Hope - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Hope

Hope

Cameroun, France - 2014 - 1h31
sorti en France le 28 janvier 2015
Prix Sacd Semaine internationale de la critique Cannes 2014 - Valois de la mise en scène et Valois Magelis festival du film francophone Angoulême 2014
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - film francophone
de

Boris Lojkine

scénario : Boris Lojkine
direction de la photographie : Elin Kirschfink
musique ou chansons : David Bryant
avec : Justin Wang (Léonard), Endurance Newton (Hope), Dieudonné Bertrand Balo’o (Chairman camerounais), Bobby Igiebor (Chairman nigérian), Richmond N’diri Kouassi (Sisko), Nabyl Fally Koivogui (Félix), Henri Didier Njikam (Monopoly le faussaire), Martial Eric Italien (Commissaire du ghetto)
séances : semaine du mercredi 20 août 2014
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
19:30*
14:00
10:30
séance spéciale :
* dim 24 à 19h30 et lun 25 à 10h30 (salle Nemo, cinéma de la Cité) - lun 25 à 14h00 (salle Bunuel, espace Franquin)
séances : semaine du mercredi 11 février 2015
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
16:00
16:00
11:00
16:00
21:00
séances : semaine du mercredi 25 février 2015
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
14:00
14:00
14:00
14:00

synopsis

Alors qu'il traverse le Sahara pour remonter vers l'Europe, Léonard, un jeune Camerounais, vient en aide à Hope, une Nigériane. Dans un monde hostile où chacun doit rester avec les siens, ils vont tenter d'avancer ensemble, et de s'aimer...

notes de production

Hope a été présenté en compétition à la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2014.

Les deux précédents documentaires tournés au Vietnam réalisés par Boris Lojkine ont en commun avec son film Hope qu’ils sont des invitations au voyage et qu’ils font le récit de vies traversées par quelque chose de plus grand qu’elle, que ce soit des vies marquées par la guerre ou bien des vies emportées par les vagues de migration, précise le cinéaste.

Boris Lojkine explique qu’il y a toujours eu dans ses documentaires une envie de fiction. L’objectif du réalisateur a selon lui toujours été de faire éprouver au spectateur une empathie pour les personnages et que la fiction permet d’aller plus loin dans l’implication émotionnel du spectateur : elle propose une expérience émotionnelle plus directe, indique-t-il.

Pour écrire son scénario, le réalisateur Boris Lojkine déclare avoir effectué d’importants travaux de recherches : j’ai d’abord lu tout ce qu’on pouvait trouver sur le sujet, des enquêtes de journalistes, des récits de migrants, des rapports d’Ong, des articles d’ethnologues. Il a ensuite commencé à écrire un premier jet du scénario mais une fois qu’il s’est rendu en Afrique, le réalisateur s’est rendu compte qu’il était à côté du réel et a ainsi tout réécrit.

Boris Lojkine a voulu retranscrire la vie bien particulière d’un ghetto de migrants en Afrique du Nord. Une vie organisée par un gouvernement de fortune : chaque ghetto est très bien organisé, avec un « gouvernement » dirigé par un « chairman », avec un « commissaire », un « secrétaire général », des « policiers ». Cet environnement si particulier sert de toile de fond au récit de Hope.

Il n’y pas un seul comédien professionnel dans Hope, tous les interprètes sont des migrants qui n’avaient jamais joué dans un film avant : tous ces acteurs apportent une authenticité que je n’aurais pu obtenir autrement. Ils sont arrivés sur le tournage avec leur vécu, leur gestuelle inimitable, déclare Boris Lojkine. Pour les deux rôles principaux, le réalisateur a arpenté les ghettos de migrants en Afrique à la recherche de la perle rare. Les deux acteurs principaux sont donc des migrants comme les autres qui ont apporté leur expérience au rôle.

Hope a entièrement été tourné au Maroc, les ghettos de migrants ont été reconstitués (il était trop difficile et dangereux de filmer de véritables ghettos) : j’ai donc préféré reconstituer des ghettos ailleurs, en demandant aux acteurs et aux figurants de nous aider à les décorer, afin qu’ils ressemblent le plus possible aux vrais, indique Boris Lojkine.

