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Xenia

Grèce, France, Belgique - 2014 - 2h08
sorti en France le 18 juin 2014
Un Certain regard Cannes 2014
film - version originale sous-titrée en français
de

Panos H. Koutras

scénario : Panos H. Koutras, Panagiotis Evangelidis
direction de la photographie : Hélène Louvart, Simos Sarketzis
musique ou chansons : Delaney Blue
avec : Kostas Nikouli (Dany), Nikos Gelia (Odysseas), Yannis Stankoglou (Lefteris), Marissa Triandafyllidou (Vivi), Aggelos Papadimitriou (Tassos), Romanna Lobach (Maria), Patty Pravo (elle-même)
séances : semaine du mercredi 6 août 2014
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
14:00
20:30
18:30
11:00
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séances : semaine du mercredi 13 août 2014
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
20:45
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synopsis

A la mort de leur mère, Dany et son frère Odysseas, 16 et 18 ans, prennent la route d’Athènes à Thessalonique pour retrouver leur père, un Grec qu’ils n’ont jamais connu. Albanais par leur mère, ils sont étrangers dans leur propre pays et veulent que ce père les reconnaisse pour obtenir la nationalité grecque. Dany et Ody se sont aussi promis de participer à un populaire concours de chant qui pourrait rendre leur vie meilleure. Ce voyage mettra à l’épreuve la force de leurs liens, leur part d’enfance et leur amour des chansons italiennes...

notes de production

Xenia, présenté au festival de Cannes 2014, dans le cadre de la sélection Un certain regard fut en partie filmé en Grèce, notamment à Kozani (1) et Larissa (2).
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Kozani
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Larissa_%28Thessalie%29

Xenia, sans être une oeuvre autobiographique, se construit selon l’idée que se faisait le réalisateur Panos H. Koutras de son adolescence passée : ce film est un adieu à ma jeunesse. Les années d’adolescence sont les plus intenses que j’ai vécues. En rébellion contre le système, j’avais pour seule trinité le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Je me sentais différent, singulier. Mon homosexualité n’y était sans doute pas pour rien.

Il y a véritablement un discours social dans Xenia. Le réalisateur tente de peindre une fresque de la société grecque vue à travers les yeux des deux adolescents : je voulais aborder le sujet des enfants apatrides, dans mon pays où le droit du sang prime sur le droit du sol. Avec l’émergence de l’extrême droite en Grèce et plus largement en Europe, le problème prend des proportions dramatiques. Je suis persuadé que l’immigration est la grande tragédie de notre ère.

Le titre du film n’est pas anodin, et s’il n’est pas prononcé par les protagonistes, son sens n’en prend pas moins d’importance. Rien à voir avec Xena, la guerrière (3) : on pourrait traduire Xenia par Hospitalité mais le sens de ce concept ancien est beaucoup plus complexe. C’est une loi respectée par les dieux grecs, qui nous intime d’honorer et d’accueillir les étrangers d’où qu’ils viennent. Zeus, le père de tous les dieux, est également parfois appelé Xenios Zeus (Zeus l’Hospitalier). L’hospitalité était un principe et un fondement majeur de la Grèce antique, raconte Panos H. Koutras, qui déplore cependant que ce concept ne soit plus largement suivi par ses contemporains.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Xena,_la_guerri%C3%A8re

Sans être un pamphlet politique, le réalisateur de Xenia fit des choix allant dans le sens d’un discours politique. Ainsi, si certains de ses personnages sont joués par des acteurs professionnels, les deux jeunes principaux protagonistes sont interprétés par Kostas Nikouli et Nikos Gelia, véritablement deux jeunes garçons, mineurs, qui se découvrent étrangers dans le pays où ils sont nés, sans expérience préalable d’actorat : c’est pour moi une obligation morale de faire appel à des personnes qui affrontent déjà ce problème et qui peuvent représenter leur communauté. C’est une question de cohérence et de justesse. Je ne fais pas un film à sujet, ni un film militant, mais pour moi le casting est un véritable choix politique, précise le cinéaste.

