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la rue rouge

ciné répertoire
Scarlet street
Usa - 1945 - 1h43
sorti en France le 29 janvier 1947
film - version originale sous-titrée en français
de

Fritz Lang

scénario : Dudley Nichols
d'après l'oeuvre de : Georges de la Fouchardière, d'André Mouézy-Éon
direction de la photographie : Milton Krasner
musique ou chansons : Hans J. Salter
avec : Edward G. Robinson (Christopher Cross), Joan Bennett (Kitty March), Dan Duryea (Johnny Prince), Margaret Lindsay (Millie Ray), Jess Barker (David Janeway), Rosalind Ivan (Adele Cross), Arthur Loft (Dellarowe), Charles Kemper (Higgins le borgne), Russell Hicks (J.J. Hogarth), Samuel S. Hinds (Charles Pringle), Anita Sharp-Bolster (Michaels), Vladimir Sokoloff (Pop LeJon), Cy Kendall (Nick), Tom Dillon (le policier), Fritz Leiber (l'évangéliste)
séances : semaine du mercredi 26 mars 2014
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 31 mardi 1er
18:30*
séance spéciale :
* présenté dans le cadre des rencontres nationales Afcae/répertoire, "La Rue rouge" remplace le film "L'Incident" initialement prévu ven 28 mars à 18h30 - tarif unique 3,50 €

synopsis

Petit caissier sans histoires, Christopher Cross rencontre, suite à une soirée arrosée, une jeune femme du nom de Kitty dans une rue de Greenwich Village. Elle le prend pour un riche artiste, lui qui n'est qu'un peintre amateur, tandis qu'il tombe amoureux d'elle. Motivée par Johnny, son amant, Kitty décide alors de profiter de l'affection de Christopher afin de lui soutirer de l'argent. Celu-ci s'endette pour lui payer un appartement, cachant cette relation à son épouse acariatre, Adèle. Mais Kitty demande toujours plus...

notes de production

Dans mes films, l’atmosphère, le décor jouent toujours un rôle capital. C’est un facteur dramatique auquel j’ai toujours accordé la plus grande importance.
Fritz Lang

La Rue rouge est le premier remake d’un film de Jean Renoir que réalisa Fritz Lang. C’est La Chienne (1), qui inspira ce dernier, alors que La Bête humaine (2) lui servira quelques années plus tard de base pour Désirs humains (3). Malheureusement, Renoir n’apprécia aucun des deux remakes, considérant que son œuvre n’avait pas à être objet de reconstruction et d’inspiration cinématographique.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chienne
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_B%C3%AAte_humaine_(film)
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sirs_humains

N’ayant pu renouveler les droits d’auteur (le copyright) de La Rue rouge, le film tomba dans le domaine public. C’est-à-dire que n’importe en mesure de copier et vendre sur n’importe quel support une copie du film en a le droit légal. Ceci explique la mauvaise qualité de la plupart des versions disponibles sur le marché, souvent deuxième ou troisième version de ce qui était déjà à l’origine une copie. La version restaurée devrait dès lors proposer le film dans une qualité proche sinon meilleure que celle d’origine.

La Rue rouge reprend les trois stars de La Femme au portrait (4), Edward G. Robinson, Dan Duryea et Joan Bennett. Or, cette dernière avait précédemment joué dans Chasse à l’homme (5), toujours de Fritz Lang et retrouva par la suite le réalisateur pour Le Secret derrière la porte (6). Elle a par ailleurs joué pour Jean Renoir pour La Femme sur la plage (7).
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Femme_au_portrait
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse_%C3%A0_l’homme_(film,_1941)
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Secret_derri%C3%A8re_la_porte
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Femme_sur_la_plage

Douze tableaux furent peints par John Decker pour le film, œuvres censées être réalisées par le personnage principal joué par Edward G. Robinson. Elles seront par la suite envoyées au MoMA (8) de New York pour une exposition spéciale en mars 1946.
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Museum_of_Modern_Art

