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Se battre

France - 2014 - 1h33
sorti en France le 5 mars 2014
documentaire - film francophone
de

Jean-Pierre Duret, Andréa Santana

scénario : Jean-Pierre Duret, Andréa Santana
direction de la photographie : Jean-Pierre Duret, Andréa Santana
musique ou chansons : Bruno Courtin
séances : semaine du mercredi 8 octobre 2014
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
20:30*
séance spéciale :
* mar 14 à 20:30 - soirée-débat organisée en partenariat avec le "Collectif 17 octobre du refus de la misère" - tarif unique 3,50 €

synopsis

Aujourd’hui, pour plus de 13 millions de Français, la vie se joue chaque mois à 50 euros près. Derrière ces statistiques, se livrent au quotidien des combats singuliers menés par des hommes et des femmes qui ont la rage de s’en sortir et les mots pour le dire. À leurs côtés, des bénévoles se donnent sans compter pour faire exister un monde plus solidaire...

notes de production

Andréa Santana et Jean-Pierre Duret étaient de passage à Givors (1) pour des repérages en 2012, mais la gentillesse et la solidarité des gens sur place les ont immédiatement décidés à tourner l’intégralité de leur film dans cette ville ouvrière, située entre Saint-Etienne et Lyon. Cette communauté de 20 000 personnes synthétisait selon les cinéastes les quelques 13 millions de personnes en situation précaire que l’on trouve en France.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Givors

Se battre a clôturé les deux journées organisées par la Scam (2) au Forum des images (3) mais fut auparavant projeté sur les lieux de l’action, au théâtre de Givors. Les séances furent gratuites et permirent des échanges entre le public et les personnes qui témoignent dans le film. Ce dernier fut également présenté au festival Ciné 32 à Auch avant sa sortie en salles.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_civile_des_auteurs_multim%C3%A9dia
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_des_images

Si le couple de réalisateurs a décidé de tourner à Givors, la ville n’est pas la seule à se trouver face à face avec une misère quotidienne et désarmante. Ainsi, à Paris, des familles entières ont campé pendant tout le mois novembre place de la République, jusqu’à ce qu’elle quitte les lieux après que le ministère du logement ait promis de reloger 300 familles. Les histoires ne manquent pas, la presse et la télévision les relaient suffisamment.

Le tournage se déroula sur trois mois à Givors, à suivre huit habitants de la ville dont les conditions de vie étaient réduites au minimum. C’est, selon Médiapart (4), avec 2,5 € que doivent se nourrir chaque jour ces personnes à l’épicerie sociale. Le film s’attache cependant à décrire la situations d’hommes et de femmes qui traversent des situations difficiles et qui représentent près de 15 millions de Français.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mediapart

Si le film se penche plus précisément sur le quotidien de quelques personnes dans le besoin, les réalisateurs ont également voulu mettre en avant l’engagement profond et généreux des bénévoles auprès des habitants. Ce sont de multiples aides du Secours populaire (5) et d’associations locales qui sont alors filmés dans leurs bonnes actions quotidiennes.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Secours_populaire_fran%C3%A7ais

Se battre n’est pas le seul film à s’appesantir en ce début 2014 sur la situation de crise à laquelle doivent faire face des millions de gens vivant en France. Au bord du monde revient ainsi sur les journées qu’une dizaine de sans-abri, leur combat au jour le jour pour manger, dormir et rester dignes. De même à l’étranger, les films traduisent la crise ambiante : Le Géant égoïste (6) est une fiction mais raconte l’histoire d’enfants qui quittent l’école pour vendre de la ferraille afin de récolter quelques sous. A Touch of sin (7) suit le parcours de quatre personnages démunis, résolus aux extrêmes, dans différentes régions de la Chine. Enfin, Le Village de carton (8) montre un prêtre venant en aide à des clandestins réfugiés dans son église déconsacrée.
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1163
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1193
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Village_de_carton

Jean-Pierre Duret, après avoir été ingénieur du son pour des réalisateurs aussi variés que Pialat, Ozon, Audiard (fils) ou Chabrol, s’est fait défenseur des faibles en devenant lui-même cinéaste. Il rencontre Andréa Santana en 1999 et décide avec elle de porter sur le grand écran la richesse et le courage des paysans du Sertao brésilien. Leurs films Romances de terre et d’eau (9), Le Rêve de Sao Paulo (10) et Puisque nous sommes nés (11) interrogent la misère sociale de laquelle tentent de s’extirper des hommes, des femmes et des enfants dont le destin semble scellé à cette terre aride du Nordeste brésilien. C’est la première fois, avec Se battre, qu’ils portent leurs interrogations sur le paysage français.
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Romances_de_terre_et_d%27eau
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_R%C3%AAve_de_S%C3%A3o_Paulo
(11) http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=8060