Patty Pravo, diva italienne des années 70, joue son propre rôle dans le film. Enfant, j’étais accro au show de variété italien Canzonissima (4) où elle apparaissait régulièrement. Elle me fascinait. Des années plus tard, à Naples, en 2006, je l’ai réécoutée et ce fut comme la madeleine de Proust, explique le réalisateur, qui en fit un personnage idéalisé, saint aux yeux du jeune Dany, élevé par l’idolâtrie que lui vouait sa mère.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Canzonissima

Aucun rapport avec Xenia, recueil de poésies de Eugenio Montale (5) et Xenia, roman de Gérard Mordillat (6), publié en 2014 chez Calmann-Lévy.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Eugenio_Montale
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Mordillat

Entretien avec Panos H. Koutras
Comment est né le désir de ce film ?
Ce film est un adieu à ma jeunesse. J’ai ressenti la nécessité de parler de l’adolescence avant qu’il ne soit trop tard. Les années d’adolescence sont les plus intenses que j’ai vécues. En rébellion contre le système, j’avais pour seule trinité le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Je me sentais différent, singulier. Mon homosexualité n’y était sans doute pas pour rien. Entre 14 et 18 ans, j’ai vécu les années les plus cruciales de ma vie. Sans le savoir, tous mes choix et toutes mes décisions de l’époque, que ce soit sur le plan du comportement, de l’amour, des valeurs, de la politique ou des arts, ont eu des incidences, plus ou moins grandes, sur la suite de mon existence. Je trouve que la jeunesse est très belle à filmer et en même temps, je pense qu’en ce moment les jeunes sont ceux qui souffrent le plus. Ils naissent dans un monde hostile et se retrouvent perdus. Je trouve ça émouvant.
Par ailleurs, je voulais raconter l’amour qui unit deux frères. La fraternité de sang tout autant que la fraternité spirituelle ont été très importantes dans mon histoire personnelle, particulièrement en tant qu’homosexuel.
Enfin, je voulais aborder le sujet des enfants apatrides, dans mon pays où le droit du sang prime sur le droit du sol. Avec l’émergence de l’extrême droite en Grèce et plus largement en Europe, le problème prend des proportions dramatiques. Je suis persuadé que l’immigration est la grande tragédie de notre ère...

http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/xenia-drame,315462

Panos H. Koutras
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A1nos_H._Ko%C3%BAtras

Hélène Louvart
voir fiche du film Pina
http://www.citebd.org/spip.php?film654

Yannis Stankoglou
http://www.imdb.com/name/nm1617265/

Marissa Triandafyllidou
http://www.imdb.com/name/nm2626820/

Patty Pravo
Née le 9 avril 1948 à Venise.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Patty_Pravo

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Quinze ans après "L’Attaque de la moussaka géante", Panos H. Koutras est de retour avec un éloge de la jeunesse et de l’imagination.
Le Jdd - Irrigué par une nostalgie joyeuse, le périple gagne en émotion avec, en toile de fond, la crise, l'émergence d'une extrême droite xénophobe et violente. Forte de ses deux jeunes acteurs albanais, impeccables, cette odyssée contemporaine prend alors la forme d'un voyage jubilatoire, à la fois juste et fantaisiste (...).
Le Monde - "Xenia" n'est pas fait pour être tout à fait pris au sérieux, tout en faisant appel aux meilleurs sentiments des spectateurs. Un peu trop long, parfois brouillon, "Xenia" force la sympathie. Et comme Panos Koutras est un cinéaste plus généreux que cruel, cette odyssée suscite une sympathie irrésistible, à moins d'avoir le pessimisme chevillé au corps.
Le Parisien - Il y a derrière cette épopée touchante sur les tourments de l'adolescence un portrait en creux d'une Grèce ravagée par la crise et confrontée à la montée de la xénophobie et de l'intolérance.
Les Inrocks - Sur l’air séduisant d’une “nouvelle odyssée grecque”, "Xenia" accomplit fièrement son programme : trouver par le délire parodique le noyau de sentiments purs, d’émotions libres, qui est le dernier moteur de notre vie en milieu merdique et la vérité de la culture populaire humaine “depuis Homère”. Moteur épique d’une jeunesse possible au sein de la fiction universelle.
Libération - (...) ce qui relève du merveilleux dans Xenia, film aussi réaliste qu’enchanté, c’est plutôt une fragrance d’autrefois qui, comme un coup de spray magique, fait surgir Dido en lapin géant et parlant, ou stupendo ! le fantôme bienveillant de la chanteuse italienne Patty Pravo.
Télérama - (...) "Xenia" n'est pas seulement le nom de l'hôtel désaffecté où les frangins trouvent un temps refuge, Robinsons d'une Grèce à reconstruire. Selon Panos Koutras, il renvoie à un concept antique proche de l'hospitalité — (...) havre de résistance, de résilience, dont on aime fraternellement les personnages et où l'on se sent bien.
Fiches du cinéma - Panos H. Koutras tire le portrait d'une Grèce offerte aux tourments comme aux errements. Une réflexion pleine d'allant et de grâce sur l'attachement et l'identité, qu'elle soit sexuelle ou nationale.