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bonnie et clyde

ciné répertoire
Bonnie and Clyde
Usa - 1967 - 1h51
sorti en France le 24 janvier 1968
Oscar 1968 : meilleure actrice dans un second rôle (Estelle Parsons), meilleure photographie (Burnett Guffey)
film - version originale sous-titrée en français
de

Arthur Penn

scénario : Robert Benton, David Newman, Robert Towne
direction de la photographie : Burnett Guffey
musique ou chansons : Charles Strouse
avec : Warren Beatty (Clyde Barrow), Faye Dunaway (Bonnie Parker), Gene Hackman (Buck Barrow), Estelle Parsons (Blanche), Michael J. Pollard (C. W. Moss), Denver Pyle (Frank Hamer), Dub Taylor (Ivan Moss), Evans Evans (Velma Davis), Gene Wilder (Eugene Grizzard), Mabel Cavitt (Mrs Parker)
séances : semaine du mercredi 21 mai 2014
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "le crime ne paie pas ?" - soirée organisée en partenariat avec Hidden circle - tarif préférentiel : 2 films = 7 € (voir fiche du film "Tuez Charley Varrick !").

synopsis

Au cœur des petites bourgades de l'Amérique des années 1930, ravagée par la Grande Dépression, sévit le gang formé par Bonnie Parker et Clyde Barrow spécialisé dans le braquage de banque. Ils se sont rencontrés lorsque Clyde braque la voiture de la mère de Bonnie. Bonnie, qui s'ennuie dans son travail de serveuse, est intriguée par Clyde et décide de le suivre et de devenir son associé. Ils vont de braquages en braquages, qui, malgré l'excitation procurée, ne sont pas très lucratifs. Bravant aveuglément la loi, le couple et leurs complices doivent bientôt faire face à leur destinée tragique...

notes de production

Bonnie et Clyde, le dernier film d’Arthur Penn, semble être l’événement cinématographique de la saison dans les pays anglo-saxons : il fait un malheur à New York et à Londres et il est dès maintenant très bien placé pour les Oscar 68 ; fait sans précédent, on a vu le critique de Newsweek, après un premier papier défavorable, se déjuger et louanger le film, tandis que Bosley Crowther, le pontifiant chroniqueur du New York times, qui le déteste, a cru bon de l’éreinter à trois reprises. Fait très rare aussi, Times lui a consacré en décembre plus de la moitié d’un imposant article de cinq pages, ainsi que sa couverture.
Cinéma 68 n° 123 (février 1968)
http://www.hollywood70.com/article-23402553.html

Bonnie et Clyde est considéré comme un film culte et l’un des premiers succès du Nouvel Hollywood qui brisa plusieurs tabous cinématographiques. Le succès du film encouragea d’autres réalisateurs à faire des films où sont représentées des scènes de violences ou de sexe. La scène finale est iconique car, à l’époque, elle était une des scènes de mort les plus sanglantes de toute l’histoire du cinéma.

Bonnie and Clyde a été sélectionné par le National film registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son importance culturelle, historique ou esthétique en 1992.
http://fr.wikipedia.org/wiki/National_Film_Registry

Dans un numéro du Times du début de 1967, David Newman et Robert Benton, scénaristes de ce qui allait devenir le cinquième film d’Arthur Penn, racontent qu’ils proposent leur travail de recherche sur Clyde Barrow et Bonnie Parker à François Truffaut dont ils admiraient beaucoup les premiers films.
Truffaut, accaparé par la préparation de Fahrenheit 451 (1) déclina l’offre. Les deux scénaristes américains se tournent alors vers Godard. Il y a comme un commencement d’accord avec le réalisateur de A bout de souffle (2) qui se rend aux Usa. Mais les paradoxes de Godard (Je peux vous torcher ça en deux semaines aurait-il déclaré) refroidissent les enthousiasmes.
Entre-temps l’acteur américain Warren Beatty, alerté par Truffaut, s’est porté acquéreur, au prix fort semble-t-il, des droits sur le scénario en question. Le frère de Shirley McLaine a des ambitions de producteur. Mais le morceau est assez gros (le scénario fait 300 pages). Beatty entreprend le siège de Jack Warner pour tenter d’associer la grande firme à son projet. Il emporte l’adhésion du bonhomme, à l’arraché, et propose Arthur Penn comme réalisateur.
Bien que réticente, la firme accepte. Par prudence (on ne croit que modérément au succès de cette histoire) Arthur Penn est invité à abandonner le principe d’un salaire fixe. On veut lui faire partager les risque en lui proposant la participation. Plus tard, Penns’en réjouira. La Warner (3), elle, regrettera, compte tenu de l’immense succès international du film (l’exploitation new-yorkaise ayant, à elle seule, rapporté un million de $.
Gaston Haustrate in Arthur Penn (Edilig, 1986)
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Fahrenheit_451_%28film,_1966%29
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_bout_de_souffle
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Warner_Bros.

