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Le Chien jaune de Mongolie

ciné môme
Die Höhle des gelben Hundes (allemand), Шар нохойн там / Shar nokhoïn tam (mongol)
Allemagne, Mongolie - 2005 - 1h33
sorti en France le 1er février 2006
Palme dog pour le chien Bruno (2005) - Prix du meilleur conte, festival international du film d'Hampton (2005) - Prix du meilleur réalisateur festival du film de Munich (2005) - Prix Signis avec mention spéciale festival international du film de Saint-Sébastien (2005) - Prix du film allemand du meilleur film pour enfants (2006)
film inscrit au dispositif "Ecole et cinéma" - accessible aux enfants à partir de 8 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Byambasuren Davaa

scénario : Byambasuren Davaa
d'après l'oeuvre de : Gantuya Lhagva
direction de la photographie : Daniel Schönauer
musique ou chansons : Dagvan Ganpurev
avec : Urjindorj Batchuluun (le père), Daramdadi Batchuluun (la mère), Nansa Batchuluun (la fille aînée), Nansalmaa Batchuluun (la fille cadette), Batchuluun (le fils), Tsrenpuntsag Ish (la vieille dame)
séances : semaine du mercredi 9 avril 2014
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
14:00*
séance spéciale :
* mer 9 à 14:00 - ciné môme - film inscrit au dispositif Ecole et cinéma - tarif unique 3,50 €
séances : semaine du mercredi 11 juin 2014
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
14:00
14:00
14:00

synopsis

Nansal, une gamine de six ans, est l'aînée d'une famille de nomades du Nord de la Mongolie. Un jour, elle ramène chez elle un chien abandonné, mais son père pense qu'il va leur porter malheur et veut qu'elle s'en débarrasse. Nansal tente de le cacher, mais le jour où la famille déménage, elle doit abandonner le chien...

notes de production

La Mongolie a acquis son indépendance en 1921, elle compte 2 751 314 habitants pour une superficie totale de 1 566 500 km2. 90 % des habitants sont bouddhistes. Le relief privilégie le désert et les steppes. En dehors de la capitale Ulaanbatar, qui héberge plus de 800 000 habitants, la population est éparse, vivant pour la plupart de l’agriculture. De très nombreux Mongols sont nomades.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mongolie

En Mongolie la population nomade voyage en fonction des pâturages servant à nourrir le bétail. Chevaux, chameaux, chèvres ou moutons sont donc des animaux essentiels à la survie des nomades, pour se vêtir, se nourrir ou se chauffer. Les nomades habitent la yourte, tente montée sur une base en bois, dans laquelle on peut trouver une cheminée et un petit autel rendant hommage aux ancêtres.

La réalisatrice Byambasuren Davaa connaît les coutumes des populations nomades du Nord-Ouest de la Mongolie, où elle passait ses vacances d’été, et où sa mère et sa grand-mère vivaient. Tourner son film dans cette région lui est donc très personnel, et elle a pris grand soin de refléter dans le détail la vie quotidienne des nomades, mettant donc à contribution la population de la région. Je pense que chacun a en soi une part de créativité. En tant que réalisateur filmant des non-professionnels, c’est à moi de les convaincre de leur talent, afin qu’en échange, ils me laissent les filmer. C’est pourquoi j’ai passé de nombreuses semaines avec toute l’équipe en leur compagnie, avant de commencer à les filmer.

Parce qu’elle vit aujourd’hui en Allemagne, où elle a étudié et où le film a été produit, Byambasuren Davaa tente d’expliquer dans son film le fossé qu’il peut exister entre le mode de vie des nomades et celui des sociétés industrialisées. La Mongolie est une terre qui change et son peuple doit changer à son tour, explique-t-elle. Le film soulève donc ces interrogations : pour moi, les thèmes principaux du film sont les suivants : Dans quelles croyances, selon quelles valeurs éduque-t-on les enfants aujourd’hui ? La tradition et la modernisation peuvent-elles cohabiter ? Que signifie la vie moderne lorsque l’on vit en nomade ? Le clivage était d’autant plus fort que l’équipe technique du film était allemande, et a donc du vivre avec la population nomade pendant les huit semaines qu’a duré le tournage. La réalisatrice croit cette réconciliation possible entre les deux mondes : lorsque l’héroïne du film rencontre la vieille dame qui lui raconte la légende du Chien jaune de Mongolie, c’est le monde des traditions qui transmet son savoir au monde moderne. Je souhaite ardemment que chacun soit suffisamment tolérant et curieux pour apprendre de l’autre. C’est sans doute cela le sens du film. Parce que je suis née en Mongolie, je vois la vie au delà de ses valeurs linéaires et matérielles. Je veux croire en un monde où traditions et modernité peuvent cohabiter avec respect et ouverture d’esprit.

Le film décrit la relation entre la petite Nansa, six ans, et un chien abandonné qu’elle a recueilli. La réalisatrice cherchait une fillette qui puisse convenir au rôle parmi les populations nomades du Nord de la Mongolie. Lorsqu’elle trouva finalement la famille qu’elle avait envie de filmer et en particulier celle qui allait interpréter le rôle de Nansa, les premiers jours furent difficiles. La relation de confiance entre la réalisatrice et sa petite interprète s’est établie progressivement. Elle explique : j’ai écrit le scénario en janvier 2004, et je suis partie en repérages dès le mois d’avril. Je cherchais une famille de nomades avec deux enfants. Au bout de trois semaines passées à rencontrer diverses familles, j’ai trouvé celle du film, que j’ai choisie car c’était des gens à la fois unis et très ouverts. Il y avait trois enfants, et j’ai eu du mal à me lier avec l’aînée, Nansa, mon héroïne. Elle était timide, sauvage même. C’est l’amour des animaux qui nous a rapprochées.