A la suite donc du succès, public et critique, rencontré par La Femme au portrait - et pour ne plus être soumis à l’autorité de ces producteurs qu’il aimait si peu - Fritz Lang fonda avec son actrice principale Joan Bennett et le mari de celle-ci, son ami et néanmoins producteur Walter Wanger (9), une compagnie indépendante, Diana productions, dont Lang détenait 55% des actions. Ayant appris qu’Ernst Lubitsch (10) avait acquis les droits de La Chienne mais renonçait à en réaliser lui-même le remake, Fritz Lang reprit le flambeau pour en transposer l’action à Greenwich Village, le quartier des artistes de New York ; l’objectif n’étant pas de faire une copie du film de Renoir, mais bien d’en adapter l’intrigue à l’atmosphère particulière du quartier. Après d’âpres discussions concernant le titre de cette réadaptation (la traduction littérale, The Bitch, étant impensable), Lang proposa spontanément ce titre de Scarlet street, référence consciente ou non à la Grande Prostituée de Babylone (11) dans l’Apocalypse de Jean (psaume 17:4). Car, à l’instar de la Lulu de Renoir mais sans jamais que ce soit avoué (code de censure Hays oblige) (12), Kitty fait le trottoir de cette Rue rouge et Johnny est manifestement son maquereau autant que son amant ; Lang parsèmera d’ailleurs son film d’indices en ce sens (son nom ; son apparition sur le trottoir pluvieux ; l’argent que ne cesse de lui réclamer Johnny ; la manière dont celui-ci l’envoie dans les bras de Cross ou du critique d’art Janeway…) en effleurant constamment les frontières de ce que l’Office tolérait. De fait, cas assez unique, si le film échappa globalement à la censure, il fut soumis à des interdictions locales, notamment dans l’Etat de New York, tant d’ailleurs à cause du personnage de Kitty que de l’amoralité supposée de son intrigue.
http://www.dvdclassik.com/critique/la-rue-rouge-lang
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Wanger
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film784
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_prostitu%C3%A9e
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_Hays

Chez Renoir, Legrand croisait son propre portrait et allait se saouler avec l’ancien mari d’Adèle. Mais chez Lang, Cross est seul. Tuer n’est jamais une solution et tout artiste doit assumer ses créations et sa marginalité. Sans son univers, il n’est qu’un mort vivant, comme l’est Cross au moment où The End se superpose à son image.
Comment ne pas songer à Lang devant le calvaire de Cross. Certes, il y a la création artistique, le sexe et le crime. Mais ce que dit le film, n’est peut être que chaque désir, qui ne peut être vécu, conduit à la névrose et à la destruction. Lang a l’âge de Cross et il fut peintre. Depuis dix ans, il lutte contre Hollywood pour y créer selon son désir et son univers. Scarlet street est son premier film vraiment indépendant et Cross est un de ses doubles secrets.
Noël Simsolo in Fritz Lang (Edilig, 1982)

La Chienne est un film sur le sexe, ses folies et ses détresses, mais l’on y sent la tendresse de Renoir pour tous ses personnages, y compris les salauds. Pour les siens, Lang n’éprouve aucune indulgence. Il méprise visiblement le couple de profiteurs. Mais Edward G. Robinson - contrairement à Michel Simon - n’est pas mieux loti : c’est un petit mec sans envergure, au point de se laisser déposséder, comme un niais, d’un talent qu’il ne soupçonne même pas. Ecrit et filmé sèchement, La Rue rouge illustre l’opinion qu’a Lang de l’être humain : un pauvre type, suffisamment aveugle pour ne pas s’apercevoir qu’il n’a en définitive - selon la formule de Hegel - que soi pour ennemi.
Pierre Murat in Télérama

Parmi les très nombreux documents qui composent les fonds d’archives et de photographies déposés par Fritz Lang à la Cinémathèque française en 1955 et 1959 (voir le très bel ouvrage de Bernard Eisenschitz, Fritz Lang au travail, 2011), on trouve des documents qui pourraient, au premier abord, passer un peu inaperçus mais qui méritent que l’on s’y attarde : les photographies de décor.
http://www.cinematheque.fr/fr/musee-collections/actualite-collections/actualite-patrimoniale/photos-decor-rue-rouge.html