Beatty n’était pas convaincu par le choix de Faye Dunaway et du reste, les deux acteurs ne s’entendirent guère sur le tournage. C’est à Jane Fonda que le rôle avait été proposé, mais, habitant alors en France et ne souhaitant pas s’installer aux États-Unis pour le tournage, elle refusa, ainsi que Cher (son mari Sony Bono lui interdit de tenir le rôle), et Shirley MacLaine. Cette dernière étant la sœur de Warren Beatty, elle sortit finalement du projet lorsque Beatty décida d’intérpréter lui-même le rôle de Clyde Barrow. Même si l’époque était à la libération des mœurs, il aurait en effet été plutôt malvenu de voir un frère et une sœur s’ébattre à l’écran. C’est donc à Faye Dunaway, actrice alors relativement débutante, qu’échut le rôle.
http://tortillafilms.tortillapolis.org/bonnieandclyde.html

L’engouement du jeune public pour le film s’explique sans doute par le fait qu’il met en vedette des héros aux comportements juvéniles et en quête d’un épanouissement sexuel. En résumé, une véritable échappatoire pour une jeunesse alors à la recherche de nouveaux repères.
Au moment d’une course poursuite, deux voitures dévalent une colline face caméra et s’approchent progressivement au premier plan. Un mouvement de caméra brusque au moment où la première voiture arrive au premier plan à vive allure trahit la peur du cadreur à ce moment-là (le véhicule esquive la caméra au dernier moment).
Le film fut tourné sur les lieux authentiques des méfaits du gang Barrow. Le tournage a eu lieu d’octobre à décembre 1966.

L’année de la sortie du film, Serge Gainsbourg enregistre une chanson du même nom avec Brigitte Bardot (5).
Avant Gainsbourg, il y a eu The Ballad of Bonnie and Clyde par Georgie Fame (janvier 1968), repris la même année par Johnny Hallyday sous le titre L’histoire de Bonnie and Clyde.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonnie_and_Clyde_%28chanson%29
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georgie_Fame
http://les-paroles-de-chansons.com/chanson/montrer/791844/johnny-hallyday/paroles-et-traduction-de-chanson-lhistoire-de-bonnie-and-clyde/

Morgan Fairchild (6) y fait ses débuts au cinéma en tant que doublure de Faye Dunaway.
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Morgan_Fairchild

Ce film marque la première apparition de l’acteur Gene Wilder sur le grand écran.
La chanson du générique, Deep night est interprétée par Rudy Vallée (7) and his Connecticut yankees.
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rudy_Vallee

Le morceau de bluegrass Foggy mountain breakdown (8) est utilisé pour accompagner les scènes de poursuite en voiture, ce qui a contribué à refaire connaître dans le grand public ce morceau datant de 1949.
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Foggy_Mountain_Breakdown

Le succès du film incita plusieurs personnes à se sentir diffamées et à demander des dommages et intérêts. Le neveu de Clyde Barrow, la veuve et le fils du capitaine Frank Hamer, la sœur de Bonnie Parker et W. D. Jones, l’ancien chauffeur de Bonnie et Clyde, s’estimèrent ainsi diffamés et attaquèrent la Warner bros. espérant obtenir une part des très fructueuses recettes du film...
Images et loisirs

Avant même sa sortie en salles, Bonnie and Clyde fut critiqué pour la glamorisation qu’il faisait des deux tueurs. Sa violence et son humour noir furent également dénoncés. Mais au final, le long métrage reçut un accueil critique (dix nominations aux Oscar) et public impressionnant. L’engouement du jeune public pour le film peut s’expliquer par le fait qu’il met en vedette des héros aux comportements juvéniles, ludiques et en quête d’un épanouissement sexuel. Soit un véritable échappatoire pour une jeunesse alors à la recherche de nouveaux repères.

