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Un singe en hiver

ciné répertoire
France - 1962 - 1h42
sorti en France le 11 mai 1962
film - film francophone
de

Henri Verneuil

scénario : François Boyer, Henri Verneuil, Michel Audiard
d'après l'oeuvre de : Antoine Blondin
direction de la photographie : Louis Page
musique ou chansons : Michel Magne
avec : Jean Gabin (Albert Quentin, patron de l'hôtel Stella), Jean-Paul Belmondo (Gabriel Fouquet, le jeune homme), Suzanne Flon (Suzanne Quentin, la femme d'Albert), Noël Roquevert (Landru, le patron du "Chic parisien"), Paul Frankeur (M. Esnault, le patron du café), Anne-Marie Coffinet (Simone, la serveuse de chez Esnault), Gabrielle Dorziat (Mme Victoria, directrice de la pension Dillon), Marcelle Arnold (infirmière de la pension), Hella Petri (Georgina, patronne du bar), Lucien Raimbourg (jardinier de la pension), Geneviève Fontanel (Marie-Jo, serveuse de l'hôtel), Sylviane Margollé (Marie Fouquet, fille de Gabriel), Camille Guérini (maire du village), Charles Bouillaud (chauffeur de taxi), Hélène Dieudonné (Joséphine, habituée du café), André Dalibert (Maurice, le brigadier), Paul Mercey (marchand de poissons), Gabriel Gobin (habitué du café), René Hell (habitué du café), Edouard Francomme (habitué du café), Hans Verner (touriste allemand), Billy Kearns (automobiliste américain), Henri Verneuil (un officier allemand)
séances : semaine du mercredi 19 mars 2014
mercredi 19 jeudi 20 vendredi 21 samedi 22 dimanche 23 lundi 24 mardi 25
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : Michel Audiard, y'a pas que de la pomme - suivi de la projection à 21h00 de "Garde à vue" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - soirée présentée en partenariat avec Hidden circle

synopsis

En juin 1944, Albert Quentin, ancien fusilier-marin en Chine, tient, avec sa femme Suzanne, rencontrée à La Bourboule, l'hôtel Stella dans le village de Tigreville, sur la côte normande aux environs de Deauville. Il se laisse souvent aller à trop boire, ce qui le porte à la nostalgie de son service militaire en Chine. Lors d'un bombardement en juin 1944, il promet à Suzanne de ne plus boire si l'hôtel échappe à la destruction ; promesse tenue. Quinze ans plus tard, débarque Gabriel Fouquet, publicitaire. Il boit pour effacer l'échec de sa vie sentimentale avec Claire...

notes de production

Jean-Paul Belmondo et Antoine Blondin s’étaient connus dans les cafés de la Rive Gauche à l’époque où l’acteur faisait du théâtre. Comme Gabriel dans son livre, le romancier s’était livré dans une rue de Paris à une corrida avec des voitures. Jean-Paul Belmondo qui avait assisté à la scène s’en inspira plus tard lorsqu’il tourna le film.
A l’époque, Jean-Paul Belmondo prenait déjà des risques, notamment lors de la scène où il torée des voitures. Cette séquence de corrida automobile aurait pu lui coûter cher, car il avait tendance à être trop près des engins dès qu’ils étaient à sa portée.

Un singe en hiver marque la rencontre de deux générations d’acteurs : la star d’avant-guerre Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo, révélé trois ans plus tôt dans A bout de souffle (1) de Jean-Luc Godard (2). Leur entente fut parfaite durant le tournage, Jean Gabin disant au môme qu’il lui rappelait ses vingt ans. Ils avaient entre autres points communs celui d’aimer le sport, leur arrivant par exemple de jouer ensemble au football. Jean Gabin s’improvisa également organisateur de courses cyclistes où concoururent Jean-Paul Belmondo ainsi que Costa-Gavras (3) et Claude Pinoteau (4), les assistants réalisateurs d’Henri Verneuil.
C’est la seule fois où Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo tournèrent ensemble.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_bout_de_souffle
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Godard
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Costa-Gavras
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Pinoteau

Un singe en hiver vient deux ans après le sketch L’adultère qu’Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo tournèrent ensemble pour La Française et l’amour (5). Ils réitèreront six fois l’expérience dans Cent mille dollars au soleil (6), Week-end à Zuydcoote (7), Le Casse (8), Peur sur la ville (9), Le Corps de mon ennemi (10) et Les Morfalous (11).
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fran%C3%A7aise_et_l%27Amour
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cent_mille_dollars_au_soleil
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Week-end_%C3%A0_Zuydcoote_%28film%29
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Casse
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Peur_sur_la_ville
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Corps_de_mon_ennemi
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Morfalous

Un singe en hiver eut fort à faire avec la commission de censure qui voyait dans le film une apologie de l’alcool. Outre les scènes dans lesquelles Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo apparaissaient ivres, le Ministère de la Santé s’offusqua de la trop bonne visibilité des marques d’apéritifs à l’écran. Henri Verneuil avait essuyé un premier refus de la Metro Goldwyn Mayer (12) de financer le film car elle aussi n’avait vu dans le projet qu’une simple histoire d’ivrognes. Finalement, la MGM et la censure cédèrent.
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Metro-Goldwyn-Mayer