Fritz Lang
Né Friedrich Christian Anton Lang le 5 décembre 1890 à Vienne, décédé le 2 août 1976 à Los Angeles.
De Métropolis à Mabuse, est l’auteur d’une œuvre traversée de nombreux thèmes tels que la vengeance, la mort, le surhomme, la soif de pouvoir et, surtout, le double, thématique présente dans la quasi-totalité de ses films...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Lang

Dudley Nichols
Né le 6 avril 1895 à Wapakoneta (Ohio), décédé le 4 janvier 1960 à Hollywood.
Travailla comme scénariste avec les plus grands réalisateurs américains des années 1930 et 1940 : John Ford, Fritz Lang ou Howard Hawks...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dudley_Nichols.

Georges de la Fouchardière
Né Georges Alphonse de La Fouchardière à Châtellerault le 1er février 1874, décédé le 10 février 1946 à Saint-Brieuc.
De conviction anarchiste et profondément pacifiste, chroniqueur au Canard enchaîné, il a été un adversaire endurci du clergé, de l’armée et du militarisme...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_de_La_Fouchardi%C3%A8re

André Mouézy-Éon
Né le 9 juin 1880 à Chantenay-sur-Loire (Loire-Atlantique), décédé le 23 octobre 1967 à Paris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Mou%C3%ABzy-%C3%89on

Milton Krasner
Né le 17 février 1901 à Philadelphie, décédé le 16 juillet 1988 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Milton_R._Krasner

Hans J. Salter
Né le 14 janvier 1896 à Vienne, décédé le 23 juillet 1994 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_J._Salter

Edward G. Robinson
Né Emanuel Goldenberg le 12 décembre 1893 à Bucarest, décédé le 26 janvier 1973 à Hollywood.
Devient populaire grâce à son rôle de gangster dans Little Cæsar de Mervyn LeRoy...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_G._Robinson

Joan Bennett
Née le 27 février 1910 à Palisades (New Jersey), décédée le 7 décembre 1990 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Bennett

Dan Duryea
Né le 23 janvier 1907 à White Plains, décédé le 7 juin 1968 à Hollywood.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dan_Duryea

Margaret Lindsay
Née le 19 septembre 1910 à Dubuque (Iowa), décédée le 9 mai 1981 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Margaret_Lindsay

Jess Barker
Né le 4 juin 1912 à Greenville (Caroline du Sud), décédé le 8 août 2000 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jess_Barker

Rosalind Ivan
Née le 27 novembre 1880 à Londres, décédée le 6 avril 1959 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosalind_Ivan

Charles Kemper
né dans l’actuel Oklahoma (lieu indéterminé) le 6 septembre 1900, décédé à Burbank le 12 mai 1950.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Kemper

Russell Hicks
Né Edward Russell Hicks à Baltimore le 4 juin 1895, décédé à Los Angeles le 1er juin 1957.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Hicks

Samuel S. Hinds
Né Samuel Southey Hinds à New York le 4 avril 1875, décédé à Pasadena le 13 octobre 1948.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_S._Hinds

Anita Sharp-Bolster
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=76121

Vladimir Sokoloff
Né Vladimir Nikolaïevitch Sokoloff (en russe : Владимир Николаевич Соколов), à Moscou le 26 décembre 1889, décédé Hollywood le 15 février 1962.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Sokoloff

Cy Kendall
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=69733

Fritz Leiber
Né le 24 décembre 1910 à Chicago, décédé le 5 septembre 1992 à San Francisco. Ecrivain de fantasy et de science-fiction...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Leiber_(%C3%A9crivain)

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - "La Rue rouge" bouleverse encore de nos jours par l’universalité de son propos et le destin tragique du personnage principal. Un grand Fritz Lang.
Kurosawa cinéma - "La Rue rouge" est un film à voir absolument, un chef-d’œuvre du réalisateur, qui mérite amplement son titre.
Les Inrocks - Le constat du film est glaçant, mais sa mise en scène est scotchante. Fritz Lang est le cinéaste qui a le mieux filmé la menace d’une rue, la nuit – même si la ville est du carton-pâte de studio...