Si Bonnie and Clyde reste le film du couple hors-la-loi le plus célèbre du septième art, il en existe d’autres. Parmi les films mettant en vedette ce type de héros pas ordinaires, retenons J’ai le droit de vivre de Fritz Lang (9) et Les Amants de la nuit de Nicholas Ray (10).
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/J%27ai_le_droit_de_vivre
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Amants_de_la_nuit

Neuf ans avant la sortie de Bonnie and Clyde, William Witney (11) (Le Retour de Zorro, Le Maître du monde) s’était penché sur le destin de la jeune Bonnie Parker. Dans The Story of Bonnie Parker (12), le réalisateur s’intéresse particulièrement aux méfaits de celle qui deviendra plus tard, en compagnie de Clyde Barrow, l’une des plus grandes figures de la criminalité. Dans le long métrage de William Witney, c’est l’actrice Dorothy Provine (13) qui incarne Bonnie Parker.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Witney
(12) http://lecoinducinephile.skynetblogs.be/archive/2013/05/24/the-bonnie-parker-story-vostfr-1958.html
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dorothy_Provine

L’histoire véridique de Bonnie Parker & Clyde Barrow fut la source de nombreux films noirs américains, si nombreux que Robert Bookbinder croit même pouvoir écrire (Classics of the gangster film, Citadel Press-Secaucus, New Jersey, USA 1985, p. 221) qu’elle a été plus adaptée au cinéma par les producteurs que n’importe quelle autre biographie réelle de gangsters célèbre. Il en relève au moins une douzaine et son choix est d’ailleurs sujet à caution puisqu’il n’hésite pas à y inclure Gun crazy (Le Démon des armes) de Joseph H. Lewis, (14) qui est certes un chef-d’œuvre mais qui n’est définitivement pas une illustration de la vie de Bonnie & Clyde, même si le parcours des héros présente des similitudes ou Les Amants de la nuit au sujet duquel les mêmes réserves peuvent être émises…
http://www.dvdclassik.com/critique/bonnie-and-clyde-penn
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_D%C3%A9mon_des_armes

Bonnie Parker et Clyde Barrow sont deux criminels étatsuniens qui ont perpétré leurs méfaits dans le sud-ouest des Usa pendant la Grande Dépression. Ils étaient spécialisés dans l’attaque à main armée de banques et on estime qu’ils ont tué douze personnes...
Au terme d’une période d’enquête et de filatures menées par les agents du Fbi dans cinq états (Illinois, Michigan, Oklahoma, Texas et Louisiane), Bonnie et Clyde sont abattus le 23 mai 1934 dans le piège tendu par l’ancien gendarme Frank Hamer, près de leur planque à Black Lake en Louisiane. Ils sont inhumés à Dallas.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonnie_et_Clyde
http://grands.criminels.free.fr/bonnie_clyde.html

Le 23 mai 1934, vers neuf heures quinze du matin, Bonnie et Clyde roulent dans une magnifique Ford V8 volée. Clyde conduit, à ses côtés Bonnie admire le paysage, Camel au bec. Ils viennent de quitter leur planque de Black Lake en Louisiane et filent à vive allure en direction d’Arcadia où Clyde a décidé de s’offrir une banque pour le petit déjeuner. Au niveau de la petite commune de Bienville, ils voient Ivy, le père de Henry Methvin, un membre de leur gang, debout à côté de son vieux camion apparemment en panne. Le jeune gangster freine, désirant lui filer un coup de main. Mais alors qu’ils s’apprêtent à s’arrêter, Bonnie et Clyde voient Ivy se planquer en quatrième vitesse derrière un arbre. À peine ont-ils le temps de s’étonner qu’ils entendent une rafale de coups de feu. Le jeune gangster n’a pas le temps de dégainer son arme que déjà les balles pleuvent comme la grêle (mille balles tirées en une minute, dont 94 atteignirent leur but, précision historiquement prouvée). Six flics sont en train de les tirer comme des lapins. Clyde meurt presque instantanément, Bonnie rend son dernier souffle dans un long cri d’horreur après avoir compris que son amant a rendu l’âme. Mission accomplie pour les flics : le couple le plus recherché d’Amérique est mort !
http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/23-mai-1934-derriere-le-mythe-de-bonnie-and-clyde-deux-petits-salopards-d-assassins-22-05-2012-1464235_494.php