La réalisatrice Byambasuren Davaa est née en 1971 à Unlaanbatar. Elle étudie le droit international et le cinéma en Mongolie, tout en travaillant comme assistante de réalisation à la télévision nationale. Elle part en 1999 étudier le cinéma documentaire à l’école de Munich, et y réalise son film de fin d’études, L’Histoire du chameau qui pleure (1), qui sera primé dans de nombreux festivals à travers le monde. Elle tourne donc ici son second long-métrage, et choisit de parler une nouvelle fois de la relation entre l’homme et l’animal.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Histoire_du_chameau_qui_pleure

Comme son précédent film, ce long-métrage est une nouvelle incursion de Byambasuren Davaa dans un genre assurément naturaliste mais inclassable, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Le travail avec les animaux et les acteurs non-professionnels reste en tout cas une constante de son travail au vu de ces deux oeuvres. La réalisatrice en est consciente : je pense avoir davantage fictionnalisé ce film que le précédent. Mais je n’appartiens à aucune catégorie précise. Je me situe entre le documentaire et la fiction. J’essaye de m’adresser autant au cœur et à la perception, qu’au cerveau.

Dans le conte comme dans le film, le père est réticent à l’idée d’adopter le chien abandonné. Cette question est très actuelle en Mongolie. Avec l’exode rurale beaucoup d’animaux de compagnie sont abandonnés par leurs propriétaires lorsqu’ils vont à la ville. La réalisatrice remarque : de nombreuses familles nomades abandonnent leur chien, lorsqu’elles partent s’installer en ville. Les chiens pactisent alors avec les loups, et ensemble ils attaquent les nomades encore présents. En tuant leur troupeau, ils mettent en péril leur survie.

Le lien entre l’homme et le chien dépasse le simple cadre du film. En effet, en Mongolie la tradition ancestrale assimile cette relation au cycle de la réincarnation. La réalisatrice s’explique : en Mongolie, nous croyons au cycle éternel de la réincarnation. L’âme passe d’un corps à un autre, d’une plante à un animal, puis du chien à l’homme. A l’époque contemporaine, ces croyances se perdent, ce qui affecte la relation qu’entretient l’homme avec l’animal. Car avec la société moderne ces croyances tendent à disparaître. C’est un film sur l’urbanisation de la société, les bouleversements que cela entraîne dans ce pays, les changements de vie que les nomades sont forcés de faire.

La réalisatrice s’est inspirée d’un conte traditionnel mongol, La Cave du chien jaune, pour écrire son histoire. Dans ce dernier, un chien jaune permettait la guérison d’une fille atteinte d’un mal incurable. Une vieille femme narre ce conte à la petite Nassal alors qu’elle l’avait recueillie pendant un orage. Le maître du chien, dont la fille était gravement malade, va consulter un guérisseur qui lui demande de sacrifier le chien pour que sa fille guérisse. Le père décide d’enfermer en secret le chien dans une cave où il lui apportera de la nourriture pendant longtemps, jusqu’au jour où il disparait. La fille guérit de son affection. L’explication est simple : la jeune fille voyait en secret son amoureux, mais les aboiements du chien les trahissait. Se débarrasser du chien guérissait en effet la jeune fille de son affection.
La réalisatrice précise que cette petite histoire fut à l’origine de son projet de long-métrage. C’est en septembre 2003, lors de la première projection de mon film L’Histoire du chameau qui pleure à Ulaanbatar, que quelqu’un m’a rappelé ce conte de Gantuya Lhagva que j’avais oublié, et dont la force poétique et émotionnelle m’est soudain apparue. J’ai aussitôt décidé d’en faire la base de mon prochain film.

Plusieurs principes bouddhistes sont aussi évoqués, dont celui de la réincarnation. La jeune Nassal demande à la vieille femme qui l’a recueillie si elle pouvait se réincarner en humain. La vieille lui demande alors de faire couler une poignée de riz sur le pointu d’une aiguille à coudre et de compter le nombre de grain qui s’empalent sur l’aiguille. Mais c’est impossible ! s’écrie la fillette. C’est tout aussi difficile de se réincarner en humain, c’est pour cette raison que tu dois apprécier la vie actuelle, lui répond la vieille.

En Mongolie, nous croyons au cycle éternel de la réincarnation. L’âme passe d’un corps à un autre, d’une plante à un animal, puis du chien à l’homme.
A l’époque contemporaine, ces croyances se perdent, ce qui affecte la relation qu’entretient l’homme avec l’animal. De nombreuses familles nomades abandonnent leur chien, lorsqu’elles partent s’installer en ville. Les chiens pactisent alors avec les loups, et ensemble ils attaquent les nomades encore présents. En tuant leur troupeau, ils mettent en péril leur survie...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/le-chien-jaune-de-mongolie-drame,47698-note-19014

Byambasuren Davaa
Née en 1971 à Oulan-Bator en Mongolie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Byambasuren_Davaa

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - (...) une oeuvre réflexive gorgée d'espoir et un précieux document historique et social.
Positif - [Byambasuren Davaa] réussit encore une fois un film éminemment attachant et beau, mêlant avec finesse et approche documentaire et trame fictionnelle.
Télérama - Byambasuren Davaa, réalisatrice de "L'Histoire du chameau qui pleure", réussit à déjouer les pièges du folklore et de l'exotisme pour livrer un très joli film, chaleureux et vivant.
Critikat - "Le Chien jaune de Mongolie" crée, à travers une langueur qui se refuse à signifier la protestation, une harmonie entre une technique artistique, un environnement géographique et culturel et la célébration d’un mode de vie...
Cinemasie - Un film magnifique, drôle, touchant et émouvant...