Petites anecdotes
* Le roman d’Antoine Blondin Un singe en hiver avait reçu le prix Interallié en 1959.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_singe_en_hiver_%28roman%29
* Le film a été tourné durant l’hiver 1961-1962, sur la côte normande, notamment à Villerville, qui y apparaît sous le nom de Tigreville, à Trouville-sur-mer, à Deauville et à Houlgate.
* À l’origine, le producteur souhaitait tourner un film tiré du roman de Roger Vercel, Au large de l’Eden, histoire d’une mutinerie menée par un capitaine de terre-neuvas (13). Le producteur Jacques Bar avait donc réservé un bateau chez un armateur de Saint-Malo. Gabin en montant sur le bateau trouve que ça sent la morue, que ça lui donne mal au cœur, il ne veut pas faire le film. Michel Audiard lui propose alors d’adapter le livre de Blondin.
* Dans la scène du flamenco chez Esnault, Belmondo ne danse pas, il est doublé pour les gros plans par un danseur espagnol. Le montage soigné permet difficilement de s’en rendre compte.
* La scène de la corrida avec les voitures est exécutée par Belmondo.
* Henri Verneuil est présent dans le film au moment où son nom apparait à l’écran au générique : il est l’officier allemand qui monte l’escalier. Il est également et comme souvent la voix du haut-parleur de la gare.
* Dans la scène du début du film, pendant laquelle Jean Gabin et Paul Frankeur assistent aux combats aériens, on voit en action des Katioucha (14) appelées aussi orgues de Staline (rampes de fusées multiples). Or, cet armement soviétique était en service dans l’Armée Rouge sur le front russe et ne pouvait donc se trouver sur le littoral normand.
* Un singe en hiver est aussi une chanson du groupe Indochine parue sur l’album Paradize. http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradize
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Terre-neuvas
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/Katioucha

A sa sortie, en mai 1962, l’histoire de ces deux ivrognes ne fait pas l’unanimité (15). Seul Jean Rochereau écrit dans La Croix : je sais je ne devrais pas écrire cela. Ce n’est pas bien, certes, de soutenir une œuvre querellée par le ministère de la santé publique mais qu’y puis-je si Un singe en hiver m’a mis le printemps au cœur...
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/un-singe-en-hiver-une-scene-culte-decryptee_1287185.html
(15) Gabin dialogué par Audiard, mis en image par Verneuil (à moins que ce ne soit Grangier ?), voilà un label qui a du moins le mérite de ne tromper personne ; aussi si vous avez horreur du cabotinage du premier, des bons mots du second (le troisième personnage n’ayant que le rôle modeste de mettre techniquement les deux autres en valeur), il est parfaitement inutile de vous déranger, à moins que vous ne soyez également un admirateur de de la série Don Camillo, un zélateur impénitent de Jery Lewis et un amateur des aventures de Tarzan ; le personnage qui évolue dans ce Singe en hiver étant un subtil amalgame des trois phénomènes précités, ne peut donc à priori, intéresser que quelques entomologistes distingués...
Claude Cobast in La Saison cinématographique 62 (Citévox 1962)

Eddy Mitchell et Fred Testot se retrouve côte à côte, sur les planches, dans Un singe en hiver. La pièce tirée à la fois du roman d’Antoine Blondin et du film d’Henri Verneuil, est pour la première fois adaptée au théâtre. Un défi pour les deux comédiens et Stephan Wojtowicz, le metteur en scène.
http://www.bfmtv.com/divertissement/theatre-eddy-mitchell-fred-testot-se-retrouvent-un-singe-hiver-721746.html

Henri Verneuil
Né Achod Malakian (en arménien Աշոտ Մալաքյան) le 15 octobre 1920 à Rodosto (auj. Tekirdağ, en Turquie) et décédé le 11 janvier 2002 à Bagnolet.
Réalise son premier long-métrage La Table aux crevés avec Fernandel (1951)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Verneuil

François Boyer
Né en 1920 à Sézanne (Marne) et décédé le 24 mai 2003 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Boyer

Michel Audiard
Né à Paris le 15 mai 1920 et décédé à Dourdan le 28 juillet 1985.
Un des seuls regrets qu’on lui connaisse est de ne pas avoir eu le temps d’adapter à l’écran le Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Audiard

Antoine Blondin
Né le 11 avril 1922 à Paris où il est décédé le 7 juin 1991.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Blondin

Louis Page
Né le 16 mars 1905 à Lyon et décédé le 3 mars 1990 à Soucy (Yonne).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Page_(directeur_de_la_photographie)

Michel Magne
Né le 20 mars 1930 à Lisieux (Calvados) et décédé le 19 décembre 1984 à Cergy (Val-d’Oise).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Magne