Bonnie and Clyde marque la seconde collaboration du réalisateur Arthur Penn avec le comédien Warren Beatty. Les deux hommes avaient travaillé ensemble deux ans plus tôt sur Mickey One (15), Beatty n’étant alors qu’acteur, à la différence de Bonnie and Clyde où il cumule les fonctions de comédien et de producteur.
(15) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mickey_One

A l’instar de Warren Beatty, la comédienne Faye Dunaway compte à son actif une seconde collaboration avec Arthur Penn. Trois ans après Bonnie and Clyde, l’actrice s’est à nouveau illustrée devant la caméra du cinéaste dans Little big man (16). http://fr.wikipedia.org/wiki/Little_Big_Man

Bonnie and Clyde bénéficie des présences de Gene Hackman et de Gene Wilder au générique. Le premier trouve avec le film son premier grand rôle, retrouvant pour l’occasion Warren Beatty avec lequel il avait travaillé trois ans plus tôt sur Lilith (17). Plus tard, en 1971, il connaît la consécration avec French connection (18). Quant à Gene Wilder, c’est ses premiers pas sur grand écran qu’il effectue avec Bonnie and Clyde. Par la suite, il devient notamment un fidèle associé de Mel Brooks pour lequel il tourne Le Sherif est en prison (19) et Frankenstein junior (20), mais joue également pour Woody Allen dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe... sans jamais oser le demander (21).
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Lilith_%28film,_1964%29
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/French_Connection_%28film%29
(19) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_sh%C3%A9rif_est_en_prison
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film727
(21) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_ce_que_vous_avez_toujours_voulu_savoir_sur_le_sexe_sans_jamais_oser_le_demander

Deux scénaristes de renom se sont attelés à l’écriture de Bonnie and Clyde : Robert Benton et Robert Towne. Le premier voit l’occasion de percer dans le septième art. Son scénario est accepté par Arthur Penn (qui en avait rejeté une bonne douzaine auparavant) et sa carrière est lancée : en 1979, Benton réalise le mélodrame Kramer contre Kramer (22), récompensé de deux Oscar. Quant à Robert Towne, c’est un fidèle de Warren Beatty qui tient régulièrement à s’octroyer ses services, quitte à ne pas le créditer aux génériques de ses films. Benton a ainsi participé à l’écriture de Shampoo (23), Le Ciel peut attendre (24) ou A cause d’un assassinat (25).
(22) http://fr.wikipedia.org/wiki/Kramer_contre_Kramer
(23) http://fr.wikipedia.org/wiki/Shampoo_%28film%29
(24) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_ciel_peut_attendre_%28film,_1978%29
(25) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_cause_d%27un_assassinat

Bonnie and Clyde remporta un joli succès en France (près de 1,9 millions d’entrées). Sorti juste quelques mois avant les événements de mai 68 (26) en France, le film influença considérablement la jeunesse de l’époque qui, pris d’affection pour le style rebelle des héros, emprunta le code vestimentaire de ces derniers. Il n’était ainsi pas rare de croiser de jeunes gens au look très Bonnie and Clyde dans les rues de Paris : béret, jupe longue, cheveux blonds lisses...
(26) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_68

Voici l’un des plus extraordinaires films américains qu’il nous ait été donné de voir depuis longtemps. Qu’on le veuille ou non, le cinéma hollywoodien reste le premier du monde sur le plan du spectacle et, lorsqu’il est fait par des auteurs intelligents et talentueux, ce spectacle est loin d’être un opium. Or, Arthur Penn est le type même de ces cinéastes qui, travaillant en marge de la grosse production commerciale traditionnelle, font preuve d’une personnalité et d’une originalité qui leur permettent d’éviter les pièges de l’usine de rêves. Je l’ai toujours considéré comme un grand artiste...
Marcel Martin in Cinéma 68 n° 124 (mars 1968)

