son épouse - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > son épouse

son épouse

France - 2013 - 1h47
sorti en France le 12 mars 2014
film - film francophone
de

Michel Spinosa

scénario : Michel Spinosa, Agnès De Sacy
direction de la photographie : Rakesh Haridas
musique ou chansons : Sig
avec : Yvan Attal (Joseph de Rosa), Janagi (Gracie), Charlotte Gainsbourg (Catherine), Laguparan (Thomas), Mahesh (Anthony), Nirupama Nityanandan (Nandini), Janakiraman Jayakumar (Dr. Anand), Murugan Perasamy (Siluvai), Elango Kumaravel (le père Godwin), Jeroen Perceval (Dieter)
séances : semaine du mercredi 14 mai 2014
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
16:15
20:45
18:30
20:30
séances : semaine du mercredi 21 mai 2014
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
18:30
16:15

synopsis

Gracie, jeune Tamoule vivant près de Madras, est victime de troubles du comportement depuis le jour de ses noces : le souvenir de son amie Catherine, disparue dans des circonstances mal élucidées, semble hanter la jeune fille. Joseph, le veuf, époux inconsolé de Catherine, décide de se rendre en Inde pour rencontrer Gracie et, peut-être, au cours de ce voyage, réparer ses erreurs. Car Joseph a beaucoup à se faire pardonner…

notes de production

C’est en passant beaucoup de temps en Inde que Michel Spinosa écrit une première version de son scénario. Il est alors très romancé, illustré et est complété par de nombreux repérages et interviews. C’est en vérité Agnès de Stacy (Un Château en Italie) (1) qui donne toute sa structure à l’histoire avec une deuxième version du scénario basée sur celle, très personnelle, de Spinosa.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_ch%C3%A2teau_en_Italie

Le réalisateur souhaitait que son long-métrage ne prenne pas seulement l’Inde comme toile de fond mais s’inscrive dans la culture tamoule de la région Tamil Nadu (2) (sud-est du pays) où fut majoritairement tourné Son épouse. Ainsi, l’équipe technique est surtout composée d’Indiens et seuls l’ingénieur du son, le perchman et la directrice de production, sans compter le réalisateur et certains acteurs, étaient des Français sur le plateau. Le film s’est avéré, aux dires du cinéaste, aussi enrichissant pour les Indiens que pour les Français du tournage, tous curieux des méthodes de leurs collègues.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tamil_Nadu

Yvan Attal incarne, dans Son épouse, Joseph de Rosa, veuf qui part en Inde rencontrer la femme ressentant des troubles depuis la mort de la compagne de celui-ci. Or, la dulcinée décédée n’est autre que Charlotte Gainsbourg, la véritable madame Attal en dehors du grand écran. Le peu de scènes qu’ils ont en commun dans le film sont d’ailleurs censées en être d’autant plus euphorisantes. Le couple n’avait en effet pas joué en duo, en dehors des réalisations d’Attal, depuis 1996, dans Love etc. (3) de Marion Vernoux.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Love,_etc._%28film%29

En ce début d’année 2014, Charlotte Gainsbourg est partout ! On a pu la voir dans les deux volumes de Nymphomaniac (4), de Lars von Trier, ainsi que dans Jacky au royaume des filles (5) de Riad Sattouf, avant que son nom n’apparaisse sur les affiches de Son épouse. Elle est également attendue dans le courant de l’année dans Every thing will be fine (6) de Wim Wenders, Trois cœurs (7) de Benoît Jacquot et Samba (8) d’Olivier Nakache et Eric Toledano. Autant dire que son année cinématographique sera bien remplie.
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1195 et http://www.citebd.org/spip.php?film1202
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacky_au_royaume_des_filles
(6) http://www.journaldemontreal.com/2013/09/04/james-franco-aime-la-vie-sur-le-plateau
(7) http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2013/11/05/sur-le-tournage-de-3-coeurs-de-benoit-jacquot/
(8) http://www.programme-tv.net/news/cinema/49543-samba-nouveau-film-eric-toledano-olivier-nakache/

Malgré l’important nombre de stars indiennes dans le pays, il n’existe pas de directeur de casting au Tamil Nadul, région qui est pourtant des plus productives puisqu’elle sort entre 130 et 150 films par an. Michel Spinosa dut alors regarder autant de films indiens qu’il fut nécessaire pour trouver le casting adéquat. Il engage cependant Janagi, pour qui il s’agit de son premier rôle au cinéma. La jeune femme fut la première Tamoule à être acceptée à la National school of drama à Delhi, où elle venait de finir son cursus. Son rôle dans Son épouse devrait l’aider à surmonter, au cinéma, les handicaps que posent sa caste et sa couleur de peau, encore discriminatoires en Inde.

