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La Frappe

Pasookkoon 파수꾼
Corée du sud - 2010 - 1h56
sorti en France le 7 mai 2014
film - version originale sous-titrée en français
de

Sung-hyun Yoon

scénario : Yoon Sung hyun
direction de la photographie : Byeon Bong-sun
musique ou chansons : Park Min-joon
avec : Je-hoon Lee (Ki-tae), Jun-Young Seo (Dong-yoon), Jung-min Park (Hee-june, Becky), Sung-ha Cho (le père)
séances : semaine du mercredi 13 août 2014
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
18:30
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synopsis

Ki-tae, Dong-yoon et Hee-june (surnommé « Becky ») sont inséparables depuis le collège. Mais un jour, l'un d'eux décède dans des circonstances mystérieuses. Le père du garçon, pris de remords à l'idée de ne pas avoir pu le sauver, décide de trouver les raisons qui se cachent derrière la mort de son fils et va à la rencontre de ses camarades de lycée. Il découvre peu à peu que derrière l'amitié qui semblait lier les trois garçons se cachent des secrets insoupçonnés...

notes de production

La Frappe (initialement Bleak night) est le premier long-métrage que réalise, scénarise et produit Yoon Sung-Hyun. Le film a déjà été récompensé au festival Blue dragon (1) et de Daejong (2) en tant que meilleure première réalisation. Le cinéaste avait auparavant réalisé cinq courts-métrages dont certains furent récompensés en festival.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Blue_Dragon_Film_Awards
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bell_Awards

La Frappe n’est pas la traduction littérale du titre original du film. Celui-ci, Pasookkoon, signifie attrapeur et s’inspire librement de l’oeuvre de J. D. Salinger (3) dont le titre coréen est L’attrape-coeur (l’original étant The Catcher in the rye). Comme le roman, le film se penche sur la solitude vécue par une jeunesse désemparée. Le réalisateur traduit l’intérêt du film de la façon suivante : à travers le quotidien de ces jeunes, tourmentés et perdus, j’ai voulu montrer ô combien fragiles et sensibles nous sommes et comment nous pouvons nous briser en mille morceaux parce que nous vivons à l’étroit et, étiquetés dans cette coquille vide qu’on appelle la société et dans laquelle nous sommes contraints de créer nos identités à travers le regard d’autrui.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/J._D._Salinger

Si le réalisateur Yoon Sung-hyun précise bien que son histoire est 100% fictive, il n’empêche qu’il s’attache à un sujet de société très courant en Corée, à savoir, le suicide et la solitude de la jeunesse. Lui-même reconnaît avoir eu une enfance solitaire et cite dans une interview le cas d’une écrivaine, Jeon Hye-rin, qui se tua alors qu’elle connaissait popularité et succès. Le seul mot qu’elle laissa fut : j’étais dégoûtée par l’image de moi que me renvoyaient les gens. Le cinéaste se reconnaît par ailleurs, dans La Frappe dans le personnage de Ki-tae, un ado insouciant et vulnérable en son for intérieur qui jouait au macho devant ses camarades sans pour autant reconnaître la part d’autobiographie qu’il pourrait y avoir dans son film.

C’est sa perception et son expérience de l’école coréenne par rapport au système éducatif occidental qui poussa le réalisateur à traduire de façon aussi crue et violente la réalité scolaire de son pays. Etudiant aux Etats-Unis durant ses années de primaire, une fois retourné en Corée du sud, Yoon Sung-hyun compare le parcours et la vie de l’élève à celle d’un cheval de course : le champ de courses devient notre seul environnement et on apprend uniquement à entrer en compétition sans même savoir où cela nous mène au bout du compte.

Alors que l’image du professeur est absente du film, volontairement selon le réalisateur, il y introduit un père très présent mais totalement hors de la réalité que vit sa progéniture. Les enseignants étant apparemment aussi violents que leurs élèves dans les écoles coréennes, le cinéaste a préféré s’en tenir à la perception des adolescents entre eux. De plus, les proches de Yoon Sung-hyun lui ont reprochés que la violence était trop édulcorée dans son film : l’ironie c’est que si j’avais filmé cette violence, les gens l’auraient trouvée trop cinématographique, trop artificielle. A l’inverse, le père sert de référent, pour montrer à quel point les parents vivent déconnectés du monde de leurs enfants. Si les adolescents se battent devant des professeurs qui n’en ont cure, ils se créent une façade de politesse à tenir devant leurs parents.

