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alice

ciné môme
Něco z Alenky
Tchèquie, Gb, Allemagne - 1988 - 1h24
Grand prix Annecy 1989
film d'animation - version originale sous-titrée en français
de

Jan Svankmajer

scénario : Jan Svankmajer
d'après l'oeuvre de : Lewis Carroll
direction de la photographie : Svatopluk Malý
musique ou chansons : Ivo Spalj, Robert Jansa
avec : Kristyna Kohoutova (Alice)
séances : semaine du mercredi 7 janvier 2015
mercredi 7 jeudi 8 vendredi 9 samedi 10 dimanche 11 lundi 12 mardi 13
14:00*
séance spéciale :
* mer 7 à 14:00 - film présenté et analysé par Pascal Vimenet - séance en présence des enseignants inscrits au dispositif "Ecole et cinéma" - tarif unique 3,50 €
séances : semaine du mercredi 14 janvier 2015
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
14:00
14:00

synopsis

Dans la chambre de la jeune Alice, un lapin blanc empaillé se réveille, s'apprête, saisit ses ciseaux et s'échappe de sa prison de verre pour disparaître dans un tiroir. Alice part à sa poursuite et le retrouve dans sa tanière, qui consulte sa montre et mange de la sciure, celle-ci s'échappant sans cesse de ses coutures défaites. Pressé et effrayé par Alice, il prend la fuite et celle-ci tombe dans un trou qui, se transformant en ascenseur, l'amène dans une pièce remplie de feuilles mortes, ne possédant qu'une seule porte, fermée à clé, percée d'une seconde, minuscule.

notes de production

Pour paraphraser Virginia Woolf évoquant le récit de Carroll, Alice n’est pas un film pour enfants mais plutôt un film par lequel nous devenons enfants !

Cet univers est servi par des décors d’un graphisme et d’un chromatisme singuliers et remarquables dus pour l’essentiel à la femme-peintre de Jan Svankmajer, Eva Svankmajerova. Comme toujours chez Svankmajer, les objets y occupent une place centrale. Et ils se déploient dans les espaces labyrinthiques du film selon la logique des histoires à tiroir de Carroll. Le corps d’Alice, déjà soumis à supputation, l’est surtout à la règle de relativité des éléments qui l’entourent. Nous ne sommes pas dans un simple jeu de truquage, mais dans une logique où le truquage est au service (pour une fois) d’un véritable propos.
L’interprétation d’Alice au pays des merveilles que nous donne Jan Svankmajer est donc une proposition radicale. Elle balaie les archétypes qui entouraient l’imagerie d’Alice pour redonner sa liberté à notre imaginaire. Pour ce faire, Jan Svankmajer procède avec son personnage comme avec tous les éléments de son film : la rupture et la discontinuité du récit trouvent une traduction esthétique dans le personnage d’Alice lui-même en lui permettant d’amplifier la disjonction inaugurale. Alice n’est pas une, mais plusieurs.
Cette disjonction du corps existe par résonances, collages, rencontres fortuites. Il se crée un échange entre le corps vivant et le corps animé d’Alice qui lui laisse la chance d’évoluer, comme dans le récit de Carroll, de manière somnambulique, jusqu’à sa fin logique, le rassemblement de tous les morceaux du puzzle éparpillé.
La mise en scène échappe ainsi à la mièvrerie, qui gâte si souvent Carroll, et à la joliesse et au bien fait d’images animées majoritairement dévitalisées. Ce que l’épilogue, éloigné de Carroll, traduit à sa manière, non pas en termes de fermeture mais d’ouverture : le puzzle reconstitué n’est plus tout à fait le même qu’au début. La porosité entre le réel et le rêve est si ténue... L’humour noir du surréalisme et la pensée sarcastique de Svankmajer affleurent. Le chaos est-il devenu cosmique ? Ou le cosmos, chaotique ?
Pascal Vimenet

Alice est la rencontre de deux auteurs et de deux univers uniques : l’univers surréaliste et expressionniste du réalisateur Svankmajer, plasticien et marionnettiste, considéré comme le maître de l’animation tchèque et celui fantastique marqué par le non sens du célèbre auteur britannique Lewis Caroll.
http://www.mission-distribution.com/?p=245

Alice est le premier long métrage de l’artiste multiforme tchèque Jan Švankmajer. Il est composé d’images filmiques et d’images d’animation qui nous livre, à travers ce film, une vision onirique du livre de Lewis Carroll, entremêlant objets surréalistes, visions fantastiques et histoires à tiroirs...
La première mondiale du film a eu lieu à Annecy, dans le cadre du Festival international du film d’animation 1989 où il obtint le grand prix.