Arthur Penn, sans le savoir, a réalisé avec son meilleur film, l’œuvre la plus publique, la plus efficace de sa carrière. Il a touché net sur une note hypersensible, et créé deux personnages universels, qui ont surgi de sa maîtrise, de sa détente, et de sa liberté d’action.
Robert Benayoun in Positif n° 93 (mars 1968)

Considéré comme une œuvre seulement, Bonnie and Clyde est loin de laisser indifférent. La réalisation de Penn est nerveuse et toujours efficace. Il a su mélanger avec adresse violence et humour, sans donner une impression d’alternance mais, au contraire, celle d’un tout, d’une unité qui aboutit à une aventure fantasque et, il faut bien le dire, fort séduisante. Les séquences brèves se suivent sans heurt apparent, s’enchaînent harmonieusement sans qu’apparaisse un point mort. La violence surgit brusquement et frappe le spectateur sans que le réalisateur ait besoin d’y insister. La musique pratiquement réduite à un thème de banjo (ou du moins celui-ci est-il particulièrement efficace et domine-t-il la partition) qui accentue le mouvement du film et force le spectateur à adhérer à cette aventure de deux gosses sympathiques, hors la loi certes, assassins aussi, mais dans un tel mouvement que l’on a tendance à retenir d’eux que ce qui les flatte. A cela contribue beaucoup l’excellente interprétation de Warren Beatty et Faye Dunaway qui sont exactement les personnages...
Ps : cette critique a été écrite avant les événements français de mai 68. Il est possible que des bonnes âmes - les mêmes qui imputèrent jadis à Carné et Prévert le désastre de 1940 - voient dans Bonnie and Clyde une des causes de la violence. Elles feraient beaucoup mieux de se demander si le succès du film, notamment auprès des jeunes, ne tient pas justement au fait que, au milieu de l’insipide et intemporelle production cinématographique (surtout française), il fut un des seuls à traduire , même approximativement, leur malaise et leur révolte. Et, tous comptes faits, la bourgeoisie dirigeante, qui tente d’aseptiser toute pensée politique qui ne la sert pas, est-elle bien en droit de reprocher aux jeunes de prendre les seuls modèles qu’elle leur laisse ?
François Chevassu in La Saison cinématographique 68 n° 219 (sept./oct. 1968)

Bonnie and Clyde a été l’un des films les plus en vue lors de la cérémonie des Oscar en 1968. Nommé dans pas moins de dix catégories (dont les principales), le long métrage d’Arthur Penn n’est reparti qu’avec deux statuettes : meilleur actrice dans un second rôle pour Estelle Parsons et meilleur photographie pour Burnett Guffey. Une déception au regard du nombre de nominations et du succès public remporté par le film.

Dans Bonnie and Clyde, l’individu découvre l’humiliation économique, sociale, morale, que lui fait subir la société. Que font Bonnie et Clyde ? Ils font la guerre à cet état de fait , pour trouver leur identité. C’est le Front populaire de la libération individuelle. Je ne veux pas du tout psychanalyser les Etats-unis, mais disons qu’il y a l’aspect sociologique de cette époque de la dépression et que je montre deux jeunes gens qui en sont le produit. Je ne les approuve ni ne les condamne. J’ai suivi scrupuleusement leur histoire jusqu’à la fin où la police les a atirés dans un piège pour les massacrer (...). Je crois que le succès du film, son audience auprès de la jeunesse américaine, provient de ce que les jeunes se retrouvent dans ce qui est, pour eux, peut-être, un retour à l’anarchie, mais surtout un film contre la guerre.
Arthur Penn in Les Lettres françaises (entretien avec Patrick Bureau, 31 janvier 1968)

La télévision Us a diffusé en deux soirées, les 8 et 9 décembre 2013, une fiction sur les célèbres amants criminels. Bonnie & Clyde, proposée simultanément sur trois chaînes câblées, Lifetime, A&E et History, est un biopic, censé raconter plus ou moins fidèlement la vie de ses deux héros...
http://www.telerama.fr/series-tv/bonnie-clyde-une-serie-biopic-qui-manque-d-eclat,105968.php
http://www.critictoo.com/critiques-serie-tv/bonnie-and-clyde-mini-serie/
http://www.cadebordedepotins.com/article-critiques-series-bonnie-clyde-mini-series-bilan-121816413.html