Les questions et le style narratif soulevés par les cinéastes Gus van Sant et Ken Loach ont servi de principales inspirations cinématographiques au réalisateur de La Frappe. L’un est particulièrement apprécié pour son long-métrage Elephant (4), l’autre pour les personnages et les problématiques liées à l’humanité qu’on retrouve dans Raining stones (5). Il conclut en précisant : leur façon de s’emparer tous deux de la réalité, dans un langage cinématographique, est simplement exemplaire.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Elephant_%28film,_2003%29
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Raining_Stones

La Frappe est le film de fin d’études du réalisateur Yoon Sung-hyun produit par la Kafa (école de cinéma réputée en Corée). C’est à seulement 29 ans et avec quelques 50 000 dollars américains qu’il est parvenu à ce résultat, déjà remarqué aux prestigieux festivals de Busan, Rotterdam et Hong-Kong où il fut récompensé.

L’acteur Cho Sung-ha, qui joue dans La Frappe le père du jeune suicidé, est un vétéran du cinéma coréen, notamment connu à l’international pour ses incarnations dans The Murderer (6) de Na Hong-Jin et Suneung (7) de Shin Su-Won. A l’inverse, le jeune Park Jung-Min, qui joue Becky, obtient avec ce film son premier rôle d’importance au cinéma après avoir joué dans plusieurs pièces de théâtre et courts-métrages.
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Murderer
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1281

Entretien avec Yoon Sung hyun
Est-ce un film autobiographique ?
L’histoire telle que je la raconte est 100% fictive. Mais je me retrouve clairement dans les émotions et les conflits intérieurs exprimés dans le film. De l’âge de 9 à 10 ans, j’ai vécu aux Usa dans une petite ville près de Los Angeles. A l’école, je savais déjà que j’étais différent de la plupart des enfants. J’étais intégré mais je ne voulais pas passer du temps avec les autres après les cours. J’étais indépendant et respecté et on disait que je voulais m’imposer, exister, être important. Puis de retour en Corée pour le collège et le lycée, je me souviens avoir ressemblé au personnage de Ki-tae : un ado insouciant et vulnérable en son for intérieur qui jouait au macho devant ses camarades. Je n’aimais pas être ignoré et je pouvais montrer mon affection pour les choses d’une manière agressive…
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/la-frappe-drame,230142

Yoon Sung hyun
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoon_Sung-hyun

Park Min-joon
http://fr.wikipedia.org/wiki/Park_Jung_Min

Je-hoon Lee
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lee_Je-hoon

Jun-Young Seo
http://en.wikipedia.org/wiki/Seo_Jun-young

Sung-ha Cho
http://en.wikipedia.org/wiki/Jo_Sung-ha

extrait(s) de presse

La Croix - Aux états d’âmes universels prêtés à cet âge si particulier qu’est l’adolescence, l’auteur mêle une profonde réflexion existentielle. Sa maîtrise, remarquable pour un premier film, a notamment été soulignée par le cinéaste belge Luc Dardenne.
Le Monde - "La Frappe", par son refus de la violence de genre comme du cliché mélodramatique, par la manière avec laquelle il dépasse la thèse sociale attendue et le thème de société, casse la routine d'un cinéma contemporain qui se complaît parfois dans la peinture de l'adolescence d'aujourd'hui.
Le Nouvel obs - Tout en circonvolutions, le film révèle un fort tempérament de cinéaste. De quoi guetter son prochain avec attention.
Télérama - La mise en scène, au plus près des acteurs, est étonnante de maîtrise pour un film de fin d'études. Elle sert la colère du jeune réalisateur contre une société fondée sur les rapports de force et la compétition à outrance.
Critikat - "La Frappe" reste un premier film prometteur dans son désir avide de filmer les êtres et dans sa façon abrupte de concevoir la fiction comme l’image d’un monde à reforger.
East Asia - Une révélation tétanisante !
Paris match - "La Frappe"... a pour lui un point de vue assez inédit, qui suit non pas les victimes, mais l’apprenti-bourreau...
Filmosphère - "La Frappe" c’est un peu le même impact que "The Chaser" il y a quelques temps, la sensation d’assister à la naissance d’un futur grand doté d’une maturité peu commune dans son utilisation de la grammaire cinématographique...