Les protagonistes du film ont accepté de jouer le jeu et ont témoigné puis présenté en salles la difficulté de leur quotidien. Il ne s’agissait cependant pas de s’apitoyer sur leur sort mais de réagir face à une situation qui devient de plus en plus fréquente. Chacun y va de son point de vue. Un jeune boxeur exulte sa rage de vivre sur le ring alors qu’une femme tente de relativiser les choses : plus tu pleures, plus tu ramasses la misère. Quand tu ne pleures pas, la misère ne vient pas. Une autre trouve tant bien que mal des distractions à son quotidien : je suis exclue de tout. Je n’ai plus de petits plaisirs, excepté venir là donner à manger à ces animaux. Et au réalisateur de préciser : l’idée n’était pas de les stigmates de la pauvreté mais la richesse des gens pauvres. Leur parole est admirable.

Filmer, dans notre éthique de cinéastes, c’est prendre soin de l’autre. Chacun de nous construit sa vie dans une confrontation avec le regard des autres. Si ce regard n’existe plus, la vie s’arrête. C’est pourquoi nous voulions aussi rendre hommage au travail des bénévoles des associations d’entraide, une véritable armée de l’ombre, qui, aux côtés des plus démunis, essayent de ne pas les laisser seuls. L’évidence avec laquelle certains êtres aident les autres, leur don de soi, est quelque chose d’admirable.
Au bout de ce temps passé en partage, nous avons eu le sentiment de filmer à Givors, la substance d’un pays, sa moelle. Nous avons rencontré le peuple français tel qu’il est. Ce faisant, il maintient vive sa culture de résistance et de générosité, sa part de singularité, à condition que nous lui prêtions attention, à condition que nous le considérions, et ne le laissions pas dans la solitude.

Jean-pierre Duret, Andrea Santana
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/se-battre-documentaire,309798

Jean-Pierre Duret
Né le 20 août 1953.
C’est la rencontre avec Armand Gatti qui le plonge dans le monde du théâtre, puis du cinéma...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Duret

Andréa Santana
Née au Brésil en 1964.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andrea_Santana

Bruno Courtin
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/305329/bruno-courtin
http://www.sebattre.com/paroles-de-spectateurs/bruno-courtin

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - Jean-Pierre Duret, l'ingénieur du son des plus grands, de Pialat aux Dardenne, et sa compagne Andrea maintiennent en permanence la bonne distance. Ils donnent à voir et à entendre, ils n'expliquent rien et on comprend tout, on voudrait que le film dure encore des heures et en même temps qu'il s'arrête, pas faute de combattants, non, mais faute de ces malheurs-là à combattre.
L'Humanité - On comprend pourquoi ce film, précieux et salutaire, a fait le plein lors des projections en avant-première. On en sort avec la rage et une idée fixe. Se battre.
àVoir-àLire - Un magnifique témoignage d’humanité envers la France des "assistés", une misère stigmatisée par certains politiques, qui prend ici la forme d’un combat pour la dignité qui émeut.
La Croix - Film essentiel centré sur l’essentiel – la considération de l’autre, fût-il dans le dénuement – Se battre offre d’inoubliables rencontres, filmées à très juste distance. Ce beau film, tout en délicatesse et respect de la personne humaine, ne vient rien dérober mais accueille une parole impressionnante de noblesse et de retenue.
Fiches du cinéma - Poignant sans complaisance, et beau sans manières, “Se battre” devra probablement se battre à son tour pour être vu.
Libération - Comme avec "Au bord du monde", documentaire sur les SDF sorti il y a quelques semaines, les cinéastes écoutent ceux qui, marginalisés, n’ont plus jamais d’occasion de s’exprimer. Et c’est très fort.
Positif - Les réalisateurs trouvent le juste regard pour dessiner leurs portraits, sans le moindre commentaire, par la grâce d'un montage choral (...).
Télérama - Dans cette France d'aujourd'hui qu'on dit « impactée par la crise », les documentaristes Jean-Pierre Duret et Andrea Santana cherchent une réalité humaine (...). Ils regardent en face ceux qui galèrent sans en faire des victimes. Des portraits dignes, pudiques.