet pourrait le rendre obsolète, si le téléchargement amenuisait le pouvoir des producteurs et faisait disparaître les supports commerciaux - donc les diffuseurs de la grande distribution - détruisant ainsi ce lien pervers entre les artistes et le public.
http://volume.revues.org/2147?lang=en

Brian De Palma
voir fiche du film Redacted
http://www.citebd.org/spip.php?film379

Larry Pizer
Né le 19 mai 1925 à Londres, décédé le 27 févier 2008 à New York.
http://www.imdb.com/name/nm0005831/
http://de.wikipedia.org/wiki/Larry_Pizer

Paul Williams
Né le 19 septembre 1940 à Omaha (Nebraska).
Egalement auteur de la musique du film Bugsy Malone d’Alan Parker...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Williams_%28auteur-compositeur%29

William Finley
Né le 20 septembre 1942 à New York où il est décédé le 14 avril 2012.
Presque toute sa carrière s’est faite avec Brian De Palma...
http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Finley

Jessica Harper
Née le 10 octobre 1949 à Chicago.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jessica_Harper

George Memmoli
Né le 3 août 1938 à New York, décédé le 20 mai 1985 à Los Angeles.
http://www.imdb.com/name/nm0578622/

Gerrit Graham
Né le 27 novembre 1949 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerrit_Graham

extrait(s) de presse

Télérama - Ce conte vintage n'a pas pris une ride...
Libération - Avec le temps, qu’il a mis de son côté, apparaît aussi cette évidence : "Phantom of the Paradise" a été la matrice d’innombrables autres moments de cinéma...
àVoir-àLire - Reste un film au rythme endiablé (!) qu’il faut revoir pour passer un moment très agréable et revenir à De Palma, qui revisite pour nous le vrai paradis : le cinéma...
Critikat - Tout cela paraît certes très pop, superficiel, du pur entertainment. Mais c’est la grande force de De Palma avec son "Phantom" : tout est entertainment certes, mais tout est également art.
Devil dead - Avec "Phantom of the Paradise", Brian De Palma réalise certainement l'un de ses films les plus ultimes, l'un des plus fascinants qu'il ait tournés...
Dvd classik - "Phantom of the Paradise" est une méditation cathartique à propos du mercantilisme qui pervertit toute œuvre artistique...
Cinéma fantastique - Une œuvre incontournable du cinéma américain...
Les Inrocks - Débordant d’émotions contradictoires, de l’humour potache au romantisme noir, de l’amour fou au Grand Guignol, "Phantom…" est le grand film de notre adolescence, mais aussi un chef-d’œuvre de cinéma adolescent.