Thème très régulièrement abordé au grand écran, des périples se terminant à la frontière mexicano-américaine en passant par l’odyssée pakistano-européenne In this world (1) de Michael Winterbottom ou encore le récit de traversée La Pirogue (2) de Moussa Touré, le sujet de l’immigration clandestine est relativement difficile à traiter de manière originale et convaincante. C’est pourtant ce que réussit le réalisateur français Boris Lojkine avec Hope, son second long métrage (mais son premier de fiction), dévoilé en compétition à la Semaine de la critique du 67ème festival de Cannes.
(1) http://www.universcine.com/films/in-this-world
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film874
S’appuyant sur son expérience de documentariste, le cinéaste retrace avec une très grande justesse et une force incontestable l’environnement cruel dans lequel évoluent ses deux héros, la Nigériane Hope et le Camerounais Léonard. Des profondeurs du Sahara où le second prend la première en pitié après un viol par la police (alors que leurs compagnons de route continuent leur chemin), jusqu’aux squats en lisière de la raciste Tamanrasset (3) où règne la loi de la jungle des ghettos par nationalités aux mains de mafieux proxénètes, les circonstances lient nos deux héros rapidement avec un minimum de mots et un maximum de tension. Car dans ce monde où personne ne fait de cadeau à personne, on ne change pas impunément de communauté et Léonard va très vite regretter d’avoir accepté de prendre Hope avec lui dans le ghetto camerounais. Marié de force par le leader de l’endroit (le Chairman, salué par ses hommes aux cris de Puissance) qui lui réclame un droit d’entrée et de négociation avec les Nigérians, Léonard exige le remboursement de sa dette en vendant le corps de Hope au plus offrant. Nécessité oblige, le duo improvise un petit business de prostitution au centre-ville avant de s’enfuir quand le Chairman les démasque brutalement, entendant bien s’accaparer les revenus de l’affaire (20 euros la passe). Réussissant à franchir la frontière marocaine en échappant à la police, Hope et Léonard (qui commencent à s’aimer) vont tomber de Charybde en Scylla (4) dans le ghetto nigérian de la ville côtière de Gourougou (5), à portée de l’Espagne et de leur rêve d’Europe...
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tamanrasset
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Charybde_et_Scylla
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gourougou
D’une authenticité remarquable et sans concession, de la falsification des passeports à la fabrication de faux billets, de la violence et la criminalité omniprésente dans la communauté des immigrés et en dehors (raser les murs), du juju vaudou (6) aux prédications chrétiennes et aux prières musulmanes, Hope dispose surtout d’une narration purement cinématographique de grande qualité, fondée sur la sobriété. Explorant les visages, les regards, les silences, le film tisse avec une extrême délicatesse le rapprochement sentimental de ses deux protagonistes (deux non professionnels très charismatiques), une véritable gageure dans un univers aussi brutal. Le réalisme stupéfiant et émouvant qui ressort de l’ensemble révèle incontestablement un réalisateur à suivre et confirme, après Louise Wimmer (7), le talent de découvreur du producteur Bruno Nahon (8) (Zadig films).
(6) http://rsa.revues.org/404
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film773
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Nahon
Fabien Lemercier in Cineuropa

Ne pas confondre avec
Hope
de Pedro Pires (Canada 2011)
http://www.zombiesworld.com/hope-de-pedro-pires/
Hope
de Lee Joon-ik (So-won, Corée du sud 2013)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Wish_%28film%29

Entretien avec Boris Lojkine
Quel est votre parcours avant ce film ?
Une douzaine d’années dans la philosophie, avec un parcours très classique : les concours, la thèse, un peu d’enseignement. Puis deux films documentaires au Vietnam qui étaient un peu à l’inverse : l’aventure, la liberté, l’expérimentation. Aujourd’hui j’ai comme l’impression de recoller ces deux pans de ma vie...
http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2014/tout-se-joue-dans-le-mariage-de-la-fiction-et-du-documentaire-boris-lojkine-realisateur-de-hope,112556.php

Boris Lojkine
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/333410/boris-lojkine

Elin Kirschfink
voir fiche du film La Belle vie
http://www.citebd.org/spip.php?film1236

extrait(s) de presse

Toute la culture - Des acteurs non-professionnels soutenus par une équipe de gens du cinéma combatifs et combattants : la recette d’un film qui emporte. Qui informe. Fort...
Le Monde - Économe, dans son écriture et sa mise en scène "Hope" raconte une odyssée qui est aussi un calvaire...
Le Nouvel obs - Un film beau et fort sur l'Afrique des migrants, par un réalisateur formé au documentaire et avec des comédiens amateurs, eux-mêmes migrants.
Le Point - Avec ceux qui la vivent, Boris Lojkine a filmé l'immigration subsaharienne comme on ne l'avait jamais montrée. Un véritable choc.
Paris match - Ne manquez pas "Hope", très beau film pour comprendre le monde d'aujourd'hui.
àVoir-àLire - Ce film, sur fond de drame social, est (…) empreint d’un souffle documentaire puissant…
Critikat - Le film ne donne aucune leçon, mais d’autres pourraient y en prendre une.
Culturopoing - Boris Lojkine rend un respectueux hommage à ces nouveaux aventuriers, ces voyageurs dont la détermination n'a d'égale que l'espoir gravé dans le cœur de gagner la terre promise.