Son épouse est le second film que Patrick Sobelman produit pour Michel Spinosa. Ils se sont connus lors de la pré-production d’Anna M. (9) et sont depuis devenus de véritables complices. C’est avec son aide que Spinosa monta la trame du film et décida d’engager Agnès de Stacy pour finaliser le scénario.
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_M.

Avant même que ne lui soit proposé le rôle de Joseph, Yvan Attal avait lu et grandement apprécié le scénario de Son épouse. Spinosa, qui avait des projets d’écriture avec l’acteur-réalisateur, lui en avait en effet fait part pour avoir son avis sur le film. C’est lors des lectures du scénario et des discussions autour du personnage de Joseph que le rôle lui fut naturellement donné par le réalisateur. Comme Attal n’avait jamais été en Inde, la surprise et l’ouverture d’esprit auxquelles il a dû faire face en arrivant sur le plateau n’ont rendu son personnage que plus véridique.

Le syndrome de possession par un mauvais esprit (pey) est un phénomène courant en Inde. Même dans les grandes métropoles du pays, beaucoup se disent possédés. Le cas est encore plus flagrant dans les campagnes indiennes (l’Inde est un pays à 75% rural). C’est ce que vit Gracie dans le film et ce qu’a du mal à accepter l’esprit cartésien de Joseph. Les peys se retrouvent dans beaucoup de personnages de Spinosa, de façon détournée. Dans Anna M., la protagoniste est possédée par son trouble érotomane, alors que dans Son épouse, Catherine l’était par son passé de toxicomane et devient elle-même, à sa mort, un esprit qui hante Gracie.

Lors des repérages du film, on peut voir sur une vidéo (disponible sur la chaîne Diaphana de Dailymotion) des possédés, dont certains ont les mains, voire les pieds, entravés par des chaînes. Parfois, leur dangerosité amène même leurs proches à les attacher à un arbre, pour qu’ils n’attaquent personne. Cela se déroule à Sendapettai, Rajvoor, Puliyampatti (sud-est du pays), entre 2009 et 2012, dans des églises chrétiennes, des sanctuaires et des centres d’accueil religieux. C’est en désespoir de cause que les possédés se tournent vers dieu, les hôpitaux ne pouvant souvent rien pour eux, leur mal étant surtout psychique.

Michel Spinosa
voir fiche du film Renoir
http://www.citebd.org/spip.php?film970

Agnès De Sacy
http://www.femis.fr/index.php?page=fiche_ancien&id_ancien=861
http://www.imdb.com/name/nm0755389/

Yvan Attal
voir fiche du film 38 témoins
http://www.citebd.org/spip.php?film791

Charlotte Gainsbourg
voir fiche du film Nymphomaniac, volume 1
http://www.citebd.org/spip.php?film1195

Jeroen Perceval
voir fiche du film Borgman
http://www.citebd.org/spip.php?film1176

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Ce beau drame mâtiné de fantastique et de spiritualité plonge dans les zones d’ombre d’un couple en faisant fi du cartésianisme généralement attaché à ce type de production française. Troublant.
Critikat - Nulle trace de folklore utilitaire ou d’exotisme de pacotille dans l’univers de fascination que déploie Michel Spinosa : le film produit une forme d’accoutumance, un trouble fantastique dépouillé d’effets de genre, où l’hésitation demeure, quand bien même on croit moins à la possession qu’au fait que le veuf en vienne à s’y laisser prendre.
Ecran large - "Son épouse" se révèle être ainsi un triptyque évanescent, déclinant les formes diverses et variées de la possession, porté par un solide casting.
Le Nouvel obs - Spinosa filme les scènes françaises dans des tons hivernaux puis se laisse lui aussi posséder par les couleurs claquantes de l’Inde et sa sidération devant l’asile, les yogis, les paysages semblent parfois prendre le pas sur le récit. Mais toutes les scènes avec Charlotte Gainsbourg (pelote de douleurs et vraiment excellente) tirent le film vers le haut.
Télérama - Tandis que Charlotte Gainsbourg s'abandonne avec une folle maîtrise, Yvan Attal convainc en vétérinaire veuf, désespéré, revenu de tout mais humaniste. Comme Michel Spinosa : chez lui, même les mauvais esprits ne sont finalement que des fantômes en mal d'amour.
La Croix - Le film "tient" et distille une énergie singulière, liée au sujet lui-même, mais aussi captée au fil d’un tournage quasi "documentaire".
Fiches du cinéma - Un film sobre et réaliste, entre déchirement d'un couple, étude de cas clinique et confrontation culturelle.
Les Inrocks - Il y a un précédent plus réussi dans ce genre roman-kitsch : "Nocturne indien" d’Alain Corneau qui, malgré son artificialité, parvenait à générer un trouble kafkaïen.