Jean Gabin
voir fiche du film La Grande illusion
http://www.citebd.org/spip.php?film1221

Jean-Paul Belmondo
Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine.
Un grand nombre de ses films sont devenus des classiques du cinéma français...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Belmondo

Suzanne Flon
Née le 28 janvier 1918 au Kremlin-Bicêtre et décédée le 15 juin 2005 à Paris.
Elle s’appuyait sur une voix caractéristique, chaude et légèrement pointue qui n’avait pas laissé indifférent un certain John Huston...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Suzanne_Flon

Noël Roquevert
Né Noël Louis Raymond Bénévent le 18 décembre 1892 à Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire) et décédé le 6 novembre 1973 à Douarnenez.
http://fr.wikipedia.org/wiki/No%C3%ABl_Roquevert

Paul Frankeur
Né le 29 juin 1905 à Paris et décédé le 28 octobre 1974 à Nevers.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Frankeur

Anne-Marie Coffinet
Née à Paris le 16 mai 1933 et décédée à Créteil le 26 mars 1984.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne-Marie_Coffinet

Gabrielle Dorziat
Née Marie Odile Léonie Gabrielle Sigrist à Épernay le 25 janvier 1880 et décédée à Biarritz le 30 novembre 1979.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabrielle_Dorziat

Marcelle Arnold
Née Anne Marie Mathilde Marcelle Arnold à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) le 4 mai 1917, décédée à Manosque le 31 mars 2010.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcelle_Arnold

Hella Petri
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hella_Petri

Lucien Raimbourg
Né le 14 septembre 1903 à Villeneuve-Saint-Georges et décédé le 20 février 1973.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Raimbourg

Geneviève Fontanel
Née le 27 juin 1936 à Bordeaux.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Genevi%C3%A8ve_Fontanel

Sylviane Margollé
Née Sylviane Christiane Paulette Margollé le 3 octobre 1950 à Paris et décédée le 12 juillet 2005 à Long Island.
Elle sera omniprésente (principalement par la voix), autant au cinéma qu’à la télévision, des années 50 à 70...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sylviane_Margoll%C3%A9

Camille Guérini
Né Camille Adolphe Georges Le Pape le 29 juin 1900 à Lorient (Morbihan) et décédé le 15 avril 1963 à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Gu%C3%A9rini

Charles Bouillaud
Né à Nointot le 11 mai 1904 et mort à Paris le 12 juin 1965.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Bouillaud

Hélène Dieudonné
Née le 24 décembre 1884 à Paris, décédée le 29 septembre 1980 à Chaumont-en-Vexin (Oise).
http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Dieudonn%C3%A9

André Dalibert
Né à Sourdeval-la-Barre (Manche) le 11 mars 1908, décédé à Grainville-sur-Odon (Calvados) le 7 juin 1997.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Dalibert

Paul Mercey
Né Paul Georges Muller le 10 janvier 1923 à Belgrade (Serbie), décédé le 7 janvier 1988 à Férolles-Attilly (Seine-et-Marne).
Visage familier du cinéma français des années 1950 à 1970...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Mercey

Gabriel Gobin
Né le 12 mai 1903 à Hacquegnies (Frasnes-lez-Anvaing, province de Hainaut), décédé le 9 février 1998 à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Gobin

René Hell
Né René Jules Legendre à Orbec le 1er mai 1891, décédé à Paris le 11 octobre 1965.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Hell

Edouard Francomme
Né le 8 novembre 1893 à Paris où il est décédé le 12 décembre 1980.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Francomme

Hans Verner
Né Anton Moennekas le 12 décembre 1924 à Düsseldorf.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Verner

Billy Kearns
Né William R. Kearns) le 17 février 1923 à Seattle, décédé le 28 novembre 1992 à Château-d’Œx (Suisse).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Billy_Kearns

extrait(s) de presse

Dvd fr - Rencontre choc de deux générations d’acteurs, "Un singe en hiver" marque également l’une des plus belles associations du cinéma français, celle entre Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo...
Télérama - Audiard adaptant Blondin, c'est le Picon avec la bière, les coquillages dans la paella, la jacte célinienne au service de la mélancolie stendhalienne...
Il était une fois le cinéma - "Un singe en hiver" ou comment la jeunesse côtoie la lune le temps d'une douceur musicale...
Le Passeur critique - Gabin boit pour vivre, Belmondo pour oublier… la rencontre de ces deux dépendances est merveilleuse car ils vivent l’ivresse avec la même intensité...
Ragemag - Le cinéma de Michel Audiard - du moins celui qu’il a mis en dialogue - s’épanouit au cours d’une période où il faisait bon renverser les codes et faire fi des conventions...
Salla obscursium - Bien entendu, avec de tels acteurs et un tel dialoguiste, on ne peut que se régaler...
Festival Lumière - Audiard, lecteur invétéré, aimait rendre hommage aux auteurs dans ses dialogues. Aussi, dans Un singe en hiver, c’est naturellement "Alcools" de Guillaume Apollinaire qui sera cité par Gabin...