Les amateurs de polard mais également les amateurs du couple mythique ont appréciés la vente aux enchères qui s’est déroulée dimanche à Nashua dans le New Hampshire. Les revolvers portés par le célèbre couple de gangsters quand ils ont été abattus en 1934 ont été acquis pour la modique somme de 500 000 dollars par un collectionneur texan. Le Colt detective special de Parker est parti pour 264 000 dollars et le Colt government 1911 semi-automatique de Barrow a été adjugé à 240 000 dollars...
http://www.potins.net/societe/usa-les-revolvers-de-bonnie-et-clyde-vendus-aux-encheres-500-000-dollars-5293.html

Arthur Penn
voir fiche du film Miracle en Alabama
http://www.citebd.org/spip.php?film394

Robert Benton
Né le 29 septembre 1932 à Waxahachie (Texas).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Benton
http://www.imdb.com/name/nm0000914/

Robert Towne
Né le 23 novembre 1934 à Los Angeles.
Commence sa carrière à Hollywood avec Roger Corman, la poursuit avec Polanski (Chinatown) avant de passer à la mise en scène (Tequila sunrise)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Towne

Burnett Guffey
Né le 26 mai 1905 à Del Rio (Tennessee) et décédé le 30 mai 1983 à Goleta (Californie).
Joli parcours, de John Ford à Martin Ritt, en passant par Budd Boetticher et Don Siegel...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Burnett_Guffey

Charles Strouse
Né le 7 juin 1928 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Strouse

Warren Beatty
Né le 30 mars 1937 à Richmond (Virginie).
Occupe une place de choix dans la mythologie du mâle américain au cinéma. Woody Allen aurait déclaré qu’il souhaitait se réincarner dans la peau de Warren Beatty...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_Beatty

Faye Dunaway
voir fiche du film Portrait d’une enfant déchue
http://www.citebd.org/spip.php?film800

Gene Hackman
voir fiche du film Frankenstein junior
http://www.citebd.org/spip.php?film727

Estelle Parsons
Née le 20 novembre 1927 à Marblehead (Massachusetts).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Estelle_Parsons

Michael J. Pollard
Né le 30 mai 1939 à Passaic d(New Jersey).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_J._Pollard

Denver Pyle
Né à Bethune (Colorado) le 11 mai 1920, décédé à Burbank le 25 décembre 1997.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Denver_Pyle

Dub Taylor
Né le 26 février 1907 à Richmond (Virginie), décédé le 3 octobre 1994 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dub_Taylor

Gene Wilder
voir fiche du film Frankenstein junior
http://www.citebd.org/spip.php?film727

extrait(s) de presse

Dvd classik - Il semble que le film s’inscrive dans une vague de fond qui fait passer le film noir du stade "lyrique" et "documentaire" au stade "violence pure" et "psychopathologie", le tout agrémenté de critique "politico-sociale" évidente...
Télérama - En son temps, le film fit polé­mique, mais il est clair qu'il ne fait jamais l'apologie de la violence, étudiant sans fausse pudeur la place des armes à feu dans la société américaine.
Hollywoodland - "Bonnie and Clyde est le film américain le plus furieusement américain depuis "Un crime dans la tête"...
Ecran large - "Bonnie & Clyde" contient les prémisses du buddy movie...
Le Film était presque parfait - "Bonnie & Clyde" marque aussi un point de non-retour, ouvrant la voie aux jeunes réalisateurs inspirés par le cinéma européen : pour une nouvelle façon de faire des films.
Quelques films - Le film connut un gros succès public à sa sortie dans les salles (malgré les protestations de quelques critiques effarouchés par la mise en scène de la violence et du désir)...
Mediacritik - "Bonnie & Clyde" est un film charnière, un modèle…
Objectif cinéma - Penn lance la mode des images au ralenti, et ose un épilogue devenu célèbre pour sa brutalité encore inédite à l’époque, ouvrant la voix aux polars abrasifs de Sam Peckinpah ou Sidney Lumet...