Alors qu’il se concentrait sur la réalisation de petits films surréalistes (ce qui lui a permis de se faire un nom en République Tchèque), Jan Svankmajer s’était déjà penché sur plusieurs livres de Lewis Carroll à partir desquels il avait réalisé quelques courts-métrages. A l’époque déjà, le cinéaste savait que son univers et celui de l’écrivain avaient assez de points communs pour que cela donne naissance à un long-métrage.
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_tch%C3%A8que

C’est dans un contexte politique tout particulier qu’Alice a été tourné. En effet, à la fin des années 80, la République Tchèque était encore sous le joug d’une dictature communiste qui, contrôlant sévèrement la production cinématographique, n’autorisait que les films de propagande ou pour enfants. Fortement anti-communiste, le cinéaste refusait de se plier à la propagande et se voyait donc obligé, s’il voulait voir ses films distribués, de se tourner vers les œuvres enfantines. Ce qui ne l’a pas empêché de prendre de grandes libertés vis-à-vis de l’œuvre originale, libertés rendues possibles par le soutien de producteurs étrangers.

Si le titre a tout simplement été traduit Alice à l’international, le titre original est bien plus précis. Neco z Alenky signifie en effet Quelque chose d’Alice, ce qui souligne l’ambiguïté du film par rapport au livre, voire toute l’ambiguïté du personnage d’Alice lui-même.

Interrogé sur ce qui l’avait poussé à se lancer dans l’adaptation d’un livre déjà maintes fois porté à l’écran, le réalisateur explique qu’il voulait corriger ce qu’il considérait être une erreur d’interprétation de l’œuvre originale. Selon lui, toutes les adaptations précédentes présentaient les pérégrinations d’Alice comme une véritable aventure, alors qu’il apparaissait clairement dans l’œuvre de Lewis Carroll qu’il s’agissait d’un rêve. C’est cette dimension féerique et incertaine que le cinéaste a voulu transmettre : tandis qu’un conte présente une certaine morale [...], le rêve est une expression de notre inconscient, la tentative de réaliser nos plus intimes désirs sans les barrières de la rationalité ou des inhibitions. Mon Alice est l’accomplissement d’un rêve.

Exception faite de Kristyna Kohoutova qui interprète Alice, pas un seul acteur n’apparaît dans le film. Tous les autres personnages sont représentés sous la forme de poupée et jouets animés image par image. Le film est donc un mélange entre vraie performance et animation.

Les amateurs des films du réalisateur tchèque Jan Švankmajer jubilent. L’artiste qui avait envisagé de mettre fin à sa carrière cinématographique, a changé d’avis et se lance dans un nouveau projet dont les contours commencent à se dessiner. A 76 ans, Jan Švankmajer prépare le tournage d’un film librement inspiré de la pièce de théâtre que ses auteurs, les frères Karel et Josef Čapek, ont intitulée De la vie des insectes...
Selon le producteur Jan Kalista, bien que le nom de Švankmajer ne garantisse pas de trouver les moyens nécessaires, il aguiche quand même des sponsors du monde entier. Néanmoins, les sponsors trouvés à Rotterdam et dans d’autres manifestations semblables ne sont pas suffisants et la production a besoin de ressources plus importantes. Un coproducteur de cette taille a déjà été trouvé en Slovaquie. Le film sera réalisé dans un studio situé dans un vieux cinéma désaffecté où Jan Švankmajer a tourné tous ses derniers films. Si tout se passe bien, le film intitulé Hmyz - Les insectes, une comédie qui donnera le frisson, sortira en salles en 2015.
http://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/jan-svankmajer-prepare-une-comedie-qui-donnera-le-frisson

Jan Svankmajer
Né le 4 septembre 1934 à Prague.
Réalisateur surréaliste tchèque dont le travail a notamment influencé les frères Quay, Tim Burton et Terry Gilliam...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_%C5%A0vankmajer
http://svankmajer.free.fr/pageprincipale.htm

Lewis Carroll
voir fiche du film Alice au pays des merveilles
http://www.citebd.org/spip.php?film422

extrait(s) de presse

Critikat - Loin des contes moraux délivrés par ses autres adaptations au cinéma... Svankmajer laisse toute latitude à l'irrationnel et à la fantasmagorie...
Excessif - Pour savourer une vraie adaptation [du roman de Lewis Carroll], il faut (re)découvrir "Alice" de Jan Svankmajer, génie méconnu qui en a tiré un pur chef-d'oeuvre...
Les Inrocks - Peut-être Alice ne pouvait-elle finalement s'épanouir que dans le cinéma miniature...
Plan-c - En moins d'une heure et demi, Svankmajer explore au mieux ce que Carroll mettait avec des mots...
Sédition - Un chef-d’oeuvre de cette envergure devrait connaître un public bien plus nombreux, enfants comme adultes, lors de ses rares diffusions en salles.
La Cinémathèque de Phil Siné - L'adaptation la plus fidèle au roman qu’il n’ait jamais été donnée de voir à ce jour…
Enfants de cinéma - La mise en scène échappe ainsi à la mièvrerie, à la joliesse et au « bien fait » d'images animées majoritairement dévitalisées, qui ont plusieurs fois gâté la portée du texte de Carroll.