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Black coal

Bai Ri Yan Huo
Chine - 2013 - 1h46
sorti en France le 11 juin 2014
Ours d'or, Ours d'argent du meilleur acteur - Prix de la critique Beaune 2014
film - version originale sous-titrée en français
de

Yi'nan Diao

direction de la photographie : Dong Jinsong
musique ou chansons : Wen Zi
avec : Fan Liao (Zhang Zili), Lun-mei Gwei (Wu Zhizhen, lʼemployée de la teinturerie), Xue-bing Wang (Liang Zhijun, mari de Zhizhen), Jing-chun Wang (Rong Rong, le patron de la teinturerie), Ailei Yu (inspecteur Wang), Ni Jing-yang (Su Lijuan)
séances : semaine du mercredi 30 juillet 2014
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
14:00
18:30
20:30
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11:00
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séances : semaine du mercredi 6 août 2014
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
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synopsis

En 1999, un employé d’une carrière minière est assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects. Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme...

notes de production

Le titre original est en total contraste avec la version anglophone qui l’a suivi. En mandarin, Bai Ri Yan Huo veut dire feu d’artifice en plein jour alors que Black coal thin ice signifie charbon noir glace fine. Selon le réalisateur, il s’agirait, pour le premier, de l’artifice utilisé pour se préserver de la cruauté du monde, et pour le second, de deux indices liés au meurtre dont il est question dans le film.

Black coal reçut l’ours d’or du meilleur Film à la 64ème Berlinale (2014) et supplanta en cela The Grand Budapest hotel (1) de Wes Anderson qui eut malgré tout l’ours d’argent et le grand prix du jury. Liao Fan gagna par ailleurs l’ours d’argent du meilleur acteur pour sa prestation dans le film de Diao Yinan.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1229

Black coal s’inspire directement, par son atmosphère et son sombre propos, du Faucon maltais (2) de John Huston et du Troisième homme (3) d’Orson Welles, selon les dires du réalisateur Yinan Diao. Il étudia aussi dans cette optique la scène d’ouverture de La Soif du mal (4). Mais ses précédents films s’inscrivaient déjà dans la veine ténébreuse du film noir. Son premier film, Uniform (5), traitait de la double identité d’un personnage se servant des travers d’une société en déliquescence pour survivre, alors que Train de nuit (6), présenté à Cannes en 2007, suivait les déambulations d’une jeune femme gardienne de prison dans un univers fait de tristesse et de vengeance.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Faucon_maltais_(film,_1941)
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Troisi%C3%A8me_Homme_(film)
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soif_du_mal
(5) http://en.wikipedia.org/wiki/Uniform_(film)
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Train_de_nuit_(film,_2007)

Le réalisateur, également scénariste des trois films qu’il a réalisés à ce jour, passa huit ans à mettre au point le scénario de Black coal, en partant au départ d’une simple histoire de détective. La version filmée est la troisième écrite et finalisée par le cinéaste, qui voit à présent son long-métrage plus comme un film noir que comme un film de traque.

Pour le tournage, l’acteur Liao Fan prit 20 kilos pour incarner au mieux son personnage d’officier de police suspendu et devenu alcoolique. Déjà, dans Uniform, le héros était un jeune garçon qui prétendait être un policier. Pourtant, le réalisateur n’y voit pas de lien, le seul rapport qu’entretiennent ses personnages d’un film à un autre étant pour lui leur équilibre sur la frontière du rêve et de la réalité.

Black coal ne se base pas, à proprement parler, sur des faits réels, mais le réalisateur Yinan Diao insiste sur des événements bien plus atypiques que le meurtre dont il est question dans le film : aucune histoire n’est jamais vraiment fictionnelle, (...) il se passe beaucoup de choses en Chine aujourd’hui, des histoires parfois si absurdes qu’il est difficile d’imaginer qu’elles soient vraies, des faits auxquels vous auriez du mal à croire dans un film ou dans un livre. De même, c’est par authenticité plus que par souci sociologique que le cinéaste installe son récit dans une cité industrielle du nord de la Chine, où selon lui, la mémoire des lieux est plus présente et l’intrigue plus ancrée dans le réel.

Un autre film chinois sorti quelques mois avant Black coal, A Touch of sin (7), s’intéressait aussi aux dérives d’êtres en décalage avec la société. D’ailleurs, Vivian Qu fut la productrice de l’un et l’autre film. Mais contrairement à Jia Zhang-ke, Yinan Diao s’est plutôt interrogé sur les éléments humains dégénérés que mettait en avant le film noir. La violence est aussi brutale et crue dans les deux films, mais le questionnement du réalisateur de Black coal est moins sociologique, plus tourné vers la curiosité humaine.
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1193

Entretien avec Diao Yinan
Pourquoi un corps démembré pour démarrer le récit ?
J’ai toujours été fasciné par les caprices de la nature humaine que le film noir contribue à mettre en évidence. Je suis aussi très intrigué par le rapport qu’entretiennent les gens à la violence dans sa forme la plus brutale. Démembrer et disperser un corps, tuer quelqu’un avec un patin à glace : quel genre de personne est capable de telles atrocités ? Black coal m’a donné l’opportunité d’approfondir cette question...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/black-coal-drame,311589-note-117317

Yi’nan Diao
http://fr.wikipedia.org/wiki/Diao_Yi%27nan

Dong Jinsong
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=496970.html

Fan Liao
http://www.imdb.com/name/nm1233224/

Lun-mei Gwei
http://en.wikipedia.org/wiki/Gwei_Lun-mei

Xue-bing Wang
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=548863.html

Ailei Yu
http://www.imdb.com/name/nm3707883/

extrait(s) de presse

Elle - La lourdeur de la Chine, sa bureaucratie, ses flics corrompus, ses femmes violentées et dangereuses percutent un sens de l’image exceptionnel. Plus que des turpitudes humaines, c’est bien de la démentielle accélération chinoise qu’il est question ici.
Libération - Comme si muni des pièces d’un vieux puzzle, décidément le motif le plus puissant du film, le cinéaste avait pu former une fresque flambant neuve, hargneuse et cafardeuse, d’où jaillit sans prévenir une nouvelle et étincelante nuance de noir.
àVoir-àLire - Constitué de brillants plans séquences, ce polar chinois n’est en rien une œuvre commerciale destinée à susciter de grands élans de ferveur populaire, mais il creuse une veine sociale enthousiasmante qui en dit long sur l’état de la Chine contemporaine.
Ecran large - Le métrage s'avère un pur film noir conjugué au présent chinois, d'une grâce et d'une force peu commune.
La Croix - Diao Yinan compose un polar de grisaille crépusculaire (...), dans une lumière très chinoise dominée par les rouges et les verts. Ce thriller glacé est transfiguré par le jeu des comédiens, dans le décor d'une Chine oubliée, en proie à la nostalgie d'un passé détruit, où luit néanmoins un fond d'humanité.
Le Monde - Le réalisateur poursuit avec "Black Coal" un art qui mêle à merveille histoire personnelle et destin collectif, fable et chronique sociale. (...) il raconte finalement l'histoire d'un crime qui en cache un autre. Une atmosphère et un sujet légitimes pour un film qui en cache un autre.
Fiches du cinéma - Un impressionnant film noir dont la beauté, proportionnelle à la noirceur, devrait (pour reposer sur d'inventives idées de mise en scène) enthousiasmer le public.
Les Inrocks - Aussi haletant que plastiquement abouti, un thriller moderne et violent qui installe son auteur aux côtés des meilleurs cinéastes chinois.